Catégorie : Echos d’éco

Ccomment construire plus sans aggraver la crise climatique ?

— Par Ignat Kulkov & René Rohrbeck —

Les bâtiments représentent environ 40 % de la consommation énergétique européenne.

L’Europe manque de logements, tandis que les prix, les loyers et les coûts de construction s’envolent. Mais bâtir davantage ne suffira pas : le secteur du bâtiment pèse lourd dans les consommations d’énergie et les émissions de CO₂. Une étude explore quatre scénarios possibles à l’horizon 2040 pour tenter de réconcilier logement abordable et décarbonation

En bref

  • Les prix de l’immobilier ont augmenté de 60 % en quinze ans en Europe, tandis que les loyers ont progressé de 30 % et les permis de construire ont reculé de 20 %.
  • L’Union européenne aurait besoin d’environ 2,25 millions de logements supplémentaires, alors que le secteur du bâtiment représente près de 40 % de la consommation énergétique européenne.
  • Une étude dessine quatre scénarios pour 2040 : construction industrialisée dominée par de grands groupes, économie circulaire, intervention publique renforcée ou révolution énergétique fondée sur les réseaux intelligents.
  • Dans tous les scénarios, trois leviers apparaissent incontournables : rénover massivement le parc existant, mieux mesurer ses performances et développer de nouvelles compétences dans la construction industrialisée et bas carbone.
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À la veille de la rentrée, plus de 2 300 enfants restent sans solution d’hébergement

Le constat dressé par l’UNICEF France et la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) est alarmant. Selon leur huitième baromètre consacré aux enfants sans domicile, au moins 2 355 enfants se sont retrouvés sans solution d’hébergement après avoir sollicité le 115, dans la nuit du 18 au 19 août 2026.

Parmi eux, 514 sont âgés de moins de trois ans, dont 173 ont moins d’un an. Ces enfants risquent ainsi de commencer l’année scolaire dans des conditions marquées par l’instabilité, l’errance et l’absence de logement.

Le phénomène est loin de se résorber. En un an, le nombre d’enfants concernés a progressé de 9 %. Depuis 2022, l’augmentation atteint 42 %. Pour l’UNICEF France et la FAS, cette évolution traduit une dégradation continue de la situation du logement et de l’hébergement d’urgence.

Des chiffres qui ne reflètent qu’une partie de la réalité

Le nombre de 2 355 enfants doit par ailleurs être considéré comme un minimum. Le baromètre repose sur les demandes adressées au 115 et ne recense donc pas les familles qui ne parviennent pas à joindre le service ou qui ont renoncé à appeler.<p>  Lire Plus

Ce qui change en septembre 2026

L’épargne antillaise doit financer les Antilles

10 milliards d’euros d’«épargne paresseuse» aux Antilles : il est plus que temps de mettre cette manne financière au service de notre économie

— Par Jean-Marie Nol —

C’est une nouvelle plutôt mauvaise pour cette rentrée. Les antillais sont de moins en moins riches par rapport à leurs compatriotes de l’hexagone et qui eux mêmes sont plus pauvres que leurs voisins européens . Dans les années 2000, le PIB français par habitant était au-dessus de 15% de la moyenne européenne mais depuis 2022, il est largement en dessous. La problématique du développement économique se pose donc de façon aiguë et les freins doivent donc être à présent pris en compte notamment sur la thématique de l’épargne. En effet, l’épargne accumulée aux Antilles doit enfin financer l’économie locale et cesser de financer l’ailleurs.
La Guadeloupe et la Martinique disposent d’un paradoxe économique qui ne peut plus être ignoré : elles possèdent une épargne importante, mais celle-ci contribue encore trop peu au financement de leur propre développement. Près de 10 milliards d’euros d’épargne des ménages antillais seraient ainsi déposés dans les banques les assurances et la bourse, tandis qu’une part significative de cette épargne est investie en dehors des territoires.<p>  Lire Plus

