“Il a déjà tes yeux” : à voir!

A l’affiche à Madiana

— Par Roland Sabra —

Déjà dans «  La Première étoile » avec l’histoire d’une famille noire qui part en vacances de neige faire du ski, Lucien Jean-Baptiste affichait son penchant pour dénoncer dans des histoires décalées, des situations inversées et sur le mode de la comédie les clichés xénophobes voire racistes qui minent « le vivre ensemble. »

Dans un film toujours pensé, réfléchi, très écrit avec des personnages construits il revient, dans le genre feel good movie, sur cette thématique qui lui tient à cœur. Il le fait avec humour, à cent mille lieues de tout didactisme en peignant chaque personnage à la façon d’un idal-type en excluant tout esprit de caricature.

Paul, antillais, aime Sali, née en France de parents sénégalais. Paul et Sali ont un désir d’enfant. Sali ne peut pas porter d’enfant. Paul et Sali font une demande d’adoption. Paul et Sali obtiennent satisfaction. Paul et Sali « héritent » de Benjamin un petit blond aux yeux lavande. Paul et Sali vont devoir faire face aux réactions de leurs entourages.

La comédie se déroule pendant la période probatoire avant l’adoption définitive et passe en revue avec humour l’ensemble des préjugés socio-culturels propres à chaque communauté. Elle le fait sans asséner au spectateur des tonnes de bons sentiments mais juste en rappelant la dimension universelle de l’ethnocentrisme. Zabou Beitman dans le rôle de l’assistante sociale de l’Aide Sociale pour l’Enfance hostile au placement de Benjamin chez un couple de Noirs élabore avec talent un personnage du repli identitaire français dans la rigidité, la fermeture et la sécheresse qui lui sied. Les parents de Sali, enfermés dans leurs traditions multi-séculaires ne font pas preuve d’une plus grande ouverture d’esprit et de comportement. Ils ne supportaient pas l’idée que l’enfant puisse être Congolais! Alors un blondinet pensez-donc! À la première visite de Paul( Lucien Jean-Baptiste), Sali (Aïssa Maïga) et Benjamin la grand-mère qui avait préparé des plats du terroir sénégalais aura cette réplique «  J’aurais du préparer de la blanquette ! » Au grand-père qui refuse de reconnaître Benjamin parce que avoir un petit fils blanc «  ce n’est pas dans l’ordre des choses » Sali, ou sa sœur, rétorquera « Et toi qui as quitté ton pays pour venir travailler dans un pays étranger : c’était dans l’ordre des choses ? ». Et puis il y a l’ami du couple, Manu, (Vincent Elbaz) un funambule extra-terrestre qui regarde la situation du point de vue de Sirius, qui méprise les conventions sociales, toujours dans un ailleurs décalé et qui fait rire des des conventions calcifiées, des raideurs psycho-sociales empoussiérées en apportant fraîcheur et légèreté. Un souffle nécessaire et toujours bienvenu  à l’extrème opposé de tout pathos pleurnichard et larmoyant.

On l’aura compris, la grande force du film de Lucien Jean-Baptiste est de rappeler à celles et ceux qui ne ne l’envisagent que comme enracinement, que la culture est aussi une émancipation, un arrachement.

Si le dernier quart d’heure est un peu poussif, happy end oblige, avec des dialogues fins et décapants, des personnages attachants, « Il a déjà tes yeux », construit avec une belle énergie, beaucoup d’humanité, sans mièvrerie aucune,  est un film drôle et réussi. Une respiration dans un monde parfois étouffant.

Fort-de-France,

R.S.

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De quelques bonnes manières au spectacle

bonne_maniere_cinema-1Au cinéma, au théâtre, à la salle de concert ou à d’autres évènements culturels

Il convient d’arriver à l’heure, afin
– de ne pas rater le début,
– de ne pas déranger les autres spectateurs déjà assis ainsi que par respect pour les artistes du spectacle.
Le téléphone mobile doit rester éteint et il ne convient pas de  consommer pendant la représentation.
Au cinéma on ne fait pas de bruit si l’on déballe et mange quelque chose pendant la séance.
On ne fait pas de commentaires pendant le spectacle, car cela dérange les autres spectateurs, voire les artistes en train de jouer sur scène.
C’est à la fin d’un spectacle qu’on applaudit les artistes (jamais entre les symphonies musicales dans un concert)