Catégorie : Littératures

Nouvo Woch

— Par Daniel M. Berté —

Nouvo Woch

Atansyon-pokosyon-lapo-lonyon sé jou tala…

 

Woch ka volé
ka vòltijé
ka simewjé anlè lepeup

Woch pawol dlo
pawol flo
pawol blo ka tonbé an jaden lepeup

Woch watsap
fésbouk
iks ka antré adan kay lepeup

Woch féknwouz
gorafi
troll ka tronpé lepeup

Woch konférans
enterviou
trak ka terbolizé lepeup

Woch ponmes
ti-tap-an-do
dèmen-gratis ka rivé an kwayans lepeup

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Critique Littéraire : Analyse du chapitre XVI de l’inconnu de Mer Frappée de Robert Lodimus

Le chapitre XVI de L’inconnu de Mer Frappée de Robert Lodimus, intitulé « LA CHASSE AU COMMUNISME », propose une critique acerbe des idéologies politiques et de l’instrumentalisation de la démocratie. Lodimus analyse comment la démocratie est détournée pour justifier la mauvaise gouvernance et la « chasse aux sorcières » idéologiques, agissant comme un « nirvana ante mortem » ou un opium pour les dominés. 

Points clés de l’analyse :

  • Critique de la démocratie : L’auteur dénonce une démocratie profanée, qui masque la tromperie consciente et la mauvaise gouvernance.

  • Logique de domination : Le chapitre souligne que le concept de démocratie est utilisé par les dominants pour maintenir les dominés dans la résilience : une sorte d’opium.

  • Idéologie et Conflits : Lodimus questionne pourquoi le partage équitable des ressources (communisme) engendre autant de haine et de conflits, faisant écho à Goethe.

  • Liberté naturelle vs Droits acquis : Il oppose la liberté innée aux droits naturels souvent bafoués par les structures politiques actuelles. 

Le chapitre XVI s’inscrit dans une réflexion plus large de l’œuvre sur les injustices, la « chasse » idéologique et l’appel à une prise de conscience pour une véritable révolution sociale et économique, notamment dans le contexte haïtien. 

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1 jour – 1 mot

— Par Patrick Chamoiseau —

5-02-2026.
Stimulants échanges avec les collégiens et Lycéens du François.

Écrire, c’est lire.
L’écrivain est à la fois un artiste de la lecture et un artiste de l’écriture. Il développe son langage dans la matière de sa sentimenthèque et dans celle des langues qui sont autour de lui.

Créer, c’est admirer.
L’artiste compose son irréductible singularité dans un tissu d’admirations. Je n’ai jamais cessé d’admirer.

~

27 01 2026
Avec les classes de Philosophie Humanité Littérature. Couvent de Cluny.

L’existentialisme (celui de Sartre et celui de Camus), devrait nous aider à échapper aux dominations, aux déterminismes, à l’insidieuse absurdité, qu’ils soient extérieurs ou intérieurs.

Seulement, impossible d’y échapper vraiment.

Être libre, c’est alors cultiver une haute conscience de ces contraintes et les traiter du mieux que l’on peut.

Cela revient à placer ses propres « devenirs » dessous le signe, tellement humble et superbe, de la Beauté .

21/06/25
Rencontre échanges-réflexions avec les conseillers pédagogiques du Rectorat de Martinique.

Comment passer du monde ancien (communautés) au monde de la Relation (individuations imprévisibles) ?

De manière individuelle, nous sommes désormais plongés dans un vortex relationnel.

