— Par Florent Grabin, président de l’association écologique P.U.M.A. —
De nombreux combats vitaux pour la planète et ses habitants auront lieu en 2026. Vous pourrez compter sur PUMA pour vous fournir informations et analyses ainsi que tribunes concernant la Martinique.
Chères lectrices, chers lecteurs, qui lisez nos articles et chers Directeurs de ‘’Madinin-art’’ qui nous hébergez, en ce début 2026 qui s’ouvre nous vous souhaitons une excellente année. Celle que nous laissons derrière nous a été marquée par de nombreux aléas environnementaux du fait du réchauffement climatique.
La Planète change : surexploitation des ressources, pollution, expansion de la population humaine et changement climatique sont en train de transformer la nature et, avec elle, notre société. ‘’Nous nous dirigeons vers un chaos climatique’’, c’est ainsi que débute le rapport publié le 29 octobre 2025 par un collectif de scientifiques issu de tous les continents : ‘’Les signes vitaux de la Planète sont en train de clignoter en rouge’’ et les ‘’conséquences ne sont plus des menaces lointaines mais sont déjà présentes’’.
‘’Chaque dixième de degré supplémentaire de réchauffement climatique entraîne une augmentation disproportionnée des catastrophes liées aux phénomènes météorologiques extrêmes et expose un nombre croissant de personnes à un stress thermique intolérable’’ précise le rapport. ‘’Des inondations meurtrières aux incendies de forêt, en passant par les tempêtes et les vagues de chaleur les preuves sont accablantes’’.
En cette fin d’année 2025, nous observons localement une baisse de la température plus importante que d’habitude. Le 28 octobre 2025, l’ouragan Melissa, le premier à toucher terre en catégorie 5 en Atlantique, causant la mort de 76 personnes dans les Caraïbes. Rappelons que la catégorie 5 est le plus haut niveau d’intensité établi par l’échelle de Saffir-Simpson. Selon le centre américain des ouragans, un tel niveau d’intensité peut causer des « dommages catastrophiques« .
Les feux de forêts, inondations, sécheresses et ouragans ne provoquent pas seulement des drames humains et environnementaux : ce sont des évènements qui ont des conséquences majeures sur l’économie d’un pays. Et même si nous ne sommes pas directement touchés, cela nous concerne quand même ; car ces désastres font bondir le coût des assurances, provoquent une inflation fulgurante de certains produits alimentaires et font grimper le prix des carburants lorsqu’il s’agit de pays producteurs et exportateurs.
La complexité administrative dans le cadre de l’indemnisation des propriétés détruites lors des mouvements de sol ou tout autre aléa climatique s’est elle-même prise dans la tourmente, d’où l’intérêt d’être de plus en plus vigilant en se faisant mieux conseiller.
L’organisme Christian AID a regroupé les 10 catastrophes mondiales les plus couteuses de l’année 2025 :
- Les feux Palissades et Eaton Fire autour de Los Angeles, aux États-Unis.
- Les 3 cyclones successifs en Asie du sud et du sud-est.
- Les inondations en Chine.
- L’ouragan Melissa, de puissance maximale (catégorie 5) a dévasté la Jamaïque, ainsi qu’une partie de Cuba et des Bahamas en octobre 2025. La catastrophe a couté 8 milliards de dollars.
- La mousson diluvienne en Inde et au Pakistan : les pluies extrêmes ont provoqué des inondations et des glissements de terrain entre juin et septembre 2025. Le coût est estimé à 5,6 milliards de dollars, avec au moins 1860 morts.
- L’enchaînement de typhons aux Philippines : Wipha et Bualoi ont provoqué 5 milliards de dollars de dégâts, avec un énorme bilan humain.
- La sécheresse au Brésil : plus de la moitié du pays a été concernée par une sécheresse sévère en début d’année 2025. Le coût s’élève à 4,75 milliards de dollars. Le bilan humain n’est pas connu.
- Le passage du cyclone Alfred en Australie a généré des pluies diluviennes et une submersion sur une partie du pays fin février 2025. Le coût des dégâts s’élève à 1,2 milliard de dollars. Un décès est à déplorer.
- Le cyclone Garance à la Réunion et l’île Maurice, a provoqué de nombreux dégâts sur les deux îles, fin février 2025. Le coût est estimé à 1,05 milliard de dollars. Cinq décès sont à noter.
- Lors des inondations au Texas, les crues éclairs survenus début juillet 2025 ont coûté 1 milliard de dollars. Elles ont provoqué la mort de 135 personnes, parmi lesquelles de nombreux enfants dans un camp de vacances.
Un coût réel bien supérieur encore.
‘’Christian AID précise que cette liste se fonde principalement sur les estimations de pertes publiées régulièrement par la compagnie d’assurance Aon, complétées dans certains cas par d’autres sources. Pour ce rapport, la plupart des événements sont traités comme des catastrophes individuelles, bien que dans certains cas, plusieurs tempêtes aient été regroupées en raison de leur chronologie ou de caractéristiques géographiques ou météorologiques communes.
Ces 10 grandes catastrophes regroupées ont provoqué plus de 120 milliards de dollars de dégâts. Et même si ces chiffres paraissent gigantesques, ils excluent ‘’d’autres formes de pertes difficiles à quantifier, telles que les dommages sur le secteur de l’emploi, les pertes de revenus, les dommages environnementaux à long terme et les déplacements permanents de populations. Par conséquent, le coût réel des catastrophes est presque certainement bien supérieur aux pertes assurées estimées’’.
Du fait de ces différents évènements, il faudra s’attendre à une augmentation de nos prestations d’assurance au niveau local et national. Dans le même temps, il est à constater que pour la montée du niveau de la mer, les assurances font la différence entre aléa et risque. En effet, l’aléa désigne l’événement en lui-même (un feu de forêt ou des pluies extrêmes). Le risque, quant à lui, naît de la combinaison entre un aléa et la présence d’enjeux vulnérables (habitations, infrastructures, activités économiques, etc.). Autrement dit, pour les assurances, ce n’est pas l’aléa seul qui fait la catastrophe, mais sa rencontre avec des espaces mal préparés ou mal protégés. Le danger, lui, peut donc être maîtrisé, à condition d’agir sur la vulnérabilité des enjeux grâce à des politiques de prévention, d’aménagement et d’adaptation.
Enfin, en matière de catastrophe naturelle prévisible, nous pensons qu’une bonne gestion de crise passe avant tout par une bonne gouvernance avant l’arrivée de celle-ci : identification des vulnérabilités, scénarios d’anticipation, organisation de la réponse mais aussi valorisation de ce qui fonctionne ailleurs. C’est uniquement qu’à cette condition que la prévention cessera d’être abstraite pour devenir un vecteur de confiance et de mobilisation collective.
Dans ces conditions, la protection du littoral martiniquais, du fait de l’élévation du niveau de la mer, requière l’intervention de nos Parlementaires afin de régler le flou assurantiel que l’on a entre risque naturel et aléa climatique, Pour Une Martinique Autrement.
Pour l’association écologique PUMA
Le Président
Florent GRABIN
