Catégorie : Littératures

1 jour – 1 mot

— Par Patrick Chamoiseau —

23 03 2026.
Rencontre avec les classes terminales du lycée de Bellevue et du lycée Schoelcher.

Écrire, cest lire.
Lire, c’est explorer ; relire, c’est habiter.

L’écrivain est un artiste : il crée du langage dans les langues : il les désarme ou les libère — les amplifie ainsi

Les artistes sont ceux qui élèvent l’acte de création au principe même de toute leur existence.

L’acte de création véritable est un geste d’autorité intérieure, de pertinence et de courage. L’assise d’une liberté.

La simple résistance à une oppression peut ne pas fasciner la liberté. Quand l’esprit de création est puissant, la liberté se rapproche toujours, la servitude s’éloigne.

En Art, ce qui est donné d’un coup détient moins de puissance d’enchantement que ce qui est dévoilé dans l’obscur délicieux d’un donné-pas-donné.

L’utopie est au principe du devenir : sa seule matière immédiatement tangible.

Les oeuvres de l’Art n’ouvrent pas à de « l’universel », elles nous offrent des bouleversements
(visites de la Beauté)
qui nous initient à l’impensable diversalité du réel. Elles nous changent et nous nourrissent ainsi…

P.C.

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« Impermanence » & « Le remède »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Impermanence

Ta vie est cool,
calme et tranquille :
ses jours s’écoulent
au chaud dans l’île…

Pour toi tout roule
et puis soudain,
là tout s’écroule !

Surgie au coin
d’un noir destin,
la pire embrouille
tes cartes brouille
et t’as la trouille…

Tu sais, la chance
comme une danse
ça va, ça vient…

Ce qui est haut
devra descendre,
ce qui est chaud
deviendra cendre…

Telle est la loi
de la fortune :
aujourd’hui roi,
demain sans tune !

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Le marché de la traduction créole en Haïti : repères historiques et méthodologiques

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

Montréal, le 21 mars 2026

De toute évidence, il existe un rapport de complémentarité entre connaissances préexistantes et acquisition de connaissances nouvelles à partir de sources extérieures au texte : mieux le traducteur connaît le sujet, moins il a besoin de faire appel à des sources extérieures. Néanmoins, dès que la traduction devient un tant soit peu technique, le recours à des sources extérieures d’information complémentaire est extrêmement fréquent, même quand le traducteur travaille dans sa spécialité. C’est pourquoi on peut considérer l’acquisition de connaissances extérieures (« recherche documentaire » ou « recherche terminologique ») comme partie intégrante du processus de traduction. (« Les outils documentaires du traducteur », par Daniel Gile, Palimpseste, revue de traduction, numéro 8, 1994)

La traduction vers le créole haïtien s’apparente souventes fois au parcours du combattant traversant les yeux fermés le champ miné des bonnes intentions. L’idée selon laquelle un locuteur ne commet pas de « fautes » grammaticales ou orthographiques en créole est répandue chez nombre de sujets parlants bilingues créole-français. Il est tout aussi avéré que depuis nombre d’années des locuteurs dépourvus de la moindre formation académique en traduction s’improvisent « traducteurs » vers le créole : ils se déclarent « compétents » du seul fait qu’ils sont de langue maternelle créole… Une telle autoproclamation, verbalisée comme un indéboulonnable axiome, exprime et alimente l’amateurisme qui est l’une des caractéristiques du marché de la traduction créole en Haïti.

