Catégorie : Sociologie

En Outre-mer, des milliers d’enfants sans toit à la veille de la rentrée : une urgence sociale oubliée

— Par Jean Samblé —

Alors que la rentrée scolaire 2025 approche à grands pas, les projecteurs médiatiques se braquent — à juste titre — sur les difficultés que rencontrent les enfants sans domicile fixe dans l’Hexagone. Mais dans les territoires d’Outre-mer, la situation est encore plus critique, souvent oubliée dans les débats publics et largement sous-documentée dans les statistiques nationales.

L’UNICEF France et la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), dans leur dernier baromètre « Enfants à la rue », alertent sur une crise humanitaire majeure : près de 600 000 personnes sont aujourd’hui sans logement ou vivent dans des conditions indignes dans les départements et régions d’Outre-mer (DROM). Ce chiffre vertigineux représente près de trois habitants sur dix, un taux très largement supérieur à celui observé en métropole. Parmi ces personnes, les enfants paient le prix le plus lourd, exposés dès leur plus jeune âge à une insécurité sociale, matérielle et psychologique extrême.

Une pauvreté structurelle qui frappe les plus jeunes

Dans les territoires comme Mayotte, la Guyane ou La Réunion, la pauvreté est non seulement plus répandue, mais elle est aussi multidimensionnelle : chômage élevé, infrastructures défaillantes, accès restreint aux droits sociaux, et logements précaires.

→   Lire Plus

Refusons le recul social mis au point par Bayrou et Macron

— Confédération Générale du Travail de la Martinique —

Inacceptable ! Une seule réponse : la lutte !

François Bayrou a choisi son moment pour faire son annonce. Le 15 juillet 2025, il a listé un catalogue de mesures qu’il compte mettre en oeuvre pour prétendument remettre de l’ordre dans les finances de l’État et de la Sécurité sociale. Selon lui, il faudrait réaliser 44 milliards d’euros de coupes dans le budget 2026.

En regardant de près, ce sont les travailleurs, les classes populaires qui paieraient l’intégralité de la facture. Il s’agit là d’une véritable déclaration de guerre.

Qu’on en juge !

Le nombre de jours de carence passerait de 3 à 7, deux jours fériés supplémentaires seraient supprimés, blocage et baisse des allocations et prestations sociales, des pensions de retraite, des salaires dans la fonction publique, du barème des impôts, les franchises médicales seraient revues à la hausse, l’inscription de nouveaux médicaments dont le taux de remboursement va diminuer, une énième révision du code du travail pour assouplir les obligations des patrons et aggraver celles des salariés, rallonger le temps de travail en remettant en cause la 5ème semaine de congé, coupes budgétaires et suppressions de postes pour faire des économies dans la fonction publique, et notamment dans l’Education nationale, la Santé, les collectivités territoriales.

→   Lire Plus

23 août : journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition

— Par Hélène Lemoine —

Chaque 23 août, le monde entier commémore la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition, instaurée par l’UNESCO en 1997. Cette date n’a pas été choisie au hasard : elle rappelle l’insurrection éclatée dans la nuit du 22 au 23 août 1791 à Saint-Domingue, alors colonie française. Ce soulèvement, le plus vaste jamais mené par des esclaves dans l’histoire moderne, bouleversa durablement le monde.

Un soulèvement qui changea le cours de l’histoire

À la fin du XVIIIe siècle, Saint-Domingue était la colonie la plus riche de l’empire français, surnommée la « perle des Antilles ». Mais sa prospérité reposait sur un système brutal : près de 500 000 Africains et Afro-descendants y vivaient réduits en esclavage, dont des dizaines de milliers nouvellement déportés d’Afrique.

Les tensions s’accumulaient déjà : les libres de couleur, bien qu’affranchis, réclamaient l’égalité des droits, inspirés par la Déclaration des droits de l’homme. Leur insurrection, menée par Vincent Ogé en 1790, fut écrasée, mais elle contribua à nourrir la révolte.

Le signal décisif fut donné lors de la cérémonie vaudoue du Bois-Caïman, dans la nuit du 13 au 14 août 1791, sous la direction de Boukman.

