Guadeloupe : du passe vaccinal au conflit social

Alors que le couvre-feu décrété par le gouvernement pour lutter contre la propagation du variant Omicron a encore été avancé à 20h, les Enjeux mettent le cap sur l’île où les oppositions au passe vaccinal se transforment en un mouvement social puissant, qui semble appelé à durer.

La Guadeloupe est dans une phase de fortes réactions face au durcissement des positions Covid. Si la mobilisation s’est toutefois apaisée sur le plan des tensions liées aux barrages, elle reste importante. Retour sur ce mouvement porté par le collectif LKP, parti des problèmes liés à l’hôpital.

Avec Olivier Dehoorne, géographe, spécialiste du développement insulaire et maître de conférences à l’Université des Antilles.

Un lieu cristallise toutes les tensions, le centre universitaire hospitalier de Point-à-Pitre.“imaginer que ce lieu puisse être contrôlé par des forces de police dans le contexte guadeloupéen, puis des Antilles représente en fait des forces coloniales qui contrôlent l’accès à ce centre de santé. C’est quelque chose qui est insupportable.” dénonce Olivier Dehoorne. Le personnel soignant est lui-même peu vacciné “selon les chiffres officiels plus de 90% du personnel est vacciné mais selon les syndicats, seulement 8 à 18% le serait.”

Des revendications plus larges

Depuis le mois de novembre, les barrages faits de carcasses de voitures et disposés dans des endroits stratégiques ont été levés. “Les populations qui tenaient ces barrages se sont repliées. Elles ne sont pas là pour l’agression directe. Elles s’inscrivent dans une temporalité plus longue”.

Les revendications guadeloupéennes vont plus loin que le refus du passe vaccinal. Il s’agit d’une bonne opportunité pour l’île de se faire entendre. Les élus ne sont quasiment pas présent sur le terrain et les promesses et mesures annoncées ne se réalisent jamais. Olivier Dehoorne déclare “tous les programmes [ne voient pas le jour] ne serait-ce que pour accompagner et former les jeunes. De même concernant la pollution, les pollutions du sol par les chlordécone (culture de banane), l’accès à l’eau potable dans chaque foyer, le coût de la vie plus cher qu’en métropole malgré la précarité de nombreux emplois… Ces revendications sont relevées par des syndicats, mais aussi par des partis politiques et des d’associations culturelles. Une cinquantaine de structures se sont fédérées dans ce collectif.”

Source : France Culture