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« L’Écho d’avant » d’Emmanuel de Reynal

Et si le progrès nous avait volé l’essentiel ?
Dans un futur proche, le dataïsme a tout envahi. Chaque émotion, chaque geste est filtré, noté, archivé. La liberté a cédé la place à la conformité algorithmique.
Naomie, jeune journaliste calibrée pour produire des chroniques rapides, reçoit une mission anodine : écrire un papier nostalgique sur « le monde d’avant ». Trois minutes de lecture, pas plus. Mais lorsqu’elle rencontre Le Gardien, dernier témoin d’une époque sans écrans, tout bascule.
De carnet en carnet, elle découvre un univers disparu : la lenteur des repas partagés, l’attente sans smartphone, les lettres d’amour, les voisins que l’on connaît, les slows qu’on danse en tremblant… Chaque page fissure ses certitudes, éveille un manque qu’elle ne savait pas nommer.
Entre mémoire vive et mémoire effacée, L’Écho d’avant explore avec intensité la question qui nous guette tous : que restera-t-il de notre humanité quand tout sera optimisé ?

Un roman d’anticipation poétique et lucide, où le passé devient la dernière utopie possible.

Emmanuel de Reynal | Parution le 05/02/2026 | 284 pages – 23 € | Broché – Format : 135 x 215 mm | Collection : Rue des écoles | EAN13 : 9782336594576

*****

Emmanuel de Reynal, né à Fort-de-France le 10 septembre 1965, est un chef d’entreprise et un écrivain français engagé dans la vie économique et sociale de la Martinique.

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« Consumérisme » & « City Blues »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Consumérisme (Le 10ème cercle oublié de l’Enfer)

Dansent, dansent ces âmes
dans des corps de robots
leur pantomime infâme,
leur infernal tango :

la danse de Saint-Guy
des achats à crédit
que leur jouent les démons
de la consommation…

La musique d’enfer
de ces publicitaires,
leurs mirages de mots
empêchent tout repos
de leurs pauvres suppôts !

Volontaire esclavage,
fatal endettement,
tels seront les ravages
d’un fol entêtement
et sombre aveuglement…

Et lorsqu’au moindre vent
le désordre les prend,
est cet attachement
la corde qui les pend
constamment tout vivants !

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L’inconnu de Mer frappée : Chapitre XVI

— Par Robert Lodimus —

Chapitre XVI

LA CHASSE AU COMMUNISME

« Pourquoi faut-il que ce qui fait la félicité de l’homme devient la source de son malheur », écrit Goethe dans « Les Souffrances du jeune Werther »? S’organiser pour vivre ensemble, accepter les idées progressistes qui exhortent à partager équitablement ce que la nature met gratuitement à notre disposition ne devrait pas causer tant de chagrins et soulever tant d’inimitiés et d’aversions parmi les créatures pensantes. La seule source de bien-être pour les êtres humains est de réapprendre à vivre ensemble. Si l’humanité se porte mal, si les rivières, les étangs, les fleuves, l’océan sont devenus rouges de violence et de sang, c’est bien parce que le monde se divise en deux : les forts et les faibles, les dominants et les dominés. Les forts, les dominants, déclarent la guerre, tuent, pillent, dépouillent et esclavagent. Les faibles, les dominés, abdiquent, se soumettent, abandonnent, fuient ou crèvent dans les mornes et les vallées. En clair, cela s’appelle l’injustice sociale, l’inégalité économique. Il s’agit d’un système de « vautourisation » globalisé érigé par les pays colonialistes, et qui continue de dérégler, de désarticuler le mode de vie originelle des terriens vulnérables.

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L’Akademi kreyòl ayisyen : culte éborgné de l’impunité ?

L’Akademi kreyòl ayisyen bénéficie-t-elle en Haïti du culte éborgné de l’impunité ?