Le modèle de la départementalisation en question

Les fondamentaux économiques et financiers de la France ne sont pas bons, alors quelles sont les conséquences prévisibles pour la Guadeloupe et la Martinique ?
— Par Jean-Marie Nol —

Les fondamentaux de l’économie française ne sont pas tous au vert en raison d’un cumul de déséquilibres structurels profonds, notamment des finances publiques fragilisées par un déficit persistant et une dette record de plus de 3550 milliards d’euros . L’État dépense plus qu’il ne gagne chaque année, ce qui crée un déficit public (établi autour de 5,1 % du PIB).L’addition de ces déficits année après année fait grimper la dette publique au-dessus de 115 % du PIB, un niveau élevé par rapport aux autres pays européens.Le coût de la dette (les intérêts à rembourser) augmente fortement, ce qui pèse lourdement sur le budget de l’État.Une croissance économique faible qui reste molle (autour de 0,7% voire même 0,5 %).La consommation des ménages stagne malgré une inflation plus basse, car les Français privilégient l’épargne par prudence. La France souffre d’une désindustrialisation historique qui fragilise sa balance commerciale sur les biens, même si certains secteurs de pointe (aéronautique, nucléaire) s’en sortent mieux.Le<p>  Lire Plus

Et si le tout-local était une impasse ?

Comment changer l’avenir économique des Antilles qui ne peut plus reposer sur l’agriculture ?

— Par Jean-Marie Nol —

Il s’avère qu’il est plus que temps de resituer le débat en Guadeloupe et Martinique d’une question devenue presque rituelle — « comment produire davantage localement ? » — vers une question beaucoup plus économique : « où pouvons-nous créer davantage de valeur ? »
La sécheresse exceptionnelle que connaissent actuellement la Martinique et la Guadeloupe n’est pas seulement une nouvelle crise agricole : elle constitue peut-être le révélateur d’une impasse économique plus profonde. Lorsque les rendements dépendent à ce point des pluies, des cyclones, des températures et désormais du dérèglement climatique, continuer à présenter l’agriculture comme le socle d’une future souveraineté économique apparaît de moins en moins comme une stratégie crédible et de plus en plus comme une croyance chimérique . Prenons l’exemple de la Guadeloupe , l’agriculture ne représente plus que 1,8 % de la valeur ajoutée selon les derniers comptes régionaux disponibles dans cette série Insee. En 2023, elle représente 2,7 % des emplois, contre 41,9 % pour commerce-transports-services et 41 % pour administration-éducation-santé-action sociale.<p>  Lire Plus

Quel système financier pour les Antilles ?

De la déconstruction des idées reçues sur le développement économique des Antilles ?

— Par Jean-Marie Nol —

La société antillaise se trouve aujourd’hui à un moment charnière de son histoire politique, économique et intellectuelle. Les catégories de pensée qui ont longtemps structuré le débat public sur l’autonomie n’ont malheureusement pas joué un rôle majeur dans la compréhension du fonctionnement de l’économie et dans la construction des idées contemporaines de la responsabilité locale sur les questions de fiscalité et de nouveau pouvoir normatif . Mais leur permanence dans le débat intellectuel ne garantit plus leur pertinence pour penser les transformations qui viennent. En effet, croire que la maîtrise de la fiscalité sur le plan local et l’octroi d’un nouveau pouvoir normatif pourrait induire un développement économique est une profonde erreur d’analyse des élus locaux de la Guadeloupe et de la Martinique, et à l’avenir le risque d’une terrible impasse . En réalité le noeud gordien du développement économique se situe au niveau du secteur bancaire et financier. En fait, le problème de mal développement réside en partie dans la disparition des banques locales et des sociétés de développement tels que la Sodega, la Sodem, la Soderag : Les banques purement antillaises (comme la Banque des Antilles Françaises et le Crédit Martiniquais et d’autres) ont été absorbées par les grands groupes bancaires français (BPCE, Crédit Agricole, BNP Paribas, LCL, etc.)<p>  Lire Plus

Génération Z antillaise : le grand exil

Pourquoi l’exode des jeunes antillais va encore s’accélérer massivement au cours de la prochaine décennie ?

