Catégorie : Théâtre

« Island story », texte création collective, concept & m.e.s. Kyung-Sung Lee

— Par Michèle Bigot —

4>6-07-2026, festival d’Avignon

Gymnase du lycée Aubanel

Island Story, la pièce créée par Kyung-sung Lee en 2022 relève du théâtre documentaire, dans la meilleure acception du terme. Elle ne repose pas seulement sur la force intrinsèque des témoignages, mais aussi et surtout sur l’incarnation qu’en réalisent les acteurs-témoins. Les faits sont suffisamment tragiques pour secouer la torpeur des festivaliers et les amener à une saine conscience historique. Des faits si méconnus en France ( et ailleurs) qu’il est besoin de les rappeler.

Il s’agit du massacre qui s’est déroulé sur l’île de Jeju le 3avril 1948. A peine libéré de la colonisation japonaise, la Corée est divisée en deux et administrée par l’URSS au Nord et par les USA au sud. Le 3 avril les membres du Parti du Travail de Corée du Sud attaquent des postes de police de l’île. La répression exercée par les forces de l’ordre est aveugle et impitoyable. 30 000 personnes dont une majorité d’innocents disparaissent et sont assassinés de façon systématique.

Des années plus tard, lorsque la démocratie met fin à plusieurs décennies de dictature, la mémoire refait surface.

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Who cares?

— Par Michèle Bigot —

La Manufacture, festival d’Avignon OFF

4>21/07 15/50>17/10

Who Cares? C’est la question qu’on est en droit de se poser face à l’indifférence du monde, media, réseaux sociaux et bar du commerce confondus. L’impression qu’on a souvent face à la catastrophe imminente (ou déjà advenue) que « tout le monde s’en fout ». Pas Guillaume Bariou, qui a consacré temps et efforts dans une recherche sur la possibilité, non pas d’une île, mais de l’empathie. Dans quelle mesure, jusqu’où peut-on sortir de l’apathie pour entrer en empathie?

Voilà le questionnement qui hante le personnage et son auteur. A point de proposer sur scène quelque chose comme une sortie de l’indifférence, une naissance au monde réel, en proie à toute sorte de désastres: on a le choix, catastrophe climatique (on est en plein dedans, sécheresse, canicule, incendies …), tsunamis, séismes et autres tragédies qui ébranlent la société des hommes non moins que celle des autres espèces vivantes.

Alors que faire? Et que faire quand on est homme/femme de théâtre? Comment traduire en langage scénique ce désarroi, cette angoisse existentielle?

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Deux pépites tchèques à la Manufacture : Perpetuum Havel et Antiwords

— Par Dominique Daeschler —

Deux spectacles sans paroles qui ne sont pas s’en rappeler la grande époque de la marionnette tchèque où la médiation de l’objet incluait une parole secrète pour contrecarrer la censure soviétique. Deux spectacles inspirés par deux œuvres de Vaclav Havel( Perpetuum mobile et Audience) qui ont pour thème l’oppression politique sous des régimes totalitaires.

Perpetuum Havel- m e s Petr Bohac- scénario Bohac et Zotov-Mikshin

Dans une cellule de prison un homme tondu, opposé au régime totalitaire de son pays est recroquevillé sous une maigre couverture. Un dissident. Un prisonnier politique soumis à l’isolement dans une cellule spartiate va accomplir les gestes de survie quotidiens avec les humiliations qui doivent détruire sa résistance : séances de tinette sous la surveillance d’un maton qui le mate, repas dérisoire sous forme de petit pois, flashs de lumière… Pas de livre, pas de radio, seuls de lancinants bruits qui s’amplifient : l’homme n’a que son corps pour dire, en s’astreignant à des exercices physiques, qu’il lutte, que son aspect robotique dénonce une nécessité de routine pour survivre. Plus tard il dansera…Dehors les barbelés semblent se resserrer autour de lui.

