Étiquette : Camille Loty Malebranche

Temps et chronométrie: la ruse du cyclique dans la linéarité.

— Par Camille Loty Malebranche —

Le temps cyclique est de caractère festif ou à tout le moins remémoratif en tant qu’il fait se répéter mémoriellement les faits par l’artifice de la date ou période pérenne, immuable pour les cérémonies commémoratives. Il tient son origine dans la cyclicité des phénomènes naturels tels le cycle du jour et de la nuit, le cycle des saisons… Le temps linéaire – temps d’évolution, d’âge vers l’imparable eschaton – marque, quant à lui, la croissance de l’homme et apporte la maturité qui fait de l’enfant un adulte. C’est le temps qui permet d’orchestrer le pouvoir d’orientation par chaque conscience humaine dans la durée, le temps qui héberge la perception et la projection organisée de la ligne finie de la temporalité; le temps effectif et vécu où l’homme choisit l’action à mener ou la réaction à adopter. C’est là, la dualité du rapport immédiat de l’homme au temps.

La chronométrie se divise dans la réalité factuelle de l’homme comme relevant soit du macro soit du micro.

Macrochronométrie

La macrochronométrie est institutionnelle ou humaine. Institutionnelle, elle est stative quand elle sert à séparer par importance événementielle les périodes de l’histoire, elle porte également sur les projections en prospective, la futurologie scientifique pour les besoins d’administration à moyen et long termes des structures institutionnelles.

  Lire Plus

Humanisme et misanthropie, le même amour de l’humanité…

— Par Camille Loty Malebranche —

Le misanthrope sage est celui qui aime tant l’espèce dans ce qu’elle a de grand, dans ce qu’elle renferme, par essence, de promesse et de vocation exaltante et magnifiante pour l’Homme, qu’il hait d’une sainte haine la société de déshumanisation qui altère, domine le monde et dévie l’humanité.

Aimer l’humanité au point de haïr la société déviante qui la dénature, tel est l’art de la misanthropie conséquente avec elle-même et avec l’humanisme.

J’appelle misanthropie, le refus de l’humanité tronquée proposée par les sociétés oppressives qui, tout en continuant à évoquer la personne humaine, en font un être asservi par les paradigmes de la politique et de l’économie appliquée par les « élites » dirigeantes. Cette misanthropie est une conséquence et une partie de l’humanisme intégral qui milite pour l’homme. D’où la dualité naturelle (je dirais substrative car il s’agit du substratum) de l’humanisme qui, dans son paradigme même, est un combat, une lutte idéelle, actionnelle parce que militante, dans un monde où l’avarice et l’instinct de domination des uns menacent et anéantissent la primauté de l’homme sur les biens et les richesses, en utilisant si souvent les autres (l’humain) transformé en instrument de système politico-économique conçu pour l’enrichissement et la jouissance d’oligarchies exploiteuses.

  Lire Plus

Manichéisme moral, mensonge ontologique.

— Par Camille Loty Malebranche —

Pour asseoir leur pouvoir sacré qu’il soit séculier ou religieux, les chefs du monde créent un manichéisme moral de facto dans le monde social. Pourtant, dans le factuel de la vie, l’homme, tout homme est une terre naturellement ensemencée de l’ivraie et du bon grain à satiété, indifféremment fertile pour l’une et l’autre semailles. C’est à l’Esprit, cultivateur moissonneur, selon sa conscience allumée ou enténébrée, de choisir de l’ivraie ou du bon grain, quelle culture il entretient, quel est le jardin de sa vie!

D’un point de vue strictement cosmique, il n’y a ni bien ni mal. La morale est un domaine du sens pour permettre à l’homme de signifier l’action et ainsi d’être juge de soi et d’autrui, jugeable et justiciable à tout coup. La morale spirituelle réfère au métaphysique, au sens même de la présence humaine comme être au monde et qui se vit dans la pensée-action qui constitue la ligne existentielle de tout homme. La spiritualité est donc le lieu de l’indication du Véritable qui permet à l’homme de s’accomplir loin des contre-indications de l’illusion mondaine par quoi l’homme se perd, aliéné, égaré loin de son essence, sa destinée.

  Lire Plus

La signification du cœur en poésie et spiritualité.