— Par Jean-Marie Nol —

Les perspectives d’exode ou d’expatriation qui semblent connaître une accélération chez une grande partie des jeunes antillais s’expliquent par un cumul de pressions économiques, sociales , sociétale et structurelles qui alourdissent le coût de la vie , diminuent la qualité de vie et bloquent l’ascenseur social. Bien que parler de « condamnation à l’exil des jeunes » relève d’une formule alarmiste, les données d’instituts comme l’INSEE  confirment une hausse de l’attrait pour l’hexagone et l’étranger chez les étudiants et jeunes actifs face aux crises budgétaires des collectivités locales et au sentiment de déclin économique. La génération Z antillaise semble désormais sur la corde raide face à la décennie du doute : entre exil , révolution technologique et invention d’un nouveau modèle de société.

Un paradoxe frappe aujourd’hui la Guadeloupe et la Martinique avec une intensité particulière : les jeunes quittent massivement les Antilles, mais le chômage sur place demeure à un niveau très élevé. Cette contradiction révèle une réalité beaucoup plus profonde qu’une simple inadéquation entre l’offre et la demande d’emploi.<p>  Lire Plus

Les Antilles, tête de pont européenne

Les termes du débat actuel entre l’intégration à l’Europe versus l’intégration à la Caraïbe.

— Par Jean-Marie Nol —

L’une des plus grandes contradictions du débat institutionnel aux Antilles françaises réside dans le décalage qui existe entre les discours politiques et surtout idéologiques et la réalité des pratiques quotidiennes, ainsi que la nouvelle vision prospective financière et économique qui se dégagerait au cours de la prochaine décennie . Et force est de souligner qu’en l’espèce le débat actuel devrait s’affranchir de toutes considérations de nature géographique et surtout de doctrine idéologique identitaire qui parasite la réflexion sur ce sujet . Depuis plusieurs décennies, une partie du débat public présente la Caraïbe comme l’horizon naturel de la Guadeloupe et de la Martinique, au nom de la géographie, de l’histoire et des affinités culturelles. Pourtant, l’observation des comportements sociétaux , économiques et sociaux des populations antillaises conduit à une conclusion radicalement différente.
En réalité, l’immense majorité des centres d’intérêt des Guadeloupéens et des Martiniquais se situe aujourd’hui en Europe. Les flux de population en apportent la démonstration la plus évidente. Chaque année, des dizaines de milliers d’Antillais traversent l’Atlantique pour rejoindre l’Hexagone ou d’autres pays européens pour des raisons familiales, professionnelles, universitaires, administratives, médicales ou touristiques.<p>  Lire Plus

Canicule : la chaleur extrême devient un véritable risque économique

— Par Jean Samblé —

Longtemps considérées comme un simple phénomène météorologique estival, les vagues de chaleur s’imposent désormais comme un défi économique majeur. Au-delà de leurs conséquences sur la santé publique, elles fragilisent l’activité des entreprises, ralentissent la croissance, déséquilibrent les finances publiques et mettent à l’épreuve les infrastructures. Pour les économistes, la canicule n’est plus un aléa ponctuel, mais un risque structurel auquel les pays européens devront apprendre à s’adapter.

Le premier impact se mesure directement sur les lieux de travail. Lorsque le thermomètre dépasse les 30 °C, les capacités physiques et intellectuelles des salariés diminuent rapidement. Les tâches deviennent plus difficiles à accomplir, les temps de récupération s’allongent et les risques d’accidents augmentent. Cette baisse de performance se traduit par une diminution de la production horaire, qui s’accentue à chaque degré supplémentaire. Les secteurs dépendant fortement du travail en extérieur, comme l’agriculture, le bâtiment ou le tourisme, sont les premiers touchés, mais les effets se font également sentir dans les bureaux, les commerces et les usines lorsque les bâtiments ne sont pas adaptés aux fortes chaleurs.
À cette perte de productivité s’ajoute une hausse des coûts de fonctionnement.<p>  Lire Plus

