Étiquette : Edouard de Lépine

Sur l’abolition de l’esclavage : fausses querelles et vrais problèmes

— Par Édouard de Lépine —

Au moment où s’annonce bruyamment la préparation des fêtes du 22 mai, il nous a semblé qu’on ne pouvait laisser passer sous silence, la date du 27 avril, date de l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises. Pour éclairer le débat, un extrait de l’ouvrage d’Édouard de Lépine, Dix semaines qui ébranlèrent la Martinique, Maisonneuve Larose – Servédit, Paris 1999

…Faut-il opposer le 22 mai au 27 avril comme on tend à le faire depuis une trentaine d’années, après avoir, il est vrai, outrageusement privilégié le 27 avril par rapport au soulèvement du 22 mai qui a conduit à l’abolition anticipée de l’esclavage à la Martinique et à la Guadeloupe ? S’il est vrai que c’est la France qui a introduit l’esclavage dans ses colonies et qu’il n’y a pas lieu de se confondre en actions de grâce pour la remercier d’avoir aboli ce qu’elle avait établi, rien ne nous oblige à donner raison à ceux qui pensent qu’il « y a des services si grands qu’on ne peut les payer que par l’ingratitude ».

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Darsières Camille. 19 mai 1932 – 14 décembre 2006

Avocat, homme politique 

— Par Edouard de Lépine —

Camille Darsières est né le 19 mai 1932 à Fort-de-France, dans une famille de bonne bourgeoisie mulâtre de Fort-de-France. Une famille aisée sans être riche, distinguée sans ostentation, aussi fière de son passé que sûre de son destin.

Les Darsières sont proches de Joseph Lagrosillière, le père fondateur du mouvement socialiste à Martinique, député-maire de Sainte Marie depuis deux bonnes décennies quand Camille vient au monde.

Le jeune Darsières a été élevé et a grandi dans le climat politiquement chaud de la Martinique de l’entre-deux guerres. Une époque rythmée par les élections marquées depuis le milieu des années 1920, par la fraude électorale et, parfois, par la violence des affrontements entre une droite et une gauche dont on distingue cependant mal les contours. Les querelles de personnes à l’intérieur de l’un et de l’autre camps, masquent les oppositions plus profondes au sein d’une société coloniale complexe. Les classes dominantes ne sont pas moins divisées que les catégories sociales les plus défavorisées.

À droite, à coté des vieilles oppositions historiques, blancs, mulâtres, noirs, le groupe dit des békés, pour l’essentiel des descendants des colons, est moins homogène qu’on ne le croit généralement.

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« Nous sommes des nains sur les épaules d’un géant, Aimé Césaire »

— Par Édouard de Lépine —

« Nous sommes comme des nains juchés sur des épaules de géants (les Anciens), de telle sorte que nous puissions voir plus de choses et de plus éloignées que n’en voyaient ces derniers. Et cela, non point parce que notre vue serait plus puissante ou notre taille avantageuse, mais parce que nous sommes portés et exhaussés par la haute stature des géants. » Bernard de Chartres

Ce texte devait paraître à la fin de l’année 1978 dans l’ouvrage d’Alain Brossat et Daniel Maragnès, Les Antilles dans l’impassei. C’est la suite de l’entretien que j’ai eu à l’époque avec Daniel Maragnès et qui n’a paru dans ce livre qu’en 1981ii. À partir d’une réflexion passablement pessimiste relevée dans la conclusion de mon livre, Questions sur l’Histoire Antillaise3, sur les « nations foutues » ou les « nations non historiques » d’Engels, cet entretien portait sur l’évolution de la situation politique à la Martinique.

Ce livre constituait une manière de réponse à l’ouvrage de Camille Darsières, secrétaire général du PPM, l’un des plus proches compagnons de Césaire, Des origines de la nation martiniquaise4.

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« Nous sommes des nains sur les épaules d’un géant : Aimé Césaire »

Jeudi 18 mai 2017 à 18h

Salle de conférence du Crédit Agricole au Lamentin
Une contribution à une approche militante de la pensée et de la pratique politiques de CÉSAIRE, l’homme le plus célèbre et, de loin,
le plus important de notre vie publique.
L’historien et homme politique martiniquais Édouard de LÉPINE nous convie ici à réfléchir sur notre identité de Martiniquais, sur la reconnaissance de la personnalité collective du peuple martiniquais, sur notre droit à l’initiative historique et à la responsabilité.

Vous êtes invités à découvrir cet ouvrage

Introduction de l’historien et de ses ouvrages par Michel PONAMAH, homme de lettres, proviseur honoraire

Présentation simultanée des « Écrits politiques d’Aimé CÉSAIRE » : 400 textes et discours politiques de 1935 à 2008 en 5 volumes !

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Crise à l’université, Médiapart manipulé ?