— Par Robert Berrouët-Oriol —

« Haïti, dans son rapport à la mémoire, a un problème particulier. Duvalier représente un sommet dans l’histoire des crimes perpétrés par les pouvoirs politiques en Haïti mais il faut rappeler qu’il y a dans l’histoire d’Haïti une pratique de l’impunité, de l’amnésie » ; (…) Laënnec Hurbon, convaincu que la lutte contre l’impunité a un effet émancipateur, a plaidé pour une véritable ritualisation de la mémoire. « La mémoire abstraite n’existe pas. Il faut des cadres matériels, des repères matériels qui permettent de réintégrer les victimes dans le monde des vivants » (source : Collectif Haïti de France / Le Nouvelliste, 26 avril 2016). Au moment de rédiger le présent article, nous prenons encore une fois toute la mesure de l’exceptionnel apport du sociologue Laënnec Hurbon à la compréhension du mode de fonctionnement de la société haïtienne sur les registres de l’histoire, des rapports socioéconomiques et des rapports symboliques/politiques. Les enseignements de Laënnec Hurbon éclairent avec hauteur de vue les articulations du pouvoir en Haïti où caracolent l’impunité et l’amnésie volontaire à tous les étages du corps social haïtien (voir deux des livres de référence de Laënnec Hurbon, « Comprendre Haïti.

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Adan Djjol Tan : Chenfè mil tet-la, de Térèz Léotin

Par Jude Duranty

Térèz Léotin ka ba an kanmo asou Anonsiad Kalimo, adan labadijou lavi’y, i la ka limen an lanp laviej pou rakonté pliziè mòso tan lavi’y. Tan latit lè i té tianmay lékol jik lè tan i vini gran-bibich épi plen sajes.

Dapiyan asou la Gres

Adan mes mitoloji La Gres, Kwonos sé Bondjé tan-an, papa lè, douz lè lannuit, douz lè lajounen. Kwonos pé sav sa ké pasé, i pé tjilé oben vansé adan ladivini, adan lepasé ek i pé sav sa ki pé fet.

Albè EINSTEN té ka di konsa : « Anned’ tan bò an bel fanm, ou sé di i ka diré an minit. An minit asiz asou an fou ka brilé, ou sé di i ka diré annè. Sé sa i ka kriyé : la « Rilativité ». Ou sé di tan-an pa janmen ka woulé menm manniè :

  • I ka fè létè lè ou ka fè an bagay ou jaja.

  • I ka pran tan fè tan lè ou ka anmegdé kow.

  • I ka woulé woulé’y lè ou ka vini vié.

Lè ou ka gadé an ti-zédjui mont, ou sé di i ka vansé a menm vites-la, toutfwazékant sé Grek-la ni twa manniè nonmen tan-an :

  • Kwonos : tan dékatjé pa ti mòso

  • Kairos : sé bon moman-an pou fè an bagay.

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Douze articles consacrés au bilan de l’Akademi kreyòl ayisyen de 2015 à 2025

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

La pensée critique est un processus intellectuel qui consiste à analyser, évaluer et interpréter des informations de manière logique et objective. Elle implique une analyse systématique des enjeux, des idées et des événements, ainsi qu’un questionnement des préjugés et des opinions préconçues. (Université d’Ottawa, n.t., n.d.)

Qualifié d’État voyou par les uns, d’État gangstérisé ou encore d’État failli par les autres, l’État haïtien dispose pourtant d’un vaste arsenal de textes juridiques élaborés en vue de réguler la vie en société et d’encadrer l’exercice du pouvoir à tous les étages de l’édifice social. L’ordre juridique haïtien comprend divers textes, notamment le Code pénal, le Code de commerce, le Code rural, le Code douanier, le Nouveau code de procédure pénale, etc. Il comprend également des conventions, des arrêtés, des décrets et décrets-lois dans nombre de domaines, entre autres le « Décret encadrant l’exercice de la liberté d’expression », le « Décret portant organisation et fonctionnement de la Haute Cour de justice », le « Décret du 17 mai 2005 portant organisation et fonctionnement de l’administration centrale de l’État », etc.

