Catégorie : Sciences Sociales

Pouvoir et nudité.

— Par Camille Loty Malebranche —

Cratère d’esprit nu

Abîme des villes
Naufrage, abysse des consciences
Aux mers des contresens,
La vie dans nos villes
Pactise avec le mensonge masqué en génie public,
Rites étatiques
Sur les têtes sans visages
Des structures infâmes,
Kunées maudites de nos monstres adulés
Élus parasites qui consomment et consument le peuple.
La décomposition du monde
Offre le macabre et maculé spectacle de la corruption des empestés
Les esprits iniques et corrompus puent l’injustice,
Esprits putréfiés rongés des vers de leur inconséquence,
Inaptitude à assumer l’être
Impropriété hypermatérialiste à vivre l’extase vocationnelle.

Cratère d’esprit nu

Que de moins que rien gouvernent l’État !
Et, par déviances et crimes économiques,
Imposent l’esclavage de la paupérisation
Et le travail obligatoire et sans fin
Comme fin de l’aventure humaine
Dans le dédale de la faim planifiée des Charon capitalistes
La route des politiques est un Achéron de faussetés,
Répugnant et létal méandre des fumisteries macro-économiques.
Avec les analphabètes fonctionnels, régaliens du néant
Sots experts, excellents exécutants,
Choses de la chose financière
Funambules flagorneurs faits présidents ou premiers ministres
Faune politicarde féroce
Intronisation de l’absurde
Accrétion d’esprit chauve sans contenance,
Lèche-semelles dévoyés des banquiers,
La gouvernance n’est que boule puante,
Paume coprophile aux raquettes des sous-hommes !<p>  Lire Plus

La contingence n’est pas l’accident.

— Par Camille Loty Malebranche —

Contingence et accident, s’ils sont ordinairement interchangeables au plan sémantique, ont quand même en certaines circonstances une différence fondamentale : certaines contingences réfèrent à des aspects d’impondérabilité, d’indétermination volontaire impliquant la nature d’un être ou d’une espèce d’êtres sans en être consubstantielles, alors que l’accident réfère à l’étrangeté, à l’anomalie d’une situation, d’une factualité affectant la condition, le statu quo d’un individu ou d’un groupe.

Par exemple, le fait d’avoir un lieu de naissance est une contingence, mais tout en étant contingence et donc non essentiel ou nécessaire, cette factualité du lieu de naissance est incontournable et fait partie de la condition spatiale de l’être humain, spatialité immanente à la nature humaine. Or l’accident ne saurait être une condition immanente à toute une espèce en train de naître, condition à laquelle nul échantillon naissant n’échapperait! Il est clair que cette condition de toute naissance constitue une contingence, contingence qu’il convient d’appeler : la contingence spatiale des êtres vivants.

L’accident est, par définition, toujours casuel et non principiel, perpétuellement particulier car jamais ni global ni répétitif!<p>  Lire Plus

Barbara Jean-Élie (2) : Faire de la parole un grand espace de liberté

  • par Rodolf Etienne

Dans notre premier volet consacré à Barbara Jean-Élie, nous retracions les grandes étapes d’un parcours qui l’a conduite du journalisme de terrain à la présentation, de la direction éditoriale à l’écriture, de la télévision à la transmission.

Mais une carrière ne se résume pas à l’addition de postes occupés, d’émissions présentées ou de personnalités rencontrées.

Une carrière se révèle aussi dans une manière d’écouter, de questionner et de faire exister la parole de l’autre, une manière de « travailler ». Chez Barbara Jean-Élie, cette manière de bien faire, de bien dire ou, simplement, de bien écouter est devenue une signature autant qu’un gage.

Depuis septembre 2023, la journaliste présente sur ATV l’émission Face à Face, diffusée chaque soir à 18 h 30. Un format de douze minutes, bref en apparence, mais qui impose une discipline particulière : comprendre rapidement une personnalité, identifier ce qu’elle peut apporter au débat, installer un climat de confiance et conduire l’entretien sans perdre de temps dans les détours convenus.