→   Lire Plus

Corriger la carte : l’Union africaine soutient une nouvelle projection mondiale plus juste pour l’Afrique

La semaine dernière, l’Union africaine a officiellement apporté son soutien à la campagne « Correct the Map », un projet porté par les organisations Africa No Filter et Speak Up Africa. Cette initiative vise à réajuster la représentation géographique du monde en adoptant une projection plus fidèle aux proportions réelles des continents. L’objectif ? Réparer une distorsion historique et symbolique laissée par la projection Mercator, un modèle largement utilisé depuis le XVIe siècle. Cette représentation, qui favorise l’Europe et l’Amérique du Nord, réduit considérablement la taille de l’Afrique, une déformation héritée des pratiques coloniales.

Selon Fara Ndiaye, directrice adjointe de Speak Up Africa, cette distorsion n’est pas qu’une question technique : elle façonne les perceptions collectives et influencent l’identité de millions d’Africains. « Quand un enfant africain voit son continent rapetissé sur une carte, cela a un impact sur son sentiment de fierté et d’identité. Corriger la carte, c’est un acte de justice et de dignité, bien au-delà de la simple géographie », explique-t-elle.

La projection de Mercator, conçue pour la navigation maritime, conserve les angles mais déforme les tailles réelles des continents.

→   Lire Plus

A la population. Aux habitants de la Communauté d’Agglomération « CAP NORD ».

— Comité de grève des travailleurs de Saur Martinique soutenus par la CGTM & l’UGTM —

Depuis le lundi 11 août 2025, nous avons arrêté le travail pour contraindre notre employeur, SAUR Martinique, à respecter son personnel et ses engagements.

CAP NORD a lancé un appel d’offres pour le renouvellement de la délégation de service public (DSP) ayant pour objet la production et la distribution d’eau potable dans la zone CAP NORD. Deux entreprises ont postulé : la Société Martiniquaise des Eaux (SME), 1liale de SUEZ et titulaire du marché jusqu’au 31 décembre 2024, et la SAUR Martinique, 1liale de la Société d’Aménagement Urbain et Rural (SAUR). Avant la SME, c’est une autre 1liale de la SAUR, la Société Martiniquaise de Distribution et de Services (SMDS) qui assurait la production et la distribution de l’eau dans ce secteur. Ces deux multinationales, SAUR et SUEZ, présentes dans de nombreux pays, se sont livrés une féroce bataille pour ce marché. La SME, pour le conserver, la SAUR, pour le reprendre. La SME est même allée jusqu’à saisir la justice pour tenter de faire annuler l’attribution du marché à SAUR Martinique.

→   Lire Plus

Jacques Martial (1955–2025)

Comédien, metteur en scène et homme politique

Jacques Martial est décédé le mercredi 13 août 2025 à Paris, à l’âge de 69 ans, des suites d’une longue maladie. Né le 7 mai 1955 à Saint-Mandé, en région parisienne, il était d’origine guadeloupéenne. Il laisse derrière lui une carrière artistique et politique dense, marquée par un engagement constant en faveur de la culture et des Outre-mer.

Fils de militaire, il passe son enfance entre Madagascar, le Congo, la Guyane et la Guadeloupe. C’est en Guyane qu’il découvre le théâtre à l’adolescence, avant de poursuivre sa formation à Paris auprès de la comédienne Sarah Sanders. Il devient son assistant et enseigne ensuite le théâtre, tout en menant une carrière d’acteur et de metteur en scène.

Au théâtre, il interprète des auteurs classiques et contemporains — Racine, Shakespeare, Césaire, Koltès — et fonde en 2000 la Compagnie de la Comédie Noire. En 2003, il crée un seul-en-scène autour du Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire, qu’il jouera dans plusieurs régions du monde, notamment aux Antilles, en Australie, à New York et à Paris.

→   Lire Plus

Les raisons de notre grève

Nous, Travailleurs de la SAUR mobilisés
Le 11 août 2025
En 2024, la multinationale française SAUR s’est battue pour récupérer le marché de la distribution de l’eau que la SME, filiale d’une autre multinationale française, SUEZ, lui avait ravi lors d’un précédent appel d’offres lancé par Communauté d’agglomération CAP NORD. A la suite de l’attribution du marché à SAUR, la SME avait saisi la justice pour dénoncer des irrégularités dans l’attribution du marché à la SAUR.