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« Au bout du pays « -texte Alfred Alexandre, m.e.s. Ewelyne Guillaume

— Par Dominique Daeschler —

Il a toujours été là Réginal et vivote dans son atelier de mécano naval, assis dans le noir dans un joyeux bordel qui sent la solitude et la pauvreté. IL murmure, se répète, tête baissée comme on courbe l’échine en râlant. La voix prend du volume, injuriant les bateaux et ceux qui quittent l’île car pour lui s’en aller pour recommencer ailleurs la même chose n’est qu’un insensé gaspillage.

Au milieu des potes avec qui on traîne et on boit un coup, il y a Lili que Réginal aime depuis toujours. Lili, femme libre, fait peu de cas de lui. C’est la moins marginale de la bande, la seule à avoir un travail régulier, elle rêve de partir.

Réginal peste, se révolte. Il est l’homme de l’errance poétique, ses rêves le nourrissent tout en construisant un univers de défense et de désarroi face à sa rivalité avec les cousins du patron. Alors tout se mêle : la nuit, la peur de Lili, les grosses paluches, les petits morceaux de fer et les petits morceaux de viande.

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La promesse de l’aube -texte R Gary, m.e.s. Mekhitarian

— Par Dominique Daeschler — 

Un texte dense, adapté du roman de Romain Gary met en scène l’amour fou que sa mère lui portait sans occulter comment Romain a su entrer dans  les ambitions carriéristes de cette dernière et trouver une respiration dans
l’écriture. La mère et le fils jouent dans un temps décalé. Elle adopte le présent, dialogue ou soliloque, colorant par son accent russe un jeu parfois à la limite du caricatural. A l’opposé, le fils joue le récit, la distance avec son propre amour qui le mine et le nourrit. C’est sans doute cela la bonne surprise : l’acteur metteur en scène Tigran Mekhitarian nous donne un romain Gary loin de l’image créée par la mère et loin de l’image « beau ténébreux viril » à tout crin que Gary semblait vouloir donner.

C’est cette option récit qui nous touche sur un plateau quasiment nu (une table, une chaise, un carton à chapeau et de temps à autre la présence d’un acteur « couteau suisse » qui évoque d’autres personnages). On s’accroche au texte car l’essentiel est bien de révéler un auteur derrière un diplomate casse-cou.

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« Projet Barthes », d’après La Préparation du roman de R.Barthes

Ttb, Avignon off, 4>23-07-2026

— Par Michèle Bigot —

Voici bien le spectacle le plus audacieux et le plus réussi qu’on puisse imaginer. Dont l’ambition le dispute à l’humilité de sa mise en oeuvre. Il ne s’agit de rien moins que de la mise en espace du texte (ou plus exactement d’un montage de fragments du texte) prononcé par Roland Barthes lors de plusieurs séances au Collège de France ayant pour sujet « la préparation du roman » entre 1979 et 1980.

Dit comme ça, on pourrait redouter le pire, à savoir une suite de considérations théoriques et historiques sur le genre littéraire du roman. Au lieu de ça on assiste à la confession d’un être fragile qui consent à parler de lui, à dire à la fois son désarroi à la suite du décès de sa mère et son désir de commencer une nouvelle vie. Comme si le deuil était l’occasion d’une vita nova, une renaissance telle que l’imagine Dante dans son long poème. Barthes interprète cette vita nova comme un passage, la conséquence d’une rupture, le choix difficile et salutaire d’une vie nouvelle, une métamorphose.

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L’art d’être mon père. Texte et jeu : Julie Timmerman.

— Par Dominique Daeschler —

— Festival d’Avignon — Dans Zoé, Julie Timmerman avait abordé les rapports familiaux et brossé un portrait de son père comédien bipolaire, en abordant aussi la préparation

du spectacle de l’école tout en restant la petite Zoé. Dans ce nouveau texte, Julie franchit le pas : elle est son père dans son bel amour du théâtre, ses extravagances, ses vagabondages poétiques. Fièvre à communiquer les tempos de cet excessif, fièvre à être lui, sans filet, dans l’exigence d’une double transmission. La préparation du spectacle de l’école est le seul

sujet. Le choix d’une parole rapide, jetée, exaltée, d’un œil scrutateur troubleront tous ceux qui connaissent son père, François. La comédienne donne toute liberté à son corps, parcourant la scène de cour à jardin, en constante adresse au public. L’émotion est dépassée pour mieux valoriser la volonté du père d’entrer « en théâtre » avec les enfants et d’en assumer rigueur et invention.

