“Lise dans les flaques”. De et avec Sandrine Delsaux au Guichet Montparnasse

— Par Selim Lander –-

Sandrine  Delsaux 1On a déjà présenté ici le Guichet Montparnasse, petite salle parisienne qui accueille chaque jour, à la manière de celles du Off avignonnais, plusieurs spectacles différents. Sandrine Delsaux y joue en ce moment et pour quelques semaines encore, Lise dans les Flaques, one woman show sur un texte qu’elle a elle-même écrit.

Les auteurs qui s’interprètent eux-mêmes sont inévitablement soumis au risque de se montrer trop complaisants, tant il est difficile de se juger soi-même. De fait, pendant toute la première partie, sorte de long prologue au cours duquel le personnage explique la situation dans laquelle il se trouve (« Un vent violent a soufflé sur moi et a tout fait valdinguer »), le spectateur a du mal à rentrer dans la pièce, d’autant qu’il est sans arrêt pris à partie, ce qui est plus gênant qu’autre chose.

Cela s’arrange heureusement dans la deuxième partie où le personnage se raconte petite fille et adolescente, décortique ses rapports avec un père peut-être incestueux, un original en tout cas, aux multiples métiers, tantôt « directeur par intérim d’une agence d’intérim », tantôt inspecteur de police, lequel, « à défaut de croire à la justice, croyait sincèrement à la littérature policière », etc. Outre ces jeux de mots ou ces traits d’humour, il y a de belles trouvailles dans le texte, comme cette institutrice-araignée qui « tisse son cours ».

Sandrine Delsaux démontre un beau tempérament de comédienne. Son débit accéléré – qui ne nuit nullement à la clarté de l’élocution – illustre à merveille le personnage de Lise, une fille trop volubile et encline au radotage pour ne pas être un peu dérangée. Elle est changeante, triste ou drôle quand il faut, et endosse avec aisance d’autres personnages que celui de Lise lorsque le texte le demande. La mise en scène, enfin, se fait remarquer par sa sobriété, un choix discutable car le personnage de Lise aurait sans doute pu supporter davantage de folie.

Au Guichet Montparnasse, 15 rue du Maine à Paris, les jeudis et samedis à 19 h, jusqu’au 15 juin 2013.

Sandrine Delsaux

Sandrine Delsaux