Étiquette : identité martiniquaise

Georges Desportes : Aimé Césaire grandeur nature

  • par Rodolf Étienne

Publié en 2013 aux éditions Dagan, à l’occasion du centenaire de la naissance d’Aimé Césaire, Aimé Césaire grandeur nature rassemble les réflexions de Georges Desportes sur celui qui fut à la fois son ami, son compagnon intellectuel et l’une des grandes consciences du XXe siècle.

Un ouvrage qui invite à retrouver, derrière le monument littéraire et politique, la complexité d’un homme profondément attaché à la dignité humaine.

Georges Desportes, témoin d’une génération

Né le 26 janvier 1921 à Ducos, en Martinique, Georges Desportes appartient à cette génération d’écrivains antillais qui ont accompagné les grandes transformations intellectuelles, culturelles et politiques du XXe siècle.

Poète, romancier, dramaturge, essayiste et critique littéraire, il a traversé plusieurs décennies de création en entretenant un dialogue permanent avec les figures majeures de la pensée noire et caribéenne. Proche d’Aimé Césaire, il a également côtoyé Léopold Sédar Senghor, Léon-Gontran Damas et André Breton. Son parcours témoigne d’une époque où la littérature constituait un instrument de connaissance, d’émancipation et de transformation sociale. Président de l’Institut Aimé Césaire des Arts et des Lettres des Amériques et de l’Afrique, créé en 2006, Georges Desportes s’est attaché à défendre et transmettre l’héritage intellectuel du poète martiniquais.  Lire Plus

MARTINIQUE : Identité ou delirium tremens ?

– Par Rodolf Étienne

« L’homme a peur de son rêve au moment de le satisfaire… »

L’Appel. Les Indes. Édouard Glissant. Ed. Du Seuil, 1956.

Précision indispensable : le delirium tremens est une urgence médicale liée au sevrage alcoolique sévère. Il n’est nullement utilisé ici comme qualification médicale de la société martiniquaise, mais exclusivement – abusivement – comme image littéraire et politique du sevrage et de la dépendance.

Entre désir d’émancipation et besoin de protection, revendication identitaire et dépendance économique, créolité assumée et attachement au cadre français, la Martinique semble parfois hésiter au seuil de sa propre transformation.

Le tremblement du sevrage

La question est pourtant moins simple qu’elle n’en a l’air. Depuis plusieurs générations, le discours collectif porte simultanément une volonté de différenciation et une demande d’égalité, un désir d’autonomie et un besoin de protection, une critique de la dépendance et une inquiétude profonde devant les conséquences de sa disparition. En clair, le Martiniquais affirme vouloir davantage décider ici-même en Martinique mais continue à attendre énormément de Paris. Il dénonce une économie dépendante, mais une part essentielle de son niveau de vie repose sur des mécanismes de redistribution, des dépenses publiques, des prestations sociales, des rémunérations et des investissements qui s’inscrivent dans l’ensemble français et européen.   Lire Plus