— Par Camille Loty Malebranche

Le cœur, au sens spirituel et poétique, réfère à la capacité d’affect de l’humain, à la conscience spirituelle du sentiment et de la sensibilité. Le cœur spirituel et poétique est le centre des profondeurs et hauteurs du sentir humain et de son expression.

Le cœur est un vocable ubiquitaire dans le langage de la poésie et de la spiritualité. Langage fondamental de la sensibilité qui prime et module la raison et l’action. Quand le spirituel et le poétique disent « cœur » ils se calquent sur l’importance vitale du cœur organique dont les battements sont garants de la vie du corps nourri par lui d’oxygène et de tous les nutriments véhiculés par le sang pompé du cœur dont les palpitations sont dispensatrices de vie. Nous savons tous ce qu’il en est de conséquence d’un dysfonctionnement du cœur physique! Puisse Dieu garder tous ceux qui lisent ce billet de la moindre anomalie affectant cet inlassable palpitant de nos thorax!

Le cœur de la spiritualité et de la poésie est donc par évocation analogique, le centre nourricier de la vie de l’esprit dans sa conscience sentimentale.

  Lire Plus

Votre âge, du singulier au plutiel…

— Par Camille Loty Malebranche —

L’âge – assumé en conscience éveillée – est chose de la volonté et l’attention à être soi et d’y grandir. Au stade métaphysique, l’âge est le parcours de maturation ontologique de l’homme, sa projection en rapport à son essence, sa substance comme être.

En évoquant le mot âge, comme stade existentiel, il est important d’y voir une floraison conceptuelle et non un lemme simplet à sémantique figée. L’âge, par sa dénotation toute chronologique, cache une pluralité de champs d’existence, une ontologie plurielle quand il réfère à l’humain.

Si l’âge chronologique est infligé à l’homme, ses âges spirituel, relationnel, sentimental, érotique… sont, pour autant qu’il dispose de ses facultés mentales et physiques, l’apanage de sa conscience au gré de sa perception du monde et de sa conception de la foi et de son agir par rapport à Dieu, au fait d’être, à soi, au monde et à autrui.

L’homme est le coryphée intemporel de sa temporalité à vivre par delà l’âge linéaire du corps et de son fatal aboutissement. Là, seul l’esprit est souverain ou esclave à l’égard du temporel.

  Lire Plus

Le ciel: acceptions physique et métaphysique.

— Par Camille Loty Malebranche —

Le ciel, sous toutes ses acceptions, renvoie à la catégorie de l’élévation du regard et de l’ascension de l’être. C’est toujours le sommet surélevé, le toit suprême qui, pour être perçu, exige de lever la tête en direction diamétralement opposée au bas et au sol.

Le ciel physique est l’espace hébergeant l’ensemble des corps et de la matière perceptible et imperceptible, visible et invisible, déterminés par les forces cosmiques connues et inconnues. Cette vision de l’univers ou des univers (le multivers) nous amène à cette vérité du relativisme céleste des corps astraux et autres de l’interstellaire. Ainsi, on peut imaginer, que s’il y avait des humains vivant en famille sur la lune, leurs enfants joueraient, quand vient la nuit lunaire, « au clair de la terre »! C’est que la terre est dans le ciel pour qui la regarde depuis la lune. Les composantes de la voûte céleste et le ciel lui-même sont amovibles selon les repères spatiaux d’un observateur. Pour retourner à nos humains luniens (habitants de la lune), lorsqu’ils regarderaient le sol, ce qu’ils verraient, ne serait que le sol lunaire, c’est seulement en levant la tête pour contempler leur ciel qu’ils y verraient la splendide planète bleue, notre terre bien-aimée.

  Lire Plus

Le Prométhée damné, symbole de l’aliéné métaphysique.

— Par Camille Loty Malebranche

Le Prométhée est l’incarnation de la dénaturation de l’aliéné métaphysique refusant d’ennaturer, rendu étranger à sa nature spirituelle par les vanités d’orgueil du charnel psychologique.

