Catégorie : Sciences Sociales

La classe moyenne antillaise en sursis ?

Chronique d’une mort à  petit feu, annoncée comme vraisemblable, de la classe moyenne antillaise ?

— Par Jean-Marie Nol —

Le spectre du déclassement hante désormais une grande partie des sociétés occidentales, et la France hexagonale en offre l’illustration la plus commentée. Depuis plusieurs années, la classe moyenne y est décrite comme fragilisée, prise en étau entre une pression fiscale accrue, une stagnation des revenus intermédiaires et une hausse continue des dépenses contraintes. D’après le chroniqueur et écrivain Martial You dans son ouvrage – » Les dindons – Comment on vole les classes moyennes « –

Dindons :  » « le mot n’est pas plaisant, ni flatteur. Il est lucide. Il est rageur. Les classes moyennes sont-elles condamnées à la nostalgie d’une époque définitivement perdue ? Pas forcément , mais le risque est réel .

Depuis 1981 et l’élection de François Mitterrand, on vole les classes moyennes… parfois avec les meilleures intentions du monde !

Chaque décision a affaibli leur poids dans la société et leur pouvoir d’achat.

Rien ne leur a été épargné : réduction du temps de travail, dévalorisation des diplômes, éloignement des grands centres-villes, abonnements multiples (téléphone, internet, voiture…) qui grèvent le budget, piège des réseaux sociaux qui radicalisent les opinions…

Au fil du temps, les classes moyennes, qui avaient forgé la France des Trente Glorieuses, sont devenues les DINDONS de l’Histoire.»

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Notre américanité, de Placoly à Bad Bunny

— RS n° 434 lundi 16 février 2026 —

« J’ai sauvé mon pays, j’ai vengé l’Amérique ! ».

Jean-Jacques Dessalines.

Vincent Placoly s’était fait surnommer « l’Américain », tant il soulignait et revendiquait avec opiniâtreté notre « américanité ». Il y avait, dans ce souci de singularisation, un double clin d’œil, à la fois ironique et interpellateur.

D’abord à l’égard de l’arrogance du vorace géant étasunien, désireux de s’approprier non seulement les terres, mais jusqu’au nom dont avait été affublée l’immensité continentale, par des conquistadors égarés, dans des mers inconnues de leur civilisation. Une façon assurément d’exclure les autres du partage des richesses espérées du Nord canadien jusqu’au détroit de Magellan au sud.

En revanche, même souci toutefois fraternel, à l’égard de congénères militants africanistes, pouvant minorer la part « américaine » de notre identité composite, pourtant chargée d’une richesse dont le champ clairsemé est toujours en cours de défrichage. Mais, au fond, de quelle Amérique parlons-nous, au-delà de la donnée géographique, situant le Mexique « latin » au nord du continent ?

Et voici que la star d’origine portoricaine, Benito Antonio Martinez Ocasio, dit Bad Bunny, vient de façon magistrale, aux yeux de centaines de millions de téléspectateurs·trices, d’infliger un cinglant camouflet au fasciste de MAGA, avec un spectacle dont le message central était une limpide réplique : « l’Amérique c’est nous, pas seulement vous ».

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Démocratie sans boussole : quand les partis ne rassemblent plus

— Par Vincent Tiberj (*) —

D’un côté, des partis toujours présents dans les institutions ; de l’autre, une part croissante de citoyens qui ne s’en sentent plus proches : l’écart se creuse entre représentation politique et société. 

Jamais les partis politiques français n’ont semblé aussi fragiles. Entre montée des “sans-parti”, vote par défaut et rejet massif des formations existantes, le lien entre citoyens et organisations partisanes s’effrite – au risque de déstabiliser durablement notre modèle démocratique.

Nous vivons une étrange période politique. La coalition qui gouverne n’est pas celle qui est sortie victorieuse des élections de 2024. Les débats continuent à s’organiser autour des figures et partis politiques comme si de rien n’était. La perspective de la présidentielle est dans les têtes et elle est préparée activement dans les cercles partisans. Pourtant, les niveaux de défiance n’ont jamais été aussi forts en France et la classe politique est devenue un des sujets majeurs de préoccupations des répondants aux sondages. La “grande démission civique” aboutit à ce que de plus en plus de citoyens se détournent des urnes et des partis pour faire politique autrement.

