Catégorie : Cinéma

Cinéma à l’Atrium : Echo au 16ème FEMI

par Selim Lander

On sait fragile la situation du cinéma d’art et essai en Martinique ; néanmoins il survit. En dépit du mouvement de grève générale qui affectait tous les lieux publics, y compris l’Atrium, ce dernier est resté entrouvert pour permettre le bon déroulement des projections prévues dans le cadre de l’Echo au 16ème FEMI (Festival international de cinéma de Guadeloupe)i. Au programme : Le Silence de Lorna des frères Dardenne, qui ont remporté avec ce film un prix du scénario amplement méritée au festival de Cannes ; Chop Shop, film américain de Ramin Bahrani, centré sur l’histoire d’un gamin des rues à New-York (que nous n’avons malheureusement pas pu voir) ; Mataharis, film espagnol de Iciar Bollain ; enfin Faro, film malien de Salif Traoré.

Mataharis conjugue agréablement les destinées de trois femmes employées dans le même bureau de détective, qui balancent entre cynisme et émotion, tout en s’efforçant de raccommoder une vie privée mise à mal par l’usure du temps ou par les aléas de la vie. Du bon travail, plein de sensibilité, d’une jeune réalisatrice prometteuse.

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Pour une politique de soutien aux métiers du cinéma et de la production cinématographique

 

— Par Olivier Baudot Montézume

Association Martiniquaise pour le développement

du cinéma en court métrage

(As Loi 1901 No 9721004112 – SIRET No: 435 055 157 000 18)

Fort de France le 21 juin 2008

M Alfred Marie Jeanne

Pdt du Conseil Régional de

Martinique

Rue Gaston Deferre

Objet : Pour une politique de soutien aux métiers du cinéma et de la production cinématographique

Monsieur le Président,

Créole en court vient de participer en tant que co-producteur à la réalisation du court métrage « Au nom du père » que vous avez bien voulu soutenir. Ce film produit par la société Marakudja’films, société Martiniquaise de cinéma en court métrage, a été pour nous l’occasion de vérifier « in situ » les conditions particulières de tournage au format 35mm, mais aussi et surtout la situation pour le moins singulière des intermittents Martiniquais du cinéma et de l’audiovisuel.

Il m’apparaît plus qu’important d’attirer votre attention sur la nécessité de soutenir l’activité cinématographique de façon réelle. Il y a une urgence politique à considérer ce secteur comme un secteur culturel à part entière : source d’emploi, de savoir faire, espace de création.

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Sont-ils ce qu’ils disent être ou sont-ils ce qu’ils font?

— Par Roland Sabra —

Poster-TabouEdito du 20/05/2008

  Le film de Guy Deslauriers, sur un scénario de Patrick Chamoiseau, avec Stomy Bugsy dans le rôle du journaliste martiniquais assassiné rencontre des difficultés de financement. Le budget du film s’élève à 3 millions d’Euros, moitié moins que la moyenne des films français. Les Chti’s ont couté 11 millions d’Euros alors que le budget d’un film étasunien oscille  aux environs de 60 millions de dollars soit 40 millions d’Euros en moyenne, mais  « Titanic »  avait coûté à l’époque 135 Millions d’euros (200MD). Guy Deslauriers précise que le sujet du film, les faits qu’il relate, a privé les producteurs « Kreol Productions » de certains financements habituellement réservés aux films français et d’outremer. En d’autres termes, pour appeler un chat, un chat et une censure une censure, le film a été pénalisé parce que qu’il a eu l’heur de déplaire politiquement. Et le réalisateur d’ajouter « Qu’un certain nombre de partenaires ne sont pas allés au bout de leurs engagements et encore moins de leur promesses. » Ceux-là on voudrait bien les connaître, pour mieux les faire connaître!

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Comité de soutien au film « ALIKER »

du réalisateur Guy des LAURIERS

L’objectif du comité qui s’est constitué le 30 avril 2008 est de :

  • Soutenir financièrement la production de ce film. En effet, suite à des problèmes techniques et à la détérioration de la pellicule ayant entraîné un sinistre important pour le film, les fonds récoltés majoritairement auprès des collectivités locales de Martinique, Guadeloupe, Guyane et de quelques entreprises privées s’avèrent insuffisants.

  • 85.000 €uros sont nécessaires pour achever la production et envisager une sortie sur les écrans pour la fin de cette année 2008.