Le Prométhée voleur de feu évoque la déviance existentielle de l’homme dénaturant les attributs humains fondamentaux que sont la pensée et l’action. Le Prométhée, c’est l’homme possédé par l’orgueil dénaturé de la pensée et l’hubris de l’action, qui voudrait réinventer la nature humaine contre le Démiurge de l’humanité, il est donc normal que l’homme prométhéen en hérite d’un monde en ruines et terni de la suie produite du lumignon fumeux fuligineux inapte à éclairer! Un monde incinéré par le feu volé dont il fut incapable à assumer la lumière, et qui, à son corps défendant, s’est transformé en force destructrice et incendiaire contre l’homme lui-même et contre la prétendue civilisation que le voleur de feu prétendait créer…

Nous comprenons aisément la damnation de Prométhée attaché au Caucase où un aigle lui dévora le foie, lui, héros débile et sordide d’un orgueil à contrecourant du mystère de l’Être! Antihéros maudit en son délire d’arrogance qui voudrait réinventer l’être et recréer l’homme et la vie dont, misérable apprenti sorcier, il ignore pourtant jusqu’à l’essence!

  Lire Plus

La Barbarie, un rapport malsain de la société à soi et à l’altérité.

— Par Camille Loty Malebranche —

Le paradoxe de la barbarie sévissant dans le monde soi disant civilisé par l’acquisition de tous les savoirs et savoir-faire, c’est que cette sorte d’antihumanité qui fait le civilisé barbare, découle des rapports des sociétés avec elles-mêmes, en leurs classes, leurs groupes, leurs catégories jusques en leurs individus et aussi de ceux qu’elles entretiennent avec autrui au nom de principes inavoués et de choix de société inavouables qui déterminent des comportements monstrueux.

La barbarie est de la civilisation gouvernée par les pires défauts humains qui l’altèrent à travers les plus ignobles vices des hommes mis en commun et érigés système idéologique, choix politique, mode de vie culturel. Là, il faut préciser que la société comme création et institution humaine est ce qu’on peut appeler la protoculture inéluctable émanée de la Nature humaine, protoculture constituant la configuration fondamentale qui héberge le vivre-avec indispensable aux êtres humains.

La sauvagerie, comme nous l’avons dit ailleurs, est du domaine de la pulsion naturelle alors que la barbarie est culturelle ou, en tout cas, de motivation non naturelle. Le lion qui attaque le gnou, le fait parce que la chasse, la carnivorie est part naturelle de ses codes de carnassier, mais la barbarie d’un escogriffe qui frappe brutalement et lâchement un homme de moindre taille, est primitive et n’est pas que de la sauvagerie puisqu’il ne s’agit pas de nature mais d’une culture de l’agression réfléchie pour s’imposer et d’usage couard de la force afin de dominer sur ce qui est sans défense.

  Lire Plus

Philosophie et unité du temps.

— Par Camille Loty Malebranche —

Si je dois considérer l’image de la chouette de Minerve ne s’envolant qu’au crépuscule, pour qualifier la philosophie comme l’a fait Hegel, je dirai que le jour qui s’éteint, est le symbole de la vie agissante grouillante de faits et évènements consitutant l’histoire des sociétés et civilisations. Et donc, si la philosophie est chouette c’est-à-dire regard nyctalope, n’ayant que la nuit à analyser, c’est parce que le jour et son action humaine ont enténébré l’espace et le temps. Le crépuscule et la nuit qui s’ensuit, est le sinistre bilan de l’obscurité produite des œuvres humaines, du mental et de l’agir ténébreux de l’homme. Ce n’est donc pas le retard de la sagesse à intervenir seulement à la fin de l’action, mais le constat douloureux des noirceurs de l’histoire d’une humanité délaissant les fondements de la sagesse divine originelle et immuable, une humanité détournée de sa vocation lumineuse d’Esprit Imago Dei.

Comme je l’ai écrit à un poème évoquant l’histoire: l’espace et le temps historiques ne brillent que des ténèbres humaines…

La philosophie, ainsi que je l’ai ailleurs dit sur la préface à la philosophie du droit de Hegel où celui-ci prétend que « la philosophie arrive toujours trop tard » et que « la Chouette de Minerve ne prend son vol qu’au crépuscule », fait mieux l’unité du temps que l’histoire elle-même.

  Lire Plus

La Barbarie, un rapport malsain de la société à soi et à l’altérité.