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Michel Portal, la liberté pour seule partition

— Par Sarha Fauré —

Le clarinettiste, saxophoniste, bandonéoniste et compositeur Michel Portal est mort le 12 février 2026 à Paris, à l’âge de 90 ans. Avec lui disparaît l’une des figures les plus singulières et les plus libres de la musique européenne des soixante dernières années : un soliste international formé au classique, pionnier du free jazz, compagnon des avant-gardes contemporaines et compositeur célébré pour le cinéma.

Une enfance basque, entre fêtes et rigueur

Né le 27 novembre 1935 à Bayonne, dans les quartiers populaires du Saint-Esprit, Michel Portal grandit dans un univers mêlant artisanat, petites échoppes, synagogue, école Jules-Ferry et gare. Il aimait rappeler, non sans malice, que l’on disait en traversant l’Adour : « Je vais à Bayonne », comme si son quartier en était à la lisière — image d’un destin toujours un peu à côté des cadres établis.

Son père, Sylvain Portal, l’initie très tôt à la musique. À 9 ans, il apprend le bandonéon, instrument qu’il ne quittera jamais tout à fait. Il étudie ensuite la clarinette à l’école nationale de musique de la ville.

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Entre Dépendance et Transition

Quel est le véritable impact de l’économie sur l’équilibre du fonctionnement de la société antillaise ?

—Par Jean-Marie Nol —

L’économie n’est pas une abstraction réservée aux spécialistes ; elle constitue la trame invisible qui structure la vie quotidienne des Guadeloupéens et Martiniquais . Derrière chaque emploi, chaque commerce, chaque décision publique, chaque projet familial, se déploie un ensemble d’échanges, de productions et de consommations qui forment l’ossature de la société antillaise . Comprendre l’économie, ce n’est pas seulement manier des chiffres ou des indicateurs ; c’est saisir la manière dont une communauté organise l’usage de ses ressources rares pour répondre à ses besoins essentiels et construire son avenir collectif. En Guadeloupe, cette réalité prend une dimension particulière, tant l’économie influence directement le fonctionnement social, les équilibres territoriaux et la cohésion culturelle même du corps social.

L’économie encadre d’abord nos choix individuels. Le niveau des salaires, le coût de la vie, l’inflation, les taux d’intérêt ou encore la fiscalité déterminent les décisions en matière de consommation, d’épargne, d’investissement ou de formation. Lorsqu’un ménage guadeloupéen arbitre entre l’achat d’un bien, le financement d’un logement ou le départ d’un enfant pour des études en Hexagone, il agit dans un cadre façonné par des paramètres économiques globaux.

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« Les Nouveaux Esclavagistes », de Barbie Latza Nadeau

Dans Les Nouveaux Esclavagistes, Barbie Latza Nadeau signe une enquête internationale d’une ampleur rare sur l’un des trafics les plus lucratifs et les plus méconnus de notre époque : la traite des êtres humains. Loin d’être un phénomène marginal, ce commerce clandestin constitue aujourd’hui une véritable industrie mondialisée, générant des profits colossaux et faisant une nouvelle victime toutes les trente secondes.

L’ouvrage montre que la traite des êtres humains constitue aujourd’hui une véritable économie mondialisée, générant environ 150 milliards de dollars par an. Ce chiffre vertigineux révèle une réalité glaçante : derrière chaque bénéfice se trouve une vie exploitée.

Une enquête internationale au long cours

Journaliste d’investigation installée en Italie, Barbie Latza Nadeau s’est d’abord intéressée aux migrations en Méditerranée. En embarquant sur des navires humanitaires venus secourir des embarcations de fortune, elle observe un phénomène récurrent : la présence massive de jeunes femmes nigérianes. En creusant, elle découvre l’ampleur des réseaux de traite sexuelle opérant entre l’Afrique et l’Europe, souvent en lien avec des organisations criminelles structurées.

Mais son livre élargit considérablement le champ. Des côtes libyennes aux États-Unis, de l’Ukraine à la Thaïlande, elle cartographie un système tentaculaire et intercontinental.