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Vue Ostentatoire » Ou « Na Rich » & « Latchkey Kids »

Vue Ostentatoire » Ou « Na Rich »

Tous ces assoifés petits aspirants et conspirants du pouvoir
Qui détruisent et ne font que forfaits dans tous leurs devoirs
Et n’ont jamais su pour leur pauvre peuple si affamé pourvoir
Ayant toujours des polémiques et propagandes inflammatoires

Nous recevons depuis jeune des informations contradictoires
Cette pure réalité fut toujours difficile pour l’Haïtien d’entrevoir
Nos responsabilités envers la nation haïtienne sont obligatoires
Une patrie ne devrait pas être ni un dépositoire ni un reposoire

La pureté est représentée par le blanc et le mal par le noir
Dans le cas de la diaspora haïtienne comment la percevoir
Peut-on trouver une couleur pour illustrer le mal migratoire
Sont-ils des maux ingrats qui déchirent l’âme de désespoir

Pour comprendre notre cauchemar faut-il voir la trajectoire
Pouvons-nous compter pour nous élucider sur une mémoire
La création d’une nation dans l’abolition est-elle donc illusoire
Avons-nous un conte historique ou une authentique histoire

Assis seul dans l’obscurité je me demande où est la victoire
Dont ils ont tant parlé était-ce une façon pour donner espoir
Je n’ai jamais eu une grande confiance dans mon vrai savoir
Chercher la vérité sur notre réalité identitaire est mon vouloir
Jean-Bernard Bayard

Latchkey Kids
Dans les quartiers urbains pauvres du New-Jersey, où j’enseignais, un petit garçon de sept ans marchait avec sa soeur de cinq ans.

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« Anibal » & « Scrutin de Bulletins »

Anibal
C’est fatal dans la capitale pour Anibal le fils d’Astrubal qui voulait être un avocat total-capital!
Il alla dans un bal de carnaval au chemin des dalles. Là il flirta avec Madame Ti Nal qui lui était un bossal!
Ti Nal lui flanqua trois balles dans le fale. Anibal avec mal alla à l’hôpital Général! Arrivé à l’hôpital, après la réussite chirurgicale, Anibal cassa un bocal en cristal avec un fistibal! l’hôpital lui dit après se scandal d’aller jouer comme un cheval au Morne l’Hôpital! Arrivé au Morne l’Hôpital sur une bicyclette sans pédales il frappa un caporal devant la centrale principale! C’est alors que le général le condamna au tribunal! Ainsi prit fin la cabale principal d’Anibal! Point Final!

Jean-Bernard Bayard

Scrutin de Bulletins
Comment prendre une nation défaillante en main
Qui parmi nous se sacrifiera pour fructifier le sein
De la mère patrie et devenir la racine d’un fier saint
Pour y arriver faut-il collectivement avoir un dessein

Où sont aujourd’hui tous nos braves et intègres citoyens
Seul pays d’esclaves et d’affranchis déchu par des malins
Abruti par la corruption crapuleuse de sales petits lutins
Qui nous causent de l’international d’être traité de crétins

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« Patron-Patronne », de Jean Bernard Bayard

Patron-Patronne

Patronne des Musiciens Sainte Cécile
Patron des dirigeants Saint Imbécile
Patron de toutes les élites Saint Sénile
Patron de tout l’Occident Saint Servile

Patronne de politiciens Sainte Propagande
Patronne de tous les gangs Sainte Bande
Patronne des voleurs Sainte Contrebande
Patronne de tous menteurs Sainte Brigande

Patronne de toutes religions Sainte Hypocrite
Patronne des hommes d’affaire Sainte Faillite
Patronne de tous académiciens Sainte Félicite
Patron de tous les intellectuels Saint Parasite

Patron de tous les civilisés Saint Exterminateur
Patron de tous les colonialistes Saint Exploiteur
Patron de tous les impérialiste Saint Corrupteur
Patron de tous les « Humanistes » Saint Sauveur

Jean Bernard Bayard

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« L’important c’est la route… » & « Train de vie »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

L’important c’est la route…

Comme une grande faim
qu’on a pu apaiser,
repu, le ventre plein,
une fois réalisé,
un rêve n’en est plus un !

L’excitation prend fin…
On se sentait avide
et tellement vivant !
On ne sent plus qu’un vide
qu’un autre doit combler…

Quand on lit un roman,
c’est tout au long des pages
que réside l’attrait.
Celui-ci disparaît
sitôt livre fini…

Et si dans un voyage
ce n’est pas l’arrivée
qui en fait la beauté,
l’intérêt de la vie
n’est certes pas la fin
mais juste le chemin !