— Par Camille Loty Malebranche

Le paradoxe de la barbarie sévissant dans le monde soi disant civilisé par l’acquisition de tous les savoirs et savoir-faire, c’est que cette sorte d’antihumanité qui fait le civilisé barbare, découle des rapports des sociétés avec elles-mêmes, en leurs classes, leurs groupes, leurs catégories jusques en leurs individus et aussi de ceux qu’elles entretiennent avec autrui au nom de principes inavoués et de choix de société inavouables qui déterminent des comportements monstrueux.

La barbarie est de la civilisation gouvernée par les pires défauts humains qui l’altèrent à travers les plus ignobles vices des hommes mis en commun et érigés système idéologique, choix politique, mode de vie culturel. Là, il faut préciser que la société comme création et institution humaine est ce qu’on peut appeler la protoculture inéluctable émanée de la Nature humaine, protoculture constituant la configuration fondamentale qui héberge le vivre-avec indispensable aux êtres humains.

La sauvagerie, comme nous l’avons dit ailleurs, est du domaine de la pulsion naturelle alors que la barbarie est culturelle ou, en tout cas, de motivation non naturelle. Le lion qui attaque le gnou, le fait parce que la chasse, la carnivorie est part naturelle de ses codes de carnassier, mais la barbarie d’un escogriffe qui frappe brutalement et lâchement un homme de moindre taille, est primitive et n’est pas que de la sauvagerie puisqu’il ne s’agit pas de nature mais d’une culture de l’agression réfléchie pour s’imposer et d’usage couard de la force afin de dominer sur ce qui est sans défense.

  Lire Plus

L’esprit et l’enchantement de la vie.

— Par Camille Loty Malebranche —

Comment vivre dans l’enchantement au sein d’un monde de platitude et de sécheresse pragmatique où l’agressivité morne de l’immédiat dit réalité, bloque tout accès aux plus simples charmes naturels de la vie et détériore la qualité des rapports humains? Sans être une désincarnation fictive, expatriation fantasque de l’imaginaire, la transcendance spirituelle seule peut y contribuer. Et parlant d’expatriation, nous ne pouvons oublier les apatridies forcées de l’individu dans un contexte de séquestration multiple des espaces de l’homme par l’idéologie, car l’État, soi disant propriété commune des fils de la nation, est converti en sceptre terrifiant entre les mains des magnats voraces de la finance, de l’industrie et du commerce contre l’individu cloîtré par les structures débilitantes du pouvoir qui annihilent ses droits citoyens.

Le culturel, cet espace immatériel et impondérable – subverti par le marchandage médiatique, freiné par les ayant droit de la diffusion de masse, accoutré par le kitsch pour le populisme médiatique – est, hélas, ravi aux peuples auxquels on ne présente que les productions le plus souvent banales mais fortement commercialisables pour les foules ignares que téléguident les organes de presse mainstream.

  Lire Plus

Vulgarophilie: production du peuple en foule par l’oligarchie.

— Par Camille Loty Malebranche —

De l’État vulgarophile

La vulgarophilie est l’art macabre d’encanaillement du peuple par l’État. Art sordide d’un État morbide qui tend, à coups de perfidies extrêmes, à faire de toute la société une collectivité vulgaire, une immense foule manipulée à travers toutes espèces de perversions réifiantes. Là où l’ochlocratie est le pouvoir des foules imposant leur diktat sans aucune vision politique viable ni aucun but révolutionnaire à la société, la vulgarophilie, elle, réduit le peuple votant en moins que rien agressif, cohue sauvage, horde de forcenés électeurs qui vote des populistes et fascistes grossiers sachant mobiliser et manipuler l’électorat par des slogans démagogiques, vides et vulgaires mais flatteurs des bas instincts de la canaille votante.

L’une des plus maléfiques réussites des establishments manipulateurs qui mènent idéologiquement le monde, c’est de réduire le plethos (la multitude) des peuples en foules médiatico-idéologiques et de niveler au plus vil la perception conditionnée que les majorités reçoivent de la factualité des choses du social que sont la politique, l’économie, le culturel… Tous ces paramètres de la vie sociale du civilisé sont dénaturés et produits en credo vulgairement identitaires du grand nombre.

  Lire Plus

La Volonté contre l’aliénation.