Voila donc deux entreprises capitalistes françaises, des multinationales, qui opèrent dans de nombreux pays et qui se battent pour avoir le marché de la distribution de l’eau en Martinique dans le cadre d’une délégation de service publique (DSP). Il y a tout lieu de penser que pour elles, le jeu en vaut la chandelle. Car une entreprise capitaliste ne s’engage sur un marché que si elle sait que l’affaire sera rentable.

Dans le cahier des charges de la DSP, parmi les garanties données par la SAUR à CAP NORD figure le versement d’une « prime de bienvenue » par la société attributaire aux salariés venant de la SME dans le cas oùcette dernière ne serait pas retenue.

→   Lire Plus

Une jeune Martiniquaise revient au pays avec un projet solidaire d’ampleur

Communiqué de presse su Secours Catholque —

 Fort-de-France, le 26 juillet 2025

Noémie Zaïre fête ses 30 ans avec un acte de générosité fort : offrir 25 colis solidaires à des familles martiniquaises, en partenariat avec le Secours Catholique.

Le jeudi 31 juillet 2025, à 10 heures, à la salle paroissiale de Saint-Christophe à Fort-de-France, se déroulera une action solidaire d’une rare humanité. À l’initiative de Noémie Zaïre, jeune femme d’origine martiniquaise vivant en France hexagonale, 25 familles en situation de précarité recevront des colis d’aide contenant de l’alimentaire, des produits d’hygiène et des fournitures scolaires.

Révolution fraternelle en action

Cette initiative personnelle s’inscrit dans la lignée de la mission du Secours Catholique, présent en Martinique depuis 1960, qui lutte chaque jour contre la pauvreté et l’exclusion. Le projet de Noémie est porté par les valeurs de foi, de fraternité et de solidarité : des convictions profondes forgées par son histoire familiale, son éducation et son ancrage dans la culture martiniquaise.

« Il faut porter son regard sur l’autre, on peut faire même avec rien », affirme Noémie.

Deux palettes ont été préparées en métropole, puis acheminées jusqu’en Martinique.

→   Lire Plus

Woulo pou konba travayè Préchê

— Communiqué De la CGTM de la Métallurgie de Martinique —

Les travailleurs de la Chambre syndicale de la Métallurgie de la Martinique apportent leur soutien total à la lutte courageuse des grévistes de la mairie du Prêcheur entamée depuis le 23 juin dernier.

En 2024, après des années de dur labeur, ils ont pu enfin arracher un accord prévoyant un plan d’amélioration de leurs situations : titularisations pour certains, augmentation du nombre d’heures effectuées pour d’autres.

Mais aujourd’hui, le maire refuse de l’appliquer sous prétexte de restrictions budgétaires et de COROM (contrat de redressement outremer) signé avec l’Etat. Il n’entend faire aucune concession. C’est un véritable mépris pour les camarades en grève.

De leur côté, les salariés de la mairie : titulaires, précaires, temps partiels imposés, refusent de faire les frais d’un tel désengagement. Ils refusent aussi d’être les victimes de choix politiques dont ils n’ont jamais bénéficié, mais qui ont assurément bénéficié aux gros patrons sous forme de subventions et d’aides diverses.

Ils ont 1 000 fois raison.

Nous, salariés de la Chambre syndicale de la Métallurgie, saluons la lutte courageuse des travailleurs de la mairie du Prêcheur.

→   Lire Plus

Œuvres spoliées, mémoire confisquée : le combat pour la restitution du patrimoine culturel

— Par Jean Samblé —

Depuis plusieurs décennies, la question de la restitution des œuvres d’art et des objets patrimoniaux expropriés pendant la colonisation ou au gré d’expéditions militaires agite les relations entre les anciennes puissances coloniales et les États spoliés. Ce débat, longtemps cantonné aux cercles d’historiens ou de diplomates, occupe désormais le devant de la scène politique et culturelle. Face à l’exigence croissante de réparation symbolique et de justice historique, des gestes de restitution se multiplient en Europe. Mais ces actes, encore trop souvent limités et juridiquement contraints, peinent à répondre aux enjeux profonds qu’ils soulèvent : souveraineté culturelle, mémoire collective, rôle des musées, universalité du savoir et reconnaissance des traumatismes coloniaux.

