Étiquette : artisanat d’art

Maryvonne Joseph : Sable Peinture-Mémoire et transmission

par Rodolf Etienne

À 82 ans, Maryvonne Joseph poursuit une aventure artistique entamée de manière singulière. L’artiste transforme les sables de Martinique en paysages, scènes de vie et fragments de mémoire.

Près de 200 nuances naturelles composent aujourd’hui une palette qui ne ressemble à aucune autre. Du 6 au 13 octobre 2026, une exposition lui est consacrée au Centre culturel de Rivière-Salée. L’occasion de regarder autrement une œuvre située à la frontière de la peinture, de l’artisanat d’art et du patrimoine.

Il faudrait imaginer que tout commence par un simple geste : prendre une poignée de sable en main et y voir autre chose qu’une matière déposée par la mer, le vent ou l’érosion. Y voir une couleur, puis une autre, puis encore une autre et ainsi de suite, jusqu’à constituer une palette de près de 200 nuances naturelles. Depuis plus de cinquante ans, Maryvonne Joseph fait précisément cela. Elle recueille, choisit, ordonne et travaille les sables de Martinique pour les faire entrer dans l’espace, le cadre du tableau. La Ville de Rivière-Salée, sa ville, la présente aujourd’hui comme une « figure emblématique de l’artisanat d’art martiniquais ».  Lire Plus

Marie-Paule Désert : Kalinaga, de la tortue au palmier royal

— par Rodolf Étienne

Il y a déjà plus de treize ans, nous avions découvert Marie-Paule Désert, dite Kalinaga à l’occasion de son exposition Les Chemins de tresses, présentée en 2013 au Musée départemental d’Archéologie de Fort-de-France.

La palme y occupait une place centrale. Non pas simplement comme support, mais comme matière vivante, comme fragment de territoire, comme élément susceptible de porter une mémoire.

Treize ans plus tard, cette intuition demeure au cœur de son travail. Elle s’est même élargie, ramifiée, enrichie de nouvelles pratiques où se croisent création plastique, environnement, transmission, musique et patrimoine.

Chez Marie-Paule Désert, les frontières sont en effet peu étanches. La peinture rencontre le tressage ; le végétal devient support artistique ; la flûte des mornes rejoint le ti-bwa ; la calebasse et le chacha entrent dans un univers où l’objet n’est jamais complètement dissocié du geste qui permet de le produire.

Sa pratique semble ainsi partir d’un principe simple : créer avec ce que le territoire offre, mais aussi avec ce qu’il risque de perdre. La tortue marine occupe dans cette démarche une place singulière.  Lire Plus