— Par Camille Loty Malebranche —

L’aliénation est dénaturation de la volonté. À la différence de l’aboulie qui est directement pathologique en tant que déficience mentale qui bloque la capacité conscientielle de vouloir, l’aliénation, quant à elle, corrompt la volonté et fait de l’individu une sorte de reflet compulsif du maître bourreau personnel ou institutionnel introjecté dans sa conscience dénaturée. Là où la volonté normale est activité, proactivité, affirmation, fut-ce par exigence d’une négation affirmée, l’aliénation est une altération de la volonté rendue passive, laissant l’autre décider contre soi. Là où la conscience devrait choisir en souveraineté à travers le recul critique de l’intelligence et du jugement, l’aliénation ravale le sujet victime à une auto-dénégation qui nie toute faculté d’autodétermination.

La servitude est immanente à l’aliénation et lui est une conséquence immédiate. On ne peut être libre sans vouloir assumer sa propre conscience, sans décider pour soi-même et choisir sa voie en pleine lumière des buts visés et de la responsabilité qui y est inscrite. On ne peut être libre sans la volonté d’être libre en se travaillant soi-même au plan mental pour affiner le jugement et atteindre la finesse du jugement juste qui rend libre.

  Lire Plus

Nostalgie, affect de la mémoire douloureuse.

— Par Camille Loty Malebranche —

The Significance Of Being Alone

La nostalgie est essentiellement un affect de la mémoire qui fait souffrir à intensités variables, selon l’acuité émotionnelle charriée par l’attachement à un passé qui afflige le présent. Sans confiner au stade traumatique, fors certains cas extrêmes, la nostalgie est cette souffrance née de l’impuissance humaine face au temps et à son irréversibilité.

La nostalgie est cette blessure du regard arrière, ce figement mémoriel par le retour affectif dans le factuel irréversible, ce regret d’une situation pouvant être état suspendu ou condition existentielle abolie par le temps remémoré dans l’affect nostalgique. C’est un ravissement affectif détemporalisé, ravissement rêvassant sur le passé qui, en quelque sorte nous ravit notre présent, nous prive du temps effectif et actuel. C’est aussi cette douleur ressentie par rapport à telle œuvre figée dans l’inachèvement, cette nique du temps écoulé qui n’a pas été ensemencé et qui nous prive à jamais de la fécondité et de la fructification présente vu sa disparition irrémissible.

Les grandes nostalgies sont surtout celles sous-tendues par un sentiment de manque, une sorte de piqûre égotiste, car lorsque l’on sent que l’on a bien réussi et joui un temps passé, on en sourit et la petite langueur à posteriori qui accompagne la mémoire d’un tel temps, n’est pas vraiment de la nostalgie mais un éprouvement normal de la finitude du temporel parce qu’atténuée et contrebalancée en quelque sorte, par le sentiment d’achèvement.

  Lire Plus

Le brûleur d’étapes, un voyageur égaré, un routier de l’illusion.

— Par Camille Loty Malebranche —

 On ne brûle jamais les étapes, la destination est une maîtresse qu’on ne trompe pas quant à son curriculum inhérent et obligatoire constitué de ses exigences d’itinéraire précis et de juste parcours.

Cinglante aberration du stagnant qui voudrait se voir ailleurs; fantasque obsession du routier sans but ni carte qui espère parvenir à une hypothétique destination sans lieu et donc nécessairement sans voie! Pris dans la sinistre lubie de son appétence, incohérente appétence d’une moisson sans ensemencement, le brûleur d’étapes, déchire l’itinéraire tout en croyant bêtement pouvoir atteindre une arrivée de son être sans acquérir les ressources du caractère ni la force de détermination du voyageur existentiel pour vaincre les incontournables murailles et trappes de la route: exigences de patience, de délais, d’accélérations et d’assiduité au parcours vers la grande destination de son humanité à conquérir. Les brûleurs d’étapes envahissent une civilisation qu’ils prennent d’assaut par toutes sortes de prétentions d’entéléchies aberrantes dans le faux et le fini de leur projection loufoque parfois au parcours putride, et pensent en bons avorteurs avortés du scalpel des inepties et faussetés d’un dépassement d’apparat sans la substance humaine du soi, atteindre le sommet.