Train de vie

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L’apport du traductologue Job Silvert…

… à la modélisation des concepts et du vocabulaire de la traduction en créole haïtien

— Par Robert Berrouët-Oriol —

Le 30 novembre 2025, la créolistique a enregistré un événement majeur : le linguiste-traductologue Job Silvert a soutenu en créole, en Haïti, sa thèse de doctorat intitulée « Tradiktoloji kreyòl ayisyen an kòm lang sib : etid sou fondman teyorik travay tradiktè yo pou yon didaktik tradiksyon kreyòl ayisyen an, soti 2015 rive 2025 ». Cette première thèse de doctorat en créole haïtien fournit aux champs liés de la linguistique appliquée, de la traductologie, de la traduction et de la didactique du créole des instruments théoriques, méthodologiques et opérationnels inédits. Le travail de recherche doctoral de Job Silvert paraîtra bientôt aux Éditions Zémès, à Port-au-Prince, et aux Éditions du Cidihca, à Montréal. Dans l’article que nous avons publié en Haïti peu de temps après la soutenance de la thèse de Job Silvert, nous avons identifié et présenté les différentes séquences de sa recherche doctorale (voir « Haïti / À propos de la thèse de doctorat de Job Silvert en traductologie créole : les 10 pièces au dossier », par Robert Berrouët-Oriol, AlterPresse, 10 décembre 2025).

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L’inconnu de Mer Frappée : Chapitre XVIII

— Par Robert Lodimus —

Chapitre XVIII

LA NOUVELLE

Dans son premier livre des Essais, Michel de Montaigne, l’intellectuel français de la Renaissance, disait que « philosopher, c’est apprendre à mourir. » Montaigne calquait sa réflexion sur la structure épistémologique de Platon, qui, lui-même, l’avait formulée un peu différemment. Me Ludovic reprenait souvent les idées de Sénèque, le stoïcien de Corduba décédé à Rome, pour instruire ses étudiants du « caractère mortel de la vie », ou plus rigoureusement, de la finitude de l’existence. N’est-ce pas vrai que la vie se hâte, comme le paysan presse le pas sur la sente poussiéreuse qui le ramène dans sa chaumière, et que chaque seconde écoulée diminue le temps qui nous est imparti ? L’empereur Hadrien, le personnage de Marguerite Yourcenar, regardait sa fin avancer vers lui, avec une « lucidité exemplaire », sans chercher à se dérober de la fatalité eschatologique. L’autrice des « Mémoires d’Hadrien » tenait à rappeler à chacun de nous que la mort concerne effectivement tous les terriens, et qu’un jour ou l’autre, elle frappera aux portes de nos âmes.

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« Quand, Me Voilà, Le Regard, Engag, Vieillir », de Jean-Bernard Bayard

Me Voilà

Je suis là et las heureux mais vieux plus près de Dieu qu’eux
Je porte mon carcan quand l’écran dépeint le cran des camps
Où l’esclave se lave de la lave que bavent ses blessures graves
Pourtant le temps suspend son vol dérobant le puissant vent

Je suis ici avec mes soucis je prie car je suis pris et incompris
Je porte mes chaînes que je traîne dans la plaine avec peine
Où mes ascendants et mes descendants couleront leur sang
Bien que rien ne les retienne de nos chagrins de sales Africains

Je suis cette bête sans tête un analphabète que le colon guette
Je voyage avec rage vu mon âge comme dit l’adage du carnage
Où les chasseurs sans cœur ne pleurent pas mes amères douleurs
Pourquoi sous le toit de la hutte je bois mes loas sans avoir droit

Jean l’enfant sans maman que l’encens prend et rend aux sacrements
Je suis déraciné dénaturé déshumanisé abusé martyrisé par les abbés
Où l’autochtone s’adonne en automne et donne sa vie pour la madone
L’évolution de la révolution pour l’abolition a la nation en abomination
Jean-Bernard Bayard

