« L’important c’est la route… » & « Train de vie »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

L’important c’est la route…

Comme une grande faim
qu’on a pu apaiser,
repu, le ventre plein,
une fois réalisé,
un rêve n’en est plus un !

L’excitation prend fin…
On se sentait avide
et tellement vivant !
On ne sent plus qu’un vide
qu’un autre doit combler…

Quand on lit un roman,
c’est tout au long des pages
que réside l’attrait.
Celui-ci disparaît
sitôt livre fini…

Et si dans un voyage
ce n’est pas l’arrivée
qui en fait la beauté,
l’intérêt de la vie
n’est certes pas la fin
mais juste le chemin !

Train de vie

Quel est ton train de vie ?
Serait-ce un TGV
d’où la voir défiler
bien trop vite et trop floue,
à travers des vitres teintées
qui demeurent fermées ?

Est-ce un train de banlieue bondé
de travailleurs fatigués
aux heures d’affluence
et sa morne pestilence ?

Ou l’Orient-Express,
ce train de luxe capitonné, calfeutré,
accessible à la seule richesse ?

Ou bien alors est-ce un petit train campagnard,
omnibus s’arrêtant à toutes les gares ?
Sa lenteur permet d’admirer
la beauté des paysages traversés…

Parce que, de toute façon,
la finale destination
est la même pour tout le monde,
qu’on aille vite ou lentement
plus ou moins confortablement…
Personne n’est au fond vraiment pressé
de rouler un train d’enfer pour arriver
au bout de ce trajet aller simple
pour le pays sans mémoire
et la fin de l’histoire :
“Terminus ! Tout le monde descend…”

Alors dis-moi : en fin de compte,
quel train de vie as-tu choisi
quand l’important dans ce chemin de fer
est plutôt la manière de faire le chemin ?

Patrick Mathelié-Guinlet