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Le tourisme 2026–2027 à l’épreuve des réalités économiques

Économie | Tourisme

Croisières, transport aérien, hôtellerie, nouveaux marchés et retombées locales : la Martinique aborde une saison touristique décisive.

Entre ambitions de croissance et fragilités structurelles, une question s’impose : accueillir davantage de visiteurs suffit-il encore à développer l’économie du territoire ?

À quelques semaines de l’ouverture de la haute saison touristique, la Martinique se trouve dans une situation singulière. Les perspectives commerciales annoncées depuis le début de l’année 2026 laissent entrevoir de nouvelles possibilités de développement. Les compagnies de croisière programment davantage d’escales, les transporteurs aériens renforcent certaines dessertes et la fréquentation hôtelière retrouve une dynamique positive. Pourtant, derrière ces indicateurs encourageants, les professionnels expriment des inquiétudes croissantes sur le niveau des réservations, le coût des transports, les difficultés économiques et les tensions sociales.

Les annulations des escales du Coral Princess, le 20 octobre, puis du Carnival Miracle, attendue le 23 octobre, donnent brutalement corps à ces incertitudes. Deux paquebots, près de 5 000 passagers annoncés au total, et autant d’occasions manquées pour les taxis, les commerces, les restaurateurs et les prestataires d’excursions. Ces annulations ne permettent pas, à elles seules, de préjuger du résultat de la saison.  Lire Plus

Sainte-Lucie – A’ila Resorts : Une aventure touristique à 1,3 milliard de dollars

– par Rodolf Etienne

À Mount Pimard, à Rodnay Bay, Sainte-Lucie ne construit pas seulement un nouveau complexe hôtelier.

Avec A’ILA Resorts, projet annoncé à 1,3 milliard de dollars américains porté par des sociétés liées à un groupe basé au Texas, l’île change l’échelle de l’attractivité touristique : hôtels, résidences, villas, bien-être, commerce, restauration, centre de conférences, accès public au littoral. 

Et derrière les images de piscines et de bâtiments posés face à la mer se joue une stratégie beaucoup plus élaborée : créer davantage de capacité touristique, attirer de nouvelles clientèles et, mécaniquement, remplir davantage d’avions.

À vingt-cinq minutes de vol de la Martinique, Sainte-Lucie organise déjà une partie du tourisme caribéen de demain.

Pas moins d’1,3 milliard de dollars pour le secteur touristique

Le projet A’ILA Resorts a été présenté officiellement en avril 2025 au Caribbean Investment Summit. Son montant annoncé : 1,3 milliard de dollars US. A’ILA Resorts est développé par Global Capital Caribbean LLC et USCEM Group LLC, deux filiales du Atlas Group of Companies, dont le siège est au Texas.

Le gouvernement de Sainte-Lucie présente Atlas comme un groupe international actif depuis plus de cinquante ans dans l’hôtellerie, les infrastructures, la santé, le logement, les bâtiments publics et les transports.   Lire Plus

Martinique – Tourisme : Kérosène, l’angle mort

  • par Rodolf Etienne

Alors que le nouveau président du Comité martiniquais du tourisme (CMT), Alexandre Ventadour, ambitionne de porter la destination jusqu’à 1,3 million de visiteurs à cinq ans, une variable extérieure pourrait sérieusement compliquer l’équation : le prix du carburant aérien.

Pour une île dont l’économie touristique dépend presque entièrement de l’avion, la hausse du kérosène ne menace pas seulement le nombre de visiteurs, elle risque surtout de réduire ce que chacun d’entre eux laissera dans l’économie martiniquaise.

Le tourisme martiniquais aborde la saison 2026-2027 dans une situation paradoxale. Rarement les ambitions auront été aussi clairement affichées. Alexandre Ventadour, nouveau président du Comité martiniquais du tourisme, estime que la Martinique pourrait atteindre 1,3 million de visiteurs dans les cinq prochaines années, en s’appuyant notamment sur les capacités aéroportuaires et portuaires existantes et sur le développement de nouvelles dessertes. 
Il reconnaît lui-même que cette trajectoire dépendra aussi des compagnies aériennes, des tour-opérateurs et de l’évolution de la situation géopolitique internationale.
C’est cette dernière précision qui semble prendre soudain une importance particulière. Le prix moyen mondial du carburéacteur a atteint, lors du dernier relevé de l’Association internationale du transport aérien, 171,01 dollars le baril, soit une progression de 9 % en une semaine.
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