— RS n° 445 du lundi 4 mai 2026 —
En dépit d’une bien modeste préparation collective, la quasi-totalité des centrales syndicales se sont retrouvées au rendez-vous du 1er mai à la Maison des syndicats, puis avec un bon millier de manifestants dans les rues.
Cela témoigne de la force d’une tradition, jadis plus ou moins contrariée par des discours dilatoires entendus jusque dans les rangs syndicaux (tentation d’opposer le 1er mai au 22 mai, scepticisme face à une journée de lutte des travailleurs/ses dans un pays au fort taux de chômage, velléité de choisir sans concertation d’autres lieux qu’au départ de la maison des syndicats, allégation que le 1er mai était un moment de fête ouvrière et non de manifestations de rue et même, c’est arrivé, évocation de divergences avec telle ou telle organisation pour justifier des premiers mai séparés…!
Cette année donc un premier mai unitaire s’est imposé, …malgré tout ! La grande bourgeoisie, son État et ses médias les plus zélés n’ont pourtant pas lésiné sur les moyens pour liquider ou affaiblir cette journée prolétarienne internationale. Cette journée qui leur reste encore au travers de la gorge, 150 ans après !
Les Attal, Retailleau, Macron et autres Bardella/Le Pen, ont tout fait pour réduire drastiquement les secteurs où l’interdiction du travail salarié le 1er mai s’applique. On assiste même au soutien indécent et délictueux du Premier ministre Lecornu à un employeur fautif, verbalisé par les services de la Direction du travail pour avoir violé la loi sur le chômage du 1er mai.
Toute une flopée de « journalistes » a, de son côté, lourdement souligné que le 1er mai 2026 ouvrait un long week-end propice au farniente. Nous, le GRS, avons ramé en sens inverse en multipliant les interventions médiatiques, les réunions et conférences pour souligner les enjeux et défendre une tradition qui appartient d’abord à la classe ouvrière internationale et par extension, à toutes les victimes de l’exploitation, de l’oppression, de la discrimination, du racisme, du masculinisme, etc.
Les valeurs du 1er mai sont aujourd’hui d’une brûlante actualité. La vie chère, les bas salaires, les services publics dégradés, les violences du système, la négation du droit à l’autodétermination ne sont pas des affaires strictement martiniquaise, guadeloupéenne, guyanaise. Ce sont des affaires mondiales. Les conséquences des turpitudes trumpiennes sont dans notre proche environnement, chez nous-même, et impactent concrètement nos conditions de vie.
Depuis des années, nous lançons l’alerte face à la fascisation dont Trump est le symbole le plus caricatural. Nous y voilà ! Et le spectre hante maintenant la France. Mais il y a une certitude plus forte. C’est qu’aucune fatalité ne nous empêchera de résister pour renverser le cours actuel des choses. Cela ne se résume pas à une échéance électorale, même si la prochaine est de grande importance. C’est d’abord une histoire de combat quotidien, à toutes les échelles, et sur tous les terrains.
Dans cette suite-là, réside le vrai sens de notre 1er mai 2026. Le combat continue. Jik an bout !
En solidarité avec Cuba :
30 avril à Rivière-Pilote, 1er mai à La Havane
Comme tout le monde, nous pensons que les mesures US pour étrangler Cuba sont arrivées à leur sommet, encouragées par le l’assourdissant silence de la « communauté internationale » à l’annonce solennelle par Donald Trump de l’anéantissement de l’Iran et de son peuple, le soir même à vingt-heures.
Mais Trump trouve toujours une mesure pour faire pire. Ce premier mai, il a jugé bon annoncer « de nouvelles sanctions contre Cuba », dont la reddition serait selon lui « imminente », grâce à l’entremise de de son gusano de secrétaire d’État. Il ne digère pas la puissante manifestation anti-impérialiste de la Havane. Il enrage de constater que Cuba n’est pas le Venezuela, que dans un pays qui a renversé le capitalisme, vaincu éradiqué la bourgeoisie oligarchique, le peuple se rassemble pour défendre sa souveraineté, malgré les énormes difficultés du quotidien et les griefs à l’encontre du pouvoir.
C’est bien pourquoi la stratégie trumpienne c’est celle de l’asphyxie d’une population pour qu’elle cède, et que disparaisse le « mauvais exemple » de la dignité cubaine dans une Amérique du Sud où la résistance à l’impérialisme n’a pas la flamboyance des débuts du vingt-et-unième siècle.
Devant ses déconvenues en Iran, Trump rêve d’un délitement de la révolution cubaine qu’il pourrait offrir comme lot de consolation à sa base de médiocres fachos déconcertéEs par l’aggravation de leurs conditions de vie liée aux continuelles agressions exploitatrices du système capitaliste qu’il pilote avec ardeur des plus erratiques.
La soixantaine de personnes présentes à Rivière-Pilote, à l’appel de LYANNAJ MATINIK POU KIBA.SOLIDARITÉ ! a pu réfléchir sur cette situation en la replaçant dans son cadre historique. La municipalité de la ville a salué et participé à l’événement. Les partisans de l’ex-majorité marie-jeanniste étaient aussi bien représentés.
Ce fait n’est pas anecdotique. Il montre que la solidarité avec le peuple cubain, un peuple qui a tant fait pour la souveraineté de tous les peuples du monde, est une cause qui peut rassembler de larges couches du peuple martiniquais en dépit de divergences notoires.
Un seul problème, et de taille, c’est de convaincre massivement de l’urgence et du poids de ce que nous pouvons faire depuis chez-nous, sur le plan de la mobilisation politique comme sur celui de la solidarité humanitaire.