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La modélisation de la corruption au ministère de l’Éducation d’Haïti

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

Publié en Haïti dans le journal Le National daté du 11 février 2026, notre article « La « refondation » du système éducatif haïtien a-t-elle vraiment eu lieu en janvier 2026 ? » consigne la conclusion suivante : « En définitive, le système éducatif haïtien demeure captif entre ses 1804 « réformes » –tant de fois grassement financées par l’UNESCO, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, le Partenariat mondial pour l’éducation–, et l’affabulation illusionniste de sa « refondation… Semblables ou maquillées, ses 1804 « réformes » ont défilé d’une année à l’autre sans résultats mesurables et durables… Malgré cela, l’affabulation illusionniste de sa « refondation » est aujourd’hui promue sur toutes les tribunes de l’échec programmé : nulle part il n’est attesté que l’on peut « refonder » un système éducatif national en le « rapiéçant », en lui infligeant les mêmes recettes d’une année à l’autre… Nulle part il n’est attesté que les vieilles recettes –mises en œuvre par les mêmes « spécialistes » d’hier et d’avant-hier, porteurs des mêmes extraordinaires « visions » invariablement œcuméniques–, peuvent être le terreau de la refondation du système éducatif haïtien ».

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La Saint-Valentin : d’un mythe antique à une fête, commerciale et mondiale, de l’amour

Chaque 14 février, des millions de couples célèbrent la Saint-Valentin à travers le monde. Roses rouges, chocolats, cartes illustrées et déclarations enflammées rythment cette journée devenue emblématique de l’amour romantique. Pourtant, derrière les clichés et le succès commercial, l’histoire de la Saint-Valentin demeure complexe, mêlant traditions antiques, légendes chrétiennes, poésie médiévale et stratégies marketing modernes.

Des racines antiques controversées

Certains font remonter la Saint-Valentin aux Lupercales, fête romaine célébrée du 13 au 15 février en l’honneur de Lupercus, dieu de la fécondité. Lors de ces rituels, des prêtres parcouraient la ville en frappant les femmes avec des lanières de cuir censées favoriser leur fertilité. Ces célébrations, marquées par une forte dimension sexuelle et carnavalesque, visaient à encourager la reproduction et symbolisaient le renouveau du printemps.

Toutefois, aucun texte antique n’associe directement le 14 février à l’amour romantique. Si l’Église a su  christianiser bien des fêtes païennes, le lien direct entre les Lupercales et la fête des amoureux reste historiquement fragile.

Les figures de saint Valentin : entre histoire et légende

Plusieurs martyrs chrétiens nommés Valentin sont célébrés le 14 février.

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Municipales 2026 : l’enjeu caché de l’économie communale

La myopie antillaise face aux enjeux économiques et financiers de l’élection municipale.

— Par Jean-Marie Nol —

À l’approche des élections municipales de mars 2026, la Guadeloupe et la Martinique se préparent, une fois encore, à une séquence politique intense, rythmée par les promesses, les invectives et les professions de foi de candidats assurés d’être les seuls à pouvoir résoudre l’ensemble des difficultés quotidiennes de la population. Le hic , c’est que la fête est finie , et que nous sommes à l’aube de la rigueur voire de l’austérité. Thierry Breton

l’ex-commissaire européen estime que tous les avantages sociaux obtenus en France ont été payés par la dette. Par exemple, la France s’est «payé» la retraite à 60 ans, ou encore la 5e semaine de congés payés, grâce à l’endettement public. Comme à chaque scrutin local, le discours dominant repose sur une idée profondément ancrée : celle selon laquelle le pouvoir d’agir sur la société, l’économie, la sécurité et même l’avenir du territoire serait presque exclusivement concentré entre les mains des élus municipaux. Tout cela est démenti par les faits. Cette croyance, largement partagée, relève pourtant d’une illusion persistante, voire d’une forme de forfaiture intellectuelle, tant elle occulte la complexité réelle des mécanismes économiques et sociaux à l’œuvre, ainsi que la responsabilité collective des citoyens eux-mêmes.