Une spoliation de masse aux origines coloniales

De l’Afrique à l’Asie, en passant par le Moyen-Orient, des dizaines de milliers d’œuvres d’art, de statues, de manuscrits, de objets sacrés ou rituels ont été extraits de leurs contextes d’origine au cours des XIXe et XXe siècles. Par pillage pur et simple, par acquisition sous contrainte ou par le biais de traités inéquitables, ces objets ont rejoint les vitrines des musées européens, devenant des trophées d’un empire ou les symboles d’une domination.

→   Lire Plus

L’Afrique au cœur de l’Unesco : Progrès, défis et nouvelles inscriptions

Biens africains : 9% des inscrits au Patrimoine mondial mais 25% de ceux « déclarés en péril »

L’Afrique, avec ses paysages variés et sa richesse culturelle incomparable, continue de se faire une place de plus en plus grande sur la scène du patrimoine mondial de l’Unesco. Pourtant, bien que le continent représente environ 9 % des sites inscrits, il demeure sous-représenté par rapport à la richesse de son héritage. Le récent ajout de deux nouveaux sites africains, le paysage culturel Did-Gid-Biy des Monts Mandara au Cameroun et le Mont Mulanje au Malawi, marque un tournant dans la reconnaissance de ce patrimoine unique.

Des progrès notables pour l’Afrique

La directrice générale de l’Unesco, Audrey Azoulay, a mis un accent particulier sur l’Afrique, soulignant la nécessité de renforcer la place du continent au sein du patrimoine mondial. Depuis 2018, plusieurs initiatives ont été mises en place pour pallier les inégalités. L’Unesco consacre aujourd’hui plus d’un quart de son budget total (27 %) à la préservation des sites africains, un engagement qui commence à porter ses fruits. La liste des sites africains inscrits a récemment atteint 108, un progrès certes notable, mais encore insuffisant face aux défis auxquels sont confrontés les pays du continent.

→   Lire Plus

Respire, Humanité

Appel pour une civilisation du discernement

— Présenté par Pierre Pastel — Sociologue, auteur de « Je veux parler à un humain »1 —

Introduction

« Je veux parler à un humain » n’était pas un cri isolé.

C’était un murmure universel porté par des milliards d’âmes lucides, parfois silencieuses, souvent invisibles, mais pleinement conscientes de l’état alarmant de notre monde.

Aujourd’hui, je m’adresse à elles, à vous, à nous,

À celles et ceux qui refusent de voir notre humanité diluée dans les logiques de guerre, de domination et d’illusion.

Le moment est venu de reprendre la main sur la gouvernance mondiale, non pour imposer,

mais pour construire un vivre-ensemble radicalement nouveau, fondé sur la lumière, la lucidité, l’interdépendance sacrée.

Nous devons conjuguer nos structures profondes et nos intentions stratégiques, pour faire émerger un monde où l’on ne respire plus la peur, mais la vie partagée.

C’est dans ce souffle que s’inscrit cet appel.

Une voix claire, adressée à toutes les consciences —

et en premier lieu à celles et ceux qui détiennent les leviers du monde.

→   Lire Plus

Que célèbre-t-on le 14 juillet ?

— Par Service-Public —

Déclarée fête nationale en 1880, la date du 14 juillet marque la célébration de la République française. Vie-publique.fr vous propose de revenir sur les origines et le sens de cette journée.

1- Que s’est-il passé le 14 juillet 1789 ?

En 1789, les États généraux composés des représentants élus de la noblesse, du clergé et du Tiers-État sont réunis le 5 mai à la suite des doléances parvenues au roi Louis XVI. Le 27 juin, le roi accepte le rassemblement des trois ordres qui se proclament « Assemblée nationale constituante » le 9 juillet.

Dans le même temps, des troupes royales se concentrent autour de Versailles et de Paris. Le renvoi du ministre Necker le 11 juillet et la rumeur de l’intervention des troupes royales finissent par convaincre la population parisienne de s’organiser et des appels aux armes sont lancés.