Le texte dans un mélange de dialogues avec les enfants, les profs, la

directrice et les digressions du père, démontre magistralement comment se construit le théâtre, comment en art, il y a du chaotique, du mouvant, de l’inattendu qui font sens, nous sollicitant au-delà du réel.

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L’hors présence ou Chimères du pays de Morsan, m.e.s. Typhaine Raffier

— Par Michèle Bigot —

4>10-07 La FabricA du festival d’Avigon 2026

Dans le huis clos d’une maison isolée se noue une tragédie des temps modernes. L’hors-présence, qui n’est pas tout à fait une absence, mais pas non plus une véritable présence, c’est celui (ou celle) de Laure, une jeune femme atteinte d’un cancer en phase terminale, qui d’une partie à l’autre (3 parties, « l’hors- champ », « l’hors-la-loi », « l’hors-jeu ») se transforme à vue, occupant d’abord tout l’espace physique et mental de la fratrie, puis disparaissant progressivement au fur et à mesure de l’écoulement du temps qui lui est compté. Une maladie génétique l’emporte sous nos yeux, comme elle menace tous les membres de la famille qui l’entourent, sa soeur Suzanna et ses deux frères, Simon et Soren. Le drame est tissé de la souffrance de la soeur à l’agonie et des tourments de sa fratrie, déchirés entre compassion, aide et terreur face à la mort qui approche. Chacun tente de faire face à sa manière, Suzanna en se faisant aide à domicile, Soren,le frère aîné, en lisant à Laure un extrait de La Montagne magique tous les soirs et Simon, le plus jeune et le plus fragile qui crie sa révolte et son angoisse.

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ETC Caraïbe déploie les écritures caribéennes à Avignon

Jusqu’au 25 juillet, ETC Caraïbe participe au Festival d’Avignon avec une programmation riche mêlant spectacles, lectures et projets en développement. Une présence qui offre aux auteurs martiniquais et caribéens une vitrine exceptionnelle au sein du plus grand rendez-vous international consacré au spectacle vivant.

Une programmation entre créations et découvertes

Cette année, ETC Caraïbe investit Avignon avec une ambition claire : faire entendre les voix de la Caraïbe et permettre aux œuvres du territoire de rencontrer producteurs, diffuseurs et nouveaux publics.

Parmi les temps forts annoncés figure « Le Syndrome d’Ulysse », spectacle musical coproduit avec le Théâtre du Balcon. Cette création, écrite par Ali Babar Kenjah et Serge Barbuscia, ouvre une programmation qui entend faire dialoguer les écritures contemporaines et les réalités caribéennes.

Autre rendez-vous important : « Matrices » de Daniely Francisque. Déjà connue du public martiniquais, la pièce poursuit désormais son parcours avec l’objectif d’intégrer de nouveaux réseaux de diffusion.

Des textes en quête d’avenir

Avignon est également un lieu où les projets prennent forme. « Bruissement des fourmilières », texte d’Adeline Flaun actuellement en création, y est présenté afin de séduire de futurs partenaires et d’envisager des collaborations autour de sa production.

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« War and Breakfast » : plus que deux soirées !

–_ Par Selim Lander –– Guillaume Malasné et son atelier de théâtre amateur présentent pendant trois soirées consécutives à partir du jeudi 25 juin au théâtre du Lycée Schoelcher un montage de trois courtes pièces de Mark Ravenhill issues du recueil War and Breakfast. Des pièces montées pour la première fois par Ravenhill à l’heure du breakfast lors du Festival d’Edimbourg en 2007, d’où le titre du recueil repris dans l’adaptation de Guillaume Malasné. Quant à la guerre, elle est omniprésente dans ces histoires, pas la grande guerre cantonnée au loin, mais la guerre intime, d’abord, celle que l’on peut se livrer au sein d’un couple ; la guerre civile sans nom, celle qui enferme les privilégiés derrière les murs de lotissements cadenassés (gated communities) pour les protéger de la violence du dehors ; la violence aveugle des terroristes enfin.

