Étiquette : Histoire de l’art

Nicolas de Staël : La couleur jusqu’au vertige

– par Rodolf Etienne

De la Russie révolutionnaire aux rivages de la Méditerranée, Nicolas de Staël (1914-1955) a traversé l’histoire de la peinture moderne comme un artiste impossible à enfermer dans une école.

En une quinzaine d’années, ce peintre d’origine russe, devenu français, a construit une œuvre où la matière, les formes et les couleurs composent un langage d’une liberté exceptionnelle.

Souvent associé à l’abstraction lyrique, il n’a pourtant jamais accepté de choisir définitivement entre abstraction et figuration. Sa disparition brutale, à 41 ans, a contribué à faire de lui une figure tragique. Mais derrière la légende demeure l’essentiel : une œuvre qui continue d’interroger notre manière de regarder le monde.

Un enfant de l’exil, une vie en mouvement

Nicolas de Staël naît le 5 janvier 1914 à Saint-Pétersbourg, dans l’Empire russe, au sein d’une famille de l’aristocratie. Son père, Vladimir Staël von Holstein, est un officier de l’armée impériale. La révolution russe de 1917 bouleverse l’existence familiale. Les Staël quittent leur pays et trouvent refuge en Pologne. La mort du père en 1921, puis celle de la mère en 1922, laisse Nicolas et ses deux sœurs orphelins.  Lire Plus

Rembrandt : La révolution du portrait

— Par Rodolf Étienne

Avant Rembrandt, le portrait affirme souvent une position sociale.

Avec lui, il devient aussi une interrogation sur l’existence humaine.
Le visage cesse d’être seulement une surface à reproduire : il devient un territoire à explorer.
La lumière révèle autant qu’elle dissimule, les regards suggèrent des pensées, les rides racontent le temps, et les imperfections acquièrent une dignité nouvelle. 

Lorsque Rembrandt Harmenszoon van Rijn naît à Leyde, le 15 juillet 1606, la peinture européenne possède déjà une longue tradition du portrait. Des artistes comme Titien, Holbein, Rubens ou Van Dyck ont porté cet art à un degré exceptionnel de maîtrise. Pourtant, en quelques décennies, le peintre néerlandais va contribuer à en transformer profondément les conventions.

Sa révolution ne réside pas dans l’invention du réalisme ni du clair-obscur. Elle tient plutôt à une manière singulière de réunir la ressemblance, la présence psychologique, le mouvement et la matérialité de la peinture.

Le portrait avant Rembrandt – représenter une fonction, affirmer un rang

Au début du XVIIe siècle, le portrait constitue un instrument essentiel de reconnaissance sociale. Princes, aristocrates, marchands, savants et dignitaires religieux commandent leur image afin de transmettre leur position, leur fortune ou leur autorité.

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Christine Sourgins : «Tous ses héritiers ont trahi Duchamp»

Par Valérie Duponchell

INTERVIEW – Pour la polémiste Christine Sourgins, historienne et médiéviste, l’anticonformisme de l’artiste est devenu conformisme.

L’auteur du pamphlet de Les Mirages de l’art contemporain(La Table ronde) rappelle que dès 1962, l’artiste s’indignait lui-même de la récupération dont il était l’objet.

LE FIGARO. – Pourquoi parlez-vous de la trahison de Marcel Duchamp?

Christine SOURGINS. -Duchamp est incontestablement devenu «le pape de l’art contemporain», celui dont se réclament peu ou prou les artistes qui dominent le marché. Cependant tous ces héritiers, fers de lance d’un art contemporain officiel et financier, ont trahi Duchamp, qui, lui, n’avait pas le pouvoir et cultivait sa marginalité. Dès 1962, Duchamp s’indignait de la récupération dont il était l’objet: «Je leur ai jeté le porte-bouteilles et l’urinoir à la tête comme une provocation et voilà qu’ils en admirent la beauté», lit-on dans sa Lettre à Hans Richter en novembre 1962.  Lire Plus