Le matin du 14 juillet, une foule composée notamment d’artisans et de boutiquiers se dirige vers les Invalides où sont stockées les armes. Ces Parisiens prennent ensuite la direction de la Bastille pour récupérer de la poudre.

→   Lire Plus

Fanon, 100 ans : Une rencontre internationale pour penser le monde autrement

Du 17 au 20 juillet 2025 | Martinique – Troîques-Atrium, Université, Morne-Rouge, Schœlcher, Saint-Pierre

À l’occasion du centenaire de la naissance de Frantz Fanon, figure majeure de la pensée anticoloniale, la Martinique devient le théâtre d’un événement d’envergure internationale. Du 17 au 20 juillet, chercheurs, artistes, militants et citoyens venus de 15 pays se réuniront autour de l’œuvre et de l’héritage de cet intellectuel révolutionnaire, pour une rencontre vivante, participative et ouverte sur le monde.

Une célébration engagée, pas une commémoration figée

Organisée par le Cercle Frantz-Fanon, cette manifestation s’inscrit sous le signe du partage, de la réflexion et de la transmission. « Il ne s’agit pas d’ériger Fanon en icône figée, mais de faire vivre sa pensée à travers des échanges collectifs », affirme Raphaël Constant, président du Cercle. Pour Victor Permal, vice-président, il s’agit surtout de « refuser toute récupération de sa pensée » et de « replacer Fanon dans la continuité des luttes actuelles ».

À l’honneur : « Les Damnés de la terre », son ouvrage phare, dont les résonances avec les crises contemporaines – sociales, politiques, identitaires – sont plus vives que jamais.

→   Lire Plus

Pauvreté en France : un niveau historique atteint en 2023

— Par Jean Samblé —
L’année 2023 marque un tournant inquiétant dans l’évolution sociale du pays. Selon les dernières données publiées par l’Insee le 7 juillet 2025, le taux de pauvreté monétaire a grimpé à
15,4 % de la population vivant en logement ordinaire en France métropolitaine, son plus haut niveau depuis que la statistique est mesurée, en 1996. Cela représente 9,8 millions de personnes vivant avec moins de 1 288 euros par mois pour une personne seule – soit 60 % du niveau de vie médian.

En une seule année, environ 650 000 personnes ont basculé sous ce seuil, une progression sans précédent. Cette hausse spectaculaire est largement attribuée à la fin des dispositifs exceptionnels mis en place en 2022 pour amortir les chocs successifs de la crise sanitaire et de l’inflation. L’arrêt de l’indemnité inflation, de la prime exceptionnelle de rentrée ou encore du chèque énergie a brutalement exposé les foyers les plus modestes à la réalité du coût de la vie.

Des inégalités qui s’accentuent

Parallèlement, les inégalités de revenus se sont aggravées. Le rapport entre les 20 % les plus riches et les 20 % les plus pauvres a atteint un niveau inédit depuis les années 1970 : les premiers gagnent 4,5 fois plus que les seconds.

→   Lire Plus

L’éphéméride du 1er juillet

Promulgation de la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d’association.

En droit français des associations, une association loi de 1901 est, en France et dans de nombreux pays colonisés à l’époque par la France, une association à but non lucratif qui relève de la loi du 1er juillet 19011 mise en place par Waldeck-Rousseau (alors président du Conseil et ministre de l’Intérieur et des Cultes) et du décret du 16 août 19012. Ces dispositions ne concernent toutefois pas les associations ayant leur siège dans les trois départements annexés en 1871 du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle lorsqu’elles ont choisi d’être régies par le droit local, en l’occurrence une ancienne loi allemande, dite de 1908.

Ainsi, une association loi de 1901 peut exercer ou non des activités commerciales (cela dépend des statuts de l’association3). Dans tous les cas de figure, les bénéfices ne peuvent finalement pas être partagés, ce qui oppose cette forme d’entreprise aux autres formes d’entreprises, notamment celles dites « commerciales ». Ainsi, les recettes dites lucratives, sont soumises à déclaration et à imposition.
Histoire
Article détaillé : Liberté d’association.