Après un premier tableau, celui du couple, où Malasné a choisi de faire succéder plusieurs comédiennes face à l’unique homme de la distribution, les deux suivants sont traités sur le mode choral et cela est fait de telle sorte que l’on croirait que ces pièces ont été écrites pour être jouées ainsi, ce qui n’est pourtant pas le cas.

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Fola (Steve) Gadet raconte « Le Tanbouyé des sans-voix » d’Ernest Pépin

— par Selim Lander — Personnage multiforme, universitaire, spécialiste des Amériques anglophones, auteur de plusieurs ouvrages sur les mouvements qui se font jour aux marges de la société, Steve Gadet appartient sous son autre nom, Fola, au monde du spectacle comme musicien et rappeur. Le voici désormais acteur avec cette interprétation d’un récit signé Ernest Pépin, guadeloupéen comme lui et comme le héros de leur histoire, un tanbouyé qui a réellement existé, Marcel Lollia surnommé « Vélo » ou, chez Pépin, « l’ange ».

Les lecteurs de Madinin’art ont déjà eu la primeur d’un article (signé Sarha Fauré) qui apporte déjà beaucoup quant aux intentions de la pièce, de l’auteur du livre, de l’interprète qui a choisi de le porter à la scène : « Ernest Pépin érige Vélo en symbole de résistance, de création et de liberté ». C’est en effet ce que dit le texte… mais il ne dit pas que cela. Car « l’ange » est présenté tout autant comme un héros négatif, un ivrogne, « un sac de rhum », souvent famélique, parfois maladif, la figure même du raté.

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« War & Breakfast » : quand la guerre s’invite à la table du quotidien

25, 26 et 27 juin à 19h30, au Théâtre du Lycée Schoelcher à Fort-de-France

L’Autre Bord Compagnie présente les, la onzième création de son atelier amateur : War & Breakfast, d’après l’œuvre du dramaturge britannique Mark Ravenhill.

Figure majeure du théâtre contemporain anglais, Mark Ravenhill est reconnu pour son écriture incisive et sa capacité à décrypter les mécanismes de nos sociétés. Avec War & Breakfast, il interroge la manière dont la guerre, la peur et les discours idéologiques s’immiscent dans les gestes les plus ordinaires de la vie quotidienne.

À travers trois courtes pièces – Grand-Peur et Misère, Les Troyennes et Guerre et Paix – les comédiens explorent un univers où l’intime se trouve progressivement envahi par les tensions du monde. Quand la guerre s’infiltre dans la vie d’un couple, jusque dans les cauchemars de leur enfant, la peur transforme peu à peu le regard porté sur les autres. Derrière les apparences rassurantes d’une société convaincue d’incarner le bien, se dessine alors une réflexion sur les mécanismes de l’exclusion, de la violence et de la désignation de l’ennemi.

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« WAR AND BREAKFAST », les 25, 26 et 27 juin au théâtre du lycée Schoelcher

​ »Liberté, démocratie, vérité, lumière – le combat n’en finit jamais. Il y a toujours des ennemis. Nous devons nous battre. »

Quand la guerre s’infiltre dans l’intimité d’un couple, et jusque dans les cauchemars de leur enfant, la peur s’installe sournoisement et contamine patiemment leur perception du monde et des autres. Réfugiée derrière leurs grilles protectrices, la société des “gens bien”, sûre d’elle-même, peut alors partir en croisade et terrasser le Mal, les démons, les méchants.

Un spectacle où l’on s’éloigne progressivement de l’ordinaire pour glisser vers le burlesque, comme pour tenir à distance ce qui nous effraie et nous accable, et mettre en lumière l’absurdité de la guerre.

Le projet s’appuie sur le texte original de Mark Ravenhill, composé de plusieurs courtes pièces. Le groupe a travaillé cette année sur trois d’entre elles : Grand-Peur et Misère, Les Troyennes et Guerre et Paix.

