Peut-on sauver nos élu.e.s de la noyade ?

— Par Florent Grabin, président de l’association écologique P.U.M.A. —

Réunie le lundi 5 janvier 2026, l’Assemblée de Martinique a adopté à l’unanimité ‘’une délibération ouvrant la voie à la création et à la mise en œuvre d’une autorité unique en matière d’eau et assainissement’’.

Faut-il laisser prospérer nos politiques dans cette voix ?

Selon nos élu.e.s, cette autorité unique devrait permettre de :

renforcer la gouvernance du service public ;

améliorer la continuité et la qualité du service rendues aux usagers ;

favoriser la solidarité entre communes et bassins ;

mutualiser les moyens humains, techniques et financiers en plus d’une meilleure coordination des acteurs.

Ces fondements sont connus de tous nos dirigeants et peuvent être appliqués sans difficulté ! Dans ces conditions cette délibération prouve l’échec politique en matière de gestion de l’eau. Certains de nos politiques chérissent l’idée de se voir occuper des postes qui, à terme, pourraient les plonger dans une exploitation abyssale ; avec cette vague de submersion politique, il conviendrait de sauver la Martinique de la noyade politicienne. Autrement cette lecture laisserait sous-entendre qu’il y aurait un deal secret à exploiter !

En termes de gestions uniques nous avons : la Collectivité Territoriale de le Martinique (CTM), le Syndicat Martiniquais de Traitement et de Valorisation des Déchets (SMTVD), Martinique Transport ; ainsi que les intercommunalités : Communauté d’Agglomération du Centre de la Martinique (CACM), Communauté d’Agglomération de l’Espace Sud de la Martinique (CAESM), Communauté d’Agglomération du Pays Nord Martinique (CAP Nord) et tous leurs satellites, tel ODYSSI.

Qui peut affirmer que ce sont des modèles de bonne gestion ?

La méthode de gestion de ces Collectivités a ruiné de très nombreuses entreprises et commerces qui se sont retrouvés en cessation de paiement avant d’être traduits devant le Tribunal Mixe de Commerce de la Martinique ; ce, après avoir travaillé avec ou fourni ces institutions. Malgré cet échec factuel, ce même monde politique réclame à cor et à cri toujours plus de pouvoir !

Aujourd’hui, il est fortement question de la mise en œuvre d’une autorité unique en matière d’eau et assainissement, qui ne peut être une simple réponse à la crise profonde et durable que nous subissons. Cette approche de la CTM est discutable et la placerait à la tête d’une instance qui est de la compétence des Établissement Public de Coopération Intercommunale (EPCI) en matière de gestion de l’eau et de l’assainissement. Le consommateur devrait s’inquiéter quant à ce modèle qui ne devrait pas être canalisé par une seule instance.

Peut-on éviter cette noyade politique ? La gestion administrative mérite une vérification au scanner afin de mesurer certaines décisions : A chacun son métier !!!

Différentes hypothèses sont possibles pour comprendre pourquoi l’eau ne coule pas en quantité et en qualité suffisantes. Cela fait des années qu’il y a un bouchon administratif qui bloque le bon fonctionnement dans ce domaine ‘’Eau et Assainissement’’. La CTM, dans sa volonté de Renforcer la gouvernance du service public n’a certainement pas besoin de ce n.ième ‘’machin ‘’ !!!

En évitant tous ces coups fourrés politiques, on peut atteindre la parfaite réussite de la gestion de l’eau en Martinique. Les erreurs du passé qui pèsent lourdement dans ce dossier nous imposent de la rigueur, de la transparence et du consensus, afin de nous permettre de trouver la bonne solution. Cela s’appelle le courage politique !!!

Gran nom pa ka wont.

Selon nous, PUMA, il conviendrait de procéder par étapes avant toute nouvelle création d’organisme.

D’abord, il faudrait commencer par mettre de l’ordre dans la qualité de l’eau, de régler le comportement de l’entreprise qui gère sa production et son assainissement au sein même de la CTM et de CAP Nord. Puis, reprendre le réseau entier de production et de distribution de l’eau et de l’assainissement. Ensuite, mettre un terme dans le comportement des EPCI concernant la répartition de la ressource : ce qui serait une grande marque de respect envers la population.

Sinon, comment comprendre qu’un tel secteur de la Martinique soit à la merci d’un seul Président ?

Imposer à ODYSSI qui a encaissé les factures des consommateurs, à régulariser le paiement des taxes et sa créance d’achat d’eau auprès de la SME, à qui il paye l’eau à moindre coût ! Voilà un comportement qui laisserait supposer qu’il y aurait une volonté de nuire financièrement à cette entreprise afin de tenter de justifier la création d’une assemblée unique de l’eau !!!

Autre phénomène inquiétant : chaque année il y a un conflit d’usage entre les Présidents d’EPCI pour la répartition du captage d’eau brut en Rivière. Et c’est toujours Mr le Préfet de la Région Martinique qui les convoques afin de faire respecter la bonne répartition de la ressource tel que stipulée dans les textes de Lois.

Comment demander plus de pouvoir, sans s’exposer à la puissance publique de l’autorité étatique ?

La situation financière de nos Collectivités ne permet pas d’investir dans ces grands travaux de modernisation. Pour y parvenir, à l’instar du TCSP, le moment est venu de prendre la voie du Partenariat Public et Privé (PPP). Le privé local ou national peut signer un protocole ouvrant au financement et à la gestion pluriannuelle de ce titanesque chantier.

Tout comme les preuves d’amour dans une relation amoureuse, il faut poser des actes, pas que des discours, pour que notre population ait enfin de l’eau de qualité Pour Une Martinique Autrement.

Pour l’association écologique PUMA

Le Président

Florent GRABIN