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« Les mots », de Gary Klang

— Par Gary Klang —
Les mots

Les mots sont fatigués mes frères

Tous ces grands mots qu’on nous jette à la face

Ils ont un goût de vomissure

 

Comme ces sources puantes

Près de la mer caraïbe

Où enfant je plongeais joyeusement

Malgré l’odeur de soufre

 

Les mots sont fatigués mes frères

Les mots en ont assez

Et plus personne n’y croit

 

Les mots divisent

Les mots séparent

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L’inconnu de Mer Frappée : Chapitre XV, dix-septième extrait

— Par Robert Lodimus —

Chapitre XV

L’ADIEU

« Le combat n’a pas cessé, car il y a encore des combattants. Il ne pourra réellement prendre fin qu’avec la victoire du Bien sur le Mal. »

(Robert Lodimus)

Je me souviens toujours des paroles de Montaigne que j’ai déjà rapportées dans un chapitre précédent et que je paraphrase ici: « Dieu a donné aux humains accès aux connaissances pour les tourmenter. » La connaissance détient pour chacun de nous le fardeau de la preuve. Elle accuse. Elle culpabilise. Elle représente le ministère public au tribunal de l’histoire par devant lequel nous sommes appelés à répondre de tous nos actes : bravoure, héroïsme, grandeur d’âme, lâcheté, indignité, cruauté, cynisme… L’histoire nous acquittera, comme elle l’aura fait pour Fidel Castro; ou nous sanctionnera, comme Benito Mussolini, Adolphe Hitler et même, dans un certain sens, Joseph Staline… En situation de connaissance de cause, l’immobilisme, le résignationnisme, l’indifférence, l’insouciance… deviennent inexcusables. Punissables. La Cour a le pouvoir de condamner un individu pour « non assistance à une personne en danger », et cela, sans qu’il soit reconnu et déclaré l’auteur du crime.

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Mové bwi

— Par Daniel M. Berté —

Mové bwi

« An bann bandi bandé mété bankoulélé san bekmè ni baramin.
Yo ba Matnik bon baton épi fè’y bastjilé dan la bandisité. »
Kronik bandisitay

Po ! Po ! Po !
Mami di sé fizi !
Sizi di sé péta !
Yonn tonbé blo !

Pan ! Pan ! Pan !
Mami di révòlvè !
Sizi di fédawtifis !
Yonn tonbé bouf !

Touwf ! Touwf ! Touwf !
Mami di sé kalach !
Sizi di sé banboch !
Yonn tonbé bong !

Rrratatatatatatatata !
Mami di mitrayet !
Sizi di sé lafet !
Yonn tonbé bidim !

Boum ! Boum ! Boum !
Mami di sa sé bonm !
Sizi di sé labonm !
Yonn tonbé boudoum !

Dong ! Dong ! Dong !
Mami di sa sé gla…
Sizi pa di… Yo tjwé’y…
Kloch ka di Yonn pri… Yonn pri…

Enben ! Enben ! Enben !
Mami la ka pléré…
Sizi ki ped lavi…
Dlo-zié’y ka néyé tjè’y…

Daniel M. Berté 140126

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Présence de La Boétie

— Par Patrick Camoiseau —

Formidable séminaire d’échanges et de discussions avec les professeurs de Lettres de l’Académie de Martinique.

… Dans son « Discours sur la servitude volontaire » Étienne de la Boétie nous a rappelé que toute domination entraînait une aliénation de l’imaginaire du dominé. Ainsi, tout dominé intériorise le « Grand récit » qui lui est imposé et participe activement à sa propre sujétion.

Césaire en a tiré la leçon : son « Cahier dun retour au pays natal » n’est rien d’autre qu’une formidable catharsis : l’auto-nettoyage d’un imaginaire colonisé qui inaugure ainsi son émancipation mentale.

Fanon ne fera pas autre chose en explorant le psychisme du colonisé et en oeuvrant à la nécessité d’une violence refondatrice, interne et externe, symbolique et concrète.

Dans « Pluies et vents sur Télumée miracle », Simone Schwarz-Bart (pour moi la plus grande présence littéraire de la Guadeloupe avec Saint John Perse), détaille l’alchimie poétique et mentale par laquelle son héroïne, sous le pire de la domination, élève jusqu’à une miraculeuse dignité libératrice, sa propre vie inscrite dans celle de son pays.

