Il y a vingt-cinq ans, le massacre de la place Tiananmen

Le poète Liao Yiwu : « La mémoire de Tiananmen ne s’effacera jamais »

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Le 4 juin 1989, le poète Liao Yiwu, vivant dans le Sichuan, à l’autre bout de la Chine, écrit en état de transe un poème intitulé « Massacre », en écho aux chars qui écrasent au même moment le mouvement démocratique de la place Tiananmen, au cœur de Pékin.

Il le paiera de quatre années de prison (1990-1994), qu’il a racontées dans un livre, « Dans l’empire des ténèbres », salué l’an dernier par Robert Badinter comme l’un des grands récits de la littérature carcérale, à côté de Soljenitsyne.

Vivant aujourd’hui à Berlin après d’être enfui de Chine, Liao Yiwu vibre chaque année à l’approche de la date du 4 juin, dont il dit qu’elle a changé sa vie à jamais.

En Chine aussi, les autorités sont nerveuses à chaque anniversaire, 2014 plus encore en raison d’un chiffre rond, le 25e anniversaire d’un massacre occulté, nié, effacé des mémoires. Cette année, un nombre record d’intellectuels, activistes, dissidents, ont été arrêtés et écartés le temps de cet anniversaire qui n’a pas le droit d’exister.

Liao Yiwu vient de publier en France « La Chine d’en bas », un livre qui donne la parole, comme le dit son préfacier Philip Gourevitch, à « tous ceux qui sont muselés par la société chinoise et dont le Parti aimerait ignorer l’existence ». De passage à Paris, il évoque le souvenir du « 4 juin » pour Rue89.
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