» Marcher sur l’eau », un film de Aïssa Maïga & Ariane Kirtley

Samedi 30 octobre 2021 – 11h à Tropiques-Atrium

Par Aïssa Maïga

Synopsis:
Ce film fait partie de la section éphémère « Le cinéma pour le climat » du Festival de Cannes 2021

Marcher sur l’eau a été tourné dans le nord du Niger entre 2018 et 2020 et raconte l’histoire du village de Tatiste, victime du réchauffement climatique, qui se bat pour avoir accès à l’eau par la construction d’un forage. Chaque jour, Houlaye quatorze ans, comme d’autres jeunes filles, marche des kilomètres pour aller puiser l’eau, essentielle à la vie du village. Cette tâche quotidienne les empêche, entre autres, d’être assidues à l’école. L’absence d’eau pousse également les adultes à quitter leur famille chaque année pour aller chercher au-delà des frontières les ressources nécessaires à leur survie. Pourtant, cette région recouvre dans son sous-sol un lac aquifère de plusieurs milliers de kilomètres carrés. Sous l’impulsion des habitants et par l’action de l’ONG Amman Imman un forage apporterait l’eau tant convoitée au centre du village et offrirait à tous une vie meilleure.

La presse en parle :
Paris Match par Fabrice Leclerc
Filmé sur quatre saisons, le film est un condensé de problématiques différentes (éducation, rapport à la communauté, survie) qui pose sa caméra discrète mais aimante sur un autre monde qui suscite pourtant tant de questions sur les excès du notre. Sans misérabilisme, avec simplicité

Abus de Ciné par Raphaël Jullien
Par petites touches, le métrage montre également la complexité et le paradoxe de ces situations. Ainsi, le forage tant espéré serait un immense soulagement mais pas une solution durable. Plus perturbant encore : le plastique, pourtant en partie responsable des désastres écologiques à l’échelle planétaire, s’avère un allié de poids pour ces gens puisque cette matière est sans doute l’un des meilleurs compromis de légèreté et d’imperméabilité pour les contenants qu’ils utilisent pour transporter de l’eau sur de longues distances.
L’image magnifie autant ce qui est beau et ce qui est inquiétant, s’attachant aux visages comme à la terre sèche, multipliant les angles (souvent à hauteur d’enfant mais aussi depuis le ciel) afin de nous faire saisir l’atmosphère de cette région désertifiée, surprenante et effrayante à la fois. La musique soutient superbement ce vacillement permanent dont est constitué le documentaire, entre des moments de désespoir où l’on entre en empathie avec les protagonistes (dont une émouvante ado qui n’a jamais rien connu d’autre que son village en 14 ans d’existence et qui rêve d’ailleurs) et d’autres où l’on s’attendrit sur les jeux des enfants (particulièrement un bébé malicieux dont la présence est une sorte de soulagement régulier à côté des souffrances dont on est témoins). Au-delà de la réalité qu’il nous montre, « Marcher sur l’eau » parvient à en faire de vrais personnages de cinéma que l’on est triste de quitter lorsque le générique arrive.

Écran Large par Chrisptophe Foltzer
impressionnés par la facilité avec laquelle la réalisatrice parvient à insuffler une belle poésie dans ses images. Qu’il s’agisse des paysages magnifiques, des villageois traités avec beaucoup de délicatesse et de bienveillance, ou encore des respirations nécessaires pour plonger le spectateur dans le rythme de vie local et dans l’attente de l’eau salvatrice, Aïssa Maïga fait preuve d’un grand talent pour magnifier une contrée lointaine, lui redonner ses accents mystérieux, voire ésotériques, sans jamais tomber dans la facilité du cliché attendu.