Barbara Jean-Élie effectue sa quatrième rentrée avec ATV. En quelques années, elle a présenté près de 600 émissions, recevant des femmes et des hommes de tous âges, de tous milieux et de tous secteurs d’activité. <p>  Lire Plus

L’éphéméride du 10 septembre

Lancement en pleine 1ère Guerre Mondiale du Canard enchaîné le 10 septembre 1915

« La liberté de la presse ne s’use que quand on ne s’en sert pas »

Le Canard enchaîné est un hebdomadaire de la presse satirique en France paraissant le mercredi. Fondé le 10 septembre 1915 par Jeanne et Maurice Maréchal, aidés par Henri-Paul Deyvaux-Gassier, c’est l’un des plus anciens titres de la presse française actuelle, notamment le plus ancien titre de presse satirique encore actif. Depuis les années 1960, c’est aussi un journal d’enquête qui révèle nombre d’affaires scandaleuses.

Pour l’historien Laurent Martin, ce journal, très attaché à la protection des sources d’information des journalistes, représente « une forme alternative de presse qui n’a guère d’équivalents en France et dans le monde ».

Histoire
Son nom fait allusion au quotidien L’Homme libre édité par Georges Clemenceau, qui critiquait ouvertement le gouvernement lors de la Première Guerre mondiale. Il subit alors la censure de la guerre5 et son nom fut changé pour L’Homme enchaîné. S’inspirant de ce titre, les journalistes Maurice et Jeanne Maréchal, aidés par le dessinateur H.-P.<p>  Lire Plus

Martinique : Quid de la douleur sociale ?

— Par Rodolf Étienne

En cette rentrée de septembre 2026, les foyers sociaux se multiplient.

Transports paralysés, hôpital sous tension, enseignants mobilisés, agents territoriaux en préavis, difficultés financières du Service d’Incendie et de Secours, tensions au Comité Martiniquais du Tourisme, conflit à La Poste et retour annoncé du RPPRAC : il ne se constitue pas encore un mouvement, mais commence à se dessiner un paysage familier.

On ne se demande déjà plus quel secteur connaîtra le prochain préavis, la panique semble générale. On se demande plutôt si toutes ces douleurs, toutes ces colères, pour l’instant parallèles, resteront séparées ou finiront par trouver un point de rencontre. Dans cette hypothèse, un dénominateur commun apparaît : la vie chère et une date, le 19 octobre prochain.

Transport — quand la crise devient institutionnelle

La crise du transport constitue le phénomène le plus visible. Dans le Nord, le Centre puis le Sud, l’arrêt des réseaux urbains a profondément perturbé les déplacements quotidiens. Le TCSP et les transports scolaires permettent encore d’assurer une partie de la mobilité, mais l’essentiel du transport collectif ordinaire est affecté.<p>  Lire Plus

Bien avant que l’on parle de féminisme : Marie-Thérèse Julien Lung-Fou

  • Par Rodolf Etienne

Les recherches contemporaines consacrées aux femmes artistes la présentent comme la première sculptrice native des Antilles françaises reconnue. Et pourtant, lorsqu’on évoque aujourd’hui les grandes figures intellectuelles et artistiques martiniquaises du XXe siècle, son nom vient rarement parmi les premiers.

Il existe des femmes dont on connaît le nom sans toujours savoir ce qu’elles ont accompli. Et puis il en existe d’autres dont l’œuvre est partout, ou presque, mais dont le nom lui-même semble avoir glissé hors de la mémoire collective.

Marie-Thérèse Julien Lung-Fou, sculptrice, dessinatrice, poétesse, conteuse, autrice pour la jeunesse, animatrice culturelle, éditrice d’une revue, défenseuse du créole et du patrimoine antillais, appartient sans doute aux deux catégories à la fois.

Née aux Trois-Îlets en 1909

Marie-Thérèse Julien Lung-Fou grandit dans un environnement marqué par la poterie et les artisans. Née aux Trois-Ilets, en 1909, sa propre histoire familiale porte déjà plusieurs des mondes qu’elle cherchera plus tard à réunir : héritages chinois, afro-caribéens et européens.

Après une scolarité au Pensionnat colonial de Fort-de-France, elle franchit en 1934 une étape considérable pour une jeune Martiniquaise de cette époque : elle intègre l’École nationale des beaux-arts de Paris.<p>  Lire Plus

Infralangage et désignification verbale.