A l’assaut de l’Octroi de mer : Le populisme autophage

— Par Mireille Pierre-Louis —
Contribution à titre personnel/V26 mai 2026

« Le malheur, c’est que nous nous sommes toujours imaginés à travers l’imaginaire des Maîtres ». (Mayra Santos)

Héritaj’
Le retournement
Le Front intérieur
Les Cols blancs
La si chère « Vie chère »
Et vogue la galère…
Un débat loyal ?
L’Octroi de mer : Qu’es aquò ?
A qui profite le crime ?
Le festin
Les oiseaux de proie
Les révoltes de Noirs aux Antilles
Le ressac incessant de la mer
D’une servitude, l’autre

 

Héritaj’

L’Octroi de mer a été marqué, dès l’origine, par le sceau de l’indignité, voire de l’infamie.
Il représente une tâche sombre dans l’histoire d’une France, auréolée de ses Lumières, à l’orée des Temps modernes.
Il fait songer au « bois d’ébène » : taxé au même titre que n’importe quelle autre marchandise ?
Il fait songer à ces créatures auxquelles un Code, noir comme il se doit, finit par accorder une âme, pour mieux les enchaîner.
Il fait songer à ce Dieu, bon comme un vieux planteur affable1, qui soulage et réconforte, pour s’absoudre de tous les pillages, viols et crimes perpétrés en son nom.<p>  Lire Plus

Pourquoi le bien commun fait son grand retour dans le débat public

Longtemps éclipsée par les notions d’intérêt général, de droits individuels et de contrat social, l’idée de bien commun retrouve aujourd’hui une place centrale dans les discours politiques, juridiques et intellectuels. Ce retour révèle moins une nostalgie du passé qu’une tentative de répondre aux fractures sociales, démocratiques et écologiques contemporaines.

En bref

  • Le bien commun, quasiment disparu du vocabulaire politique moderne depuis le XVIIe siècle, connaît un retour spectaculaire dans les discours politiques, les textes juridiques et les travaux universitaires.

  • Cette réapparition traduit les limites des cadres libéraux traditionnels pour répondre aux crises écologiques, démocratiques et sociales, ainsi qu’au besoin de redonner un horizon collectif.

  • Le concept est aujourd’hui mobilisé par des courants très différents : écologistes, défenseurs des biens communs, doctrine sociale de l’Église ou encore penseurs conservateurs, chacun lui donnant une signification propre.

  • Plus qu’un simple retour historique, le bien commun apparaît comme une tentative de nommer ce qui dépasse les intérêts individuels et de reconstruire un projet collectif dans des sociétés fragmentées.

— Par Lino Castex (*) —

Employer l’idée de “bien commun” aujourd’hui, c’est un peu comme faire tinter son verre lors d’un repas de fête : cela permet d’attirer l’attention.<p>  Lire Plus

Démarchage téléphonique interdit : quelles sont les nouvelles règles ?

À compter du 11 août 2026, le démarchage téléphonique à des fins commerciales sera interdit, sauf dans certains cas. On vous présente les changements à venir.

Actuellement, le démarchage non sollicité par téléphone, SMS, courriel ou via les réseaux sociaux est interdit pour les professionnels de quelques secteurs d’activité, comme la rénovation énergétique ainsi que l’adaptation des logements au handicap et à la vieillesse.

Pour empêcher les entreprises des autres secteurs d’activité de vous solliciter par téléphone, vous pouvez inscrire votre numéro sur le service gratuit Bloctel. Tous les professionnels ont interdiction d’effectuer du démarchage téléphonique auprès d’une personne inscrite sur la liste Bloctel, sauf dans certaines situations prévues par le Code de la consommation.

Ce qui change à compter du 11 août 2026

À partir du 11 août, le démarchage téléphonique sera interdit par principe, pour les entreprises de tous les secteurs d’activité. Une entreprise pourra vous contacter par téléphone, pour du démarchage, uniquement dans les 2 cas suivants :

  • L’appel concerne un contrat que vous avez conclu. L’entreprise pourra, par exemple, vous proposer des produits ou des services complémentaires, ou une offre visant à améliorer le service qui vous est fourni ou les performances de celui-ci.
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Fast fashion : vers la fin de l’impunité ?

