« Rencontre », « Indépendance, Souveraineté, Autonomie », « Madan Kafa », et autres…

Jean-Bernard Bayard —

Rencontre

Dans le monde immatériel de l’univers, quatre hommes se rencontrèrent pour discuter de la déchéance de la race humaine. Ces hommes représentaient trois continents: Asie du Sud, Afrique, Amérique du Sud, et les Antilles. Ils étaient Mahatma Gandhi de l’Indes, Nelson Mandela de l’Afrique du Sud, Che Guevara de l’Argentine, et Fidel Castro de Cuba. Ils voulaient savoir les causes de la déchéance, et comment y remédier. Gandhi, après avoir reçu et remercié les trois autres, les invita à s’asseoir autour d’une table ronde. Après un moment d’échange amical, le plus jeune posa la première question thématique. « Messieurs, je suis le plus jeune, et je fus assassiné très jeune pour avoir défendu l’humanité de notre espèce. » Gandhi le regarda avec un petit sourire empreint de compassion. « Oui nous nous sommes engagés pour la promotion de l’humanité et nous fumes assassinés toi à 39 ans, moi à 79 ans. » Castro, ne pouvant s’empêcher un peu d’humour, s’exclama: « Ils ont essayé 638 fois de m’assassiner, mais me trouvèrent invincible, je fus assassiné par la vieillesse! » Mandela prit la parole, et mentionna que Gandhi pratiqua le droit en Afrique du Sud, et comme Gandhi, il est devenu lui aussi avocat, sa lutte pour la liberté de son peuple lui a valu 22 ans de prison 1964-1986!
Che exprima alors son inquiétude sur l’inéquité, la déshumanisation, la violence, le suprémacisme, l’hypocrisie, les abus sociaux, la misère, la faim, la maladie, et l’ignorance! Castro répondit rapidement que Che donne de quoi réfléchir et élucida que c’était une déroute beaucoup plus q’une déchéance! Mandela secoua la tête affirmativement et répondit, « Je suis de votre avis, la déchéance peut-être une cause accidentelle, tandis que la déroute est institutionnelle et systémique comme l’apartheid. Tout de suite Gandhi fit remarquer comment l’indépendance coloniale de l’Angleterre causa une division haineuse sur base religieuse qui causa un peuple antagoniste de se séparer en deux nations: Inde/ Pakistan. Oui répondit Castro, « de 1898 à 1959, les Etats-Unis ont fait la loi à Cuba avec des marionnettes présidentielles et une industrie touristique mafieuse. » Che continua les paroles de Fidel en disant qu’il avait fait le tour de l’Amérique Latine en moto comme jeune médecin et fut témoin des injustices, de la misère systémique, de la déshumanisation des autochtones, et de la rapacité de chefs d’État corrompus, sous tutelle de l’Occident, même dans son pays de naissance. « Ce que faisait Juan Peron en Argentine fut un crime contre l’humanité! » « Je comprends » répondit rapidement Fidel, « Le Sergent Fulgencio Batista était un criminel qui a failli mettre fin à ma vie avant même de commencer ma révolution populaire. » Mandela secoua la tête avec un petit sourire moqueur, et dit: « Savez-vous ce qu’ont fait les présidents de l’aparteid de l’Afrique du Sud entre 1961 et 1994? » Gandhi secoua la tête affirmativement, car il savait ce qui se passait en Afrique du Sud, mais ajouta que les crimes contre l’humanité de l’empire colonial de l’Occident dans son pays furent horribles! Pour conclure, Gandhi se leva et prononça d’une voix faible, « Si la politique n’est pas inclusive, altruiste, honorable, intègre, vertueuse, morale, tolérante, bienveillante, équitable et motivante dans une production collective, elle ne représente pas l’humanité de la race humaine! »
Jean-Bernard Bayard