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Napoléon Bonaparte : L’empereur fossoyeur qui assassina Toussaint Louverture…

… en 1803 au Château de Joux, dans le massif du Jura…

— Par Robert Lodimus —

Durant les dernières semaines de sa vie, Napoléon Bonaparte pensait de temps en temps à Hannibal Barca. Il relisait ou écoutait des récits tragiques sur la chute de Carthage. Peut-être, l’empereur voulait-il que la fin de son exil à l’île Sainte-Hélène ressemblât à celle du grand héros de la cité carthaginoise. Comme vous le savez, Hannibal se suicida, dans le but de priver ses ennemis, les Romains, du plaisir de le tourner en dérision. De le ridiculiser. De l’humilier. L’arme du suicide est souvent utilisée par les grands chefs militaires pour disparaître dans la dignité, pour mourir de manière honorable, après une cuisante défaite sur le champ de bataille. Les samouraïs s’éventraient avec leur sabre ou leur poignard : c’est ce que l’on appelle « faire son hara-kiri ». Adolf Hitler ne termina pas son existence comme Benito Mussolini. Il se tira lui-même une balle dans la tête. Alors que pour Benito Mussolini, la honte l’accompagna aux barrières des ténèbres. Son cadavre, comme celui de sa compagne, Clara Petacci, fut profané par les partisans le 28 avril 1945 à Giulino di Mezzegra, en Italie.

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« La désoccidentalisation des savoirs », un livre de Thomas Brisson

Décentrer l’Occident sans renoncer à l’universel

Dans Désoccidentaliser les savoirs, Thomas Brisson propose une analyse nuancée et ambitieuse des circulations intellectuelles entre l’Occident et les sociétés dites du « Sud ». Plutôt que d’opposer frontalement savoirs occidentaux et savoirs non occidentaux, il interroge les conditions dans lesquelles les sciences humaines et sociales se sont diffusées à l’échelle mondiale, transformées au contact d’autres contextes, et parfois retournées contre l’hégémonie dont elles étaient issues.

L’ouvrage s’ouvre sur une série de questions provocantes : peut-on comprendre le capitalisme indien contemporain avec les catégories de Max Weber ? Analyser le suicide au Japon à partir des concepts forgés par Durkheim pour la France du XIXe siècle ? Appliquer sans précaution l’historiographie occidentale moderne à des mondes – arabe ou chinois – dotés de traditions historiques pluriséculaires ? Ces interrogations ne visent pas à disqualifier les sciences sociales européennes, mais à mettre en lumière leur inscription historique et culturelle. Elles soulignent le décalage possible entre des concepts élaborés dans un contexte précis et leur usage dans d’autres univers sociaux.

Pour autant, « désoccidentaliser » ne signifie pas rejeter en bloc les savoirs nés en Europe.

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Le monument et les traces

Visite d’échanges et de réflexion patrimoniale avec le Parc Naturel de la Martinique.

— Par Patrick Chamoiseau —

Le Château Dubuc est un haut lieu mémoriel de notre fondation collective. Nos ancêtres partagés y ont mené durant des siècles une lutte antagoniste et solidaire. Cette habitation sucrière fut l’une des plus puissantes de la côte atlantique. On y produisit du sucre, du tafia, de l’indigo ; on y exploita des terres défrichées au prix de la “désapparition” de nos ancêtres Kalinago ; on y fit travailler des centaines d’Africains, puis leurs descendants, réduits en esclavage et aux aliénations. Les archives attestent de pratiques de contrebande et d’un commerce négrier clandestin qui reliait cet endroit aux réseaux atlantiques. La prospérité du site fut brève, sa chute rapide au XVIIIᵉ siècle — mais son empreinte demeure.

Ici, comme partout ailleurs chez nous, la notion de patrimoine est problématique. La mémoire coloniale y a laissé des vestiges qui constituent un monument visible (bâtiments d’exploitation, canaux, citerne, moulin, cachot, débarcadère…), relevant d’une structure de domination totalitaire. Les mémoires amérindiennes, africaines et créoles, y ont laissé des traces qui tissent de nouvelles alchimies patrimoniales.