— Par Jean Samblé —

Pendant des années, l’industrie de la mode a bâti son succès sur un modèle simple : produire toujours plus, toujours plus vite et toujours moins cher. L’arrivée des plateformes de mode ultra-éphémère a encore accéléré cette dynamique, en renouvelant quotidiennement des milliers de références à des prix défiant toute concurrence. Mais face aux conséquences environnementales et sociales de cette course à la surconsommation, la France et l’Union européenne semblent désormais vouloir changer les règles du jeu.

Le Parlement français a récemment adopté une proposition de loi destinée à encadrer le développement de la « mode ultra-express ». Le texte cible les entreprises dont le modèle économique repose sur une production massive de vêtements à très bas coût, commercialisés en quantité considérable et conçus pour être consommés rapidement. Sans interdire ces plateformes, la loi instaure un système de pénalités destiné à décourager les pratiques les plus néfastes, en tenant compte notamment du volume de produits mis sur le marché et de leur capacité à être réparés.

Cette initiative intervient dans un contexte où les géants de l’ultra fast fashion, tels que Shein, Temu ou AliExpress, ont profondément bouleversé les habitudes de consommation.<p>  Lire Plus

Guadeloupe-Martinique : changer de cap

« Dépenses publiques en voie de baisse » : quand l’État n’est plus providence , alors sera -t-il donc aux abonnés absents en Guadeloupe et Martinique ?
— Par Jean-Marie Nol —
Pendant plusieurs décennies, la Guadeloupe et la Martinique ont  construits leur développement économique et social sur un pilier fondamental : la puissance financière de l’État providence. Derrière les infrastructures publiques, les aides sociales, les exonérations fiscales, les emplois publics, les investissements hospitaliers, les dispositifs de soutien aux entreprises, les indemnisations après les catastrophes naturelles et les transferts sociaux se trouvait une réalité rarement remise en cause : l’État français disposait des moyens budgétaires nécessaires pour amortir les crises et maintenir un niveau de vie relativement élevé dans des territoires dont l’économie productive demeurait structurellement fragile. Ce modèle a longtemps donné l’illusion d’une protection permanente, capable de compenser les handicaps liés à l’insularité, à l’éloignement des grands marchés, à l’étroitesse du tissu industriel et à la faiblesse des exportations. Aujourd’hui, cette époque semble toucher à sa fin avec la crise de la dette .
Au moment même où l’ensemble des élus de Guadeloupe, toutes sensibilités politiques confondues, affiche un front uni pour demander au président de la République et au gouvernement un engagement financier exceptionnel afin de sortir durablement de la crise de l’eau, une question essentielle reste largement absente du débat public : l’État français dispose-t-il encore des moyens financiers lui permettant de répondre à une telle demande ?
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Construire l’avantage

De la question des avantages comparatifs de la Guadeloupe et la Martinique appliquée à la coopération régionale avec la caraïbe ?

— Par Jean-Marie Nol —

Depuis plusieurs décennies, l’autonomie couplée intrinsèquement avec la coopération régionale avec la Caraïbe est présentée comme l’un des grands horizons stratégiques de la Guadeloupe et de la Martinique. À chaque débat institutionnel, à chaque réflexion sur l’autonomie ou sur l’évolution des compétences locales, l’ouverture vers l’environnement caribéen revient comme une évidence, presque comme une promesse de développement. Pourtant, cette vision repose rarement sur une véritable démonstration économique. Elle s’appuie davantage sur une proximité géographique, historique ou culturelle que sur les fondements mêmes de l’économie internationale. Or, lorsqu’on applique rigoureusement la théorie des avantages comparatifs formulée par l’économiste David Ricardo, force est de constater que cette ambition se heurte à une difficulté majeure : la Guadeloupe et la Martinique ne disposent aujourd’hui d’aucun avantage comparatif significatif vis-à-vis des économies de leur environnement régional.