  Lire Plus

Le bachique, l’épique et le spirituel, trois modalités d’assumation du soi

— Par Camille Loty Malebranche —

Il est pour l’humain, trois grands modes de rapport à soi que nous désignons comme bachique, épique et spirituel. Modes par lesquels les hommes se manifestent comme conscience en action dans le monde, tout en se signifiant à eux-mêmes.

1) Le mode bachique est l’empire de l’individuel organique, modalité existentielle de l’homme assumant son individualité pour l’assouvissement immédiat. L’homme bachique est ivre de la vie qu’il veut vivre à l’excès, jusqu’à la consommation de l’énergie vitale dans toutes ses pulsions. C’est un niveau de conscience qui, s’il n’est conditionné par des principes forts, donne libre cours à l’instinct organique réduisant l’existence et le monde en champ de chasse au nom de lui.

Le bachique est mû par le plaisir obsédant. La quête obsessive de la satisfaction y pousse plusieurs à toutes sortes d’abominables comportements où ils utilisent tous, à travers des rapports érotiques abjectement malsains, car il s’agit d’assouvir non pas les besoins de leur ego, mais de leur désir charnel, leur plaisir organique. C’est le lieu de l’éros débridé et de l’assouvissement impératif voire compulsif du charnel littéral.

  Lire Plus

La lucidité ferme qui refuse, n’est pas du manichéisme…

— Par Camille Loty Malebranche —

Il y a manichéisme lorsqu’une conscience porteuse d’une doctrine, se ferme sur elle-même se jugeant seule instance capable du bien, ne reconnaissant à tout autrui doctrinal que le mal à exclure. Le manichéen ne laissant aucune chance à aucune autre vision, confond la différence avec la déviance; prend l’altérité pour de l’altération. Une telle attitude rate par son rejet automatique de la différence, toute ressource qui pourrait devenir enrichissement de sa propre position. L’exclusion de l’autre jugé mauvais parce qu’il est autre, est la faiblesse du manichéen.

Par delà le manichéisme, l’autre excès haïssable et totalement dénaturant est cette trop forte porosité aux contraires doctrinaux, qu’est le laxisme. Le laxiste manifeste un manque de caractère, se corsant soit dans une grave carence en estime de soi, soit dans un opportunisme grivois prêt à se dénier pour des avantages qui lui sont offerts, à condition de se renier. Et là, je dis malheur à celui qui croit devoir quoi que ce soit aux structures dénaturantes qui orchestrent la grande aliénation de masse constatée dans le monde; malheur à celui qui pense, pour plaire au simplisme des foules, devoir céder sur ses justes principes au mal érigé ordre du monde où des monstres se faisant quasi maîtres des vies et des biens, exigent soumission.

  Lire Plus

Liberté et contrainte structurelle.

‘—  Par Camille Loty Malebranche  —

Le sujet humain et la liberté contre la structure.

De la plus belle définition, la liberté est cet attribut de l’homme capable de déjouer les pronostics, de surprendre les planificateurs en contournant ou en éclatant les structures et leurs principes.

Le structuralisme, le behaviourisme et toute théorie du systématisme social et de son moulage de l’individu uniquement en sujet social n’ont eu cesse de tabler sur la détermination de l’homme par la structure sociale. À ce compte, l’homme ne serait que le produit du façonnement éducationnel et culturel. Mais l’individu, cette « structure structurée » de Bourdieu se manifeste parfois comme une entité aléatoire au cœur des systèmes qui l’englobent et dont il est censé relever. Ni le soi disant habitus qu’il est voué à exprimer, ni « l’orthopédie sociale » que Foucault nous décrit dans son « Surveiller et punir » ne semblent assez forts pour faire de tous les individus de la société, cette chose moulée au creuset social et qui, sans anicroche se pâmerait au pressoir puissant de l’idéologie sociale dominante.

L’individu humain – malgré tout le pas qu’il ait à franchir et que souvent, malheureusement, il ne franchit jamais pour être une personne humaine plénière – connaît des soubresauts qui sont la marque de son autre vocation brimée et déformée, la liberté.

  Lire Plus

Le pragmatisme du marché ou la mort de l’homme.

 Par Camille Loty Malebranche  —

Du plus lucide des constats, le pragmatisme économique est en soi, la dictature dévorante du rentable, la rage tyrannique de la rentabilité primant l’homme, dans l’imposition des exigences de performance sans limite du marché.

