— Par Jean-Bernard Bayard —
Te Deum
Est-il trop tard pour l’Haïti Chérie de chanter une grande messe d’action de grâces
En 1794 pour fêter l’abolition de l’esclavage un Te Deum fut chanté au Cap Français
En 1797 le premier gouverneur nègre de Saint Domingue fit chanter un beau Te Deum
En 1801 pour célébrer la première et seule constitution coloniale il y eut un Te Deum
Le Latin est la langue de l’église catholique à l’époque de l’autonomie de l’Île entière
Du Premier des Noirs au Premier des Blancs mit fin à toutes grâces des Louvertures
Le petit insulaire européen mit le petit insulaire antillais en disgrâce mortelle au Jura
Et depuis cette île damnée fut condamnée à perpétuité d’avoir vaincu trois puissances
Renommée Ayiti cette île en deux-cent- vingt- deux ans a survécu toutes sortes de maux
Maux naturels, économiques, revanchards, politiques, sociaux, religieux, scolaires
De l’international elle reçut des coups mortels qui auraient pu l’envoyer à un crématoire
De ses propres dirigeants elle fut avilie prostituée dénaturée, déshumanisée sans relâche
Peut-on espérer la rédemption de la nation ayisyèn qui fut le phare de la liberté coloniale
Comment expier les châtiments inculqués par l’occident et les vices de ses propres rentiers
Verrons-nous avec ce troisième siècle une renaissance de la vision ancestrale de 1791-1801
Oserons-nous rêver un jour de chanter un Te Deum pour une belle messe d’action de grâces
Jean-Bernard Bayard
M’Pa Kanmarad Ou!

— Par Jean-Bernard Bayard —
« Quand »
— Par Jean-Bernard Bayard —
« Illuminer »
« Saut-D’Eau »