Indépendance, Souveraineté, Autonomie

Une nation peut-elle se concevoir sans une économie productive? Une patrie peut-elle se constituer sans une collectivité endogène et homogène? Un pays peut-il se sécuriser sans une justice impartiale et constante? Un peuple peut-il s’ériger, évoluer, et prospérer sans une scolarité endogène, équitable, et diversifiée? Une langue maternelle commune à tous et à toutes est-elle nécéssaire pour assurer une union sincère, intègre, et communicative entre citoyens? Comment expliquer une identité nationale intangible pour une solidarité étatique? Aux dix-huitième et dix-neuvième siècles, trois grandes révolutions formulèrent un nouveau monde où le statu quo fut détruit pour introduire une lumière sur d’autres possibilités humanistes!
Trois mots en particulier marquèrent une génération européenne et américaine. De 1776 à 1801, le mot indépendance fit son apparition dans les treize colonies anglaises de l’Amérique du Nord, et en France. Dans les deux cas, ce fut un affront à la monarchie européenne de l’époque. D’abord, une confédération des treize colonies anglaises de l’Amérique du Nord, initièrent un mouvement révolutionaire contre la métropole d’Angleterre en déclarant leur indépendance, et se battront treize ans pour accomplir ce but entre 1776 et 1789. La France elle-même, fatiguée des injustices de sa monarchie, décida elle aussi de déclarer son indépendance et de gagner sa souveraineté républicaine la même année que les treizes colonies devinrent elles aussi souveraines sous le nom de États-Unis en 1789. Les deux pays se constitutionalisèrent, et formèrent un gouvernement qui marqua une cession avec la monarchie. Douze ans plus tard, après onze ans de la révolution esclavagiste de Saint-Domingue, qui provoqua l’abolition de l’esclavage colonial de la plus productive colonie du nouveau monde, un nègre, un Fatras-Bâton, le petit Africain doré introduisit un concept nouveau et universel dans le monde international de la politique. Il conçut que la seule façon d’être souverain, c’est en étant autonome. Il promulga la première, la seule, l’originale constitution coloniale de tous les temps pour assainir la seule révolution d’esclaves à réussir dans l’histoire de l’humanité! Le trois juillet 1801 la constitution, basée sur l’autonomie de la production, est présentée! Depuis cette date funeste et la défaite de l’armée consulaire française en 1803, le peuple saint- domingois devenu haïtien ne cesse de payer cet affront à la suprématie occidentale!
Jean-Bernard Bayard

Un Américain et un Français se parlent
An American and a French are speaking

Français: Salut
American: Why should I salute you
Français: Je suis Jean
American: Liar, you are not a woman
Français: Je vais à l’aquarium voir les phoques
American: If you are going to cuss me, spell it right fuck
Français: Je me sens bien, j’ai pris une douche
American: How could you, again you are not a woman
Français: Ecoute mon vieux…
American: Whatch it, I am not old
Français: Je regarde ma montre je dois partir
American: You are going to show me that you are leaving
Français: Merde, tu ne comprends rien
American: No, you are the shithead, you don’t know what you are saying
Français: Espèce d’idiot
American: I am of the human species not the idiot species like you
Français: Crétin
American: Yes I am christian
Français: Donc votre nom est Christian
American: Go to hell
Français: Il me semble que vous connaissez bien l’endroit
Jean-Bernard Bayard

Madan Kafa

Kan m’te timoun, Laboul se te bèl kote moun lavil te fè vakans pandan mwa Jiyè ak Daout! Si moun di-w ke yo konnen Laboul men yo pa konnen Madan Kafa, konnen se manti la-p bawou. Laboul te gen yon sèl boutik, se boutik Madan Kafa! M’pa konnen konbyen fwa madanm sa-a marye, paske li te gen omwen twa siyati. Si Laboul te gen Majistra, Madan Kafa te Majistral! Kokonèt, bonbon siro, bonbon lanmidon, kasav, rwayal, biswit tibè, ak-100, byè-15, frèskawo, tout kalite kleren, sigarèt, Manba, kòk graje, dous kokoye, douslèt, se vini-w ki pou pa sove-w! Si nou timoun pa-t konnen Madan Kafa ak boutik-lan, pa ta gen vakans Laboul. Tout manman pitit ki sòti lavil te konn al tcheke ak Madan Kafa pou konnen si pitit yo pa ta-p fè mefè! Ki fè kan nou te toupre boutik-lan, nou te veye zo-n. Sa nèg vin apwann, se ke Madan Kafa te konnen tout moun Laboul, genyen menm ki te vin rapòte zen sou nou. Kan manman-n vin pale ak Madan Kafa, li gen de fason pou-l té reponn. Swa li ta di-w: « Mwen wè-l fè sa! » oubyen « Mwen tande li fè sa! » Kèlke swa répons lan, konnen gen yon kal kap vini. Epòk sa-a Laboul pandan de mwa sa yo, te kon yon gwo fanmi, Pitit prezidan maglwa te konn avèk tout moun ap jwe ale nan boutik, tout bagay! A ta Prezidan-an limenm, té konn pase nan boutik lan! Yo di ke M’sye te gen yon kleren li te renmen, men nou konnen ki jan ayisyen renmen bay kout lang, donk na deside kwè sa nou vle! Le swa apwe manje, pa te gen anpil vwati sou rout-la, timoun lavil te pwan lari-a pou nou pou pwomnad, nous bay blag, nou chante, nou ri, sete bèl souvni. 1957 chanje tout bagay, mete tout moun tèt anba, nou pa janm tounnen Laboul, m’pa konnen sa ki rive Madan Kafa ak boutik lan, Men mwen pa-p janm bliye Boutik-lan, majistral Madan Kafa, Pwomnad leswa ak match foutbòl akoté Légliz-lan! Sa fè swasant nèf rekòlt kafé ki pase depi lò-a, koulyè-a m’fin granmoun, men m’pap janm bliye Madan Kafa!