— Par Mathieu Yon —
Il faut lire de toute urgence le poète Monchaochi. L’urgence vient de l’imminence où nous sommes d’une perte de parole, que l’omniprésence des mots tente de masquer. Mais entendons-nous bien. Il ne s’agit pas d’en dire plus. « Ils veulent prendre la parole : mais c’est prendre l’écoute qui enivre, déplace, subvertit ».
La prise de parole est une manière de la taire, de l’empêcher de dire. Et cela, il faut le voir clairement. La lecture de Monchoachi, à travers STREITTI et Retour à la parole sauvage, ouvre une clairière dans l’esprit. Une bouche créole tend la main à l’Occident malade d’une langue, qui ne signifie rien d’autre qu’une signification totale, comme si le monde s’était concrètement réduit, par un usage outrancier des discours ayant le pouvoir presque « surnaturel » de rendre muet.
Dans mon champ pourtant, au toucher de la terre, j’entends le lieu crier. Le lieu ne parvenant plus à se dire (le lieu-dit), il s’est mis à hurler. Mais nulle oreille pour entendre, que des bouches bouchées. Reste les mains. « A la différence de la parole qui passe son temps à courir après elle-même, la main qui œuvre ne sombre jamais dans le ressentiment.


— Par Gary Klang —-
— Par Sabrina Solar —
Journée internationale du créole 2024 : la vision indocte et rachitique de l’Akademi kreyòl ayisyen mène une fois de plus à une impasse
La main fantôme
La Martinique traverse une nouvelle crise. Mais toute crise demeure une opportunité. Les perceptions sont aiguisées, et ce qui semblait secondaire, voire impossible, peut soudain devenir praticable.
— Par Sarha Fauré —
Le ministre Antoine Augustin dépose une demande d’audit financier
Constat d’échec
Difé !
— Par Robert Berrouët-Oriol, l
Han Kang, figure incontournable de la littérature coréenne contemporaine, a su conquérir le monde littéraire avec une œuvre profondément marquée par la douleur, la violence et la résilience. À 53 ans, elle devient la première femme coréenne à recevoir le Prix Nobel de littérature en 2024, une reconnaissance qui couronne une carrière déjà impressionnante, façonnée par des récits à la croisée du fantastique, de l’histoire et de l’introspection psychologique.
— Par Gary Klang —
Amazones blues
Japé japé’w chyen
— Par Robert Berrouët-Oriol, l
Mon ami allemand s’appelait Fritz Kahl et vécut si longtemps en Haïti qu’il parlait le créole aussi bien que sa langue maternelle. Je veux ici raconter son histoire pour montrer que dans les armées d’Hitler tout le monde n’était pas nazi. Qui plus est, Fritz était communiste. Mais il dut faire la guerre tout simplement parce qu’il était allemand. Son frère Herbie périt sur le front russe, aviateur comme lui. Fritz m’a souvent raconté ses propres exploits guerriers et la méthode des SS qui, pour l’endurcir, le mettait nu dans la neige en plein hiver.
En mai 2023, l’Assemblée territoriale de la Martinique avait adopté une délibération historique visant à reconnaître le créole comme langue co-officielle de l’île, aux côtés du français. Cet acte marquait un moment fort, survenant peu après les célébrations du 175e anniversaire de l’abolition de l’esclavage. Cependant, cette initiative a rapidement été contestée par le préfet de Martinique, Jean-Christophe Bouvier, garant de la légalité des actes des collectivités locales. Il avait demandé à la Collectivité territoriale de Martinique (CTM) de retirer ce texte, avant de saisir le tribunal administratif de Fort-de-France.
Le «
— Par Patrick Mathelié-Guinlet —
Les difficultés de la Martinique ne se résument pas à la question de la vie chère, estime l’écrivain, alors que des protestations secouent l’île. Il dénonce une économie artificielle, orientée vers la France et l’Europe, qui ignore toute opportunité pouvant surgir des Caraïbes ou des Amériques.
— Par Robert Berrouët-Oriol, l
Sa man-yé ?