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L’éphéméride du 22 janvier

Léon-Gontran Damas décède à Washington le 22 janvier 1978

Léon-Gontran Damas (né le 28 mars 1912 à Cayenne, mort le 22 janvier 1978 à Washington, DC), est un poète, écrivain et homme politique français.

Il est cofondateur du mouvement de la négritude avec Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor dans les années 1940. Grand amateur de jazz, il publia en 1937 Pigments, recueil de poèmes préfacé par Robert Desnos où il se révolte avec violence contre une certaine éducation créole d’inspiration bourgeoise qu’il voit comme une acculturation imposée. Un de ses grands thèmes est la honte de l’assimilation. Engagé dans la politique, il fut député de Guyane.

Il fit à Paris des études de droit puis, à l’École des langues orientales, de russe, de japonais et de baoulé.

Biographie
Allée des Trois fleuves à Cayenne, dont le nom fait référence à Black-Label de Léon-Gontran Damas.

Léon-Gontran Damas est né à Cayenne, dernier des cinq enfants de Ernest Damas (1866-?), mulâtre européen-africain, et de Marie Aline (1878-1913), métisse amérindienne-africaine originaire de Martinique. Une sœur jumelle, Gabrielle, née quelques minutes avant lui, mourut en bas âge.

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« 2O26… » & « Dyab-la ! »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

2O26…

On ne sait pas à quoi s’attendre
car l’avenir n’est pas si tendre…
À la paix on voudrait prétendre
mais Gaza n’est qu’un tas de cendres !

Du coup, pas question de souhaiter
dans ces conditions :“Bonne année !”
car rien ne peut nous assurer
que nos vœux seront exaucés…

D’ailleurs en faire est inutile
quand nul dieu ne peut les entendre…
Vivre aujourd’hui n’est pas facile :
on a parfois envie de rendre

les armes et puis d’aller se pendre
ou dans les drogues d’oublier
les atrocités de la guerre
et l’âpreté de la misère !

Lors, on ne peut qu’attendre et voir
si un jour renaîtra l’espoir,
comme un phénix dans nos cœurs,
que reviennent des temps meilleurs !

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Le grand retour à la poésie du poète Robert Berrouet-Oriol : « Simoun »

(Article du linguiste Hugues Saint-Fort paru en Martinique sur le site Madinin’Art (24 juillet 2021. Actualisé et soumis à Rezonòdwès le 19 janvier 2026)

Le nom et l’œuvre littéraire de Robert Berrouët-Oriol sont entrés dans la littérature québécoise en 1986 par le truchement de son célèbre article titré « Effet d’exil » paru dans la revue culturelle Vice Versa et consacré à l’émergence des « écritures migrantes » (Robert Berrouët-Oriol : « L’effet d’exil » in Vice Versa, no 17, décembre 1986-janvier 1987). Depuis, l’expression « écritures migrantes » est devenue un des concepts clé de la littérature québécoise, un texte fondateur que Berrouet-Oriol a utilisé pour distinguer « entre deux notions voisines pour définir la double originalité de ces écritures : « voix migrantes » pour signifier qu’elles sont venues d’ailleurs, et « voix métisses », pour préciser qu’elles s’hybrident au contact des voix d’ici » (Beniamino et Gauvin 2005). 

Berrouët-Oriol a poursuivi une activité strictement littéraire en publiant en 1986 Lettres urbaines ; en 2009 En haute rumeur des siècles ; en 2010 Poème du décours qui a gagné le grand Prix du livre insulaire Ouessant en France ; en 2013 Découdre le désastre, suivi de L’ile anaphore qui a reçu la Mention d’excellence de la Société des écrivains francophones d’Amérique ; en 2016 Éloge de la mangrove

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L’inconnu de Mer Frappée : Suite du chapitre XIV

