Étiquette : identité martiniquaise

Aux noms des femmes : La Martinique épée levée !

L’épée est levée, non pour déclarer une guerre aux hommes... Pour trancher dans l’oubli

— par Rodolf ETIENNE

Elles sont ici vingt-cinq noms dans une histoire beaucoup plus vaste : celle des femmes de Martinique qui ont arraché leur place à l’invisibilité, pris la parole, occupé le pouvoir, transformé nos représentations ou porté le nom du pays bien au-delà de ses rivages.

L’histoire de la Martinique a longtemps eu cette étrange manière de conjuguer la femme au quotidien et l’homme à la postérité.

La femme tenait la famille, le marché, le commerce informel, l’éducation, la transmission, parfois l’habitation, souvent les comptes domestiques, fréquemment la survie elle-même. Mais quand venait le temps de graver les noms dans la pierre, l’histoire redevenait étrangement masculine.

Césaire, Fanon, Glissant, Aliker, Lagrosillière, Gratiant : Ils sont immenses !

Mais pendant ce temps-là, Paulette Nardal pensait déjà le monde noir !

Suzanne Césaire bouleversait la pensée antillaise !

Jane Léro organisait les femmes ! D’autres préparaient leurs batailles !

Alors : pour une fois, faisons exactement l’inverse ! Aux noms des femmes : La Martinique épée levée !<p>  Lire Plus

Fort-de-France : l’usure du pouvoir dans le miroir de l’Afrique

La ville d’Aimé Césaire, grand penseur de l’émancipation noire du XXᵉ siècle, est aussi une ville où la même filiation politique municipale gouverne depuis 1945.

— Par Rodolf Étienne —

À un moment où la rentrée scolaire remet sous nos yeux les transformations démographiques de la capitale, Fort-de-France offre une contradiction politique particulière qui mérite d’être regardée sans révérence excessive.

Ici, il faut préciser ! Le PPM (Parti Progressiste Martiniquais) ne gouverne pas Fort-de-France depuis 1945, puisqu’il n’a été créé qu’en 1958.

Césaire fut d’abord élu sous l’étiquette communiste.

Mais la continuité politique issue du césairisme est incontestable.

Aimé Césaire de 1945 à 2001, Serge Letchimy de 2001 à 2010, Raymond Saint-Louis-Augustin de 2010 à 2014, puis Didier Laguerre depuis 2014. Nous parlons donc, en 2026, de quatre-vingt-une années de continuité politique municipale.

Cette durée n’est pas en elle-même antidémocratique. Lors des récentes élections, les Foyalais ont librement voté. Des oppositions se sont présentées. Toute élection est libre. Vouloir assimiler Fort-de-France à quelque régime autoritaire que ce soit serait absurde.

Mais la démocratie ne se mesure pas seulement à la possibilité juridique de changer de pouvoir, elle se mesure également à la réalité de cette possibilité.<p>  Lire Plus