— Par Patrick Mathelié-Guinlet —
Roulette
La vie, c’est comme au casino :
un pur jeu de hasard
où faut tirer l’bon numéro !
Que tu le veuilles ou non,
tu dois jouer de toute façon.
Depuis que le destin croupier
sa bille d’ivoire a lancée,
pour toi il est déjà trop tard…
Tu n’peux plus rien y faire :
soit tu gagnes ou tu perds,
ne reste que l’espoir…
Soit c’est rouge ou c’est noir,
soit c’est pair ou impair…
Rien ne va plus, les jeux sont faits !
Ton sort est désormais
dans les aveugles mains
de la Dame Fortune…
Peut-être que demain
t’auras plus une tune
ou alors tu feras la fête
car elle n’en fait qu’à sa tête
lorsqu’il s’agit de la roulette…
À la fin, de toute manière,
c’est tout nu que l’on doit quitter
la table d’un jeu mortifère !
Coup de blues
Lorsque les faits troublent la fête,
que l’actu fait mal à la tête
et que partout des bombes pètent,
que peut faire un pauvre poète ?
Sinon écrire encor des vers
pour dire tout va de travers
et ce monde tourne à l’envers,
que c’est l’amour que l’on doit faire
plutôt que de stupides guerres
puisque tous les hommes sont frères…
Bien que cela d’autres avant lui
l’aient déjà maintes fois redit,
l’homme, hélas, n’a rien compris
car depuis des milliers d’années
rien n’a réellement changé :
des innocents payent le prix…
Pas de raison que ça s’arrête :
les salauds n’en font qu’à leur tête !
Lors vains sont les cris des poètes
et l’avenir semble bien noir
quand s’invite le désespoir…
De la tristesse et lassitude
on finit par prendre habitude,
devant l’échec de la raison
s’installe la résignation…
La coupe est bue jusqu’à la lie.
Bientôt sonnera l’hallali
d’une espèce dont l’harmonie
ne fut pas son but dans la vie !