La théorie économique associée à l’avantage comparatif explique que, dans un contexte de libre-échange, chaque pays a intérêt à se spécialiser dans la production pour laquelle il dispose de l’écart de productivité (ou du coût) le plus fort en sa faveur, ou le plus faible en sa défaveur, comparativement à ses partenaires.<p>  Lire Plus

Réforme institutionnelle : le risque de l’affrontement

Une pensée dichotomique s’installe subrepticement dans le champ politique et surtout économique en Guadeloupe et Martinique, et cela ne laisse rien présager de bon à l’avenir !

— Par Jean-Marie Nol —

Longtemps, les difficultés institutionnelles ont été présentées comme la principale explication du mal-être identitaire des sociétés antillaises contemporaines. Pourtant, les données les plus récentes invitent à dépasser cette lecture simplificatrice. En France hexagonale comme aux Antilles françaises, les différents idéologiques progressent rapidement, mais ils ne s’expriment pas selon les mêmes ressorts. Avant d’aborder le cœur de notre analyse sur le potentiel danger de la division , il convient de noter que la question institutionnelle qui surgit dans le débat public de la Martinique et, par extension, la Guadeloupe semble aujourd’hui nous entraîner sur une pente glissante , notamment en raison des non dits sur la stratégie de l’État qui est le véritable maître de l’échiquier et des horloges en matière d’évolution statutaire.<p>  Lire Plus

Au-delà de la production locale

Le grand malentendu sur le développement de la production locale grâce à l’autonomie !
— Par Jean Marie Nol —
Le débat sur l’autonomie comme facteur incontournable du développement de la production locale en Guadeloupe et  Martinique s’appuie sur un raisonnement qui est d’ores et déjà biaisé du fait d’un postulat de départ totalement erroné sur le plan de la nouvelle doctrine économique.
Cette approche des élus locaux partisans de l’autonomie semble vouloir nous enfoncer dans une impasse, dans la mesure où il s’accompagne de plus en plus d’un discours récurrent selon lequel la clé du développement économique résiderait avant tout dans une augmentation progressive de la production agricole locale afin de réduire la dépendance aux importations. Cette idée propagée par les élus, et largement partagée dans le débat public, apparaît séduisante puisqu’elle répond à une aspiration légitime à davantage de souveraineté économique. Pourtant, elle repose sur un profond malentendu quant aux véritables mécanismes du développement économique dans les petites économies insulaires ouvertes. Confondre autonomie politique, autonomie économique voire productive et développement économique risque d’orienter les futurs choix institutionnels vers une stratégie qui, malgré de bonnes intentions, conduirait à une impasse totale en matière de développement .
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Autonomie : le choc des modèles

Pourquoi le nœud gordien de la problématique de l’autonomie est en l’espèce le modèle économique ?

— Par Jean-Marie Nol —

Le débat sur l’évolution institutionnelle de la Martinique et de la Guadeloupe est souvent présenté sous un angle juridique ou identitaire. Pourtant, la véritable question est beaucoup plus simple : un changement de statut permettrait-il de résoudre plus efficacement les difficultés économiques, sociales et administratives qui handicapent ces territoires depuis des décennies ? Les opposants soulignent immédiatement un paradoxe. Si une autonomie accrue s’accompagne d’une réduction des transferts financiers de l’État, comment les collectivités pourraient-elles améliorer leur situation avec moins de moyens ? À première vue, l’équation paraît insoluble. Elle ressemble à une promesse de transformer le plomb en or.L’autonomie ne constitue pas une formule magique. Elle déplace simplement la responsabilité politique. Les succès éventuels dépendraient alors directement de la qualité des décisions prises localement. Si les nouvelles compétences étaient utilisées sans vision stratégique, sans rigueur budgétaire, sans réforme administrative et sans politique économique ambitieuse, les difficultés actuelles pourraient même s’aggraver. Une autonomie mal préparée pourrait conduire à une diminution des ressources publiques sans augmentation suffisante de la richesse produite.<p>  Lire Plus

Autonomie : qui tient les horloges ?

