Étiquette : Kénya

Afrique : Produire sa richesse, protéger ses peuples

– par Rodolf Etienne

L’Afrique aborde une semaine particulièrement révélatrice de ses ambitions et de ses contradictions.

À Kampala, en Uganda, une rencontre continentale sur le droit d’auteur entend renforcer les revenus des créateurs africains.

En Guinée, les projets de transformation minière se heurtent à une question décisive : comment industrialiser sans disposer d’une énergie suffisante et abordable ? Dans les Grands Lacs, l’épidémie d’Ebola continue de progresser, tandis que l’assassinat d’un opposant rwandais réfugié en Ouganda soulève de graves interrogations sur la protection des personnes en exil. En Afrique australe, le Mozambique et l’Afrique du Sud commémorent le quarantième anniversaire de la disparition de Samora Machel, figure majeure des luttes de libération. Cinq développements qui interrogent la capacité du continent à construire sa souveraineté économique, sanitaire, politique et culturelle.

🇺🇬 OUGANDA — Kampala accueille une rencontre continentale pour transformer la création africaine en véritable puissance économique

Culture | Propriété intellectuelle | Économie créative | Intégration africaine

Rencontre programmée du 19 au 21 octobre 2026.

L’Ouganda accueille à partir de ce lundi un rendez-vous important pour l’avenir des industries culturelles africaines.  Lire Plus

Nyadol Nyuon : Une voix au cœur du débat australien

— Par Rodolf Étienne

Elle est née dans un camp de réfugiés en Éthiopie. A grandi dans celui de Kakuma, au Kenya, puis a rejoint l’Australie en 2005, à la fin de son adolescence.

Quelques années plus tard, Nyadol Nyuon devenait avocate, écrivaine, conférencière et l’une des voix les plus visibles du débat australien sur le racisme, l’immigration, les réfugiés et la représentation des communautés africaines.

Son parcours pourrait être raconté comme une spectaculaire réussite individuelle. Il raconte aussi quelque chose de beaucoup plus concret : la guerre, l’exil, la puissance de l’éducation, et cette question qui traverse aujourd’hui de nombreuses sociétés occidentales : à quelles conditions peut-on réellement appartenir à un pays lorsque l’on reste continuellement renvoyé à sa différence ?

Née dans l’exil – d’Ethiopie, du Kénya à l’Australie

Nyadol Nyuon naît en 1987 dans le camp de réfugiés d’Itang, en Éthiopie, au sein d’une famille soudanaise déplacée par la guerre. Lorsque de nouveaux affrontements rendent la région dangereuse, sa famille entreprend un déplacement de plusieurs semaines vers le Soudan, avant qu’une partie de son enfance ne se déroule au Kenya, entre Nairobi, Lodwar et surtout Kakuma, l’un des plus importants camps de réfugiés d’Afrique de l’Est.  Lire Plus

Minerais critiques : Afrique, de la mine à l’usine

— Par Rodolf Étienne

Pendant plus d’un siècle, une grande partie de l’économie minière africaine a fonctionné selon une mécanique presque immuable.

Extraire la matière première sur le continent, l’exporter, puis laisser ailleurs l’essentiel de la transformation industrielle, de la technologie, des emplois qualifiés et de la valeur ajoutée.

Cuivre, cobalt, bauxite, lithium, graphite, manganèse, platine, terres rares : l’Afrique possède une part considérable des minerais devenus indispensables aux batteries, aux véhicules électriques, aux réseaux électriques, aux énergies renouvelables, à l’électronique et désormais aux infrastructures de l’intelligence artificielle.

Mais posséder le minerai ne signifie pas posséder la chaîne de valeur. C’est précisément ce que plusieurs États africains tentent aujourd’hui de changer. Selon une analyse publiée par Reuters le 10 septembre 2026, l’Afrique continentale détiendrait environ 30 % des réserves minérales mondiales, tout en ne captant qu’environ 10 % des revenus miniers mondiaux. Le contraste résume à lui seul la question : la richesse géologique existe, mais une part considérable de la valeur économique est créée après que la matière première a quitté le continent.

Du minerai brut au produit transformé

Le mouvement qui s’esquisse aujourd’hui est loin d’être uniforme, mais il devient continental.   Lire Plus

Kenya. Cette pénurie de frites qui a fait trembler KFC

— Par Thomas Lemahieu —

La chaîne américaine de restauration rapide a déclenché une vague de colère sur le web au Kenya après une pénurie de frites. Des internautes ont appelé sur Twitter à son boycott parce que KFC ne s’est pas approvisionné en pommes de terre locales.

La chaîne américaine de restauration rapide KFC a déclenché une bronca sans précédent au Kenya. Empêtrés dans une pénurie de frites, ses dirigeants ont expliqué qu’ils attendaient une livraison de pommes de terre retardée du fait des perturbations dans le commerce mondial dues à la pandémie de Covid-19. Selon eux, un navire transportant la précieuse cargaison venue d’Égypte devait arriver cette semaine…
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Une production surabondante

Mais pour de nombreux Kényans qui ont lancé un mouvement de boycott sur les réseaux sociaux, cette rupture d’approvisionnement est absolument injustifiable : dans le grand pays d’Afrique de l’Est, les agriculteurs entrent dans la saison de récolte des pommes de terre, une soixantaine de variétés y sont cultivées et la surabondance guette.  Lire Plus

Londres indemnise les combattants Mau Mau torturés au Kenya

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Le gouvernement britannique a présenté jeudi 6 juin ses « sincères regrets » aux vétérans de la révolte des Mau Mau, et a annoncé une indemnisation de 23,4 millions d’euros pour les tortures infligées il y a plus de cinquante ans à ces Kényans révoltés.
Entre larmes d’émotion et youyous enthousiastes, les quelque 160 anciens combattants Mau Mau âgés et frêles, rassemblés dans un hôtel de Nairobi, n’ont rien perdu des mots qu’ils attendaient depuis près de soixante ans. « Le gouvernement reconnaît que des Kényans ont été soumis à des tortures entre les mains de l’administration coloniale », a déclaré jeudi 6 juin Christian Turner, représentant de la Grande Bretagne au Kenya, réitérant les propos solennels tenus quelques minutes plus tôt par le chef de la diplomatie britannique, William Hague, devant la Chambre des communes à Londres.  Lire Plus