Me Voilà
Je suis là et las heureux mais vieux plus près de Dieu qu’eux
Je porte mon carcan quand l’écran dépeint le cran des camps
Où l’esclave se lave de la lave que bavent ses blessures graves
Pourtant le temps suspend son vol dérobant le puissant vent
Je suis ici avec mes soucis je prie car je suis pris et incompris
Je porte mes chaînes que je traîne dans la plaine avec peine
Où mes ascendants et mes descendants couleront leur sang
Bien que rien ne les retienne de nos chagrins de sales Africains
Je suis cette bête sans tête un analphabète que le colon guette
Je voyage avec rage vu mon âge comme dit l’adage du carnage
Où les chasseurs sans cœur ne pleurent pas mes amères douleurs
Pourquoi sous le toit de la hutte je bois mes loas sans avoir droit
Jean l’enfant sans maman que l’encens prend et rend aux sacrements
Je suis déraciné dénaturé déshumanisé abusé martyrisé par les abbés
Où l’autochtone s’adonne en automne et donne sa vie pour la madone
L’évolution de la révolution pour l’abolition a la nation en abomination
Jean-Bernard Bayard
Quand
Quand nous serons au bord de cet abîme mortel
De ce regard saint ne verrons-nous pas l’immortel
Qui nous sera cette vision de notre père spirituel
Au seuil du paradis à nous faire un sourire paternel

Résumé
Anba bonm
— Par Patrick Mathelié-Guinlet —
L’inconcevable
Drogué!
Lanmen-mwen
— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —
— Par Robert Berrouët-Oriol, —
— Par Robert Berrouët-Oriol (*) 
Avec
Jade Amory
— Par Patrick Mathelié-Guinlet —
— Par Daniel M. Berté —
— Par Patrick Chamoiseau —
Une nuit à penser.