Autonomie des Antilles-Guyane : l’État français seul maître du jeu , mais avec quelle vision prospective pour l’avenir ?

— Par Jean-Marie Nol —

Désormais, force est de constater que l’autonomie est en marche en dépit des réticences des uns et des autres , pour autant il semble nécessaire de noter que nous sommes en présence d’un théâtre d’ombres chinoises où l’État français au delà des apparences demeure le seul maître de l’échiquier et surtout des horloges.

L’annonce de la signature de l’accord-cadre entre l’État et la Collectivité territoriale de Martinique, ouvrant officiellement le processus de discussions sur l’évolution institutionnelle du territoire, marque une étape symbolique dans une transformation qui semble inéluctable et qui ne date pas d’hier. Derrière l’apparente initiative des élus locaux et le débat public sur l’avenir statutaire des territoires ultramarins, une réalité plus profonde semble se dessiner : l’État français demeure l’acteur central, celui qui fixe le rythme, organise le calendrier et accompagne progressivement une mutation institutionnelle déjà préalablement pensée sur le temps long.

La scène actuelle ressemble ainsi à un véritable théâtre d’ombres chinoises où les acteurs visibles — élus, partis politiques, représentants de la société civile — occupent le devant de la scène, tandis que l’État conserve en coulisse une capacité d’influence majeure sur l’orientation générale du processus d’autonomie.<p>  Lire Plus

Allocations d’assurance chômage : pas de revalorisation au 1er juillet

Comme le précise le décret du 26 juillet 2019 relatif au régime d’assurance chômage, le conseil d’administration de l’Unédic peut augmenter une partie ou la totalité des allocations chômage.

Le 30 juin 2026, le conseil d’administration de l’Unédic, réunissant les organisations représentatives des salariés et des employeurs, n’a pas recueilli de majorité en faveur d’une revalorisation des allocations chômage, comme cela avait été le cas en 2016. Les montants du 1er juillet 2025 restent donc en vigueur :

  • Allocation minimale de l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) : 32,13 € par jour, et 16,05 € par jour pour Mayotte.
  • Partie fixe de l’ARE : 13,18 € par jour indemnisé.
  • Aide de fin de droit : 355,86 € (27 fois la partie fixe).
  • Allocation plancher d’aide au retour à l’emploi formation (AREF) : 22,99 € par jour (11,51 € par jour pour Mayotte).
  • Plancher relatif à l’application du coefficient de dégressivité : allocation journalière de 92,57 €.

Voir aussi

 

Publié le 01 juillet 2026 – Service Public / Direction de l’information légale et administrative (Premier ministre)<p>  Lire Plus

La taxe française sur les petits colis remplacée par un droit de douane européen

Le Conseil de l’Union européenne avait annoncé, le 12 décembre 2025, la mise en place de mesures pour faire face à l’afflux de « petits colis » dans l’Union européenne. Dans un communiqué, le Conseil soulignait que ces colis de faible valeur ne sont pas soumis à des droits de douane, « un problème qui entraîne une concurrence déloyale pour les vendeurs de l’UE et qui suscite des préoccupations environnementales ».

Ainsi, à compter du 1er juillet, un droit de douane forfaitaire de 3 € s’applique sur tous les colis importés d’une valeur inférieure ou égale à 150 € ; cette taxation coOKncerne toutes les marchandises entrant dans l’Union européenne et vendues par des commerçants extra-européens.

Ce droit de douane de 3 € est appliqué sur chaque catégorie d’articles présente dans un colis. Par exemple, si un colis contient 2 jouets, 1 manteau et 2 bouteilles de parfum, le montant total des droits de douane pour ce colis s’élève à 9 € (3 catégories d’articles différentes dans le colis). Et si un colis contient 3 t-shirts et 1 paire de chaussures, le montant total des droits de douane s’élève à 6 € (2 catégories d’articles différentes dans le colis).<p>  Lire Plus

Penser l’avenir dans une France en crise.