Quand
Quand nous serons au bord de cet abîme mortel
De ce regard saint ne verrons-nous pas l’immortel
Qui nous sera cette vision de notre père spirituel
Au seuil du paradis à nous faire un sourire paternel

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« Racines d’identités », de Marie-Andrée Ciprut

Résumé 
Ce live est une recension de mes réflexions sur mes variations d’identités depuis que, à l’âge de 12ans, j’ai débarqué dans la France hexagonale. Petit à petit et d’abord inconsciemment, j’ai réalisé que je n’étais pas UNE mais PLUSIEURS.
D’un point de vue global, les périodes d’esclavages et de colonisations ont donné naissance à différents métissages qui perdurent et se généralisent au XXIe siècle grâce aux grands déplacements humains dans notre planète. Malgré les embuches et les difficultés, Racines d’identités donne une lueur d’espoir puisque, à partir de l’histoire mouvementée de la population antillaise, le livre piste plusieurs exemples tels que les rencontres imprévisibles, les différentes cultures, les couples mixtes, l’adoption, etc., pour démontrer que la rencontre avec l’Autre différent nous change et change notre relation au monde.
Force est de constater dès lors que tout individu a plusieurs racines, que chaque personne ne possède pas une mais PLUSIEURS identités.
Marie-Andrée Ciprut-Armède
Racines d’identités,
Mahury éditions, janvier 2026

Quatrième de couverture

On nous a appris à choisir: une origine, une langue, un camp. Mais que faire quand on se sait multiple?

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Anba bonm

— Par Danile M. Berté —
Anba bonm

Boum ! Boum ! Boum !
Esplozion !
Gaza Liran Liban
Anba bonm

Bim ! Bam ! Boum !
Déblozion !
Nétanyawou ek Tromp
Ka pété bonm

Bang ! Bouf ! Blo !
Agrésion !
Sé pa kon dé piten
Ka alé pété-bonm

Vraoum ! Bunk ! Bing !
Abominasion !
Sé tyanmay lékol yo ka tjwé
Anba bonm

Vlouf ! Boudoum ! Krak !
Déflagrasion !
Malad kon bien-pòtan
Ka tonbé anba bonm

Baang ! Bunk ! Blendeng !
Dézentégrasion !
Kay lawout lavi
Ka krazé anba bonm

Boum ! Blo ! Boudouf !
Enplozion !

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« C’est de la bombe ! » &  » UrubU… SA !

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

C’est de la bombe !

Aujourd’hui, sur les murs
tu as laissé les traces
de tes sublimes frasques
de nocturne lémure…

Ainsi tu nous murmures
tes rêves en graffs, en fresques
avec de la peinture
dont tu bombes nos murs…

Tant pis si ça agace
quelques réactionnaires
et même d’aventure
si le temps les efface,

œuvres d’art éphémères,
on ne s’en soucie guère
puisqu’on sait que demain
seront d’autres dessins
apposés par ta main

pour égayer l’en-ville
aux couleurs de notre île
et nous faire oublier
notre vie difficile…

UrubU … SA !

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« L’inconcevable », « La Vérité », « Culte De La Personnalité », de Jean-Bernard Bayard

L’inconcevable
Que va devenir l’intégrité familiale après cet acte abominable
Il y a-t-il une action de notre part qui pourrait être rédemptable
Comment donc expliquer la logique de cette horreur si palpable
Ma souffrance depuis ce jour fatidique m’est vraiment exécrable

Le déshonneur accable la famille à sa source et dans ses racines
La honte nous oblige à l’exil de notre terre de ce mal qui abomine
Il serait impensable de nous expatrier même dans une terre voisine
L’œuvre de cette folie instantanée qui globalement nous assassine

A-t-il perdu la tête rien que d’y penser est fou dans ses conséquences
Même une impulsivité ne devrait point permettre une telle alternance
Son honneur a-t-il été si froissé qu’il n’a pas pu calmer son arrogance
Ce qu’il a commis comme grand délit insensé est de la pure démence