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Vie chère en Martinique : des causes structurelles au cœur des écarts de prix

Saisie par le gouvernement au début de l’année 2025 dans un contexte de tensions sociales liées à la vie chère, l’Autorité de la concurrence a rendu, le 10 février, un avis très attendu sur les prix et les marges dans la grande distribution alimentaire en Martinique. Le constat demeure sévère : les produits alimentaires y sont en moyenne 40 % plus chers que dans l’Hexagone, un écart qui tend à se creuser depuis plus d’une décennie.

Selon l’Autorité, cette situation ne peut être réduite à la seule question des marges des distributeurs. Elle met en avant des causes multiples et profondément structurelles. L’économie martiniquaise repose en grande partie sur les importations, notamment depuis la métropole, d’où proviennent environ 80 % des produits alimentaires. À cette dépendance s’ajoutent l’étroitesse du marché local, la concentration des acteurs à chaque étape de la chaîne logistique, ainsi que le poids de la fiscalité spécifique (TVA et octroi de mer).

Lire aussi : Hayot, leader martiniquais de la grande distribution devenu le nom de la vie chère en outre-mer

Les « frais d’approche » – c’est-à-dire l’ensemble des coûts liés à l’acheminement des marchandises, du port de départ jusqu’aux rayons des magasins – jouent un rôle déterminant.

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Municipales : l’angle mort économique

Les véritables raisons de s’inquiéter pour les guadeloupéens et Martiniquais de l’avenir qui s’annonce périlleux ?

— Par Jean-Marie Nol —

À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars, les Guadeloupéens s’apprêtent à choisir leurs édiles locaux dans un climat politique qui, paradoxalement, laisse de côté une question pourtant centrale : celle de l’avenir économique et financier de la France et de ses conséquences directes sur la Guadeloupe. La campagne électorale, officiellement ouverte début mars, se focalise sur des enjeux de proximité, des promesses de gestion communale et des rivalités de personnes, sans jamais réellement interroger la future trajectoire globale du pays auquel la Guadeloupe est institutionnellement, financièrement et socialement arrimée. Or, pour un territoire ultramarin largement dépendant des subventions publiques, des transferts publics et sociaux , de la solidarité nationale et des choix budgétaires de l’État, l’évolution de la situation française devrait constituer une préoccupation majeure, tant pour la classe politique locale que pour les électeurs. À l’aune de ces élections municipales , les Guadeloupéens s’apprêtent à choisir leurs édiles locaux dans un contexte qui ne peut plus être analysé uniquement à l’aune des problématiques communales.

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Et si des bactéries électriques faisaient baisser la facture de l’eau ?

— Grégory Bataillou (*) —

En France, le coût du traitement de l’eau (ou « assainissement collectif ») représente 40 % de son prix de vente. Un ménage paie en moyenne 260 euros par an juste pour l’assainissement… dont plus de 35 euros directement imputable à la consommation d’énergie des stations d’épuration. Au vu de la volatilité du prix de l’énergie, de nouvelles solutions émergent pour réduire drastiquement la consommation énergétique des stations de traitement. Des solutions qui utilisent des bactéries électriques !

Les technologies d’épuration des eaux usées sont connues de longue date et très matures. Leur principe est relativement simple : il s’agit de soustraire (ou mieux, d’éliminer) les polluants de l’eau, du plus gros au plus petit. Dans ces étapes, celle dite d’aération est une étape clef… mais c’est également la principale consommatrice d’énergie !

Traitement de l’eau – comment ça marche ?

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Rôle des élus politiques et souveraineté Populaire

—Tribune du CNCP —
L’échéance des élections municipales de mars 2026 approche. Des candidats de tout acabit appellent à se faire élire, affirmant leur ferme intention de résoudre tous les problèmes quotidiens rencontrés par la population. Dans tous les cas, les prétendant aux mandats assurent être les seuls capables de porter les meilleures réponses à tous les graves problèmes du pays.

Le soubassement idéologique de cette propagande est que les élus politiques seraient les seuls capables d’assumer le Pouvoir d’agir sur la société, son économie, sa sécurité et même sur son futur. Bien entendu, cela relève de la forfaiture. Suffrage après suffrage, les électeurs s’en rendent bien compte. C’est l’une des explications du caractère structurel de l’augmentation du taux d’abstention. Mais, malgré tout, la conviction, très largement exprimée par les «citoyens», selon laquelle «Les élus ne font rien pour nous» manifeste la croyance, profondément ancrée dans l’opinion générale, que c’est exclusivement à ceux-ci d’exercer le Pouvoir.

