Catégorie : Sociologie

Mort numérique : un héritage sans cadre juridique

— Par Jordy Bony (*) & Alexandre Veremme (*) —

Après la mort, les données restent. Le droit, lui, n’a pas encore suivi.

Écrit par The Conversation

En bref

  • Un vide juridique européen. Le RGPD exclut les données des personnes décédées et laisse chaque État légiférer. La France a ouvert la voie en 2016 avec la loi pour une République numérique, qui permet de fixer ses volontés numériques post-mortem. D’autres pays n’ont rien prévu, ce qui crée une inégalité entre citoyens européens.
  • Un héritage numérique partiellement transmissible. Cryptoactifs, NFT et noms de domaine entrent dans la succession, mais deviennent irrécupérables sans clé privée. Les achats sur Steam, Kindle ou Adobe ne sont que des licences personnelles, qui s’éteignent au décès.
  • IA et deadbots, des usages sans garde-fou.
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Victor Anicet parti, la Martinique perd un Trésor…

— Par Christian Jean-Étienne, pour le Comité Devoir de Mémoire. —

Victor nous semblait éternel.
La nouvelle est tombée le lundi 26 octobre, comme un véritable coup de massue !
Victor nous laisse une œuvre considérable, imprégnée des héritages amérindiens et caribéens, chargée de l’histoire et de la mémoire de la Martinique.

Plasticien, céramiste, peintre, enseignant et figure majeure de l’art martiniquais, il n’avait de cesse de valoriser et de transmettre, à sa manière, l’histoire de la Martinique, celle du monde amérindien, de l’esclavage, du marronnage, de la colonisation et de la complexité de notre société martiniquaise.
Le Comité Devoir de Mémoire de Martinique perd un ami, un grand frère. Il partageait notre quête identitaire, et nous avions en commun cette volonté de sortir notre histoire de l’oubli et de lutter contre l’amnésie collective.
Chaque fois que nous l’avons sollicité pour participer à l’une de nos actions, il a accepté sans hésiter.
« Ouvrons la rue de la Liberté », en juillet 1998, à Fort-de-France. Pour célébrer le 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage, nous avons organisé un happening de rue, une nuit de veillée au cours de laquelle les artistes ont apporté leur contribution pour réclamer la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité.
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Lycéens réprimés : la violence, symptôme d’une démocratie qui refuse le rapport de forces

— Par Denis Merklen (* ) —

En bref

Résumé réalisé avec l’IA, validé par WE DEMAIN.

  • Les mobilisations lycéennes de l’automne 2026 illustrent une escalade des tensions entre manifestants et forces de l’ordre, avec des milliers d’interpellations et plusieurs adolescents grièvement blessés.
  • Grèves, blocages et occupations font partie des moyens d’action des mouvements sociaux. Leur remise en cause fragilise, selon les auteurs, la capacité des citoyens à peser sur les décisions politiques.
  • L’affaiblissement des contre-pouvoirs, les échecs répétés des mobilisations et la réponse essentiellement policière du gouvernement risquent d’alimenter une spirale de violences et de défiance démocratique.

Sommaire

La mobilisation des jeunes lycéens et des étudiants n’est ni la première ni la seule à s’associer à des formes violentes de conflit.  Lire Plus

Cérémonie pour Victor Anicet

— Par Patrick Chamoiseau —

Argiles

Ce qui persiste, qui ne cède pas
Bouches de terre sans parole
Tessons de peuples
Dieux sans autels

Anicet
La bonne mémoire c’est vrai
est un lit de mémoires

Mains de terre d’où monte l’infime d’une présence. Signe de rien, mais qui concentre à fond l’insigne de plusieurs mondes

Adornos
Pierres à trois pointes
Rire salvateur de la chauve-souris dans le désastre du passage

Obscures puissances

C’est dire l’éclat des premiers gestes dans l’absence (t’obéissant soudain) devenue créatrice

(Ici, c’est le feu
qui escorte les mondes abolis)

(les cendres font la naissance)

Je vois l’étrange vaisseau des trays
leurs cargaisons d’époques, ces continents soudain achalandés, toutes ces formes, toutes ces forces, ces matières, et ce bleu à nul autre pareil
ensemble
sans ensemble
dans la secousse d’une longue vision  Lire Plus

Hommage à Victor Anicet.

