Intermittents : cinq questions pour tout comprendre

— Par Anne-Aël Durand —
clownsLes intermittents du spectacle sont-ils des privilégiés qui creusent abusivement le déficit de l’assurance-chômage ? C’est ce que sous-entend le Medef, qui a proposé mercredi 19 février de supprimer leur régime d’indemnisation, jugé inéquitable par le syndicat patronal.

Cette question sensible a suscité des réactions indignées des premiers intéressés, qui appellent à manifester jeudi, mais aussi du gouvernement, qui défend l’équilibre actuel, et même, plus surprenant, de l’ancienne présidente du Medef, Laurence Parisot, qui juge injustifiée, elle aussi, la proposition de son ancienne organisation.

1/ Qu’est ce qu’un « intermittent du spectacle » ?

Etre “intermittent” n’est ni un métier ni même un statut. C’est un régime spécifique créé en 1936, d’abord pour l’industrie du cinéma, qui employait un grand nombre de techniciens et de cadres pour des tournages, sans pouvoir leur garantir un emploi pérenne. Il permet une embauche en contrat à durée déterminée “d’usage”, qui, contrairement au CDD ordinaire, peut être de très courte durée et se renouveler sans limite durant plusieurs années. Entre deux contrats, un intermittent est indemnisé par l’assurance-chômage.

Le régime des intermittents s’applique aujourd’hui au secteur du spectacle : audiovisuel, cinéma, musique, spectacle vivant… et concerne les techniciens et ouvriers (intégrés au sein de l'”annexe VIII” de la convention d’assurance-chômage) ainsi que les artistes (dans l'”annexe X”). Toutefois, tous les salariés du secteur ne sont pas intermittents : un tiers d’entre eux (126 858 en 2010, selon Pôle emploi) sont affiliés au régime général, qu’ils soient en CDI ou en CDD.

Selon un rapport parlementaire publié en 2013 par le député PS Jean-Patrick Gille, 254 394 salariés ont cotisé au régime des intermittents en 2011. Un nombre en forte croissance, en raison de l’attrait des métiers artistiques : ils n’étaient que 50 000 en 1989, et moins de 100 000 en 1998. En revanche, les revenus individuels sont restés assez stables – et ont même régressé en euros constants (- 33 % entre 1989 et 2007).

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