— Par Camille Loty Malebranche —
L’Infralangage est un artifice idéologique du pouvoir, si trompeur, si décentré de ce qui est et se fait réellement, qu’il ne saurait rien communiquer de la réalité des choses ni de la factualité de l’action. Alors, c’est un univers second – celui des clés et codes systémiques rendus systématiques par l’art mensonger des profiteurs de l’ordre mondial ou étatico-social – qui se crée un empire de codes factices et de faux signes qu’il faille débusquer, démasquer pour évider d’être pion de l’échiquier illusoire de la communication putative déviante du système politico-économique avec le mode institutionnel d’incommunication qu’il sous-tend. L’infralangage est un mode de langage sans seuil de signification suffisante pour renvoyer à un quelconque signifié.

Le pire ennemi de la communication linguistique n’est ni le mutisme ni la mutité ni l’aphasie, mais le décentrage du langage dans une volonté de tromper où l’incohérence individuelle ou idéologique, vide le verbe de tout sens, réfère à un non lieu, une schizotopie. Alors, naît un infralangage parasignifiant que seuls décodent les connaisseurs des signes et clés cachés voire non établis de la vérité sociale prise dans sa nudité et son essence sans frime séductrice ni masque verbal, ni mimesis de manière.<p>  Lire Plus

Barbara Jean-Élie (1) : Entre féminité, histoire et identité

– Par Rodolf Étienne

Journaliste, présentatrice, productrice, autrice, entrepreneure, ancienne conseillère ministérielle : vouloir réduire Barbara Jean-Élie à l’un de ses métiers reviendrait à manquer ce qui fait tout le singulier de son parcours.

En 2023, Barbara Jean-Elie était de nouveau devant les caméras d’ATV, face aux Martiniquais(e)s, comme si une boucle se refermait. La Martinique qu’elle retrouvait à l’écran n’était plus celle dont elle présentait les premières actualités télévisées au début des années 1990.

Titulaire d’une maîtrise de droit et sciences politiques obtenue à Paris I Panthéon-Sorbonne en 1989, Barbara Jean-Elie revient en Martinique et intègre le monde des médias. Après la radio, elle participe à l’aventure d’Antilles Télévision, ATV, à une époque où l’existence même d’une télévision privée locale constituait une rupture.

En 1993, Barbara Jean-Elie est la première journaliste à présenter un journal télévisé sur une chaîne privée martiniquaise.

Elle sera journaliste reporter d’images, présentatrice, animatrice et rédactrice en chef. Ce passage par ATV n’est donc pas un simple épisode dans son curriculum vitae. Il correspond à l’un de ces moments forts où la Martinique commence à diversifier les lieux depuis lesquels elle se regarde, se décrit et se raconte.<p>  Lire Plus

Hyperlucidité et hyperconscience…

— Par Camille Loty Malebranche —
Il est de ces mots qui altèrent le sens des choses. Me vient à l’idée, en écrivant cette réflexion, le lemme « extralucide ». Oser parler d’extralucidité, c’est très mal comprendre l’ampleur de la lumière qui est en l’homme et que chacun doit développer sans jamais pouvoir en épuiser l’immensité. L’homme peut essayer, dans la part de conscience possible de son existence terrestre, part de conscience si vaste que les esprits les plus avertis n’en utilisent qu’une petite partie, part de conscience qui, elle-même, n’est qu’une infime poussière de la conscience divine exprimée dans le cosmique et le supracosmique; c’est donc carrément insensé et matamore que de se prévaloir d’un charisme qui serait extralucide. Par contre, l’effort de l’esprit à ennaturer permet une lucidité forte quand l’homme s’y met. C’est une hyperlucidité métaphysique, une hyperconscience à la fois intellectuelle et surrationnelle de l’esprit tourné vers soi pour mieux se connaître et vivre la vérité indiscursive de l’être.

La sagesse est un regard intérieur de l’esprit dépassant les bornes de l’extérieur lacunaire dans un monde rivé à l’immédiateté du tangible.<p>  Lire Plus

Anticiper plutôt que subir

La source des crises financières , économiques et sociales aux Antilles, résultat de l’absence de vision prospective et d’un manque d’anticipation.