→   Lire Plus

La Mutinerie de Balata : dialectique de l’oubli et résurgence mémorielle

« C’est une page d’histoire oubliée, que bien des Martiniquais eux-mêmes ignorent » : cette assertion liminaire pose d’emblée la question de l’amnésie collective qui frappe la mutinerie du camp de Balata, événement cardinal du basculement de la Martinique dans la France Libre de De Gaulle en juin 1943. Car il y a dans cette méconnaissance généralisée, qui touche jusqu’aux descendants directs des protagonistes de l’époque, bien plus qu’un simple effet d’érosion temporelle : une véritable économie politique de la mémoire où s’articulent les mécanismes de l’oubli institutionnel et les stratégies de résurgence mémorielle.

L’épisode de Balata s’inscrit dans cette temporalité complexe où l’histoire immédiate, celle qui se joue dans l’urgence de l’action – la mutinerie du commandant Henri Tourtet et de ses 200 hommes le 29 juin 1943 -, se trouve rattrapée, phagocytée par les grands récits structurants qui organisent la mémoire collective martiniquaise. D’un côté, l’histoire officielle de la départementalisation de 1946, cette intégration dans l’ensemble républicain français qui efface les aspérités de la période vichyste ; de l’autre, la figure romanesque des dissidents, ces jeunes héros partis dès 1939 sur de « frêles esquifs » rejoindre les forces gaullistes, incarnation parfaite de l’épopée résistante telle que la République aime à se la raconter.

→   Lire Plus

Pour Ina Césaire, celle qui fit parler la mémoire.

— Par Patrick Singaïny —

Écrivain et essayiste.

Auteur avec Ina Césaire de « Aimé Césaire, 10 ans déjà ! », L’Esprit du Temps, 2018.

C’est avec un pincement au cœur tout particulier que j’ai appris le départ d’Ina Césaire pour le paradis des éveilleurs de conscience, au bout de ce petit matin d’une nuit fraîche de l’hiver austral de l’île de la Réunion, mon île natale. Dans « mon ici », en situation d’exil, je dois avouer qu’à travers mes chroniques et autres textes, je fais souvent des allers-retours avec l’univers poétique martiniquais auquel je dois tant. Si l’une des conversations fondatrices avec Aimé C. me revient très souvent en bouche lors d’une conférence ou d’une prise de position, le souvenir émouvant des conversations avec Ina C. – sa voix particulière – dans son appartement foyalais continue encore aujourd’hui de m’accompagner de façon fragmentaire, probablement parce que je n’ai pas eu le temps de lui dire au revoir de vive voix.

« La Femme en Blanc »

10 ans après ces conversations d’une grande richesse, nous avons effectivement repris nos échanges pour faire aboutir un vieux projet : celui de publier le texte qu’elle avait écrit avec l’encre de ses larmes lors des funérailles nationales de son père.

→   Lire Plus

« Malcolm X, colère noire », écrit par Romain Weber et réalisé par Yvon Croizier

Un podcast à écouter en ligne | France Culture

Malcolm X, colère noire est une série documentaire qui explore la vie, le combat et l’héritage de Malcolm X, une figure emblématique de la lutte pour les droits civiques des Afro-Américains dans les années 1960. À travers cinq épisodes, cette série nous plonge dans la complexité de son parcours, de ses contradictions et de son radicalisme, qui s’inscrit en contraste avec la figure de Martin Luther King.

Le récit commence par l’assassinat de Malcolm X, survenu à Harlem le 21 février 1965, et retrace son évolution de l’homme né dans les bas-fonds jusqu’à sa rupture avec la Nation of Islam. Grâce aux témoignages d’historiens, de chercheurs et de proches, notamment sa fille Ilyasah Shabazz, cette série révèle un Malcolm X à la fois adoré et haï, traversé par une colère profonde mais aussi par des moments de rédemption.

Chaque épisode explore une étape clé de sa vie : de son enfance marquée par la ségrégation, à ses années de prison, puis à sa montée en puissance en tant que leader du mouvement des droits civiques.

→   Lire Plus

Ina Césaire (1942 – 2025)

Ina Césaire, dramaturge, ethnographe et professeure d’université, est décédée le mardi 24 juin 2025, en Martinique, à l’âge de 83 ans.