Mark Ravenhill (né en 1966) est l’une des figures majeures du théâtre britannique contemporain. Révélé dans les années 1990 avec Shopping and Fucking, il devient rapidement l’un des auteurs emblématiques du mouvement « In Yer Face Theatre », aux côtés de Sarah Kane ou Jez Butterworth, un courant qui bouscule les codes du réalisme et met en scène la violence sociale, l’intimité, le politique et les contradictions de nos sociétés occidentales.

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« Le Tanbouyé des sans-voix » : quand la littérature devient théâtre, musique et mémoire

Mardi 23 juin à 19h | Terres d’Art | Domaine de Tivoli FdF
— Par Sarha Fauré —

Avec Le Tanbouyé des sans-voix, Fola Gadet propose une adaptation scénique ambitieuse et sensible du roman éponyme d’Ernest Pépin, paru en 2024 chez Caraïbéditions. Présenté au Domaine de Tivoli à Fort-de-France, le spectacle s’inscrit dans une démarche artistique qui fait dialoguer littérature, théâtre, danse et musique afin de donner corps à l’une des figures les plus emblématiques de la culture populaire guadeloupéenne : Marcel Lollia, surnommé Vélo.

Le roman d’Ernest Pépin constitue déjà en lui-même une œuvre singulière. L’auteur ne cherche pas à écrire une biographie traditionnelle du célèbre tanbouyé. Il préfère emprunter une voie plus poétique et plus profonde : celle d’une parole réinventée de l’intérieur. En se glissant dans la conscience de Vélo, il compose une sorte d’autobiographie imaginaire qui restitue non seulement le parcours d’un homme exceptionnel, mais aussi l’âme d’un peuple. Chaque page vibre au rythme du tambour ka ; chaque phrase semble porter l’écho d’un battement, d’une respiration ou d’un chant venu des profondeurs de l’histoire caribéenne.

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Le Théâtre du 6e Continent célèbre les écritures théâtrales au Domaine de Tivoli

Du 19 juin au 4 juillet : le programme

— Par Sarha Fauré —

Figure incontournable du paysage théâtral martiniquais, José Exélis consacre sa vie à la scène depuis plus de quarante ans. Comédien dès 1984 au sein du Théâtre de la Soif Nouvelle, il se forme auprès d’Annick Justin-Joseph avant de s’imposer comme auteur, metteur en scène et dramaturge.

Créateur de plusieurs pièces, dont Overdose (1988) et Soledad (1989), il développe au fil des années une écriture scénique singulière où se croisent texte, musique, danse et mouvement. Son approche, qu’il qualifie de « tout corps en jeu », donne naissance à un théâtre hybride, profondément ancré dans les réalités caribéennes, oscillant constamment entre le réel et l’imaginaire, entre la gravité et la légèreté.

En 2002, il fonde la compagnie Les Enfants de la Mer, du nom de l’une de ses créations emblématiques. Depuis, il a participé à une trentaine de productions, écrit plusieurs pièces et mis en scène une vingtaine de spectacles issus principalement du répertoire caribéen.

Le Théâtre du 6e Continent : faire dialoguer amateurs et professionnels

À travers cette nouvelle manifestation théâtrale, le Théâtre du 6e Continent défend une vision ouverte et inclusive de la création artistique.

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Théâtre : publications de juin 2026

Découvrez les nouveautés du mois, notamment les textes lauréats du concours Vivons Les Mots !  et les pièces jouées au festival d’Avignon.

📚🏆 Les lauréats du concours  » Vivons les mots! 2026

🥇 Des fleurs, des bonbons, un fusil

🏅 Médaille d’or du concours Vivons les mots ! 2026

✍️ Jérémie Kalil

Dans le salon d’une famille ordinaire de banlieue parisienne, la fête des Mères devrait être un moment de joie, entre rituels familiers et tendres attentions.

