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Cyparis ou comment survivre à la montagne Pelée ?

— Par Rodolf Étienne

Le 8 mai 1902, Saint-Pierre disparaît sous une nuée ardente.
Parmi les rares habitants qui échappent à la catastrophe figure un homme enfermé dans un cachot : Louis-Auguste Cyparis.
Sauvé par les murs de sa prison, il devient bientôt une célébrité internationale. Son histoire, pourtant, ne se résume ni à un miracle ni à une curiosité volcanologique.
Elle raconte aussi la condition d’un Martiniquais noir dans la société coloniale, le commerce des corps meurtris et la fabrication d’une légende dont l’homme véritable finit par s’effacer.

Saint-Pierre, 8 mai 1902 – la ville qui disparaît

Au matin du 8 mai 1902, jour de l’Ascension, Saint-Pierre est encore l’une des principales villes de la Martinique. Ancienne capitale économique de l’île, la cité possède ses maisons de commerce, ses établissements religieux, son théâtre, ses quartiers populaires et un port actif. Depuis plusieurs semaines, la montagne Pelée manifeste une activité inquiétante. Des émissions de cendres, des explosions et des phénomènes volcaniques préoccupent une partie de la population. Le 5 mai, une coulée de boue a déjà provoqué une catastrophe à l’usine Guérin, près de Saint-Pierre.

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La vie de Raphaël Elizé est désormais un roman

« Rendez-vous avec l’heure qui blesse » aux Editions Continents noirs, Gallimard. 195 pages. 17.90 euros.

Gaston-Paul Effa, écrivain et professeur de philosophie, a écrit un roman dans lequel il se glisse dans la peau de Raphaël Elizé.

Il manque toujours au premier maire noir de métropole et maire de Sablé, une réelle reconnaissance nationale. Peut-être l’ouvrage de Gaston-Paul Effa y contribuera-t-il.

«Mon grand-père disait que pour les Noirs la peau est un mystère insondable, et il le disait sans chercher à savoir si nous comprenions, ou si, à Lamentin, on se souciait de la peau des esclaves, la mer, seule, évoquait quelque chose pour nous puisqu’elle n’était jamais bien loin, qu’elle nous nourrissait, qu’elle n’aurait jamais fini de charrier nos expériences originelles. Ce que voulait dire mon grand-père, c’était peut-être que la peau d’autrui et sans doute la sienne, et aussi la mienne aujourd’hui, sont un détroit où l’on ne peut que se perdre.»
Martiniquais d’origine modeste, vétérinaire rejeté puis admiré, Raphaël Élizé, le narrateur, a été le premier maire noir d’une ville de France métropolitaine. L’occupation allemande, au cours de la Seconde Guerre mondiale, mit malheureusement fin à son mandat pour des préjugés de couleur.  Lire Plus