Étiquette : Éric Cabéria

Mémoires nomades

— Par Éric Cabéria du Comité Devoir de Mémoire Martinique —

Le projet de QR code porté par le Comité Devoir de Mémoire Martinique s’inscrit dans une histoire ancienne, patiente et obstinée : celle du projet Mémoires Nomades, auquel nous tenons depuis de nombreuses années.

Ce projet n’est pas né d’une mode technologique, ni d’un enthousiasme superficiel pour le numérique. Il est né d’une réflexion collective, conduite depuis longtemps au sein du Comité Devoir de Mémoire, notamment à partir des cogitations de Christian Jean-Étienne, de Serge Chalons, d’Éric Caberia, ainsi que d’autres membres du Comité qui ont, chacun à leur manière, nourri cette intuition fondamentale : la mémoire ne doit pas rester enfermée dans les livres, les archives, les cérémonies officielles ou les discours d’initiés. Elle doit descendre dans la rue, habiter les lieux, accompagner les passants, interpeller les jeunes, instruire les visiteurs et redonner sens aux espaces que nous traversons parfois sans les voir.

À l’origine, Mémoires Nomades reposait sur une idée techniquement ambitieuse pour son époque : installer, dans différents lieux de Fort-de-France, des points d’accès numériques permettant au public de consulter sur place des contenus historiques, culturels et mémoriels.

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Quand la République ferme les yeux sur le racisme : Indignation à géométrie variable !

— Par Éric Cabéria & Christian Jean-Étienne (*)

L’agression antisémite d’un rabbin à Orléans a suscité des condamnations immédiates des plus hautes autorités de l’État. Mais lorsqu’il s’agit de racisme anti-Noirs ou anti-Arabes, la République regarde ailleurs. Jusqu’à quand ?

Samedi dernier 29 mars 2025, la 8 ème édition des marches de la solidarité, baptisée journée mondiale contre le racisme et le fascisme, rassemblait plus de 90 000 personnes dans les rues, une manifestation appelée par 220 associations et syndicats contre le racisme et l’extrême droite. Une manifestation puissante, portée par des citoyens conscients de l’urgence d’une société plus juste. Mais un incident en marge — l’agression d’un rabbin par un adolescent de 16 ans — a suffi à mobiliser l’appareil d’État : le Président, le Premier ministre, le ministre de l’Intérieur, tous ont pris la parole, dénonçant avec vigueur « le poison de l’antisémitisme ».

Soit. L’antisémitisme est une abomination. Il doit être combattu avec détermination.

Mais où est cette même vigueur quand le racisme vise les Noirs ou les Arabes ? Où sont les déclarations solennelles, les condamnations officielles, les tweets républicains, quand la négrophobie frappe ?

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