— Par Jean-Marie Nol —

Penser l’avenir de la Guadeloupe et de la Martinique dans une France hexagonale en crise n’est plus un exercice intellectuel lointain : c’est devenu une nécessité stratégique pour les acteurs politiques et économiques . Une société qui ne pense pas son avenir accepte, souvent sans le vouloir, que celui-ci soit écrit par d’autres. Or l’avenir n’est pas seulement ce qui arrive ; il est aussi ce que les choix du présent rendent possible. Prévoir, ce n’est donc pas seulement anticiper les événements, c’est préparer les conditions d’un futur maîtrisé.

Cette réflexion prend une dimension particulière pour la Guadeloupe, territoire insulaire confronté à ses propres défis alors que la France hexagonale traverse une période de profondes incertitudes économiques, sociales et politiques. Endettement public, ralentissement économique, crise de confiance, difficultés des services publics, transition écologique imposée par le changement climatique : le modèle national qui a longtemps constitué un cadre protecteur apparaît aujourd’hui fragilisé. Dans ce contexte, attendre passivement les réponses venues de l’extérieur reviendrait à prendre le risque de subir les transformations plutôt que de les accompagner.<p>  Lire Plus

L’impasse du récit assimilationniste

De la question de la vision paradoxale des Guadeloupéens et Martiniquais sur l’avenir  ? 
— Par Jean-Marie Nol —
La Guadeloupe tout comme la Martinique traversent aujourd’hui une période singulière où le rapport au temps semble profondément bouleversé. Entre mémoire du passé et difficulté à imaginer l’avenir, le paradoxe d’une société antillaise en quête de nouveaux questionnements identitaires à la recherche d’un nouveau cycle de progrès social . Alors que dans l’Hexagone le pessimisme face à l’avenir s’exprime surtout par une critique d’un modèle national jugé en déclin, la perception guadeloupéenne et martiniquaise apparaît plus paradoxale : l’avenir inquiète, mais le passé semble parfois offrir davantage de repères que le futur. Cette différence de regard révèle une question fondamentale : la promesse historique de progrès portée par la départementalisation est-elle arrivée au bout de son cycle, laissant place à une forme de désenchantement collectif ?
Pendant plusieurs décennies, la départementalisation de 1946 a constitué un horizon politique et social puissant. Elle incarnait avec l’idéologie de l’assimilation une promesse claire : celle d’une convergence progressive avec la France hexagonale, d’une amélioration continue des conditions de vie, d’un accès renforcé aux droits sociaux, aux infrastructures et aux services publics.
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Pourquoi la Guadeloupe doit sauter dans le train de l’intelligence artificielle ?

— Par Jean-MArie Nol —

Le gouvernement a dévoilé, mardi 16 juin à Bercy, son plan pour équiper l’administration d’outils IA. En 2026, 65 % des collectivités locales qui ont eu recours à l’IA ont utilisé des IA génératives. « Facile d’accès, tout au moins pour réaliser des tests et faire les premiers pas, l’IA générative est très logiquement le système qui progresse le plus en 2026 dans les collectivités pionnières avec plus de 70 % d’utilisation. Dévoilé à la veille de l’ouverture du salon Vivatech, le plan gouvernemental prévoit notamment la généralisation à l’ensemble de la fonction publique d’Etat de l’« assistant IA », un agent conversationnel qui était expérimenté depuis 2025 auprès de 10 000 agents volontaires. Développé par la direction interministérielle du numérique, ce chatbot de l’administration s’appuie sur les modèles de la société française Mistral AI, tandis que les données sont hébergées par Outscale, la division cloud de Dassault Systèmes. Le Premier ministre a détaillé plusieurs annonces sur le développement de l’intelligence artificielle, dont un investissement de 655 millions d’euros. Des outils d’IA seront créés pour transformer l’action publique, comme un chatbot santé public et un assistant conversationnel unique.Ces<p>  Lire Plus