— Par Patrick Mathelié-Guinlet —
“Alea jacta est !”
L’envie de remonter le temps
comme on remonterait un fleuve
en ramant à contre-courant
n’est certes pas une idée neuve…
Croire en reculant qu’on avance,
refusant de devenir vieux,
vouloir une seconde chance
en espérant faire un peu mieux…
On prend les mêmes, on recommence,
on dit je t’aime à qui l’on pense,
on veut retomber en enfance
en retrouvant son innocence…
Mais à cela, hélas, la science
nous apporte son désaveu…
Car, en dépit de tous nos vœux,
rebrousser chemin ne se peut !
Vivre est une drôle de danse
qui nous consume de son feu,
de hasard un genre de jeu
dans lequel on a peu confiance
car dès que les dés sont jetés
on sait qu’on ne pourra rejouer
mais jusqu’au bout nous faut aller…
“alea jacta est !”

(ou “Pourquoi je ne suis pas nationaliste… »
Mon pays n’est pas celui de ma naissance
car je ne l’ai pas choisi,
n’ayant fait que subir des circonstances
et donc ne lui dois pas d’amour particulier
ni aucune forme de reconnaissance…
Mon pays n’est pas la France
même si je suis francophone !
Mon pays, c’est la Terre entière
car la terre n’appartient à personne
et un nomade ne connaît pas de frontières…
Maintenant mon pays est ici aujourd’hui
et demain il sera peut-être ailleurs
mais toujours là où je suis
se trouve mon pays…
Mon pays est le lieu
où je me sens le mieux,
un lieu dont je puisse être fier
puisqu’on n’y fait pas la guerre
et c’est celui où j’ai choisi de vivre
pour le temps que j’ai décidé d’y vivre…
Car, afin de rester en vie
et d’en avoir toujours envie,
il faut absolument qu’on demeure,
jusqu’à ce que l’on meure,
en quête d’un ailleurs meilleur…
C’est seulement à ce prix
qu’on pourra trouver le bonheur !