Mais cette année, tout bascule. Une parole de trop, une humiliation de plus, l’adolescente de la maison explose et mange les fleurs qu’elle vient d’offrir à sa mère. Ce geste, aussi brutal qu’inattendu, fait voler en éclats l’équilibre fr[…]

📖 EAN : 9782336622279
📅 11/06/2026
📏 135 x 215 mm
📚 Collection : En scène
📄 72 pages
💶 11.00 €

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« Le secret », texte de Sonia Jean-Baptiqite-Edouard, m.e.s. de José Exélis, univers musical Jeff Baillard

📅 Samedi 20 juin 🕙 10h00 📍 Salle Lumina Sophie – Rivière-Pilote🎭✨

✍️ Texte : Sonia Jean-Baptiste-Édouard
🎬 Mise en scène : José Exélis
🎵 Univers musical : Jeff Baillard

🌟 Une création théâtrale  sur la quête des origines, les secrets de famille et la construction de soi.


🔎 L’HISTOIRE

Aurélie est une jeune femme de 18 ans qui mène une existence paisible, entourée de sa famille et de ses certitudes. Mais parfois, une rencontre peut faire vaciller toute une vie…

🌙 Lors d’une soirée, elle croise le chemin d’un homme plus âgé. Entre eux naît une étrange sensation, une impression de familiarité impossible à expliquer. Troublée, Aurélie cherche à comprendre ce qu’elle ressent.

🤫 Pourtant, le véritable bouleversement ne vient pas de cette rencontre inattendue. Il surgit du passé, à travers les mots de sa marraine, gardienne silencieuse d’une vérité longtemps enfouie.

💔 Après des années de silence, celle-ci décide enfin de révéler ce que sa mère lui a toujours caché : l’identité de son père.

À cet instant, tout bascule.

🧩 Les souvenirs prennent une autre couleur.
🕰️ Les non-dits trouvent enfin un sens.

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William Mesguich, de la pelouse aux planches

— par Selim Lander —

William Mesguich est de retour au Théâtre municipal de Fort-de-France pour trois représentations, non, cette fois, pour servir le texte d’un autre mais pour raconter son itinéraire d’artiste… et de footballeur puisque le foot fut en effet la grande passion de son enfance et de son adolescence, qu’il avait même envisagé une carrière professionnelle avant qu’un grave accident sur le terrain ne l’amenât à suivre les traces de son père. C’est d’ailleurs le moment le plus fort de la pièce, lorsque, assis en bord de scène et muni, pour une unique fois, d’un micro, il mime un interrogatoire par un journaliste précisément sur cette question : comment être comédien quand on est le fils de Daniel Mesguich ? S’il est clairement compliqué d’être un « fils de », l’exemple de William Mesguich montre que cela ne saurait empêcher le talent quand il est là. Surtout quand on est un bourreau de travail, capable, par exemple, d’interpréter quatre pièces dans la même journée lors de certains festivals d’Avignon ! Né d’ailleurs sous une bonne étoile, baptisé William en hommage au grand Will.

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« Etre ou ne pas être », écriture, m.e.s. & jeu : William Mesguich

Les 11, 12 & 13 juin à 19h30 au T.A.C.

Collaboration à l’écriture et à la mise en scène : Rebecca Stella

Être ou ne pas être…(être) est une plongée dans le passé, de William Mesguich, dans ses souvenirs. Une tentative de raconter l’intime, sa relation au football, au théâtre, à son père Daniel Mesguich.

Une chute vertigineuse et douce à la fois, dans les plis de sa mémoire, dans l’enfance et le rêve.

Par où commencer cette révélation de l’âme, cette déclinaison de soi-même, l’effeuillage tenu de nos parts d’ombre et d’effervescence, pourquoi l’amour des textes et des inventions artistiques les plus

incandescentes ? Oui, comment raconter au théâtre sa passion poétique pour les mots, le sens, les images dantesques, le vertige d’un regard, le partage de la pensée la plus rare ?

« J’ai eu envie de dévoiler l’envers du décor, l’envers d’un chemin tortueux mais enthousiaste et généreux, semé d’embûches mais tellement frémissant d’intelligence et de quête d’excellence. Il m’a fallu du temps pour revenir sur un parcours atypique, des terrains de football au théâtre de l’Athénée Louis Jouvet, de Platini à Shakespeare, du bac à sable de la cité des Orgues de Flandres dans le 19ème arrondissement parisien à l’Académie Centrale de Pékin, du Parc des princes à plusieurs périples itinérants théâtraux pour porter le théâtre dansles villages, en narrant les plus belles histoires de l’univers.

