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— Par Sabrina Solar —
Mis en place en 2017, le Nutri-Score est un système d’étiquetage simple et visuel qui permet d’évaluer rapidement la qualité nutritionnelle des aliments. Grâce à une échelle allant de A à E, associée à un code couleur du vert au rouge, il aide les consommateurs à comparer les produits en un coup d’œil, en tenant compte notamment des teneurs en sucres, en sel, en graisses ou encore en fibres.
Depuis sa création, ce dispositif a évolué pour mieux refléter les connaissances scientifiques. Une nouvelle méthode de calcul a récemment été adoptée afin d’affiner la notation : elle distingue davantage les aliments selon leur teneur en sucre et en sel, valorise les produits complets riches en fibres et prend mieux en compte les bénéfices de certains aliments comme les poissons gras ou certaines huiles. À l’inverse, les produits trop sucrés ou ultra-transformés sont plus sévèrement notés. Cette mise à jour concerne une part importante des produits, dont les notes évolueront progressivement dans les rayons.
Au-delà de son rôle informatif, le Nutri-Score s’inscrit dans un enjeu majeur de santé publique. En France, 47 % de la population est en surpoids et 17 % en situation d’obésité, ce qui souligne l’importance d’une alimentation équilibrée pour prévenir des maladies chroniques comme le diabète ou les maladies cardiovasculaires.
Mais une idée reçue persiste : manger plus sain coûterait plus cher. Or, les travaux menés par Santé publique France et INRAE montrent que ce n’est pas le cas. En analysant près de 28 000 produits alimentaires répartis dans 22 catégories entre 2020 et 2023, les chercheurs ont démontré qu’il n’existe aucun lien systématique entre prix et qualité nutritionnelle.
Leurs résultats sont clairs : les produits affichant un bon Nutri-Score ne sont pas plus chers en moyenne. Dans certaines catégories comme les yaourts ou les sauces, ils sont même parfois moins coûteux que leurs équivalents moins bien notés. Autre constat, les produits ne présentant pas de Nutri-Score sont souvent plus chers, tandis que les marques de distributeur — très engagées dans cette démarche — contribuent à proposer des prix plus accessibles.
Concrètement, cela signifie qu’il est possible d’améliorer son alimentation sans augmenter son budget. Comparer les Nutri-Scores pour privilégier les produits classés A ou B, choisir des aliments simples et moins transformés, ou encore se tourner vers les marques de distributeur sont autant de leviers efficaces.
Au final, le Nutri-Score apparaît comme un outil à la fois pratique, évolutif et accessible, qui permet de faire des choix plus éclairés. Bien manger n’est donc pas uniquement une question de prix, mais surtout d’information et d’attention portée à ce que l’on met dans son assiette.
