Le 24 janvier 2026, sur le plateau de la chaîne CNews, Arno Klarsfeld a appelé à organiser « des rafles un peu partout en France » pour « se débarrasser des OQTF », citant en exemple la police de l’immigration américaine (ICE).
Extrait des propos tenus :
« Regardez ce que fait Donald Trump aux États-Unis : il a décidé d’une politique dure, d’envoyer des forces qui sont dures aussi et qui commettent parfois des erreurs. Si on veut se débarrasser des OQTF, il faut organiser — comme le fait Donald Trump avec l’ICE — des sortes de grandes rafles un peu partout. Mais en organisant des grandes rafles, c’est-à-dire en essayant d’attraper le plus d’étrangers en situation irrégulière, on commet aussi des injustices. On ne peut pas faire ça sans commettre aussi des injustices. On a bien vu le cas de la dame qui s’est fait tirer dessus dans le Minnesota. »
PROCLAMATION CITOYENNE : LE CRÉPUSCULE D’UNE CONSCIENCE
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Considérant que la République française repose sur l’indivisibilité de la dignité humaine et l’universalité des droits ;
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Considérant les déclarations de Monsieur Arno Klarsfeld, conseiller d’État, appelant à l’organisation de « grandes rafles » comme outil de pression migratoire ;
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Considérant l’analogie revendiquée avec les méthodes de l’ICE outre-Atlantique, dont la brutalité contrevient aux principes fondamentaux de notre droit et à l’éthique la plus élémentaire ;
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Considérant que de tels propos engagent notre société sur la voie obscure d’un fascisme résurgent ;
Nous, citoyens, héritiers de l’Histoire et gardiens de la conscience humaniste, proclamons ce qui suit :
1. L’injurieuse méconnaissance de la dette de sang
Monsieur Klarsfeld, l’histoire ne commence pas à la date de vos propres engagements. Ceux que vous prétendez rafler aujourd’hui — dans l’oubli de l’histoire même qui fonde vos combats — sont, pour beaucoup, les descendants de ceux qui entrèrent en dissidence ou furent recrutés dans les anciennes colonies pour livrer bataille contre les forces ayant déporté les vôtres. Ces hommes et ces femmes ont versé leur sang pour que vous puissiez, aujourd’hui, jouir de la liberté de les insulter. En traquant les héritiers de ceux qui ont libéré la France occupée, vous piétinez la mémoire de la Libération elle-même.
2. Le sacrilège de la mémoire sélective
Vous portez un nom qui est une figure de proue de la lutte contre l’oubli. En devenant le théoricien de la rafle contemporaine, vous commettez un sacrilège mémoriel. Vous utilisez le bouclier de la souffrance passée pour forger le glaive de la persécution présente. On ne rend pas hommage aux victimes d’hier en devenant l’architecte de la déchéance d’aujourd’hui.
3. La faillite du « double standard » compassionnel
La compassion ne peut être segmentée. On ne peut exiger la justice absolue pour sa propre lignée tout en prônant l’arbitraire glacial pour celle des autres. En instaurant une hiérarchie dans l’humanité — la protection pour les uns, l’étau pour les autres — vous niez le fondement même de la justice. La République n’est pas une propriété privée ; elle est le refuge de tous les opprimés.
4. L’incompatibilité avec les fonctions publiques
En tant que membre de la plus haute juridiction administrative, vous êtes constitutionnellement le gardien des libertés publiques. Un haut fonctionnaire ne peut appeler à la traque des plus fragiles sans rompre le pacte de confiance qui l’unit à la Nation. Les plus vulnérables de la France d’aujourd’hui doivent-ils désormais redouter la face obscure d’un homme censé les protéger par le droit ?
CONCLUSION : LE VERDICT DE L’HUMANITÉ
Monsieur Klarsfeld, vous nous demandez qui vous êtes ? Votre projet sinistre vous a déjà répondu. Vous êtes devenu l’ombre que vos pères combattaient. Face à votre « hiver », nous opposons la chaleur de la solidarité. Face à vos « rafles », nous opposons le rempart de la dignité.
Le monde ne vous regarde plus comme un témoin, mais comme une menace pour notre commune humanité.
Poème circonstanciel :
ARNO KLARSFELD, OU LA TRAHISON DE LA MÉMOIRE
« Quand celui qui fustigeait les rafles pour les siens, Se fait défenseur des rafles pour les autres. »
Ils s’appelaient Bruno et Maria, Vos racines et votre nom ; Ils ont porté l’étoile ou le matricule, l’ombre et le renom. Ils ont crié vers le ciel une justice immense et souveraine, Pour que plus jamais l’homme ne soit broyé par la haine.
Leur vie fut un plaidoyer, un combat de chaque instant, Pour que la République soit un phare, et non un mur sanglant.
Mais vous, Arno, fils de la mémoire et du deuil, Vous dressez aujourd’hui des cages sur le seuil.
Vous invoquez l’hiver comme on appelle un bourreau, Pour cueillir au petit matin ceux qui n’ont que leur peau.
Vous adulez l’acier glacial de l’ICE, ce bras qui déchire et sépare, Transformant le « Plus jamais ça » en un sinistre cauchemar.
Deux poids, deux mesures dans le creuset républicain : La chaleur pour vos pères, et pour les autres le dédain ?
La dignité pour votre sang, le gibet pour l’étranger ? Est-ce là l’héritage que vous prétendez protéger ? Vous défilez aux commémorations, la mine défaite et grise, Puis vous exigez des rafles sans même que votre voix ne s’en brise.
C’est une insulte aux mânes de Bruno et de sa femme, Que de souffler sur les migrants cette haleine de flamme. Ils fuyaient la traque, vous en devenez l’ingénieur ; Ils cherchaient un refuge, vous construisez la peur.
Pourtant, vous oubliez le sacrifice de leurs pères, Qui brisèrent les bras nazis qui jadis vous raflèrent.
Votre cynisme est un gouffre où s’éteint la lumière, Oubliant que la botte qui frappe ne connaît pas de frontière.
Arno Klarsfeld, regardez ces visages sous la bâche : C’est le miroir de vos parents que votre orgueil entache.
La compassion n’est pas un titre de propriété, Elle est le souffle universel de notre humanité.
Si votre justice n’est que pour les vôtres, elle n’est rien Qu’un linceul de glace posé sur le destin du prochain.
Nb : « ICE » : C’est un sigle américain (Immigration and Customs Enforcement)
Yves UNTEL PASTEL