Née en 1942, elle était la fille d’Aimé Césaire, poète et homme politique, et de Suzanne Roussi Césaire, essayiste. Elle grandit dans un environnement intellectuel marqué par l’engagement littéraire et politique, où les questions de mémoire, de culture et d’identité sont centrales.

Formée en ethnologie, Ina Césaire entame une carrière universitaire en France. Spécialiste des cultures créole et peule, elle enseigne à Paris, à la Sorbonne, mais aussi à Moscou et aux États-Unis. Elle est directrice de recherches au CNRS, où elle mène des travaux sur les cultures caribéennes, avant d’être nommée chargée de mission à la conservation du patrimoine de Martinique. Elle réalise également des films ethnographiques, notamment sur les rites du Mercredi des Cendres et de la Toussaint.

Son œuvre littéraire, composée de contes, de pièces de théâtre, de romans, de poésie et d’essais, s’ancre dans une volonté constante de transmission culturelle. Elle recueille et publie des contes traditionnels martiniquais et guadeloupéens, souvent en version bilingue créole-français. Ses ouvrages comme Contes de mort et de vie aux Antilles (1976), Contes de nuits et de jours aux Antilles (1989) ou Zonzon Tête Carrée (1994) rendent compte, à la fois avec humour et acuité, des dynamiques sociales, linguistiques et genrées des sociétés antillaises.

→   Lire Plus

Et si les humains cessaient de naître ?

— Par Michael A. Little. —

Très peu de personnes vivent au-delà d’un siècle. Ainsi, si plus personne n’avait d’enfants, il ne resterait probablement plus d’humains sur Terre dans 100 ans. Mais avant cela, la population commencerait à diminuer, à mesure que les personnes âgées mourraient sans qu’aucune nouvelle naissance ne vienne les remplacer. Même si toutes les naissances cessaient soudainement, ce déclin serait au départ progressif.

Mais peu à peu, il n’y aurait plus assez de jeunes pour assurer les tâches essentielles, ce qui provoquerait un effondrement rapide des sociétés à travers le monde. Certains de ces bouleversements mettraient à mal notre capacité à produire de la nourriture, à fournir des soins de santé et à accomplir tout ce dont dépend notre quotidien. La nourriture se ferait rare, même s’il y avait moins de bouches à nourrir.

Un effondrement subit des sociétés

En tant que professeur d’anthropologie ayant consacré ma carrière à l’étude des comportements humains, de la biologie et des cultures, je reconnais volontiers que ce scénario n’aurait rien de réjouissant. À terme, la civilisation s’effondrerait. Il est probable qu’il ne resterait plus grand monde d’ici 70 ou 80 ans, plutôt que 100, en raison de la pénurie de nourriture, d’eau potable, de médicaments et de tout ce qui est aujourd’hui facilement accessible et indispensable à la survie.

→   Lire Plus

Texte de la CGTM sur la question de la vie chère

• Il n’y aurait pas eu d’Assises Populaires sur la Vie Chère s’il n’y avait pas eu le mouvement de masse initié par le RPPRAC et soutenu notamment par la CGTM, la CDMT et certains partis politiques.

• Il n’y aurait pas eu d’Assises Populaires sur la Vie Chère sans les puissantes manifestations aussi bien en Martinique que dans l’Hexagone par le mouvement initié en Martinique.

• Il n’y aurait pas eu d’Assises Populaires sur la Vie Chère sans l’explosion de colère dans les quartiers de Fort-de-France à la fin de l’année 2024.

• Il n’y aurait pas eu d’Assises Populaires sur la Vie Chère si la presse française et internationale n’avait pas relayé le mouvement de masse et de rue contre la vie chère.

Ce mouvement de masse venu des quartiers pauvres a fait peur au pouvoir et à une partie de la classe politique.

C’est finalement lui qui a obligé le groupe Bernard Hayot (GBH) à dévoiler des bénéfices de plus de 220 millions en 2023 et en même temps des subventions de 55 millions de l’État. Tout un chacun a pu se rendre compte que l’argent public servait bien à renflouer les grosses sociétés.