— Par Jean-Marie Nol —
Les crises actuelles aux Antilles sur les problématiques de l’eau et des transports ne sont pas seulement des accidents de gestion, elles révèlent surtout l’absence d’une culture de l’anticipation et d’une stratégie économique de long terme. La vision prospective économique et l’anticipation sont indispensables pour empêcher les crises car elles permettent de rompre avec la gestion purement réactive et d’agir sur les causes profondes des déséquilibres avant qu’ils ne deviennent incontrôlables. En Martinique et en Guadeloupe, une crise survient souvent lorsqu’un dysfonctionnement accumulé (dette excessive, bulle immobilière spéculative, pénurie de ressources financières) atteint un point de rupture. L’anticipation sert de bouclier préventif à travers plusieurs mécanismes clés : La détection précoce des signaux faibles. L’économie locale est systémique, donc la prospective permet d’identifier les déséquilibres naissants avant qu’ils ne se propagent, et surtout d’identifier l’accumulation de dettes insoutenables chez les ménages, les entreprises ou les collectivités locales . Les marchés publics et les acteurs économiques ont tendance à être procycliques (ils amplifient les tendances par mimétisme ou panique).<p>  Lire Plus

L’éphéméride du 6 septembre

Publication du Manifeste des 121 le 6 septembre 1960

Le Manifeste des 121, titré « Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie », est signé par des intellectuels, universitaires et artistes et publié le 6 septembre 1960 dans le magazine Vérité-Liberté. Le manifeste est né dans le sillage du groupe de la rue Saint-Benoît. Il a été pensé puis rédigé par Dionys Mascolo et Maurice Blanchot. Ce traité a permis de regrouper des personnalités de divers horizons dans un esprit libertaire et plutôt orienté à gauche. Il est important pour l’histoire de la gauche et de l’extrême gauche en France.

Contenu du manifeste
« On ne réclamait plus seulement le droit du peuple à ne plus être opprimé, mais le droit du peuple à ne plus opprimer lui-même. »

— François Maspero, Le droit à l’insoumission, le dossier des 121, Paris, François Maspero, 1961, « Avertissement de l’éditeur »

Selon ses propres termes, le manifeste cherche à informer l’opinion française et internationale du mouvement de contestation contre la guerre d’Algérie. Les 121 y critiquent l’attitude équivoque de la France vis-à-vis du mouvement d’indépendance algérien, en appuyant le fait que la « population algérienne opprimée » ne cherche qu’à être reconnue « comme communauté indépendante ».<p>  Lire Plus

Europe : « Garde ta terre ! Tes plaines, tes hommes, tes hivers… »

— par Rodolf Etienne

L’investisseur voit un actif. L’agriculteur voit une terre. La puissance publique, elle, devrait voir la capacité de nourrir demain !

Parce qu’un champ, ce n’est pas seulement une surface, ce n’est pas seulement une valeur inscrite dans un bilan comptable. Un champ, c’est une possibilité de produire, une capacité de nourrir, une réserve de biodiversité. Un champ, c’est un paysage, un patrimoine, ou, tout simplement une histoire familiale. Mais… un champ, c’est aussi, et de plus en plus, un actif stratégique.

Une agriculture européenne puissante, mais fragilisée

L’UE (Union européenne) est l’une des plus grandes puissances agricoles et agroalimentaires mondiales. Ses campagnes produisent céréales, lait, viande, fruits, légumes, vins, huiles et produits transformés. Des millions d’emplois dépendent directement ou indirectement de l’agriculture et de l’industrie alimentaire. Pourtant, derrière cette puissance apparaît une fragilité croissante : les exploitations disparaissent, les agriculteurs vieillissent, l’installation des jeunes devient difficile, le prix des terres augmente dans de nombreuses régions, les marges sont comprimées par le coût de l’énergie, des engrais, des machines et du crédit, et les revenus agricoles demeurent extrêmement variables selon les filières.<p>  Lire Plus

La barbarie, cette sauvagerie culturalisée des civilisations.

— Par Camille Loty Malebranche —

La sauvagerie est l’état naturel de toute espèce vivante prise dans son environnement. Elle est la face immédiate, primaire, primitive des espèces, y compris l’homme! La barbarie est un cran de la sauvagerie dépassant les déterminations purement naturelles par l’intervention culturelle.

