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Esclavage : plus grave crime contre l’humanité

Déclaration du Comité Devoir de Mémoire Martinique, le 28 mars 2026, sur le vote de l’ONU du 25 mars 2026

Le Comité Devoir de Mémoire Martinique prend acte du vote du 25 mars 2026 à l’ONU proclamant que  » la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé des Africains » sont  » les plus graves crimes contre l’humanité », et s’interroge sur l’abstention de la France.

Pendant plus de quatre siècles, entre 12 et 15 millions d’Africains furent déportés vers les Amériques.

Mais ce chiffre ne reflète qu’une partie de la tragédie.

Avant même l’embarquement, lors des captures, des razzias et des marches forcées vers les côtes, entre 2 et 4 millions de personnes périrent.

Durant la traversée atlantique, dans les cales des navires négriers, près de 2 millions d’êtres humains moururent. Une fois arrivés dans les Amériques, la mortalité demeura extrêmement élevée.

Dans les plantations esclavagistes, entre 30 % et 50 % des nouveaux arrivants mouraient dans les dix premières années, victimes du travail forcé, de la malnutrition, des maladies et des violences.

Cela représente entre 3 et 6 millions de morts supplémentaires.

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Procès du déboulonnage des statues coloniales: la mémoire ou l’oubli ?

— Tribune du Comité Devoir de Mémoire Martinique —
La question est limpide pour notre communauté antillo-guyanaise :
quelle mémoire choisissons-nous de célébrer pour notre avenir ?
Il n’est pas anodin que cette question ressurgisse aujourd’hui, alors que de jeunes Martiniquais comparaissent devant la justice pour avoir déboulonné des statues coloniales.
Leur geste, qu’on voudrait réduire à un acte de vandalisme, interroge en réalité quelque chose de beaucoup plus profond : le rapport que notre société entretient avec sa mémoire, avec son passé, avec la manière dont elle choisit d’honorer ou d’ignorer.
Depuis plus de trois siècles, la dignité du peuple martiniquais a été niée, marchandisée, puis confinée au silence.
Lorsque l’esclavage fut aboli, la France indemnisa les anciens planteurs, jamais les esclaves affranchis.
Et comme un second châtiment, on enjoignit aux survivants d’oublier : oublier les chaînes, oublier les supplices, oublier les siècles d’humiliation.
L’histoire officielle, dès lors, fut écrite sans eux, et l’espace public modelé à l’image des maîtres d’hier.
Nos places, nos avenues, nos statues, nos écoles ont ainsi longtemps célébré non les vaincus qui se redressèrent, mais ceux qui les avaient écrasés.

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Misère sociale et complexité d’une réalité martiniquaise

— Par Christian Jean-Etienne, président —
Le Comité Devoir de Mémoire Martinique, préoccupé par la situation de crise que nous vivons depuis trop longtemps s’interroge sur la Vie chère en Martinique. Elle est le résultat direct de mécanismes économiques issus de l’époque coloniale. On peut remonter à 1670, siècle de l’absolutisme pour l’installation du pacte colonial afin de comprendre cette situation. Cette doctrine économique avait pour but de favoriser les intérêts économiques de la Métropole coloniale en consolidant son pouvoir financier et en contrôlant son monopole sur le commerce et le système de l’exclusif. Selon cette doctrine, la colonie est autorisée à exporter uniquement vers la Métropole les matières premières indispensables au développement de son industrie et à n’importer que des produits venant de la Métropole.

Ce rappel historique est utile pour mieux appréhender la complexité de la réalité vécue et pour comprendre le ras-le-bol légitime des Martiniquais. Cette réalité illustre un contexte social et économique caractérisé par un taux de pauvreté 5 à 10 fois plus élevé qu’en France et une cherté de la vie hors du commun, jusqu’à 40% plus élevée.

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