Dans cet article, nous examinerons la question suivante : la démocratie dite représentative, garantit-elle l’expression de la souveraineté du Peuple ?

Un rapide rappel de l’histoire de la démocratie représentative nous semble nécessaire à la compréhension de la problématique.

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Des chiffres occultés qui nous concernent

— RS n° 433 lundi 9 février 2026 —

L’attention se concentre souvent sur le « budget de l’outremer ». Et lorsque les baisses de celui-ci sont modérées par l’intervention des parlementaires coloniaux, beaucoup s’imaginent que le problème des moyens est plus ou moins résolu. Mais devant l’aggravation des difficultés du quotidien, on cherche les responsables. En réalité, on les trouve derrière des chiffres trop souvent ignorés parce qu’on ne les entend nulle part dans les grands médias.

Les municipalités voient leurs dotations diminuées. L’agriculture est sacrifiée. Pour les sargasses, l’argent manque et l’État organise la énième « concertation ». La culture est en souffrance. Le sport, si utile à l’épanouissement et la cohésion, est à la portion congrue.

Tout cela, nous dit-on, parce que la France n’a pas d’argent, est endettée, etc. C’est le prétexte donné par le pouvoir pour « justifier » que le budget des sports a diminué en deux ans de 31%, l’agriculture, dans la même période, de 14%, l’aide au développement, cette maigre compensation au pillage de l’Afrique, a diminué de 40% en deux ans.

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Nous, médecins et scientifiques, alertons sur le décalage croissant entre l’état de la science et la fabrique de la loi

— Collectif —

Alors que le gouvernement prépare une loi d’urgence agricole, plus de 650 experts dénoncent une politique qui privilégie le court terme au détriment de la remise en cause d’un modèle dont les limites sont établies de longue date par la recherche.

Au moment où une nouvelle loi d’urgence pour l’agriculture est annoncée, la France semble rejouer un scénario désormais bien connu. Face à une colère agricole profonde et légitime, la réponse politique privilégie des mesures de court terme, repoussant, une fois encore, l’examen de fond d’un modèle agricole dont les limites sont établies de longue date par la recherche.

Nous, médecins et scientifiques issus de disciplines allant de l’économie à la toxicologie en passant par l’agronomie, prenons aujourd’hui la parole collectivement pour alerter sur le décalage croissant entre l’état des connaissances scientifiques et la fabrique de la loi. Non pour opposer agriculture et environnement, mais pour rappeler la nécessité de les reconnecter, au moment où les orientations politiques adoptées ces dernières années s’éloignent dangereusement de ce que recommande la science.

Destruction de la biodiversité

Le diagnostic est clair.

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Les Français se détournent-ils vraiment de la démocratie ? Ce que disent les données

— Par Frédéric Gonthier (*) —

Abstention, défiance, vote populiste… le récit d’une France lassée de la démocratie s’est imposé. Mais derrière cette lecture anxiogène, les enquêtes dessinent une réalité plus complexe : un attachement profond au régime démocratique, doublé d’une insatisfaction croissante sur la manière dont il fonctionne.

Les Françaises et les Français seraient-ils en train de se lasser de la démocratie ? À écouter certains commentateurs, la réponse semble évidente. Montée de la défiance, abstention élevée, succès des partis de droite radicale populiste… Tout indiquerait un pays gagné par la tentation illibérale et autoritaire. Pourtant, les données disponibles livrent une image plus nuancée et, d’une certaine manière, plus rassurante.

Selon l’Enquête sociale européenne (ESS) de 2020, les citoyens restent en effet massivement attachés au régime démocratique. Une écrasante majorité juge important voire très important le fait de vivre en démocratie. Là où le bât blesse, c’est sur la pratique : près de la moitié des enquêtés appartiennent à la catégorie des démocrates insatisfaits, celles et ceux qui soutiennent la démocratie mais se disent mécontents de la façon dont elle fonctionne en France (figure 1).