La sauvagerie est le stade cru des pulsions et réactions se manifestant au premier degré sans recul ni jugement pour assouvir les instincts qui, à l’échelle de l’humain, sont censés être dépassés par la culture à travers ses institutions civilisatrices telles l’éducation, la religion, la politique. La sauvagerie est le niveau réflexe que la culture, stade réfléchi des actions humaines socialisées, se doit de dépasser, d’humaniser. Et, pourtant, dans le cours des choses, la barbarie, cette sauvagerie seconde, secondaire car moulée dans les us et coutumes culturels, voit constamment le jour comme une sorte d’aberration mentale et comportementale des rapports humains individuels, collectifs, institutionnels et internationaux à travers les choix d’action de la société humaine dite civilisée.

C’est dans la construction de la culture, la manière des humains de se structurer socialement en instituant leur vision et représentation dites culturelles que la barbarie surgit!<p>  Lire Plus

Fanm-Doubout ! La Martinique épée levée !

— par Rodolf ETIENNE

L’épée levée… Non pour déclarer une guerre. Pour trancher dans l’oubli.

Elles sont ici vingt-cinq femmes dans une histoire beaucoup plus vaste. De celles qui ont arraché leur place à l’invisibilité, pris la parole, occupé le pouvoir, transformé nos représentations ou porté le nom du pays Martinique bien au-delà de ses rivages.
L’histoire de la Martinique a longtemps eu cette étrange manière de conjuguer la femme au quotidien et l’homme à la postérité. La femme tenait la famille, le marché, le commerce informel, l’éducation, la transmission, parfois l’habitation, souvent les comptes domestiques, fréquemment la survie elle-même. Mais quand venait le temps de graver les noms dans la pierre, l’histoire redevenait étrangement masculine comme étrangement muette.

Césaire, Fanon, Glissant, Aliker, Lagrosillière, Gratiant sont immenses ! Mais pendant ce temps-là, Paulette Nardal pensait déjà le monde noir ! Suzanne Césaire bouleversait la pensée antillaise ! Jane Léro organisait les femmes ! D’autres préparaient leurs batailles !

Paulette Nardal – avant que la Négritude ne porte son nom

Il faudra peut-être encore longtemps réparer cette injustice. Quand on raconte la naissance de la Négritude, trois hommes apparaissent immédiatement : Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor et Léon-Gontran Damas. <p>  Lire Plus

L’éphéméride du 5 septembre

Olympe de Gouges rédige la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne le 5 septembre 1791.

La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne est un texte juridique français, exigeant la pleine assimilation légale, politique et sociale des femmes, rédigé le 5 septembre 1791, par l’écrivaine Olympe de Gouges sur le modèle de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen proclamée le 26 août 1789, et publié dans la brochure Les Droits de la femme, adressée à la reine1,2. Premier document à évoquer l’égalité juridique et légale des femmes par rapport aux hommes, la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne a été rédigée afin d’être présentée à l’Assemblée législative le 28 octobre 1791 pour y être adoptée.

La déclaration sur plaque de marbre.
La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne constitue une réplique critique de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qui énumère des droits ne s’appliquant qu’aux hommes, alors que les femmes ne disposaient pas du droit de vote, de l’accès aux institutions publiques, aux libertés professionnelles, aux droits de propriété, etc.<p>  Lire Plus

Zones franches : transformer notre géographie en force économique

— Par Sandra Casanova (*)

Le débat qui s’ouvre en Martinique sur les zones franches est légitime et nécessaire. Face aux fragilités structurelles de notre économie, à l’étroitesse de notre marché intérieur, au coût des importations et à l’urgence de créer des activités et des emplois, aucune piste sérieuse ne doit être écartée. Ce débat appelle d’abord une clarification. Toutes les zones franches ne répondent ni aux mêmes objectifs, ni aux mêmes règles, ni aux mêmes réalités économiques. Et cette distinction en commande une autre, plus large : voulons- nous seulement améliorer les conditions dans lesquelles fonctionne notre économie actuelle, ou voulons-nous également transformer la place de la Martinique dans son environnement économique régional et international ?

