« Edith et moi » : une voix face au silence

Les 8, 9 & 10 octobre à 19h30 au T.A.C.

— Par Hélène Lemoine —

Avec Edith et moi, Yaël Rasooly mêle théâtre, chant et marionnette autour d’une chanteuse qui, après un événement douloureux, se retrouve incapable de jouer et de chanter. Immobile sur scène, elle semble avoir perdu sa voix. Une figure inattendue vient alors l’aider à sortir de cet état : Édith Piaf, représentée par une marionnette à taille humaine.

La relation entre les deux personnages constitue le fil du spectacle. Piaf devient tour à tour partenaire, guide et double de la chanteuse. Elle la pousse à se relever, à chanter et à reprendre possession de la scène. Peu à peu, leurs histoires se font écho, jusqu’à brouiller les frontières entre la comédienne et son personnage.

Cette présence de Piaf introduit une dimension à la fois musicale et burlesque. Son tempérament fougueux contraste avec l’immobilité initiale de la chanteuse. Le répertoire de la Môme, notamment L’Hymne à l’amour et La Vie en rose, accompagne le récit et participe à son évolution.

La marionnette occupe une place centrale dans cette construction. À taille humaine, elle forme avec Yaël Rasooly un véritable duo scénique. La comédienne lui prête sa voix, la manipule et joue avec les possibilités offertes par ce corps à la fois proche et distinct du sien. Les deux figures finissent par se répondre, se confondre parfois, comme si l’une permettait à l’autre de retrouver ce qui lui manque.

Le spectacle alterne ainsi scènes parlées, chant, manipulation et situations plus légères. L’humour crée des respirations dans un récit qui aborde les violences sexuelles sans les réduire à leur seule dimension dramatique. Certaines séquences reviennent directement sur ce qui s’est passé, tandis que d’autres s’attachent davantage à la reconstruction du personnage et à son retour vers la scène.

Artiste pluridisciplinaire, Yaël Rasooly assure l’écriture, l’interprétation, le chant et la manipulation. Elle fait de la rencontre avec Piaf le moteur d’un récit où se mêlent théâtre d’objet, cabaret et évocation autobiographique. Une manière de raconter comment une voix, après s’être tue, peut progressivement retrouver sa place.

 

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https://www.youtube.com/watch?v=eWPmyT6YXnU

Conception, écriture, mise en scène, interprétation Yael Rasooly
Regards extérieurs Neville Tranter, Angélique Friant, Yngvild Aspeli
Collaboration artistique Vanessa Valliere (USA) | Design Eduardo Felix (Brésil), Revital Arieli (France), Aurora Majnoni (Italie), Ran Daniel Kopiler (Israël), Yael Rasooly (Israël), Jérémie Legroux (France), Einat Landau (France)
Composition musicale Iliya Maglnyk (Israël)
Création sonore Ran Daniel Kopiler (Israël), Binya Reches (Israël)
Création lumière Boualeme Bengueddach (France).