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Pedro Sánchez Premier ministre Espagnol régularise 500.000 immigrants (un demi million).

— Par Pedro Sánchez —

« Imaginez que vous soyez le dirigeant d’un pays et que vous soyez confronté à un dilemme. Environ un demi-million de personnes, essentielles à la vie quotidienne de tous, vivent dans votre pays. Elles s’occupent de parents âgés, travaillent dans de petites et de grandes entreprises, récoltent la nourriture qui arrive sur nos tables. Elles font aussi partie de votre communauté. Le week-end, elles se promènent dans les parcs, vont au restaurant et jouent dans des équipes locales de football amateur.
Mais une chose essentielle distingue ces quelque cinq cent mille personnes des autres habitants de votre pays : elles ne disposent pas des documents légaux leur permettant d’y vivre. En conséquence, elles n’ont pas les mêmes droits que les citoyens de votre pays et ne peuvent pas remplir les mêmes obligations. Elles ne peuvent pas accéder à l’enseignement supérieur, payer des impôts ni cotiser à la Sécurité sociale.
Que devons-nous faire de ces personnes ? Certains dirigeants ont choisi de les traquer et de les expulser à travers des opérations à la fois illégales et cruelles.

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« Bellevue d’hier et d’aujourd’hui »

Exposition au Centre Commercial du Rond-Point 

— Par Christian Jean-Étienne (*) —

Cette exposition s’est tenue au premier étage du Centre commercial Le Rond-Point, à l’espace « Rond-Point des Arts » du 2 au 30 janvier 2026.

Tout est partie de la collection de cartes postales anciennes de Martinique réalisée par Mme Claire ROSEAU, la gérante du Centre Commercial Le Rond-Point. Notamment, celle qui représentait la rhumerie CHAUVET à la Pointe des Nègres l’a intriguée et elle a voulu en savoir plus sur l’histoire de ce quartier où est implanté le centre commercial depuis une trentaine d’années.

L’idée de l’expo était née : « Bellevue d’hier et d’aujourd’hui ».

. L’intérêt de cette exposition était d’aider les visiteurs et les habitants du quartier à redécouvrir le territoire et à s’approprier l’évolution de Bellevue et de Pointe-des-Nègres au plan historique, géographique et culturel

Ont participé, avec les précieuses notes de Marie CHOMEREAU-LAMOTH, 95ans, véritable mémoire vivante du quartier :

  • La photographe Adeline RAPON,

  • les cartes postales anciennes de Claire ROSEAU,

  • La Scénographie avec Corinne DAUNAR, Frédéric et Mathieu de TMDF,

  • L’accompagnement du Géographe Christian JEAN-ETIENNE.

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Caraïbes : l’effondrement silencieux des récifs coralliens

— Par Sabrina Solar —

Longtemps considérés comme des écosystèmes parmi les plus riches et les plus productifs de la planète, les récifs coralliens des Caraïbes sont aujourd’hui confrontés à un déclin rapide et généralisé. Une évaluation scientifique de grande ampleur, rendue publique en décembre 2025 par le Global Coral Reef Monitoring Network, révèle une perte historique : depuis 1980, près de 48 % de la couverture en coraux durs a disparu dans la région. Cette synthèse, issue du travail de plus de 200 chercheurs mobilisés dans 44 pays et territoires, repose sur l’analyse de données collectées sur près de 14 000 sites suivis sur plus de quatre décennies. Elle constitue à ce jour le panorama le plus complet de l’état de santé des récifs caribéens, qui couvrent environ 24 230 km², soit près de 10 % des récifs coralliens mondiaux.

L’étude met en évidence une dégradation progressive, ponctuée d’effondrements brutaux liés à des épisodes de blanchissement massif. Ces crises, survenues notamment en 1998, 2005 et 2023, correspondent à des périodes de stress thermique extrême. La température moyenne de la surface de la mer dans les zones récifales caribéennes a augmenté de plus de 1 °C depuis le milieu des années 1980, à un rythme particulièrement rapide.

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Préemption des emplois ou échec du modèle économique antillais ?

