“Cinema Novo” d’Eryk Rocha

Mardi 22 octobre 2019 à 20h 30 Tropiques-Atrium Salle Frantz Fanon
L’Œil d’or du meilleur long métrage documentaire Cannes 2016

Avec Nelson Pereira dos Santos, Carlos Diegues, Joaquim Pedro de Andrade plus
Genre Documentaire
Nationalité Brésilien
Durée 1h 30min

Synopsis :
“Cinema Novo” est un essai poétique qui interroge un des principaux mouvements cinématographiques latino-américains, à travers les réflexions et des extraits de films de ses principaux auteurs. Le film s’immerge dans l’aventure de la création d’une génération de cinéastes ayant inventé une nouvelle façon de faire du cinéma au Brésil – à partir d’une posture politique qui associe art et révolution – et ayant pour désir un cinéma qui irait dans les rues, à la rencontre du peuple brésilien.

Biographie :
Eryk Rocha, a étudié à l’EICTV et a réalisé en 2002 “Rocha que voa”, son premier documentaire qui a connu un grand succès. En 2004, son premier court-métrage, “Quimera”, a été sélectionné aux festivals de Cannes, de Sundance et de Montréal. Son premier long-métrage, “Transeunte”, a été présenté en compétition au Festival de Biarritz en 2011.

La presse en parle :

Mediapart par Cédric Lépine

Cannes 2016 : entretien avec Eryk Rocha pour son documentaire « Cinema novo »

— Par Cédric Lépine —
Le documentaire « Cinema novo » d’Eryk Rocha était présenté en section « Cannes Classic » du festival de Cannes de cette année où il a reçu L’Œil d’or du meilleur long métrage documentaire.

Cédric Lépine : Comment conçoit-on le scénario d’un film comme Cinema novo qui repose sur un montage de films d’archives ?

Eryk Rocha : La première étape d’investigation consistait à voir les films du « Cinema novo », lire de nombreux textes, parler avec plusieurs personnes. Tout ce que j’ai filmé est la retranscription de tout le matériel issu de mes recherches. J’ai au préalable construit un récit autour de ce qui seraient les grands thèmes du film, autrement dit : les origines du mouvement, l’amitié entre les cinéastes, le processus de création des films, les relations internationales de ce mouvement avec d’autres à la même époque, l’héritage du « Cinema novo » aujourd’hui et la manière dont il continue à s’inscrire dans le monde actuel. Nous avons commencé un premier montage et je dois avouer que le premier véritable scénario a surgi au montage.

C. L. : Dans le film, les extraits de films ne sont pas identifiés, alors que chaque apparition d’un cinéaste est présentée en sous-titres avec son nom et prénom. Cela signifie-t-il que les cinéastes sont bien plus importants que leurs films à vos yeux, insistant sur la politique du « cinéma d’auteur » ?

E. R. : Je crois que l’essence du film repose sur la volonté de capturer l’énergie créative de ce mouvement cinématographique à partir d’une multitude d’extraits de films qui amorcent entre eux un dialogue. Ainsi, chaque extrait évoque un nouveau sens qu’il n’avait pas initialement dans le film dont il est issu. Je pense qu’une des forces du « Cinema novo » est l’intégration des films, les liens qu’il y avait entre ceux-ci. Il me paraissait moins intéressant d’identifier les extraits de films par leur titre que de montrer comment chaque film pouvait être relié à un autre. À partir de plusieurs extraits de films, naît un nouveau corps cinématographique, esthétique et dramaturgique. Il ne s’agissait donc pas d’expliquer et d’identifier les films du « Cinema novo » : ce serait là l’objet d’un autre film. Ici, le film est narré à la première personne par les propres paroles des cinéastes eux-mêmes : il n’y a ni critique ni autre interlocuteur contemporain. Ce qui permet de se préserver de toute intermédiation et interprétation. Je ne pense pas qu’il s’agisse d’un film SUR mais AVEC le « Cinema novo ». Mon plus grand désir était d’incorporer cette énergie créative du mouvement. À partir de là j’ai créé un corps autonome qui ne chercherait ni à expliquer ni à définir le mouvement : ce n’est ni un documentaire historique ni didactique. Mon film devient dès lors un hommage, une déclaration d’amour au « Cinema novo » au Brésil…

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