  • L’importance de ce film du point de vue historique est incontestable et nous ne pouvons laisser mourir une telle initiative !

  • Au-delà de l’aide financière, le comité et tous ceux qui le soutiennent veulent contribuer par leur action à faire connaître des faits historiques qui ont marqué et marquent encore la société martiniquaise.

comité de soutien au film « ALIKER »

du réalisateur Guy des LAURIERS

André Aliker est mort le 12 janvier 1934 assassiné par les puissances d’argent de ce pays, parce qu’il avait osé l’impensable :

affronter le riche béké AUBERY, propriétaire de l’usine du Lareinty.

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« Les 16 de Basse-Pointe » : quand le sucre a le goût du sang

— par Roland Sabra —

Tournage avec René Polomat
Tournage avec René Polomat

« Manmay kouté, kouté sa ki pasé, sé té an mars, an mars 48».». La chanson de Kolo Barst pourrait, hélas être adaptée à de nombreuses situations en Martinique, tant le pouvoir colonial s’est inscrit avec un alphabet de sang et de feu sur le corps du peuple martiniquais. Le 04 mars 1948 au Carbet les gendarmes tirent sur des ouvriers en grève sur l’habitation Lajus. Trois morts. Le crime restera impuni. C’est dans ce contexte et dans un climat général de répression du mouvement ouvrier, diligentée par le pouvoir socialiste que le 06 septembre 1948, le petit béké Guy de Fabrique, administrateur de la plantation Leyritz, provoque arme au poing, en compagnie de trois gendarmes un groupe d’une soixantaine de grévistes. Désarmé il s’enfuit, puis est rejoint par un petit nombre d’ouvriers agricoles. Trois coups mortels lui sont portés suivis d’une trentaine d’autres. Un béké a été assassiné! La nouvelle est incroyable, habituellement ce sont les nègres que l’on assassine, mais là c’est un blanc créole, pensez-donc!! Dans les jours qui suivent 16 hommes sont arrêtés sans preuve, incarcérés trois ans avant d’être jugés dans l’ancien port négrier de Bordeaux.

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Identité : Madiana et les musées coloniaux

— par Roland Sabra —

Edito du 10-01-08


Deux lignes de forces dans ce numéro de rentrée.

Dans la solitude d’un champ de navets

La première ligne de force de ce numéro aborde la  thématique   de l’identité à partir des effets d’acculturation et même de « déculturation » de la programmation cinématographique en Martinique.

Parmi la vingtaine de films que la critique estime être les meilleurs de l’année 2007 ( cf; ci-après) Madiana en a programmé deux! On ne peut que saluer l’abnégation de Sarah Netter, la critique d’Antilla qui chaque semaine est contrainte non seulement de voir mais, et c’est le pire, de commenter les « nanards » de la programmation éliséenne.  Trouver un bon film en Martinique relève de l’expérience de la solitude dans un champ de navets. Madiana est entrain de tuer doucement mais sûrement le cinéma en Martinique. Mais le plus inquiétant est la mise en œuvre d’une acculturation aux mœurs étasuniennes en matière de relations sociales et, c’est surtout là que le bât blesse de violences sociales.

Premier effet de la présence de ce multiplexe : la disparition des salles de quartier et même de communes au profit d’une  centralisation des projections aux portes de Fort-de-France .

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Cahier d’un retour au pays natal : Le Film

–Par Christian Antourel —

Jacques Martial

Avec tout ce qui se passe sur nos grands et petits écrans, tous ces films dont l’image semble toujours être à bout de souffle, tant il faut greffer à ces histoires imprévisibles des suites artificielles, feuilletons griffonnés à la hâte sous couvert d’audimat, qu’elles en deviennent interminables et incontrôlables. Ou lorsque les armes sont plus loquaces que les textes qui les incluent, plus vrais que les acteurs tout couleurs hémoglobine, dont les rôles réflexes conditionnés, se résument à parler haut et remue-ménage, à appuyer sur la détente d’armes plus automatiques que leurs créations artistiques. Savez-vous qu’un film se tourne chez nous, qu’il se nomme : « Cahier d’un retour au pays natal ». Une adaptation audiovisuelle du texte d’Aimé Césaire, mis en scène par Philippe Berenger. Absolument ! Même que Jacques Martial en fait partie. Je vous le rappelle, il en est l’interprète principal et l’instigateur.

Un petit bijou de film,  poli comme une pierre précieuse

Après son rôle majuscule, grandiose, dans la pièce du même titre, au théâtre de Fort-de-France, c’est encore un retour au pays natal.