— Par Robert Lodimus —

Suite du chapitre XIV

Le Maître et le disciple

J’ai senti les mains d’une colère rageuse sur la gorge du docte duquel, depuis un laps de temps, je suis devenu l’allocutaire enfiévré, dans cette zone pauvreteuse, tristement délabrée de Carénage et de Sans raison, qui porte le nom de Mer Frappée. C’est la première fois que je voyais le personnage, ordinairement calme, tout à fait confiant et sûr de lui-même, dans un état pareil. Ses nerfs semblaient se dilater à la frontière de l’éclatement. Ils étaient gonflés comme des ballons remplis d’hélium. Je ne lui ai pas demandé davantage d’explications. Des nuages d’épouvante assombrissaient encore le ciel de la république insultée et choquée, comme le père de Rodrigue Le Cid. Nous étions le 10 juin 1967. Deux jours après l’exécution spectaculaire et révoltante des « dix-neuf officiers duvaliéristes » à Fort Dimanche. Le « président à vie » venait de gifler pour la énième fois le peuple haïtien. Trois ans après l’assassinat en public de Marcel Numa (21 ans) et de Louis Drouin (32 ans), la perpétration du massacre des Jérémiens, le malade psychopathologique avait récidivé dans l’affaire macabre et scandaleuse des militaires fanatiques, accusés d’ourdir un complot, de tramer une conspiration pour l’évincer du pouvoir et l’assassiner avec sa famille.

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« Peuple Haïtien! » & « Le Monde »

— Par Jean-Bernard Bayard —-
Peuple Haïtien!
Pousse tes cris de désespoir oh peuple si opprimé
Victime du courroux occidental et de tes dirigeants
Toi qui par ton sang as su gagner ton émancipation
Lève-toi encore une fois et réclame ta fière liberté

Tes racines sont peut-être profondes et nombreuses
Mais des prédateurs et des parasites les ont rongées
Et le tronc de l’arbre de la liberté n’a jamais repoussé
Il te faudra éliminer tes détracteurs locaux et étrangers

Dénué de toute cohésion ta pirogue erre sans gouvernail
Tes ressortissants se chamaillent comme des nécrophages
Le monde entier t’avilit et te traite pire que son excrément
Si tu ne te relèves pas personne d’autre ne le fera pour toi

Reprends ta grande collectivité d’indomptables grenadiers
Défends donc avec tout ton courage ta vertueuse humanité
Redeviens le phare de la cruelle décolonisation occidentale
Et une fois pour toutes garde ta place de la reconnaissance

Jean-Bernard Bayard

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2026 pou sèvi lakoz lanng kréyol-la tou.

— Par Térèz Léotin —

Dépi an tan tan koumansé fè tan, chouval-bwa lé zanné ka tounen tounen’y, é sé pa jòdi. An lanné ka pati, ek san ped tan, anlot ka rivé lamenm dèyè’y, jikkont pou kous kouri sé 365 jou-a pé toujou kontinié bay alé yo. Nou tout sav sa. Kon tout lézot avan’y, lanné 2025 tounen tounen’y tou, i débatjé zanmi, i kontinié alé épi sa ki té za abò ek i batjé dot. Sé lavi ki lé’y. Lanné 2025 kité dèyè’y, moun ka kontinié hélé anmwé an Palestin, Mayot, Bénézwel, Matinik, ek toupatou dot koté éti ladézespérans pozé patjé’y ek la démokrasi pòkò menm sav ki jou i kay koumansé ralé kalpat. I kité Latè ka kontinié fè jik pwop koy menm lapenn. I kité’y la dé lanmen’y bwaré ka prédié, pou laglas pa kontinié fonn, pou lanmè pa valé lilet, é pou toupatou pa tounen dézè, nonpli. I kité Latè la ka mandé padon ba fot, limenm pa jenmen konmet.

Kidonk pou kriyé Latè za kriyé sové’y, pou sin i za ban nou, es fok pa an 2026 nou fini pa wè i ka ralba poubon, pou nou pòté mannev avan two ta baré nou.