De l’insularité subie à la géographie choisie

Depuis des décennies, nous décrivons à juste titre les handicaps auxquels notre territoire est confronté : éloignement de la France continentale, étroitesse du marché intérieur, dépendance aux importations, coûts de transport et d’approvisionnement. Ces réalités demeurent, mais elles ne peuvent constituer notre seul horizon. Si notre marché intérieur est étroit, notre marché potentiel ne s’arrête pas aux frontières de la Martinique.<p>  Lire Plus

Autonomie politique vs autonomie économique ?

— Par Jean-Marie Nol —

En Guadeloupe comme en Martinique, le débat institutionnel est peut-être en train de rencontrer sa contradiction la plus redoutable : comment réclamer davantage de pouvoir politique lorsque la puissance publique et les collectivités locales peinent déjà à exercer efficacement les compétences dont elles disposent dans le cadre du droit commun de l’article 73 de la constitution ?

La question est politiquement sensible, mais elle devient incontournable car la décrédibilisation de la classe politique est déjà actée dans les faits . Alors que faire pour construire un véritable plan de développement économique quinquennal, et surtout que penser du processus d’évolution statutaire au vu de l’échec actuel de l’action publique ?

Il faut surtout comprendre que la crise actuelle de l’action publique n’est pas seulement une crise de gestion. Elle est devenue une crise de légitimité. Lorsque les dysfonctionnements quotidiens s’accumulent, le raisonnement du citoyen devient simple : si les institutions actuelles ne parviennent pas à régler les problèmes essentiels, pourquoi leur confier davantage de responsabilités ? C’est précisément ici que le débat sur l’évolution institutionnelle peut rencontrer une contradiction majeure.<p>  Lire Plus

L’esclave mental, un déchu volontaire de l’humanité…

— Par Camille Loty Malebranche —

L’esclave mental se manifeste par sa servilité inconsciente où il croit exhiber quelque grandeur avec zèle et arrogance! Il porte la livrée mais se croit couronné de gloire parce qu’il est adopté en chose, réifié par des dominateurs qu’il perçoit supérieurs et dispensateurs d’ascension et de hauteur. C’est un chosifié si aliéné si ténébreux qu’il jubile de ce que sa livrée est sertie des médailles de sa servitude de bon esclave que lui octroient ses utilisateurs.

Dans un monde de hiérarchisation individuelle et de clivages sociaux paroxystiques, les esclaves mentaux sont légion et leur sujétion s’exerce par leur misérabilisme qui foisonne partout où l’interaction sociale rend incontournable leur côtoiement! Et, croyez-moi, il faut s’aimer fort et de manière ostensible pour dissuader la masse patibulaire de ces assujettis haineux d’eux-mêmes, qui voudraient ravaler tous aux bas-fonds où ils pataugent et règnent dans la platitude et l’infrahumanité, zélateurs serviles, insolents et agressifs d’un ordre immonde de domination oligarchique contre l’humanité.

Quand vous faites le bien, le beau, le juste, croyez en vous-même et soyez dédaigneux du méchant qui vous désavoue, au point que la puissance de votre dédain envers toutes les racailles de la servitude, anéantisse les esclaves agressifs qui cherchent à désarçonner votre liberté et votre souveraineté mentale qu’ils n’ont pas.<p>  Lire Plus

Espionnage : comment l’IA a transformé le réseau du renseignement ?

– Par Rodolf Etienne

Vous ne verrez plus jamais James Bond de la même manière !

Milan, NSA, pétrole iranien, hackers nord-coréens, réseaux privés de renseignement et essaims d’agents artificiels, le pouvoir ne réside plus seulement dans la capacité de collecter des données.

Il réside désormais dans celle de les comprendre, de les croiser et, de plus en plus, d’agir automatiquement à partir d’elles.

Il y avait autrefois quelque chose de presque rassurant dans l’image de l’espion.

Un homme ou une femme, une fausse identité, un rendez-vous discret, un micro dissimulé, quelques photographies, un dossier rangé dans un coffre. Le renseignement avait ses hommes, ses méthodes, ses frontières et ses secrets. Cette représentation appartient peut-être déjà au passé.