Comment et pourquoi l’IA va-t-elle bouleverser l’économie et impacter l’emploi, voire profondément influencer l’avenir des compétences professionnelles en Guadeloupe et Martinique, en raison de l’absence d’anticipation politique ?

— Par Jean-Marie Nol —

Aux Antilles françaises, et plus particulièrement en Guadeloupe et en Martinique, le débat sur l’emploi est devenu un révélateur brutal de la querelle identitaire et des déséquilibres structurels qui minent ces économies depuis des décennies. À mesure que les difficultés d’insertion des jeunes générations s’aggravent, une colère sourde s’exprime contre ce qui est perçu comme une préemption et une occupation croissante des emplois disponibles par des travailleurs et des cadres venus de France hexagonale. Même l’État français en  tant qu’employeur,  est fréquemment accusé de préférer recruter des « métros » aux postes à responsabilité. Ce ressentiment, souvent interprété comme un simple rejet de l’« extérieur qui envahit nos territoires», masque pourtant une réalité plus profonde et plus dérangeante : l’inadéquation persistante entre les formations dispensées localement, les compétences réellement disponibles sur le territoire et les besoins d’un marché du travail en pleine mutation technologique. Le recrutement de personnes originaires de l’Hexagone aux postes d’encadrement du secteur privé et public outre-mer est fréquemment justifié par leurs qualifications : les personnes nées et instruites dans les DOM ayant des niveaux de diplômes et de compétences en moyenne inférieurs, elles ne seraient pas en mesure de répondre aux besoins en main-d’œuvre qualifiée du secteur privé et public.

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Droit de vote pour les résidentes et les résidents non communautaires

— Réseau féministe « Ruptures » membre du Collectif « J’Y suis J’y Vote » —

Dans le cadre de son action pour la reconnaissance d’un droit de vote pour les résidentes et les résidents non communautaires, notre association le Réseau féministe « Ruptures » en la personne de Monique dental a été auditionnée par la commission des lois, le jeudi 29 janvier, afin de finaliser une proposition de loi qui étendrait le droit de vote aux résidentes et résidents non-communautaires.

Depuis plusieurs décennies, nous militons avec le collectif J’y suis, J’y vote afin qu’une telle loi soit introduite dans notre législation.

Nous soutenons, entre autres, la conviction que l’apport de nouvelles électrices et nouveaux électeurs, vivant en France et y travaillant, relevant des lois françaises, payant des impôts sur notre territoire et participant à la vie associative en tant qu’actrices et acteurs ou usagères et usagers, apporteraient davantage de démocratie et d’inclusion dans les séquences électorales françaises. Elle permettrait également aux femmes présentes sur notre territoire par les lois de regroupement familial d’avoir une existence propre et de ne plus dépendre de celle de leur mari.

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Le dysfonctionnement de la commande publique dans l’économie martiniquaise…

— Par Florent Grabin, préseident de l’association écologique P.U.M.A. —

M Etienne DESPLANQUES, Préfet de la Martinique a le plaisir d’inviter à la Préfecture le jeudi 12 février 2026, les entreprises du BTP, afin de présenter la :dynamisation de la construction de logements sociaux neufs et à la réhabilitation du parc ancien’’. (…Cet évènement visera à identifier les leviers permettant au secteur du BTP de répondre aux appels d’offres des bailleurs sociaux

La rencontre s’articule autour de trois séquences :

  • Les constats,

  • Les prévisions pour 2026,

  • Les appuis et l’accompagnement nécessaires pour réussir le pari de la relance de la production de logements sociaux’’. Tels sont les termes de l’invitation reçue.

En même temps, le Président de l’exécutif de la Collectivité Territoriale de la Martinique (CTM), M Serge LETCHIMY a invité le même jour et à la même heure, dans le ‘’cadre de la dynamique de développement économique de la Martinique’’ à la CTM. Cette rencontre étant dédiée à la présentation des projets structurants et des dispositifs d’accompagnement portés par la CTM’’.

N’étant pas dotés de l’ubiquité de nos dirigeants, nous avons fait le choix de nous rendre à la réunion de la Préfecture, d’autant que, pour la CTM, il ne s’agira pas de travaux, encore moins d’opérations ou de réalisations… Que des projets derechef !!!

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