Disons le d’emblée, nous abordons ici le pragmatisme comme mode de vie utilitaire de la société contemporaine. Il ne s’agit pas du pragmatisme gnoséologique qui cherche les meilleures méthodes d’accès aux connaissances ou du pragmatisme psychologique qui veut réduire les difficultés à l’approche d’un problème à résoudre mais de l’idéologie capitaliste avec son obsession du but et du profit économique qui doivent ponctuer toute action humaine sinon cette action ne vaudrait pas la peine d’être entreprise. Le pragmatisme est la vision d’une société où prédomine l’idéologie de l’individualisme sauvage et déshumanisant qui sert la performance et la prospérité du vendeur et fait la réussite matérielle par la production du rentable. Il s’agit, en effet, de la violence obsessive du rentable à tout prix, qui empreint l’idéologie sociale contemporaine jusqu’à la pathologie, jusqu’à la négation totale de l’homme aux dépens de qui se fait le succès aveugle du marché.

  Lire Plus

Attendre, Patienter, Espérer: le continuum tridimensionnel du rapport humain au temps.

 Par Camille Loty Malebranche  —

Dans le rapport à la temporalité, la téléologie, cette projection vers le futur, confine immanquablement l’homme à l’attente. L’attente est multiforme et peut prendre des allures très différentes selon les humains. Mais de toute façon, quelque forme que puisse prendre l’attente, l’homme comme actualité consciente en marche au rythme du temps, doit attendre, c’est-à-dire compter avec le temps pour que le futur soit enfin le présent de l’être actuel qu’il est. À ce compte, le temps est l’allié incontournable de l’humain.

Modalités de l’attente: Activité et passivité

Il est des attentes passives encore appelées attentisme, c’est la condition de l’inactif veule, inapte à agir parce que sans volonté d’influencer le devenir, sans vision de son propre futur et sans transcendance projective de l’immédiat. Car toute projection de soi dans le temps est projet qui transcende l’immédiat où l’homme n’a pas encore conquis ce qu’il envisage comme son possible mélioratif à venir. L’attentiste est donc un indécis par balourdise, un involontaire qui, sans être aboulique, ne façonne aucun horizon temporel où il se crée un avenir.

  Lire Plus

La sottise, cette mauvaise foi de l’ignorance.

 Par Camille Loty Malebranche  —

L’ignorance est, on le sait, l’état naturel de l’homme. Ainsi, tout humain a pour mission dévolue ici-bas de faire reculer l’ignorance selon le petit empan d’apprentissage qu’il a à sa portée. Désapprendre préjugés et réflexes animaux pour transcender l’animal humain par la faculté d’intelligence de l’esprit, est la bonne foi naturelle de l’homme équilibré. Car si l’homme est « le seul animal qui sait qu’il sait » comme le dit Teilhard de Chardin, il est à fortiori, la seule conscience qui sait qu’elle ne sait pas, qui connaît son ignorance et qui, lorsqu’elle est normale assumée selon sa nature de non sachant, cherche à savoir tout en respectant les bonnes balises. La sottise, elle, est de l’insanité agressive et prétentieuse, qui, non seulement refuse d’apprendre, mais aussi brandit ses conneries immondes en les imposant avec autorité comme pour en faire un empire, un ordre, au nom de sceaux institutionnels et de parchemins scolaires ou de structures officielles qui cooptent ça et là des histrions pour jouer au nom du système établi, leur sinistre ouverture cosmopolitique, leur soi disant universalité.

  Lire Plus

Le meilleur ne surpasse jamais le Bon…

 Par Camille Loty Malebranche  —

En évoquant le Bon comme état ou condition d’un étant, l’on parle de l’archétype du pur finissement manifesté en cet étant, une forme de pertinence du bien comme une sorte de signature immanente à sa présence, sa spécificité, quelle que soit l’étantité considérée!