Hommage à Victor Anicet.

— Par Myrna Nérovique —

Très cher professeur,
En tout honneur,
Je me souviendrai toujours de vous,
Er, je sais, que vous vous souviendrez toujours de nous :
Vos tendres élèves,
Dont vous êtes les sèves.
Et, toujours, je me revois encore, face à mon merveilleux pupître,
Vous voir déclamer toute l’histoire de l’art, dans un nouveau chapître.
Et, fière, dans mon univers,
Mon cœur, s’étiole, à présent, dans des vers amers.
Très cher professeur,
Ici, n’était point votre heur,
Et, dans cette poésie prosodique,
J’aimerais vous déclarer mon éloge mirifique.
Toujours, je me souviendrai de la base de mon histoire,
Toujours, mon tracé pictural, engoinfrera cette mémoire.
D’un enfant, dont l’art s’initie depuis jeune fille,
En s’armant de courage, face à cette vie d’intime vaudeville.
Vous m’avez amplement aidée,
Dans cette vie fortement perturbée.
Et, je tiens à vous faire mes adieux,
Il est vrai, que je ne puis faire mieux.
Et, je tiens à votre rendre cet honneur,
De tout mon être et de tout mon cœur.
Cet hommage, à vous, professeur,
Qui fit de moi, un être meilleur.  Lire Plus

L’éphéméride du 29 octobre

Jeanne de Brigue, dite La Cordelière, fut la première personne jugée pour sorcellerie par le Parlement de Paris, le 29 octobre 1390.

Elle fut brûlée vive le 19 août 1391.

Illustration : Sorcières cuisinant des enfants – tiré du Compedium maleficarum de Francesco Maria Guazzo, 1608

Biographie
Jeanne de Brigue est une paysanne de la région de Brie. Elle est connue pour ses dons de guérison et de voyance. Son procès a lieu à Paris et elle est incarcérée à la prison du Châtelet. Le 13 août 1391 elle est menée au marché aux pourceaux rue Saint-Honoré.

La chasse aux sorcières est la poursuite, la persécution et la condamnation systématique et en masse de personnes accusées de pratiquer la sorcellerie. Si la condamnation des pratiques de sorcellerie se rencontre à toutes les époques et dans toutes les civilisations, cette chasse aux sorcières du Moyen Âge tardif et surtout de la Renaissance est particulière par la croyance en un complot organisé de sorcières se réunissant en sabbat pour détruire la chrétienté en faisant un pacte avec le diable, et par la persécution et la traque massive de ces prétendues sorcières.  Lire Plus

Boubacar Joseph Ndiaye : « Refusez l’oubli… »

– par Rodolf Etienne

Il avait connu la guerre, traversé les violences du XXe siècle et servi dans l’armée française avant de consacrer l’essentiel de son existence à une autre bataille : celle de la mémoire.

Boubacar Joseph Ndiaye (1922-2009), conservateur de la Maison des Esclaves de Gorée, au Sénégal, est devenu l’une des grandes figures de la transmission de l’histoire de la traite atlantique.

Son éloquence, son engagement et les débats suscités par son récit interrogent aujourd’hui encore notre manière d’écrire, de comprendre et de transmettre le passé.

Un homme face à l’océan

Il se tenait là, dans la cour de cette demeure aux murs ocre, face à des visiteurs venus de tous les continents. Sa silhouette mince, son visage marqué par les années, sa voix grave et ses gestes mesurés composaient une présence immédiatement reconnaissable.