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Manuel Césaire aux commandes

— Par Roland Sabra —

Poster-TabouEdito du 20/10/2007

  La rentrée des Mercredi-Cinéma de l’Atrium s’est faite sur les chapeaux de roues. Il y eu d’abord  » L’avenir est ailleurs« , déjà vu et puis l’admirable « Persépolis » d’après la B.D. de Marjane Satrapi. . Plusieurs projections avec débats sont prévues pour « Gouverneurs de la rosée » déjà vu lui aussi. Côté théâtre nous avons déjà évoqué « Manteca« , et nous attendons vivement « L’échange » de Paul Claudel (08 & 09-XI-07) et « L’amour » adaptation de José Pliya du roman « Amour, Colère et Folie » de Marie Vieux-Chauvet ». Monter Claudel est une gageure difficile à soutenir. On lira avec intérêt les propos de  Brigitte Salino, confirmés à postériori par le relatif échec de « L’échange » de Julie Brochen, cet été en Avignon , dont on  a constaté, avec regret, que la profondeur, indiscutable, de sa lecture avait été trahie par une distribution un peu faible.

« Circus baobab » nous a offert un numéro de cirque, convenu, sans surprise, qui a ravi de joie une bonne partie du public, nombreux.

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Le dernier tango « en la cama

par Roland Sabra et Selim Lander —

un film de Matias Bize

Écran noir, souffles coupés, râles étouffés, cris échappés, ressorts qui grincent. Ecran blanc saisi de tremblements, de déchirements pour entrevoir, dans le désordre des draps, un morceau de chair, un ventre , un sein, une cuisse, le sien , la sienne. Cri. Un visage et puis un autre et se déroule le Générique de « En la cama » le film chilien de Matias Bize projeté ce vendredi 29 juin à l’Atrium.

De l’autre, ils ne savent pas même le nom, mais ils se connaissent au sens biblique du terme. Charnellement, intimement au plus proche d’eux-mêmes. Fantasme, assez masculin de la rencontre totale sans avoir à livrer quoi que ce soit de soi que Bertolucci avait déployé dans « Le dernier tango à Paris ». Un américain de passage rencontre lors d’une visite d’un appartement vide une jeune femme à la veille de son mariage. Une passion purement limitée au sexe se développe avec la volonté de ne rien vouloir savoir de l’autre. C’est donc ce même argument qui est repris par Matias Bize, avec infiniment moins de moyens bien sûr que son aîné et c’est donc dans la façon de le traiter que réside l’intérêt de la chose.

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Les dissidents : l’histoire contre la mythologie

 

— par Aimé CHARLES-NICOLAS — 


Le 22 février a eu lieu à l’Atrium une projection du film d’Euzhan Palcy « Parcours de dissidents » suivie d’un débat en présence d’Euzhan Palcy et de dissidents, tous magnifiques dans leur simplicité et leur noblesse, comme dans le film.
Le film est beau mais le débat blesse là où une sorte de pensée unique restreint l’expression des dissidents.

D’abord le film tient la promesse du titre. Ponctué de photos des dissidents et d’extraits d’archives il a voulu donner enfin la parole aux dissidents. Il y a réussi merveilleusement. Il était temps en effet. Euzhan Palcy nous le dit au cours du débat qui a suivi (le temps fort de la soirée c’était vraiment la présence parmi nous des dissidents, très applaudis) : entre le moment où elle a commencé le film et aujourd’hui, plusieurs dissidents nous ont quittés. Elle a failli se laisser piéger par le temps qui file.

Le film captive. La réalisatrice réussit à nous transporter soixante ans en arrière dans des allers-retours entre la photo du dissident jeune et le gros plan de celui qui parle, ni tout à fait le même ni tout à fait un autre.

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La saga « Star Wars » est -elle de droite? De gauche ? Libérale ? Altermondialiste ? Chrétienne? Bouddhiste?

— Par Roland Sabra —

Les combats font rage autour de la Guerre. Quelle lecture faut-il en faire? Peut-on y emmener nos enfants impunément? Ou plutôt nos enfants peuvent-ils nous y emmener sans craintes? Certains conservateurs étasuniens ont placé le film sur la liste des films à éviter? Certains alter-mondialistes voient la saga comme une parabole de la lutte qu’ils mènent pour un autre monde. Si la problématique centrale, à savoir comment une République, fût-elle intergalactique, peut se transformer en Empire, semble confirmer la thèse progressiste, c’est-à-dire libérale au sens étasunien, les explications et les remèdes suggérés, ou si l’on préfère l’idéologie véhiculée par George Lucas sont sujettes à caution.