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Conférence « Hurler les failles »

Autour de la revue haïtienne des cultures créoles DO-KRE-I-S

Mardi 13 janvier à 18h30 
Tropiques Atrium – Scène nationale de Martinique
Salle Frantz Fanon
Entrée libre

Créée en Haïti, la revue DO-KRE-I-S est une publication annuelle bilingue (créole/français) consacrée aux langues et aux cultures créoles à l’échelle internationale. Depuis 2017, elle s’inscrit dans une démarche éditoriale exigeante visant à valoriser la création contemporaine et la réflexion critique issues des mondes créolophones, tout en favorisant les circulations entre territoires, disciplines artistiques et champs de pensée.

La revue se donne pour mission de constituer un espace de référence pour la création, la recherche et la transmission autour des cultures créoles. Chaque numéro s’articule autour d’un thème fédérateur — Voyage, Miroir, Marge(s), Traces, Fête, Fragment(s) / Mòso, Turbulence(s) / Dezòd — permettant d’interroger les dynamiques de la créolisation, de la mémoire, du déplacement et des héritages coloniaux dans une perspective à la fois esthétique, politique et sociale.

DO-KRE-I-S rassemble des contributions issues de la littérature, des arts visuels, de la photographie, de la recherche universitaire et de la critique. Elle propose des récits intimes, des essais et des œuvres plastiques qui explorent les notions de fragment, de désordre, d’hybridation et de travers comme des forces créatrices capables de remettre en question les hiérarchies culturelles, les processus d’assimilation et les formes de domination.

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Cépérou, veilleur des commencements

Aéroport de Cépérou

— Par Patrick Chamoiseau —

C’est en Guyane, dans la ville de Cayenne, sur le mont Cépérou.

Cépérou fut un chef amérindien de Guyane, probablement issu des peuples Galibi/Kalinago, présent au début du XVIIᵉ siècle, à l’instant terrifiant où l’Europe colonialiste aborde les rives de l’Amazonie.

Cépérou régnait — ou plutôt veillait — sur la zone d’où s’élèvera plus tard la ville coloniale de Cayenne. Dès lors, lorsque les Français arrivèrent, ils ne trouvèrent pas une terre vide, mais un monde habité, pensé, rêvé, cultivé et nommé.

Ils trouvèrent un pays.

Contrairement aux récits borgnes de la « découverte », la rencontre entre Cépérou et les Français relève d’une complexe mise-sous-Relation : échanges obliques, alliances chaotiques, hospitalités tragiques, tensions et trahisons. Le monde entre alors sous domination capitaliste occidentale. Cépérou ne s’agenouille pas. Il se pose, il s’oppose, il propose, il compose, dans les tourbillons du possible et de l’impossible.

Le mont Cépérou, qui surplombe aujourd’hui Cayenne, porte son nom comme on porte une cicatrice lumineuse : c’est un paysage-mémoire et c’est un étendard.

Il dit que l’équation collective guyanaise repose sur une antériorité amérindienne puissante.

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« Un style aux quatre couleurs… » & « Don Quichotte »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Un style aux quatre couleurs…

J’écris des vers en vert
envers et contre tout
car j’aime la Nature
et puis, par-dessus tout,
je respecte la Terre…

Mais si j’écris en bleu,
c’est que me prend le blues
quand j’ai des bleus à l’âme,
que dans mon cœur il pleut
car me quitte une femme
quand je n’ai plus de flouze…

Parfois j’écris en rouge,
tel un bon professeur
soulignant les erreurs,
quand soudain je m’enflamme,
voulant que les choses bougent…
Me monte à la plume le sang
quand je suis en colère
car je vois la misère
du peuple et suis conscient
des souffrances d’enfants

Pour finir, j’écris en noir
en fait la plupart du temps
parce qu’en tant qu’anar,
je refuse la dictature
et dans mon écriture
de noirs traits d’esprit la rature !

Je dépeins le bonheur,
fustige la douleur
avec cœur et sans peur
d’un style aux 4 couleurs !