Lorsqu’il évoquait les hommes, les femmes et les enfants déportés depuis les côtes africaines, Boubacar Joseph Ndiaye ne se contentait pas de raconter une histoire. Il entendait empêcher le silence de la recouvrir. 

Pendant des décennies, dans la Maison des Esclaves de Gorée, petite île située au large de Dakar, il développa un récit saisissant de la traite atlantique.  Lire Plus

IN MEMORIAM VICTOR ANICET

Patrick Mathelié-Guinlet

Un arbre géant sacré, un grand “Fwomagé” de la Martinique s’est abattu sous les coups de hache de l’âge…

Victor, victorieux de cette mort qui te rend immortel puisqu’à jamais bien vivant dans les innombrables œuvres que tu nous a laissées, dans ces peintures, ces sculptures, ces vitraux, ces calligraphies mais surtout dans cette terre martiniquaise dans laquelle tu as su insuffler ton âme, la pétrissant, la réchauffant avec amour pour la transformer en merveilles témoignant de nos racines ancestrales.

Ta vie, passionnante si elle en fut, tu aimais à nous la raconter avec le talent fascinant d’un conteur dans des paroles où la gentillesse et l’humour n’avaient d’égale qu’une grande sagesse…

Aujourd’hui je pleure un ami et avec toute la Martinique un immense artiste !

À jamais “lonnè ek respé”, Victor Anicet…

POTERIES

          (à Victor Anicet)

Mon pote le potier

a fait tourner la terre

pour de beaux vases en faire

avant de l’enfourner

dans les feux de l’enfer…

Mon pote le potier

est comme un créateur

de systèmes solaires,

un sculpteur d’univers,

un marchand de bonheur…

Il fait un beau métier !  Lire Plus

Beatriz Nascimento : Quand les quilombos réécrivent l’histoire

  • Par Rodolf Étienne

Historienne, poétesse, enseignante et militante afro-brésilienne, Beatriz Nascimento (1942-1995) a élaboré une pensée originale de la liberté, du territoire et de la mémoire noire.

La publication, pour la première fois en français, d’une anthologie de ses écrits, Pour une féminothèque de l’Atlantique noir, organisée par Mame-Fatou Niang aux éditions Anacaona, constitue un événement intellectuel singulier.

L’œuvre de Beatriz Nascimento nous conduit du Brésil des quilombos (aussi appelé mocambos, communauté organisée au Brésil par des esclaves marrons (fugitifs) ou des réfugiés d’origine africaine cherchant à échapper à l’esclavage) aux mémoires du marronnage caribéen, tout en invitant à reconsidérer la place des femmes dans l’écriture de l’histoire.

Une absente qui nous oblige à réécrire notre bibliothèque

Il existe des œuvres dont la découverte tardive ne révèle pas seulement une injustice faite à leur auteur. Elle met aussi en lumière les limites du savoir que nous pensions posséder. Beatriz Nascimento appartient à cette catégorie d’intellectuelles dont l’absence a longtemps appauvri notre compréhension de l’histoire.

Comment expliquer qu’une historienne ayant consacré plus de vingt années à explorer les résistances noires, les communautés autonomes, la mémoire de l’esclavage et la condition des femmes afrodescendantes soit demeurée si peu connue dans l’espace francophone ?

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L’éphéméride du 26 octobre

Fusillade d’O.K. Corral le 26 octobre 1881

La fusillade d’O.K. Corral est un affrontement qui s’est déroulé le mercredi 26 octobre 1881 dans la ville de Tombstone en Arizona aux États-Unis.