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Festival du Théâtre Amateur de La Trinité

Huit pièces sont à découvrir sans modération lors de cette nouvelle édition du Festival du Théâtre Amateur de La Trinité. Pendant une dizaine de jours, des comédiens passionnés monteront sur scène pour partager avec le public leur talent, leur énergie et leur amour du théâtre.

Les pièces se jouent à la Maison de la culture de Trinité — Tarif : 10 euros, billets en vente sur place. Contact : 0596.58.20.12.

Programme

Mercredi 3 juin – 19h

Les Secrets de mes filles

Troupe : Les Flammes Rebelles
Texte et m.e.s. : Aline Boistol
Distribution : Tessa: Julie VICTOR – Maureen : Charlynna ÉPHESTION  – Mlndy : Shaynna LlTOR – Alice : Marle-Paule ÉPHESTION – Mylène :Precillia GERMANY -la maman : Ghislaine FÉLICIEN

Comédie dramatique entre rire et émotion. Tessa, une adolescente de 16 ans se trouve dans une situation difficile : comment garder des secrets de famille. Marie, mère de Maureen (16 ans) et de Mindy (11 ans), fera preuve d’une grande perspicacité pour tenter de découvrir ce que ses filles lui cachent…
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Jeudi 4 juin – 19h

Mové Jé
Durée : 1 h30
Auteur : Daniel Phanor
Mise en scène : Nasséra Zahar – Alexandra Laplanche
Distribution : Alexandra Laplanche (Édith)  Nasséra Zahar (Eléna) Daniel Phanor (Francis)  Alice Rosalie (Maguy) Christophe Arnerin (Marco

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«  Femmes en colère » – vendredi 5 juin au TOM à 19h

Un texte de Mathieu Menegaux adapté au théâtre par Pierre-Alain Leleu.

Trois magistrats et six jurés populaires tirés au sort ont entre leurs mains le sort de Mathilde Colignon, une femme qui a avoué son crime et qui, pourtant, se dit victime et réclame justice.
Neuf hommes et femmes en colère qui doivent choisir entre punition et pardon.

Bien quelle reconnaissance les faits, l’accusée demande avant tout que justice soit rendue. Mais la justice peut-elle vraiment réparer un traumatisme lié à un viol ?

La justice comprend-elle réellement ce type de traumatisme ? Les victimes sont-elles suffisamment écoutées ? Une condamnation suffit-elle à rendre justice ?

Les débats opposent alors différentes visions de la justice, de la vengeance, du pardon et de la condition des femmes dans la société.

Cette pièce percutante et engagée soulève également la question du consentement. Pendant longtemps, certaines attitudes ont banalisé l’idée qu’une femme devait “accepter” sans forcément exprimer clairement son accord. Pourtant, le consentement est essentiel dans toute relation et il doit être libre, clair et respecté. Demander le consentement c’est reconnaître la liberté et le respect de l’autre et permet de construire des relations plus égalitaires et plus saines.

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Le rire contre la guerre : “Lysistrata” au Théâtre Aimé Césaire

Jeudi 28, vendredi 29 et samedi 30 mai à 19h30 au T.A.C. FdF

— Par Hélène Lemoine —

Près de vingt-cinq siècles après sa création, Lysistrata n’a rien perdu de sa puissance comique ni de son étonnante modernité. La célèbre pièce d’Aristophane sera présentée au T.A.C. – Théâtre Aimé Césaire dans une mise en scène de Julie Mauduech, les jeudi 28, vendredi 29 et samedi 30 mai à 19h30. Une occasion rare de redécouvrir l’un des textes les plus audacieux du théâtre antique, entre satire politique, comédie populaire et réflexion sur le pouvoir.

Écrite en 411 avant J.-C., en pleine guerre du Péloponnèse qui oppose Athènes à Sparte depuis de longues années, Lysistrata naît dans un climat de crise et d’épuisement collectif. Athènes traverse alors une période de tensions politiques, de défaites militaires et de désillusion. C’est dans ce contexte qu’Aristophane imagine une intrigue aussi extravagante qu’efficace : fatiguées de voir leurs maris partir au combat et la cité s’enfoncer dans le chaos, les femmes de Grèce décident de se révolter.