Don Quichotte

Se mesure la force d’un homme
à sa capacité d’indignation
face à l’injustice et l’oppression !
Moderne Don Quichotte face aux moulins
à paroles et à vent

que sont les politiciens,
religieux prosélytes et publicitaires,
tous ces brasseurs, vendeurs de vent,
menteurs et escrocs patentés

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2026 pou sèvi lakoz lanng kréyol-la tou.

— Térèz Léotin —

Dépi an tan tan koumansé fè tan, chouval-bwa lé zanné ka tounen tounen’y, é sé pa jòdi. An lanné ka pati, ek san ped tan, anlot ka rivé lamenm dèyè’y, jikkont pou kous kouri sé 365 jou-a pé toujou kontinié bay alé yo. Nou tout sav sa. Kon tout lézot avan’y, lanné 2025 tounen tounen’y tou, i débatjé zanmi, i kontinié alé épi sa ki té za abò ek i batjé dot. Sé lavi ki lé’y. Lanné 2025 kité dèyè’y, moun ka kontinié hélé anmwé an Palestin, Mayot, Bénézwel, Matinik, ek toupatou dot koté éti ladézespérans pozé patjé’y ek la démokrasi pòkò menm sav ki jou i kay koumansé ralé kalpat. I kité Latè ka kontinié fè jik pwop koy menm lapenn. I kité’y la dé lanmen’y bwaré ka prédié, pou laglas pa kontinié fonn, pou lanmè pa valé lilet, é pou toupatou pa tounen dézè, nonpli. I kité Latè la ka mandé padon ba fot, limenm pa jenmen konmet.

Kidonk pou kriyé Latè za kriyé sové’y, pou sin i za ban nou, es fok pa an 2026 nou fini pa wè i ka ralba poubon, pou nou pòté mannev avan two ta baré nou.

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Lanné 2026

— Par Daniel M. Berté —

Lanné 2026

An Matnik démilvennsis
Volonté pou pé réyisi

Pou zot lé fi ek lé fis
Kouté bien sa man ka di

Sinon kon tout mové trapis
Tonbé zot ka’y kon bet modi

Kom konsey man ni sis
Tandé pawol filozofi

Yonn : Fo arété lé vyé vis
Pratitjé toulong la verti

Dé : Fo pa zot rété tris
Boustjilé lé tablati

Twa : Fo pa fè kon moun chis
Distribyé sa zot chwézi

Kat : Fo soté wo kon pis
Montré zot pa dé molpi

Senk : Fo rayi lenjistis
Bandé vidjò kon mapipi

Sis : Fo sa fè sakrifis
Goumé red pou zot sa ni

Démilven i ni an plis
Sonjé a bien réfléchi

Zot ka’y ni bel bénéfis
Pou pé sa bien aji

Lanné tala démilvennsis
Mòdé fò adan lavi

Daniel M. Berté 010126

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Ouverture du concours de la SPAF le 2 février 2026

Fondée en 1958 sous le nom de Société Poétique de France, l’association devient en 1960 la Société des Poètes et Artistes de France (S.P.A.F.), marquant ainsi l’élargissement de sa vocation à l’ensemble des arts. Créée par Monsieur Ravard, connu sous le nom de plume Henry Meillant, et soutenue par Laure Maupas, éditrice engagée, la S.P.A.F. s’impose rapidement comme un lieu majeur de rencontre, de reconnaissance et de rayonnement pour les créateurs de son temps. De nombreuses personnalités littéraires et artistiques y adhèrent, contribuant à son prestige et à son succès.

Fidèle à l’esprit de ses fondateurs, la S.P.A.F. a pour mission de rassembler les poètes et les artistes de France et de l’ensemble du monde francophone dans un esprit d’ouverture, de fraternité et de partage. Elle œuvre à encourager la création, à accompagner les talents et à favoriser leur perfectionnement grâce à des actions bénévoles, culturelles et artistiques proposées à ses adhérents.
Elle assure également l’édition et la diffusion des œuvres au sein de sa revue culturelle internationale Art & Poésie, ainsi que dans d’autres publications agréées.

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