Bien que seulement trois hommes aient été tués durant le combat, il est généralement considéré comme la plus célèbre fusillade dans l’histoire de la Conquête de l’Ouest, grâce à des films comme Règlements de comptes à OK Corral. Il vit s’affronter les frères Wyatt Earp, Morgan Earp, Virgil Earp, associés de Doc Holliday contre Frank McLaury, Tom McLaury, Billy Claiborne, Ike Clanton et Billy Clanton. Ike Clanton et Billy Claiborne s’enfuirent du combat, sains et saufs. Morgan Earp, Virgil Earp et Doc Holliday furent blessés. Les deux frères McLaury et Billy Clanton furent tués. Ils ont été enterrés dans le cimetière de Tombstone : Boothill

Analyse
La cause directe du conflit qui conduisit à la fusillade fut l’arrestation de deux cow-boys par Virgil Earp, agissant en sa qualité de Marshall fédéral, pour un vol de diligence. Un autre cow-boy sous l’emprise de la boisson proféra des menaces contre les Earp, ce qui les mit en garde.  Lire Plus

Sandra Blacodon : « La réussite n’est pas un sommet réservé »

– Entretien réalisé par Rodolf Étienne

De l’engagement territorial en Martinique à l’écriture, Sandra Blacodon explore dans son premier ouvrage, Je suis née pour réussir – Un voyage vers la lumière, les chemins de la reconstruction personnelle.

Confrontée à la maladie, aux discriminations et aux bouleversements de l’existence, l’ancienne responsable territoriale défend une conception de la réussite fondée sur la liberté, la dignité et la transmission.

Entretien avec une femme qui entend désormais donner une nouvelle forme à ses engagements. Pendant vingt-deux ans, Sandra Blacodon a consacré une grande partie de son activité professionnelle au développement territorial, à la prévention de la délinquance et à l’accompagnement des personnes en Martinique, particulièrement dans la commune de Ducos. Une expérience qui a nourri sa connaissance des réalités sociales et sa conviction que les trajectoires individuelles ne sont jamais définitivement écrites.

Aujourd’hui installée à Paris, elle publie aux Éditions de l’Onde son premier ouvrage, Je suis née pour réussir – Un voyage vers la lumière. Un livre né d’une période de souffrance, mais construit autour d’une interrogation plus universelle : comment retrouver sa capacité d’agir lorsque les épreuves semblent avoir réduit le champ des possibles ?  Lire Plus

Cyparis ou comment survivre à la montagne Pelée ?

— Par Rodolf Étienne

Le 8 mai 1902, Saint-Pierre disparaît sous une nuée ardente.
Parmi les rares habitants qui échappent à la catastrophe figure un homme enfermé dans un cachot : Louis-Auguste Cyparis.
Sauvé par les murs de sa prison, il devient bientôt une célébrité internationale. Son histoire, pourtant, ne se résume ni à un miracle ni à une curiosité volcanologique.
Elle raconte aussi la condition d’un Martiniquais noir dans la société coloniale, le commerce des corps meurtris et la fabrication d’une légende dont l’homme véritable finit par s’effacer.

Saint-Pierre, 8 mai 1902 – la ville qui disparaît

Au matin du 8 mai 1902, jour de l’Ascension, Saint-Pierre est encore l’une des principales villes de la Martinique. Ancienne capitale économique de l’île, la cité possède ses maisons de commerce, ses établissements religieux, son théâtre, ses quartiers populaires et un port actif. Depuis plusieurs semaines, la montagne Pelée manifeste une activité inquiétante. Des émissions de cendres, des explosions et des phénomènes volcaniques préoccupent une partie de la population. Le 5 mai, une coulée de boue a déjà provoqué une catastrophe à l’usine Guérin, près de Saint-Pierre.

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Cheikh Anta Diop et le nucléaire africain

— Par Rodolf Étienne

On connaît Cheikh Anta Diop comme historien, anthropologue, linguiste, penseur de l’unité africaine et figure majeure de la réécriture de l’histoire du continent.

On connaît beaucoup moins Cheikh Anta Diop le physicien, formé aux sciences exactes, enseignant de physique-chimie et utilisateur des techniques nucléaires pour dater le passé africain.

Pourtant, cette dimension scientifique n’est pas secondaire : elle constitue l’un des piliers de sa méthode.