→   Lire Plus

« Sommes-nous tous racistes ? »

En replay sur France 2 

Soirée-événement contre le racisme et les discriminations

Diffusée sur France 2, l’émission « Sommes-nous tous racistes ? » propose une plongée inédite et dérangeante dans les méandres de nos biais inconscients. Ce programme, présenté par Marie Drucker et Jamy Gourmaud, accompagné de l’acteur et réalisateur Lucien Jean-Baptiste et du psychosociologue Sylvain Delouvée, s’appuie sur une série d’expériences scientifiques rigoureusement validées pour interroger une question aussi simple qu’essentielle : sommes-nous tous, malgré nous, porteurs de préjugés racistes ?

Pour le découvrir, 50 volontaires – représentatifs de la société française – ont accepté de participer à ce qu’ils pensaient être une émission sur les mystères du cerveau. En réalité, ils sont soumis à des mises en situation conçues pour révéler, à leur insu, leurs réflexes discriminatoires.

Parmi ces tests : dans une salle d’attente, à côté de qui vont-ils s’asseoir, entre un homme blanc et un homme noir, tous deux vêtus de la même manière ? Jugent-ils de la même façon un accusé blanc et un autre d’origine maghrébine ? Reconnaissent-ils aussi facilement un visage asiatique qu’un visage européen ?

→   Lire Plus

Haïti : un record de 1,3 million de déplacés en raison de la violence des gangs

Un nombre record de près de 1,3 million de personnes ont été forcées de fuir les violences des gangs en Haïti pour trouver refuge ailleurs dans ce pays des Caraïbes, a indiqué mercredi une agence des Nations Unies.

 Cela représente « une augmentation de 24 % depuis décembre 2024 », a souligné l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), relevant que « cette hausse représente le plus grand nombre de personnes déplacées par la violence jamais enregistré dans le pays ». ( Illustration : Un membre du personnel de l’OIM évalue les besoins des personnes déplacées par la violence en Haïti.© IOM/Antoine Lemonnier)

« Derrière ces chiffres se cachent tant de personnes dont la souffrance est incommensurable : des enfants, des mères, des personnes âgées, dont beaucoup ont été forcés de fuir leur maison à plusieurs reprises, souvent sans rien, et qui vivent maintenant dans des conditions qui ne sont ni sûres ni durables », a déclaré Amy Pope, Directrice générale de l’OIM.

Réunion au siège de l’ONU

Ces chiffres ont été publiés alors qu’une réunion est organisée ce mercredi au siège de l’ONU à New York par le Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) et la Commission de consolidation de la paix (CCP) avec pour thème « Construire et pérenniser la paix en Haïti ».

→   Lire Plus

En solidarité avec les Sept d’Océanis

Honneur et respect pour nos combattants attaqués, une fois de plus, par l’appareil judiciaire du Pouvoir Colonial !

— Communiqué du CNCP —

Soyons-en bien conscients : plus notre lutte pour la souveraineté et l’émancipation progressera, plus le Pouvoir colonial intensifiera la répression judiciaire et Policière. C’est d’ailleurs, de sa part, une stratégie pensée pour nous emprisonner de façon permanente dans un cycle de manifestations de protestation qui nous empêche de développer notre propre stratégie de libération. De fait, il peut se réjouir en constatant, qu’après chaque rassemblement devant ses tribunaux, nos forces s’éparpillent jusqu’à la prochaine manifestation.

Ce qui ferait vraiment peur au Pouvoir Colonial et qui répondrait à son arrogance c’est qu’à la fin de chaque manifestation chacun et chacune de nous reparte travailler à saper les bases de sa domination. Ce qui l’ébranlerait vraiment, c’est que nous imposions notre tempo et que nous mettions en œuvre une stratégie globale et offensive.

Aujourd’hui, de plus en plus nombreux sont ceux qui reconnaissent que la domination coloniale nous maintient dans une nasse. La majorité de notre Peuple est consciente que les autorités françaises mènent une offensive pour s’attaquer à l’existence même de notre Peuple : génocide par substitution, spoliation des terres, destruction des petites et moyennes entreprises martiniquaises, etc.

→   Lire Plus