— Par Hélène Lemoine —
On connait bien Ahmed Madani en Martinique. « Illumination(s) », « F(l)ammes », « Incandescences », « J’ai rencontré Dieu sur Facebook » ont bouversé, enthousiasmé publics et critiques. Avec Au non du père il poursuit sa recherche théâtrale singulière, située à l’endroit fragile où la vie réelle devient matière scénique sans jamais se réduire au témoignage. Le spectacle s’inscrit pleinement dans la trajectoire d’un artiste qui, depuis plusieurs décennies, interroge la capacité du théâtre à accueillir des récits minorés et à les transformer en expériences esthétiques partagées. Après la realation Mère/fille dans « J’ai rencontré Dieu sur Facebook » , dans Au non du père, la quête d’Anissa — retrouver un père absent — constitue moins un sujet qu’un dispositif, un point d’entrée vers une réflexion profonde sur la filiation, la liberté individuelle et le pouvoir de la fiction.
La présence d’Ahmed Madani sur scène est centrale. Il n’y apparaît ni comme garant d’une vérité, ni comme simple accompagnateur, mais comme une figure de médiation. À la fois auteur, metteur en scène et partenaire de jeu, il orchestre le récit tout en acceptant d’en perdre le contrôle.

— Par Michèle Bigot —
–– Présentation par 
Dernier chapitre de la trilogie « Face à leur destin », « Incandescences « d’ Ahmed Madani souligne la cohérence et la force de l’ensemble du projet. Illumination(s) en 2012 évoquait trois générations d’hommes immigrés venus d’Algérie sur fond de séquelles de Guerre d’Algérie, F(l)ammes en 2016 portait sur les relations mère/fille dans les quartiers dits « sensibles ». Dans « Incandescence » ce sont une petite dizaine, neuf exactement, jeunes femmes et jeunes hommes, nés de ces parents ayant vécu l’exil et résidant dans des quartiers populaires qui vont faire découvrir au public un monde trop souvent ignoré. Pendant un an et demi l’auteur-en-scène comme il se nomme, va organiser des rencontres sous forme de stages, d’entretiens en tête-à-tête, d’atelier videographiques, avec des jeunes autour d’un thème principal, l’amour pomymorphe, celui qui a présidé à la rencontre de leurs parents et celui qu’ils espèrent, attendent ou vivent au quotidien. Ils évoqueront le premier baiser, donné ou reçu, l’attente, l’émoi, les espérances déçues, les désillusions. Ils le diront avec cette force de la jeunesse, cette exhalation du corps en désir, cette pulsion de vie qui les animent.
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Ce texte coup de poing joué au festival d’Avignon 2019 et repris en tournée arrive à point nommé pour parler Algérie, colonialisme et « indépendances » entendues comme responsabilités sociétales et citoyennes.
Avec acteurs inconnus
Avec Idir Ben Addi, Olivier Bonnaud, Myriem Akheddiou plus
Madani Compagnie
C’est un spectacle choral, un récit choral dans lequel 9 jeunes nous invitent à voir le monde à partir du quartier le Val Fourré à Mantes-la-Jolie où on été construits plus de 8000 logements entre 1959 et 1977, pour loger entre autres les travailleurs des usines automobiles de la vallée de la Seine, Renault à Flins, Simca devenu PSA, à Poissy. Le quartier est bâti sans lien véritable avec le centre-ville au bout de la rue des Garennes, sur l’ancien aérodrome de l’ex-village de Gassicourt annexé par ville de Mantes après la guerre. Construit en refusant l’aide de l’État le quartier va manquer d’équipements collectifs et tomber dans une dérive de ségrégation sociale marquée par l’exode des classes moyennes et l’arrivée massive de populations émigrées.


La pièce



Plusieurs centaines de professionnels des médias demandent à Emmanuel Macron la reprise de l’accueil des journalistes gazaouis souhaitant être évacués de l’enclave, et l’accès immédiat de la presse internationale sur le terrain.


Une tragédie sociale, une histoire d’amour contrariée, un cri de douleur et d’espoir…
« Je suis le peintre