À leur tête, Lysistrata, figure aussi brillante qu’insoumise.

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« Olubakaka » : mémoire vive et conscience en éveil

Vendredi 15 mai | 19h30| La Paillote| Les Anses d’Arlet

Portée par le collectif Zomatchi et mise en scène par Kocou Yemadje, la création théâtrale Olubakaka, inspirée de Wôlôguèdè, la chaîne incarcérée de Flavien Zountchémin, s’impose comme une œuvre à la fois poignante et profondément engagée. Soutenue par la section Atlantique Ouest de l’Association des professeurs de français du Bénin, qui a su mobiliser un large public scolaire, cette représentation a rassemblé apprenants et enseignants autour d’une expérience artistique d’une rare intensité.

Dans la lignée des réflexions d’Ariane Mnouchkine, qui voit dans le théâtre le reflet des tragédies collectives, Olubakaka fait surgir sur scène une mémoire douloureuse, celle de la traite négrière et de ses séquelles persistantes. Le personnage éponyme, survivant tourmenté, condamné à errer entre le monde des vivants et celui des ancêtres, incarne une conscience blessée, incapable de trouver l’apaisement. À travers cette figure, la pièce donne chair à une histoire enfouie, mais jamais éteinte.

La mise en scène, d’une grande force symbolique, rejoint la pensée d’Arthur Adamov en faisant du plateau un espace de rencontre entre visible et invisible.

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Reprise du « Déparleur » par Olivier Pendriez

Le 15 mai à Fort-de-France ; le 16 mai à Saint-Pierre ; le 8 juin à Trinité.

Dans ce monologue poignant un personnage marginalisé, un clochard revient sur sa vie marquée par la misère familiale, la violence, l’amour interdit, les rêves brisés, l’alcoolisme et la désillusion sociale.

Chaque scène traite d’un thème particulier, récit d’un épisode vécu ou considérations plus générales (l’alcool, les trafics de drogue, la démocratie, la révolution, la médecine, etc.), tous sujets à propos desquels le personnage raconte et se raconte, nourri par l’expérience et quelques lectures.

“Déparler”, c’est faire venir au jour les choses qu’en secret on taisait au profond de soi.

Lire les articles de Madinin’Art consacrés au « Déparleur »

Le déparleur a naufragé sa vie et pourtant il résiste, sa barque échouée sur un bout de trottoir. Il résiste et se souvient. Il déroule le fil de son existence, qu’importe, prétend-il, si nul ne s’arrête, si nul ne lui répond, si tous passent leur chemin. Ainsi que l’a formulé Édouard Glissant, « le déparleur ne s’attend pas à ce que les autres l’écoutent : il parle à la volée.

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« Harriet Tubman – Passeuse de l’ombre » ou l’impossible représentation

Dans un dispositif scénique d’une grande sobriété, presque ascétique, une figure vêtue de blanc se détache dans un espace structuré par de hautes barres verticales, comme autant de lignes de fuite ou de barreaux symboliques. Dès les premiers instants, le rapport frontal est posé : « Je préfère rester debout pour bien voir vos visages ». Cette déclaration, à la fois simple et chargée de sens, inscrit la représentation dans une adresse directe au public. Ici, il ne s’agit pas seulement de raconter une histoire, mais de convoquer une présence, d’instaurer une vigilance partagée.

Cette frontalité engage immédiatement le spectacle dans une tension qui le traverse de part en part : comment représenter l’esclavage sans en réduire la violence à une narration explicative ou à une simple commémoration ? c’est peut-être là que se loge la difficulté la plus profonde de la pièce — se manifeste une impression persistante de balancement, presque d’hésitation structurelle, entre deux mouvements contradictoires.

D’un côté, l’œuvre semble engagée dans une tentative de symbolisation d’un réel historique : l’esclavage. Or ce réel excède constamment les cadres discursifs censés permettre de le penser.

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