À ce stade, le Bon englobe le meilleur en tant qu’il est le mouvement vers soi et la dynamique de soi en soi-même. Et, dans le domaine de la morale, de la logique ou de la praxis, en évoquant l’action et le factuel des choses, le Bon renvoie au schème du penser et de l’agir juste. Là, le meilleur reste l’impulsion non pas vers l’ailleurs, mais dans la bonne condition qui s’accomplit en sa propre nature, par impulsion vers soi-même. De la catégorie du parfaitement idoine qui orchestre le bien dans la pensée et l’action. Force est ici de préciser que la morale est le repère du bon au sens de l’axiologie transcendante à l’homme agissant où elle implique son rapport à Dieu, à son être, à autrui et à la nature; alors que la logique trône l’espace du bon sens et de la rationalité, qui, conduit grâce à la rigueur du penser, la bonne orientation de l’agir.

  Lire Plus

La démocratie au piège du populisme

 Par Camille Loty Malebranche  —

Tout pouvoir populaire n’est pas nécessairement démocratique ou libérateur. Il en est, tel le populisme – pareil au pouvoir incinérateur d’Érostrate jouant de l’État avec les allumettes des faux espoirs nourris aux émotions volatiles et inflammables des masses – qui constitue une ironie incendiaire de l’inclusion politique et sociale des majorités et minorités qu’est la démocratie.

Le populisme n’est jamais que la réaction de quelques opportunistes par le discours flatteur et la phraséologie flagorneuse envers les bas instincts de secteurs sociaux populaires en crise, réduits au stade de « foule » compacte et de horde primitive, qui doivent y trouver l’illusion de la prépondérance « populaire » sans recul ni lecture sinon que l’immédiat phénoménal des problèmes structurels ou politiques dont ils ignorent le substratum, les mécanismes et causes profondes, tout en versant dans la désignation de boucs émissaires selon leur position de classe. Même de bonne foi, le populisme est donc porté à la dénaturation en véritable ombre simiesque du concept d’émancipation collective qu’il galvaude par l’assomption de la frustration et de la colère populaire au stade de politique.

  Lire Plus

Axiologie existentielle: Vie, Liberté, Amour.

 Par Camille Loty Malebranche  —

La Vérité de l’Homme, révèle que celui-ci est mû par trois Valeurs supérieures, espaces de passions motivant actions et réactions comme des sortes de déterminations de la Nature Humaine: la Vie, la Liberté et l’Amour.

La Vie: État indéfinissable irréductible, qui est de fait, ce par quoi, toute créature vivante participe de l’être! Car l’inerte est mais sans être part de l’être comme fait, étant sans nulle conscience de soi. Ainsi plus la conscience est forte, plus elle participe de l’être. Ce qui fait de l’homme, conscience paroxystique à la fois immédiate et projetante de soi et de l’univers, conscience abstractive et constructive qui s’ajoute à l’univers, cet englobant matériel du fait d’être, pour créer le monde, la culture par delà la nature, la conscience sinon plénière mais à tout le moins la plus vaste et de loin la plus puissante. C’est donc en cela que pour la créature humaine, la Vie est le lieu de fusion de l’essence et de l’existence. Espace de participation à l’être qui, vu la conscience humaine, n’est point comme pour les autres vivants, qu’une part passive de l’être.

  Lire Plus

La Culture a-t-elle un sens pervers de l’enracinement ?

 Par Camille Loty Malebranche  —

La nature humaine cesse d’être animale par son rapport médiat à la réalité vu l’instauration du sens au-delà de l’immédiat naturel, à travers la transcendance du besoin et de l’utilitaire vers l’accomplissement.

Enracinement et transcendance constituent les deux mouvements d’auto-accomplissement de la réalité humaine. La société, comme l’homme, n’a de choix que de féconder et d’élever sa vie par les leviers du dépassement qui abstrait et défait le corset de l’ici et du maintenant dans la projection positive de soi. Dans le contexte de l’homme collectif qu’est une société, l’enracinement ne s’oppose guère à la transcendance, ils sont une paire de la nature duelle, de la vérité dualiste de l’humanité sociale. Il est ici important de souligner la nature épuratoire de la neutralité comparative dans le jugement des faits ethniques et sociaux par l’anthropologie culturelle et sociale, cette discipline jadis accusée et mise sur la sellette des récriminations des peuples anciennement victimes de l’ethnocentrisme et du sociocentrisme occidental ou autre. Il s’agit donc de combattre et corriger les ethnocentrismes agressifs de l’histoire avec leurs conséquences désastreuses d’ethnocide, de racisme, de colonialisme, d’esclavagisme, de génocide.

  Lire Plus