De Washington à Milan, de Pékin à Pyongyang, les affaires apparues ces dernières années dessinent progressivement un autre monde. Les services d’État demeurent, les agents humains n’ont évidemment pas disparu, mais entre eux se sont installés d’immenses réservoirs de données, des sociétés privées de renseignement, des pirates informatiques, des infrastructures dispersées dans plusieurs pays et, désormais, des intelligences artificielles capables d’exécuter elles-mêmes une partie des opérations.<p>  Lire Plus

Le mois du matromoine avec l’UFM

Et si nous portions un autre regard sur notre histoire ?

Le matrimoine fait référence à l’héritage culturel, artistique et historique légué par les femmes qui nous ont précédées. Cet héritage est trop souvent rendu invisible, parfois effacé de la mémoire, mais il reste fondamental pour notre héritage collectif.

Ce mot, cependant, n’est pas nouveau. Il puise ses racines dans le latin *mater*, signifiant « mère », et est déjà apparu au Moyen Âge pour désigner la propriété et les droits transmis par la ligne maternelle, reflétant l’héritage hérité du père. Peu à peu, le terme s’est estompé au profit d’une notion plus englobante du patrimoine, reléguant dans l’ombre ceux qui avaient activement façonné notre histoire culturelle.

Ces dernières années, le mot *matrimoine* a été ravivé et a retrouvé sa pleine signification. Elle offre une reconnaissance bien méritée aux créatrices, artistes, auteurs, scientifiques, penseurs, militantes et artisanes – toutes ces femmes qui ont marqué leur époque et dont les œuvres et la vie doivent être transmises aux générations futures.

Le Mois du matrimoine des femmes invite chacun à découvrir, redécouvrir et faire vivre cet héritage.<p>  Lire Plus

Antilles : l’économie au bord du basculement

Comment la vie chère, la crise économique et la robotisation vont se conjuguer pour un prochain choc social aux Antilles avec des destructions d’emplois en masse ?

— Par Jean-Marie Nol —

La Guadeloupe et la Martinique pourraient être confrontées dans les toutes prochaines années à une combinaison économique , financière, et technologique particulièrement dangereuse : la vie chère, le ralentissement de l’activité et l’accélération de la robotisation. Jusqu’ici, les débats ont surtout porté en Guadeloupe et Martinique sur le pouvoir d’achat et le prix des produits. Mais le problème pourrait bientôt changer de nature : après avoir attaqué le portefeuille des ménages, la crise risque d’atteindre directement l’emploi.La véritable menace qui se profile pour la Guadeloupe et la Martinique n’est peut-être pas seulement celle de la vie chère, du ralentissement économique ou de la crise des finances publiques françaises. Elle réside dans la conjugaison de ces phénomènes avec une transformation silencieuse du travail : l’automatisation accélérée des services et des commerces. Lorsque les entreprises voient leurs charges augmenter, que le pouvoir d’achat des ménages s’érode et que la consommation ralentit, la réduction des coûts devient une priorité.<p>  Lire Plus

Sunrise Airways poursuit son développement depuis Cap-Haïtien

Sunrise Airways : dans le ciel fracturé d’Haïti, une compagnie refuse de disparaître

– Par Rodolf Etienne

Dans un pays où les routes sont devenues dangereuses et les aéroports vulnérables, faire décoller un avion relève désormais autant de l’acte économique que de la résistance nationale.

Alors que Port-au-Prince demeure isolée par la violence et que plusieurs transporteurs internationaux ont déserté le pays, Sunrise Airways, la compagnie aérienne haïtienne, ne se contente plus d’assurer quelques liaisons de survie : elle tente de construire un véritable réseau reliant Haïti, sa diaspora et le reste de la Caraïbe.

Il existe des entreprises dont l’activité dépasse progressivement leur fonction première. Sunrise Airways appartient aujourd’hui à cette catégorie.

Créée en 2010 par l’entrepreneur et pilote haïtien Philippe Bayard, la compagnie est devenue l’un des derniers instruments permettant à Haïti de maintenir une continuité aérienne avec son territoire, sa diaspora et son environnement régional.

