— Par Fernand Odonnat (*) —
L’eau coule, mais pas partout de la même façon selon qu’on habite Saint-Joseph ou Sainte-Anne. Chaque période de carême le rappelle avec brutalité : les Martiniquais n’ont pas tous accès à la même ressource, au même prix, dans les mêmes conditions. Ce n’est pas une fatalité climatique. C’est le résultat d’une organisation fragmentée, dont nous avons héritée et que nous avons trop longtemps reconduite faute de volonté commune.
Le 5 janvier 2026, l’Assemblée de Martinique a dit stop. Les élus ont voté à l’unanimité et avec force pour une autorité unique de l’eau. Ce vote ouvrant la voie à la création et à la mise en œuvre d’une autorité unique en matière d’eau et d’assainissement, n’est pas un choix anodin. C’est une décision historique de gouvernance, prise après des années de concertation, de crises vécues ou évitées de justesse, de tours d’eau qui n’auraient jamais dû exister. Les élus martiniquais, dans toute leur diversité, ont choisi de ne plus gérer les symptômes mais de traiter les causes. L’unanimité, ici, n’est pas un détail : elle est la preuve que quand l’intérêt général prime sur les intérêts particuliers, la Martinique sait se rassembler.