À son retour au Sénégal au début des années 1960, après sa formation en France, Cheikh Anta Diop rejoint l’Institut français d’Afrique noire, devenu par la suite l’IFAN Cheikh Anta Diop. Il y développe une ambition singulière : mettre les sciences expérimentales au service de l’histoire africaine. L’IFAN rappelle qu’il avait enseigné la physique-chimie dans des lycées parisiens avant son retour à Dakar et qu’il refusa de cloisonner histoire, archéologie, physique, chimie et biologie.

Physique et chimie nucléaires des basses énergies – le carbone 14

Parler de « nucléaire » à propos de Cheikh Anta Diop nécessite une précision essentielle. Il ne s’agit ni d’un programme militaire, ni de la construction d’un réacteur électronucléaire.  Lire Plus

Australie : Une diaspora martiniquaise discrète (3)

— Par Rodolf Etienne
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Ils vivent à Sydney, Melbourne, sur la Gold Coast ou dans le nord de la Nouvelle-Galles du Sud. Ils sont artistes, médecin, entrepreneur, designer, professionnel du secteur social ou commissaire d’exposition.

Quelques dizaines, peut-être davantage si l’on compte les Martiniquais nés ailleurs, les familles et les parcours temporaires.

À plus de 18 000 kilomètres de Fort-de-France, une petite géographie martiniquaise existe pourtant bel et bien en Australie. Elle est difficile à mesurer mais beaucoup moins difficile à retrouver dès que l’on commence à suivre les trajectoires individuelles.

Après avoir exploré dans nos précédents volets la route des cultures créoles entre la Caraïbe et l’Australie, nous nous demandons ici : qui sont les Martiniquais qui vivent aujourd’hui sur le continent australien ?

Une présence identifiable — le code 8416

L’Australian Bureau of Statistics possède bien une catégorie spécifique pour la Martinique. Dans sa classification officielle des pays et territoires, utilisée notamment pour le recensement, la Martinique porte le code 8416 et est distinguée de la France, de la Guadeloupe, de Sainte-Lucie ou de la Dominique.   Lire Plus

L’étonnante route des créoles en Australie (2)

– par Rodolf Etienne

À première vue, tout semble séparer Fort-de-France de Perth.

Près de deux océans, des histoires politiques différentes, des migrations qui n’empruntent pas les mêmes routes et plus de 18 000 kilomètres à parcourir.

Pourtant, lorsqu’on observe la carte culturelle de l’Australie contemporaine, un archipel inattendu apparaît.

Caribéens, Mauriciens, Seychellois, Réunionnais et autres populations insulaires s’y retrouvent autour de la musique, de la cuisine, de la danse, des langues, de la transmission familiale et parfois d’un mot commun : créole.

Cette géographie raconte moins une migration massive des Antillais français vers l’Australie qu’une circulation beaucoup plus subtile des cultures créoles à travers le monde.

Perth, sur la façade occidentale du continent australien, constitue probablement le point d’observation le plus étonnant.

La Caribbean Australian Association y est créée en 1975 pour aider les nouveaux migrants originaires de la Caraïbe à s’installer en Australie et leur permettre de conserver des liens culturels et sociaux. Le premier rassemblement organisé le 8 août 1975 attire 191 personnes, chiffre remarquable pour une diaspora encore très réduite. Cricket, football, gastronomie, carnaval, fêtes familiales, bals et activités pour enfants deviennent progressivement les moyens de maintenir une identité caribéenne à des milliers de kilomètres des îles.  Lire Plus