Il n’y a pas moyen de réparer le tort d’une telle action envers personne
Nous pouvons vraiment questionner dans ce cas comment il raisonne
Maintenant nous n’avons aucun choix il faut bien que l’on abandonne
C’est inexprimable de pouvoir tomber à ce point cela me désarçonne
Jean-Bernard Bayard

La Vérité
La vérité n’est pas ce qui est vrai mais ce qui est réel
Le vrai est universel le réel est subjectif peut-être cruel

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« Le Clairvoyant » & « Funeste », de Jean-Bernard Bayard

Le Clairvoyant
Un homme d’un certain âge de la commune de Gommier, non loin de Jérémie dans le département de la Grande Anse d’Haïti, était connu de tout le monde comme Antoine! Quoiqu’il soit admiré de tout le monde pour ses dons de clairvoyance, il était aussi redouté parce qu’on disait qu’il avait « Madichon » qui voulait dire « Mauvaise Augure ». La superstition jouait un rôle dans la malédiction de ses présages. Sa révérence n’avait pas de frontière, il était connu dans tout le pays, et était consulté par toutes les couches sociales. Parfois il envoyait un jeune garçon à dos d’âne chercher une personne qui voulait de ses services, mais ne savait pas comment la trouver. Un jour, un homme vint le voir qui s’inquiétait de la santé de son fils de dix ans qui était très souffrant depuis sa naissance. Cet homme était grand et d’un physique impressionant. Antoine le rassura que l’enfant aura une longue et prospère vie, mais le conseilla de retourner chez lui tout de suite. L’homme partit sur le champ. Une prêtresse vodou lui demanda pourquoi il l’a renvoyé si vite!

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« Drogué! » &  » Influenza »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Drogué!

Poésie, c’est ma came !
Quand j’en lis ça me calme…
J’suis accro, je vous dis :
il m’en faut jour et nuit !

Plus j’en lis, plus j’en veux,
c’est un cercle vicieux…
Pour ne plus être en manque
sans que ça me débanque,

j’ai même décidé,
du coup, d’en fabriquer !
C’est pour ça que j’écris
de jour comme de nuit

ce que la muse dicte…
J’avoue : je suis addict
et même écrire j’ose
qu’il me faut une dose

ou je deviens morose,
ravagé par l’ennui
car la vie n’est pas rose…
Grâce à la poésie
j’oublie tous les soucis,

les peurs, la maladie
et je me réfugie
dans les rêves à l’abri
de la mélancolie
qui mène à la folie…

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Lanmen-mwen

— Par Daniel M. Berté —
Lanmen-mwen

Bonmaten man lévé
Man gadé lanmen-mwen
Blan douvan, nwè dèyè
Ek an èm an mitan’y
Lanmen-mwen karésez
Ki ba madanm plézi
Fé-yo monté an syel
Janbé lakréyasion
Lanmen-mwen soulajez
Pou tjanmay’y-mwen malad
Ki té ni mal-bouden
Ek ba-yo an kalmant
Lanmen-mwen mawonnez
Ki trapé an koutla
Pou té sa dékalé
Pou té sa pété chenn
Lanmen-mwen djoubakez
Ki ralé an manch-wou
Ek tjenbé an tridan
Pou té pé travay tè
Lanmen-mwen nétwayez
Ka lavé ek froté
Ki rad ki kay ki kò
Pou ba-yo an propté
Lanmen-mwen matjez
Ki pran stilo, papyé
Pou endé-mwen trasé

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Michèle Voltaire Marcelin…

tisserande d’une œuvre poétique polyvocale et forte en ses registres de lumière

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

Clair/Obscur | Depth/Glow  par Michèle Voltaire Marcelin

Éditions du Cidihca | Février 2026

Le livre « Clair/Obscur – Depth/Glow » de la poétesse Michèle Voltaire Marcelin interpelle hautement et émeut le lecteur qui lui offre accueil et hospitalité. Car cet ouvrage de haute-lisse ne navigue pas sur les chétifs esquifs d’une bavardeuse micro-confrérie, celle des poètes au souffle court et dont l’écriture est une invite à l’étourderie. L’auteure du poème « L’histoire a faussé les comptes » n’écrit pas d’improbables et confidentielles plaquettes de poésie vouées à la mutité et discrètement rangées sur les poussiéreuses étagères de l’oubli… Sur sa table de travail, avec rigueur, avec constance, dans la glaise éruptive de la langue, Michèle Voltaire Marcelin élabore une œuvre poétique majeure, complexe, polyvocale et forte en ses registres de lumière.

