Mardi 17 mars – 19h30 | Tropiques-Atrium
La pièce Mère prison, écrite par l’autrice guyanaise Emmelyne Octavie et mise en scène par Aristide Tarnagda, propose une plongée poignante dans l’univers carcéral et ses répercussions sur les familles. À travers une écriture sensible et percutante, la pièce met en lumière le combat quotidien d’une mère confrontée à l’incarcération de ses fils et à la violence d’un système qui enferme bien au-delà des murs de la prison.
Résumé de la pièce
Au cœur de Mère prison se trouve une mère qui, deux fois par semaine, rassemble son courage pour rendre visite à ses fils en prison. Le mardi, elle prend le bus pour voir son fils aîné, incarcéré pour meurtre. Le jeudi, elle se rend au parloir pour son deuxième fils, accusé de trafic de drogue.
Entre ces visites éprouvantes, elle tente de maintenir une vie ordinaire. À la maison, son dernier fils passe ses journées à jouer à des jeux vidéo violents, refusant de grandir par peur de suivre la même trajectoire que ses frères.
Malgré les sacrifices qu’elle consent, cette mère devient la cible de la colère et des reproches de ses fils. Dans l’univers carcéral, elle incarne l’exutoire, celle sur qui l’on déverse frustration et rage. Pourtant, elle continue d’assumer ce rôle avec une détermination bouleversante, à l’image de nombreuses mères qu’elle croise lors des visites au parloir.
La pièce interroge alors les limites de cet amour inconditionnel : jusqu’où une mère peut-elle aller pour ses enfants ?
Structure dramaturgique
La pièce est composée de vingt scènes courtes et numérotées, formant une progression dramatique marquée par la répétition de rituels : trajets en bus, contrôles, attentes, rencontres au parloir.
Cette construction en crescendo mène à une chute finale tragique, révélant une structure circulaire où les mêmes gestes et les mêmes situations semblent se répéter sans issue. L’écriture repose sur des dialogues entre personnages clairement identifiés, précédés d’une citation liminaire de l’autrice issue de son œuvre Comme un clou dans le cœur.
Univers et atmosphère
La pièce nous plonge dans un monde contemporain clos, rythmé par :
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les trajets en bus vers la prison,
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les portes qui claquent dans l’univers carcéral,
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les horaires stricts des visites.
Ces éléments sonores et visuels participent à recréer l’atmosphère oppressante de la prison, qui finit par englober la vie entière des proches des détenus.
Thématiques principales
La solitude et l’isolement
La mère se retrouve seule face à ses responsabilités, portant le poids des erreurs de ses enfants et de l’absence d’une figure paternelle.
Les violences et les injustices
La pièce aborde différentes formes de violence : physiques, verbales et psychologiques. Les prisonniers comme leurs proches sont pris dans un système qui engendre frustration et colère.
L’enfermement des familles
L’œuvre souligne que la prison ne touche pas seulement les détenus : les proches vivent eux aussi une forme d’enfermement, fait d’attentes, de déplacements et de sacrifices.
La figure maternelle
La pièce rend hommage à la force et au courage des mères, souvent contraintes d’endosser seules la responsabilité familiale. Elle montre également le paradoxe de leur position : aimer, soutenir, tout en subissant l’ingratitude et la dépendance de leurs enfants.
Les oppositions symboliques
L’œuvre met en évidence plusieurs dichotomies :
intérieur / extérieur (prison et monde libre), | masculin / féminin, | violence / protection.
Distribution et équipe artistique
La pièce est interprétée par :
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Rita Ravier
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Calicalí
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Giovanny Germany
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Fiona Soutif
Équipe de création :
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Création sonore : Hughes Germain
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Création lumière : Michaël Creusy
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Scénographie et costumes : Abishag Voundi
Production : Cie Atoumo Prod
Coproduction : Tropiques Atrium Scène nationale et Kokolampoe.
Photos : © Hughes Germain
La pièce a été récompensée dans le cadre des Inédits d’Afrique et d’Outre-mer, consacrant la puissance dramaturgique du texte.
L’autrice
Originaire de Guyane, Emmelyne Octavie écrit depuis l’âge de quinze ans. Elle étudie les lettres, les langues et les arts à Cayenne puis à Paris. Son œuvre explore différents genres : poésie, théâtre, fiction, chroniques et chansons. Elle est également interprète poétique et dramatique.
Avec Mère prison, elle propose une écriture engagée et sensible qui interroge les réalités sociales contemporaines et les liens familiaux mis à l’épreuve.
Le metteur en scène
Informations pratiques
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Date : Mardi 17 mars – 19h30
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Lieu : Salle Frantz Fanon – Tropiques-Atrium
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Tarifs : 25 € / 20 € / 8 €
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Public : à partir de 14 ans
- Dossier pédagogique : « Mère prison » d’Emmelyne Octavie