Tout commence donc par un blocus que la cupide Fédération du Commerce (OMC) impose à la vaillante petite planète Naboo ( José Bové), très républicaine et très démocratique.. La FC-OMC veut libéraliser le commerce et supprimer la taxation des routes commerciales qui relient les systèmes les plus éloignés de la République. Dans l’épisode 2 « L’attaque des clones » les méchants séparatistes ne sont rien d’autre que la FC-OMC, la guilde du commerce, le clan bancaire, la « corporate alliance ».

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La brûlure des cordes et les brûlures de la vie : Million Dollar Baby

— Par Roland Sabra —

Américain (2h12). Réalisation : Clint Eastwood. Scénario : Paul Haggis, d’après F.X. Toole. Avec : C. Eastwood (Frankie Dunn), Hilary Swank (Maggie Fitzgerald), Morgan Freeman (Eddie « Scrap »), Anthony Mackie (Shawrelle Berry).

C’est un film binaire, entre ténèbres et lumière, entre vieillesse et maturité, entre un monde d’homme et une vie de femme, entre sunlights de la gloire et crépuscule du destin, entre gagnants et « loosers ». Un film de clair-obscur fidèle à l’écriture de F.X. Toole,l’auteur des nouvelles, « La brûlure des cordes » (Albin Michel, traduit de l’américain par Bernard Cohen.302 pages. Prix : 20,9 €) dont est tirée la dernière livraison de Clint Eastwood, Million dollar baby, dûment récompenssée aux Oscars.

Le style des phrases, des répliques de F. X. Toole, se retrouvent dans les plans, le montage ramassé de C. Eastwood. Tout est vif , dur, resserré, efficace comme un uppercut. Et pourtant il ne s’agit pas pas d’un film sur la boxe, ou tout au moins la boxe sert de prétexte à raconter une autre histoire qui elle ne débute qu’au dernier quart de la projection.

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« Brodeuses » : un film de chair et de fil

—Par Roland Sabra —

Français (1h28). Réalisation : Eléonore Faucher. Scénario : E. Faucher et Gaëlle Macé. Avec : Lola Naymark (Claire), Ariane Ascaride (Mme Mélikian), Marie Félix (Lucile), Thomas Laroppe (Guillaume), Arthur Quehen (Thomas), Jackie Berroyer (M. Lescuyer). Grand Prix de la Semaine de la Critique Cannes 2004, Prix Michel d’Orano 2004

Si un homme sur deux est une femme, elles sont donc comme l’écrit joliment Mao « la moitié du ciel ». Et quand elles font leur cinéma c’est à nous tous quelles dédient leur travail c’est du moins le cas de ce beau film, tellurique chargé de chair et de fil, de fruit et de sang dont une jeune femme nous fait cadeau : Brodeuses,. Faucher Eléonore l’auteure dont les décompositions signifiantes du nom sont à elles seules une exploration sans fin nous conte une histoire toute simple et infiniment complexe celle de l’enchevêtrement de deux vies . Celle de Claire, dix-sept ans qui se découvre enceinte, un peu par hasard, au-delà des délais d’une hypothétique IVG et celle de Mme Mélikian 50 ans qui vient de perdre son fils « adulescent » dans un accident de moto.

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BIGUINE, à la fois documentaire et fiction

— par Christian Antourel —

 biguineComme chaque fois où un tubercule est recherché, cultivé, fouillé et finalement débusqué, réalisé, la satisfaction ressentie alors peut-être à son comble mais l’effort fut-il de toute beauté, il n’en demeure pas moins sûr qu’un tubercule reste une racine et n’est jamais un arbre.

La difficulté de faire, ne fait pas l’Art ; loin s’en faut. Disons au contraire, qu’elle souligne et stigmatise un handicap génétique ; que le rythme diabolisé de la biguine ne parvient pas à masquer.

Biguine, est ici documentaire et fiction à la fois.Le rêve est celui des auteurs, tout englués dans un cinéma sucre d’orge « Filibo », « Lotchyo » mais aussi « Bwa dan tchiou ».

La réalité reste un non-dit trop évident, contrarié. Une impossibilité d’être, avouée et révélée en 90 minutes d’un film innocent prit en otage.

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