Dans un texte publié l’an dernier, nous avions arpenté en ces termes quelques aspects du « métier à tisser » de l’auteure : « (…) la poésie de Michèle Voltaire Marcelin est une parole de haute voilure.

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La dissection du capitalisme chez Émile Zola et Robert Lodimus

— Par Robert Lodimus —

On doit comparer Émile Zola et Robert Lodimus principalement pour leur rôle de témoins engagés de leur époque et leur dénonciation virulente des injustices sociales. 

Présentation des auteurs

Au XIXe siècle, Émile Zola, chef de file du naturalisme, a consacré sa vie à disséquer les tares de la société industrielle française, culminant dans son célèbre engagement pour la justice avec « J’accuse ». À cette figure historique fait écho, à l’époque contemporaine, celle de Robert Lodimus. Écrivain et journaliste engagé, Lodimus s’inscrit dans cette même lignée d’intellectuels qui utilisent le verbe pour dénoncer les structures d’oppression, du capitalisme financier au néocolonialisme qui frappe Haïti.

Problématique :
Dans quelle mesure l’engagement littéraire de Robert Lodimus peut-il être considéré comme une forme de naturalisme moderne ? Comment ces deux auteurs, malgré des contextes séculaires différents, parviennent-ils à transformer le récit de la misère en un levier de transformation politique ?

Voici les points de rapprochement clés entre ces deux auteurs :

1. Littérature de Combat et Engagement Social

  • Émile Zola : 

Figure de proue du naturalisme, il a utilisé ses romans (comme Germinal) pour dépeindre la misère ouvrière et son célèbre « J’accuse » pour combattre l’injustice judiciaire de l’Affaire Dreyfus.

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La descente aux enfers du système éducatif haïtien se poursuit

— Par Robert Berrouët-Oriol, —

À l’intersection de la Rue des Miracles et de la Rue Courbe, à Port-au-Prince, plusieurs anciens ministres de l’Éducation nationale, d’une année à l’autre et le verbe haut, se livrent au rituel palliatif de l’arbre à palabres. Ils conversent doctement, exposent à profusion leur analyses, leurs diagnostics et ils dressent en chœur moult bilans élogieux de leurs pharaoniques « réalisations »… L’actuel ministre de l’Éducation nationale, Augustin Antoine, sociologue de son état, avait pour sa part accouché l’an dernier d’un tonitruant « Lekòl la kraze » sur toutes les tribunes de l’incompétence ministérielle. Le même Augustin Antoine, en janvier 2026, s’est fait le porte-voix d’une monumentale et surréaliste saga dans le secteur éducatif haïtien aux « Assises de la « refondation » du système éducatif national » (voir l’article « Le système éducatif haïtien entre ses 1804 « réformes » et l’affabulation illusionniste de sa « refondation », par Robert Berrouët-Oriol, Madinin’art, 8 février2026). Contrairement aux rodomontades du ministre Augustin Antoine et des rares promoteurs de ces Assises, nous avons établi, dans cet article, que « (…) le système éducatif haïtien demeure captif, entre ses 1804 « réformes » tant de fois grassement financées par l’UNESCO, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, le Partenariat mondial pour l’éducation… Semblables ou maquillées, ses 1804 « réformes » ont défilé d’une année à l’autre sans résultats mesurables et durables… Malgré cela, l’affabulation illusionniste de sa « refondation » est aujourd’hui promue sur toutes les tribunes de l’échec programmé : nulle part il n’est attesté que l’on peut « refonder » un système éducatif national en le « rapiéçant », en lui infligeant les mêmes recettes (…) Nulle part il n’est attesté que les vieilles recettes –mises en œuvre par les mêmes « spécialistes » d’hier et d’avant-hier, porteurs des mêmes extraordinaires « visions » invariablement œcuméniques–, peuvent être le terreau de la refondation du système éducatif haïtien ».