— Par Edouard de Lépine —
mediapart_manipQuelques jours après le passage à la Martinique du directeur de Médiapart, Edwy Plénel, a paru dans ce journal un curieux article sur l’Université des Antilles. Cet article met gravement et nommément en cause Fred Célimène pour lequel j’ai le plus grand respect, entre autres à cause de l’énorme travail qu’il a réalisé en un peu plus d’un quart de siècle, à l’intérieur de l’Université et aux alentours, dans la Caraïbe. Un travail que je suis naturellement prêt à comparer avec celui de n’importe lequel de ces conjurés d’un gran sanblé qui n’ose pas dire son nom. À commencer par la seule performance de celle qui n’aura mis que quelques mois à casser l’Université des Antilles-Guyane que nous avions mis un demi-siècle à construire.
Ému et surpris par les premiers articles parus dans Médiapaart et repris dans la presse locale, j’avais adressé au directeur de ce journal que j’ai la chance de connaître, à une adresse probablement inexacte, un document qu’il n’a manifestement pas reçu. C’est pourquoi je me proposais de profiter de son passage à la Martinique, pour lui en toucher un mot, lui remettre un épais dossier sur ce sujet et même essayer de mettre sur pied une rencontre avec Fred Célimène.

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“Chalvet, février 1974” d’ Edouard de Lépine

Communiqué de presse de “Tous créoles”

edouard_de_lepineFidèle à sa démarche de mieux faire connaître notre histoire, l’association « Tous Créoles ! » a présenté le jeudi 20 novembre 2014 à la salle de conférence du Crédit Agricole au Lamentin, en partenariat avec K-EDITIONS, le dernier ouvrage de l’historien Édouard de LÉPINE, intitulé « Chalvet, février 1974, Suivi de 102 documents pour servir à l’histoire des luttes ouvrières de janvier-février 1974 à la Martinique ».

Une centaine de membres et sympathisants de l’association était présente pour découvrir ce que l’on peut considérer comme un véritable livre-événement, écrit il y a près de 40 ans, qui détaille et analyse ce moment clé de l’histoire du mouvement ouvrier martiniquais.

Une belle soirée littéraire, qui a permis au public attentif de découvrir ou de mieux apprécier, outre des faits d’histoire contemporaine, le réel talent d’écrivain de l’historien Édouard de LÉPINE.

Dans son mot de bienvenue, l’association « Tous Créoles ! », par la voix de son co-président Roger de JAHAM, remerciait tout d’abord l’assistance de sa présence, puis saluait non seulement la pointilleuse rigueur d’historien qui fait qu’Édouard de LÉPINE n’ait jamais rien écrit qu’il n’ait vérifié de lui-même, mais saluait aussi ce qu’il qualifie chez cet homme politique martiniquais « de profonde honnêteté intellectuelle », concrétisée par l’évolution de son parcours politique.

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Pour Bernard Petitjean Roget

—Par Édouard de Lépine—
b_p_rBernard Petitjean Roget n’était pas seulement un ami. C’était un frère. Mais c’était aussi plus qu’un frère. Je ne vais donc point évoquer ici  mes relations personnelles avec avec lui.  Des relations qui ont lui ont valu, directement ou indirectement, tant d’insinuations malveillantes et d’accusations diffamatoires, dont il a été complètement lavé au terme d’une procédure qui a duré plus de 14 ans, mais qui l’ont terriblement marqué. Je me réserve d’y revenir dans d’autres circonstances.
Je veux parler ici de l’homme que la Martinique vient de perdre et qui était un grand Martiniquais. C’était un symbole.  Le symbole de la Martinique dont on se surprend à rêver parfois. C’était un Martiniquais conscient de la nécessité de construire notre communauté  : celle d’un peuple uni dans toutes ses composantes, sans exclusive, dans le respect de nos différences, caraïbes,  blancs, nègres,  Indiens, Chinois,  mais avec la ferme volonté de renforcer chaque jour notre unité pour faire face à de très réelles difficultés et  tirer le meilleur parti de nos possibilités qu’il croyait énormes.

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Le chômage et les petits chefs

— Par Édouard de Lépine —

Il est temps de mettre à la raison ces nègres qui croient que la révolution ça consiste à prendre la place des blancs et continuer en lieu et place, je veux dire sur le dos des nègres, à faire le blanc.

Césaire, La tragédie du roi Christophe

petits_chefsIl y a sans doute de plus grands malheurs que le chômage pour des gens qui peuvent travailler. Personne ne croit qu’il existe dans notre pays de solution miracle qui permette de résoudre ce problème dans des délais prévisibles. C’est dire qu’aucun chômeur martiniquais conscient ne se fait d’illusion. Mais il y en a qui n’en dorment pas. Parmi les femmes notamment. Elles se battent tous les jours pour en sortir. Elles dépensent certaines semaines plus que les ASSEDIC ne leur versent d’indemnité. Elles cherchent depuis 7 mois, de Dillon à Terres Sainville, en passant Redoute et Chateauboeuf, un local pour exercer un métier qu’elles connaissent, qu’elles ont pratiqué pendant vingt ans pour la plus grande satisfaction de leur clientèle et…de leur employeur. Ou elles n’en trouvent pas.

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