Sa devise : Connecting people, not just places – relier des personnes et pas seulement des destinations – prend, dans le contexte haïtien, une portée singulière. Lorsqu’une route terrestre peut signifier racket, enlèvement ou affrontement armé, un vol intérieur ne constitue plus un simple service commercial.<p>  Lire Plus

L’éphéméride du 3 septembre

Entrée en vigueur de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes le 3 septembre 1981.

La Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (en anglais Convention on the Elimination of All Forms of Discrimination Against Women, CEDAW) a été adoptée le 18 décembre 1979 par l’Assemblée générale des Nations unies. Elle est entrée en vigueur le 3 septembre 1981 après avoir été ratifiée par 20 pays.

Les États-Unis l’ont signée en 1980 mais ne l’ont toujours pas ratifiée. Les États qui n’avaient pas signé le traité lors de son entrée en vigueur y adhèrent aujourd’hui, sans le signer. Le dernier État en date à l’avoir fait est le Qatar, le 29 avril 2009. De nombreux pays l’ont signé en émettant toutefois des réserves, de nature à fortement en affaiblir la portée. Aujourd’hui, les seuls membres de l’ONU à n’avoir pas adhéré à la convention sont le Vatican, l’Iran, la Somalie, le Soudan et les îles Tonga.

La présidente du CEDAW est actuellement Dalia Leinartė.

Cette convention est adoptée dans la lignée de l’année internationale des femmes de 1975.<p>  Lire Plus

Renaissance Africaine : La nouvelle conquête énergétique du continent

– Par Rodolf Étienne

Au moment où l’Europe redécouvre brutalement sa vulnérabilité énergétique et recherche de nouveaux fournisseurs, l’Afrique, elle, redevient l’objet de toutes les attentionsL’Afrique nouvelle devra-t-elle encore exporter ses nombreuses matières premières pour ensuite importer les produits, technologies et services fabriqués avec elles ?

Pétrole namibien, gaz tanzanien et mozambicain, cobalt congolais, cuivre, manganèse, uranium, solaire, hydroélectricité : l’Afrique possède une part considérable des ressources nécessaires au monde d’aujourd’hui comme à celui de demain.

Il suffit parfois d’une simple crise pour que les cartes que l’on croyait connaître changent brutalement de couleur ou, plus simplement, de mains. Ainsi, pendant plusieurs années, l’Europe a parlé de sortie des hydrocarbures, de neutralité carbone, d’électrification et d’économie post-pétrolière. Puis sont venues les guerres, les tensions commerciales, la rupture avec une large partie du gaz russe, les inquiétudes autour du Moyen-Orient et des routes maritimes.

Le vocabulaire a changé, change encore et changera certainement encore avec les années. On reparle de sécurité énergétique, de stocks, de raffineries, de gaz. Et, surtout, dans ce contexte nouveau, tous les regards se tournent directement vers l’Afrique.<p>  Lire Plus

Elections présidenteilles françaises ( V) ; Programmes et dynamiques

— RS n° 462 du lundi 31 août 2026 —

Notre précédent article visait à évaluer la proposition programmatique de Jean-Luc Mélenchon concernant l’indépendance de la Kanaky. Du fait de l’alliance conçue sur cette base avec le mouvement national kanak, ce pas en avant dans le sens de l’autodétermination du peuple kanak entre dans une dynamique positive. Toutefois, si celle-ci ouvre bien la voie à une échappée émancipatrice, elle ne débouche pas fatalement sur une certitude de victoire. Il en est d’ailleurs ainsi du reste.

En dépit des cris d’orfraie amplifiés par les médias asservis, le programme de LFI (La France insoumise) ne revêt pas un caractère à proprement parler révolutionnaire. Son anticapitalisme n’est pas la planification du renversement pur et simple du capitalisme que nous considérons, nous, comme la condition d’une survie digne de l’humanité. Mais le programme auquel LFI accorde une importance cardinale, ouvre la perspective d’une rupture claire avec toutes les orientations social-démocrates ou social-libérales d’accompagnement et d’aménagement du capitalisme.

Jean-Luc Mélenchon affirme sans ambiguïté que la seule façon de barrer la route au fascisme des temps modernes, c’est d’affronter le système au nom de l’intérêt collectif humain.<p>  Lire Plus