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« Créativité », « Une Nuit », « Tropique »

🎉✨ Joyeux anniversaire Jean-Bernard Bayard en ce 21 février ! ✨🎉

Créativité
La créativité aujourd’hui doit être rentable
Toute tragédie humaine est très enviable
Profiter du moment de peine est louable
L’avidité et non l’honneur est profitable

L’humain est à la fois parasite et prédateur
L’homme technologique n’est qu’un acteur
D’une âme robotique il devient bon menteur

La vulnérabilité n’est qu’une honteuse faiblesse
Ou encore c’est une expression d’extrême stress
Pas permis de montrer des émotions de détresse
Le gain matériel est l’invention d’une belle ivresse

La moralité c’est pour les soumis et les défavorisés
Créer il faut être cupide sans remords hégémonisés
Nous devenons limités en pratiquant la générosité
La motivation de capturer richesse est la modernité

La nouveauté ne sera jamais une oeuvre de compassion
C’est seulement la rapacité qui fait une éternelle nation
Le but de l’homme créateur c’est vraiment la domination
Et tout autre sentiment humain n’est que sensation

Jean-Bernard Bayard

Une Nuit
Une nuit qui dure toute une éternité
Sommes si aveuglés par l’obscurité
Asservis par l’obscurantisme obstiné
D’un noir opaque d’un ciel non étoilé

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L’extraordinaire bilan de Nesmy Manigat, ex-ministre de l’Éducation nationale d’Haïti

— Par Robert Berrouët-Oriol (*)

À l’intersection de la Rue des Miracles et de la Rue Courbe, à Port-au-Prince, plusieurs anciens ministres de l’Éducation nationale, d’une année à l’autre et le verbe haut, se livrent au rituel palliatif de l’arbre à palabres. Ils conversent doctement, exposent à profusion leur analyses, leurs diagnostics et ils dressent en chœur moult bilans élogieux de leurs pharaoniques « réalisations »… L’actuel ministre de l’Éducation nationale, Augustin Antoine, sociologue de son état, avait pour sa part accouché l’an dernier d’un tonitruant « Lekòl la kraze » sur toutes les tribunes de l’incompétence ministérielle. Le même Augustin Antoine, en janvier 2026, s’est fait le porte-voix d’une monumentale et surréaliste saga dans le secteur éducatif haïtien aux « Assises de la « refondation » du système éducatif national » (voir l’article « Le système éducatif haïtien entre ses 1804 « réformes » et l’affabulation illusionniste de sa « refondation », par Robert Berrouët-Oriol, Madinin’art, 8 février2026). Contrairement aux rodomontades du ministre Augustin Antoine et des rares promoteurs de ces Assises, nous avons établi, dans cet article, que « (…) le système éducatif haïtien demeure captif, entre ses 1804 « réformes » tant de fois grassement financées par l’UNESCO, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, le Partenariat mondial pour l’éducation… Semblables ou maquillées, ses 1804 « réformes » ont défilé d’une année à l’autre sans résultats mesurables et durables… Malgré cela, l’affabulation illusionniste de sa « refondation » est aujourd’hui promue sur toutes les tribunes de l’échec programmé : nulle part il n’est attesté que l’on peut « refonder » un système éducatif national en le « rapiéçant », en lui infligeant les mêmes recettes (…) Nulle part il n’est attesté que les vieilles recettes –mises en œuvre par les mêmes « spécialistes » d’hier et d’avant-hier, porteurs des mêmes extraordinaires « visions » invariablement œcuméniques–, peuvent être le terreau de la refondation du système éducatif haïtien ».

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L’inconnu de Mer frappée : Chapitre XVII

— Par Robert Lodimus —

Chapitre XVII

LA LETTRE

« Les hommes de génie sont des météores destinés à brûler pour éclairer leur siècle. »

        (Napoléon Bonaparte)

     L’odeur parfumée qui provenait de la cuisine pénétrait ma gorge angoissée, et la sensation que je ressentais au cou s’apparentait au symptôme du globus pharyngé. C’est le stress qui avait involontairement contracté les muscles du haut de mon corps. Cela arrivait plutôt dans des situations d’anxiété et d’incertitude où les individus cherchaient à refouler des émotions fortes, après l’annonce d’une mauvaise nouvelle. Le craquement du parquet sous les sandales d’Elvira réveillait le silence oppressant, et mes yeux s’ouvraient sur les ombres projetées par les faibles lumières des bougies, qui formaient des formes étranges sur les murs du salon spacieux. Elvira, la cuisinière de Me Ludovic, une paysanne d’une posture assurée et d’une présence imposante et respectable, malgré son âge légèrement avancé, avait déjà dressé la table pour le souper. Me Ludovic se redressa lentement du fauteuil berçant qui, avec le temps, avait fini par épouser la forme de son seul et unique occupant. C’est dans cette position de détente optimale, le corps à demi-allongé, qu’il s’abandonnait aux caresses spirituelles du silence rempli de souvenirs, comme une cathédrale de nostalgie monumentale.

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Quand la mémoire fait feu : une journée pour sauver sept vies

Avec Salves de blues. Lundi 9 mars 1942 au Mont-Valérien, Daniel Maximin signe un roman d’une intensité rare, consacré à une journée tragique et longtemps restée dans l’ombre de l’Histoire. Publié chez Caraïbéditions (354 p., 21,30 €), le livre nous plonge dans le Paris de l’Occupation allemande, au cœur des dernières heures de sept très jeunes résistants condamnés à mort.

Le 6 mars 1942, un tribunal militaire allemand réuni à l’Assemblée nationale – dans une mise en scène voulue pour frapper les esprits – prononce la peine capitale contre sept membres des Bataillons de la Jeunesse. Parmi eux, Tony Bloncourt, étudiant haïtien né de parents guadeloupéens, à peine âgé de 19 ans. À ses côtés : Roger Hanlet, Fernand Zalnikov, Pierre Milau, Acher Semahya, Robert Peltier et Christian Rizo, tous âgés de 17 à 26 ans. Leurs noms, aux consonances étrangères pour certains, ne sont pas entrés dans la mémoire collective avec la force qu’ils méritaient. Le 9 mars 1942, au Mont-Valérien, leur exécution doit servir d’exemple.

C’est cette journée du lundi 9 mars que le roman choisit de suivre, heure après heure, du petit matin jusqu’à la nuit.

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Amour, Pouvoir, Monde à l’envers…

— Par Jean-Bernard Bayard —

Amour du Pouvoir

Ils doivent opprimer pour se sentir tout puissants
Il faut accaparer pour qu’ils s’établissent gérants
Il leur est nécessaire d’abrutir et bien avilissants
S’ils ne terrifient pas ils ne seront pas dominants

Le pouvoir est pour eux un besoin vital et sacré
L’absolutisme est une sale idéologie d’insécurité
Où la majorité est abrutie démunie et défavorisée
Aux mains d’institutions qui sont hégémonisées

Ces dirigeants magouilleurs se croient invincibles
Contrôlent le peuple sans pitié de façon horrible
Tout ce qu’ils disent et font sont alors incrédibles
Et les répercussions de leur corruption est terrible
Jean-Bernard Bayard

Pouvoir de L’Amour

C’est quand l’altruisme règne et la générosité puissante
Le partage est de seconde nature et la bonté est gérante
L’encouragement est constant et la honte est avilissante
La compassion est l’acte et le besoin toujours dominante

L’amour est pour ceux de bonne foi un bien vital et sacré
L’Altruisme est un idéal compassion offrant une sécurité
Où les participants sont bienveillant et sont tous favorisés
Aux Mains d’institutions qui représentent une collectivité

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