L’éphéméride du 4 octobre

Création de la Sécurité Sociale par l’Ordonnance du 4 octobre 1945

La Sécurité sociale est un système assurant des ressources dans un certain espace financier prévu à cet effet ainsi que l’accès aux besoins essentiels (éducation, eau, nourriture, hygiène) à certains citoyens ayants droit hors catastrophe, guerre ou calamité, qui ont accès à une couverture de santé de par leur régime lié au statut (militaire) ou leur fonction d’état et leur pauvreté (si celle-ci est reconnue réelle par les collectivités locales et régionales par exemple). La sécurité sociale fait partie de la protection sociale, elle-même faisant partie de la politique sociale qui est intégrée dans la politique publique ou politique d’État commune. Les administrations de sécurité sociale sont les organismes de droit privé, chargés d’une mission de service public ou privée lorsque celle-ci est d’intérêt public légalement. La Sécurité Sociale est instituée en France le 19 octobre 1945 par ordonnance du général de Gaulle.

Présentation
Les termes sont définis dans la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 :

« Art. 22 — Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale ; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l’effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l’organisation et des ressources de chaque pays.  Lire Plus

« La Guyane a besoin de respirer »

— Par Mireille Jean-Gilles —

La Guyane a besoin de respirer, pas seulement avec de l’oxygène, comme voudraient le lui imposer ceux-là qui ne la considèrent qu’en tant que « poumon de la Terre », à savoir un bien « commun », qui serait par conséquent le Leur, le nouvel Eldorado, dernier joyau qui manque à la couronne d’Espagne, après avoir tout dévasté.

Et, « Respirer », c’est seulement pouvoir tracer sa propre voie
« Réveiller les Esprits de la Terre »
Le procès récurrent des Créoles guyanais
En 1986, si je me souviens…
Les « bons sauvages » et les autres…
Tutelle créole, Solidarités locales & Etat défaillant
2017, la Guyane entière : NOU BON Ké SA !
Férocité des institutions & Choc des cultures ravageurs pour les Autochtones
Les Guyanais et leurs rêves écartelés
Face à un mépris systémique
Mourir pour survivre ?
 Glissements de terrains »
« Réveiller les Esprits de la Terre »

1. Les baguettes du candidat Macron distribuées aux Amérindiens sur le Haut Maroni, en 2017, rappellent que depuis cinq siècles la Conquête n’en finit pas, et toujours avec les mêmes ficelles, le même mépris.  Lire Plus

La puissante parole des jeunes en Australie (1)

-Par Rodolf Etienne

D’Adélaïde à Sydney, d’Antigua à Tahiti, l’automne 2026 voit se multiplier forums, conférences et sommets destinés aux jeunes.

Identité, appartenance, diversité, culture, leadership, avenir : partout, on leur demande leur avis, de parler.

L’Australie va plus loin en essayant d’inscrire cette parole dans ses mécanismes de décision publique.

Vue depuis la Martinique, où les 15-29 ans connaissent un taux de chômage de 33 % et où le départ reste une étape presque obligée de la formation et de l’insertion, une question : écouter les jeunes, certes oui. Mais qu’advient-il ensuite de cette parole, de ce qu’ils disent ?

Le 30 septembre 2026, à Adélaïde, l’Australian Migrant Resource Centre organisait son Youth Forum autour de trois verbes particulièrement révélateurs : « Belong. Connect. Lead. » — appartenir, se connecter, diriger.

Destiné aux 13-25 ans, notamment issus des différentes communautés culturelles de South Australia, le rendez-vous associait identité, culture, confiance en soi, participation communautaire et capacité à agir. Derrière la formule apparaît cette question centrale : comment montrer à une génération qu’elle appartient réellement à la communauté politique, sociale et culturelle dans laquelle elle vit et grandit ?  Lire Plus

Vers un “bilinguisme numérique”…

Apprendre à faire avec l’IA et apprendre à faire sans

— Par Daniel Andler —

Comme pour les technologies qui l’ont précédée, l’enjeu est d’apprendre à maîtriser l’IA tout en gardant la capacité de s’en passer.

Et si les élèves apprenaient avec l’intelligence artificielle, mais aussi sans aucun outil numérique ? Le « bilinguisme éducatif » propose deux modalités d’enseignement distinctes pour développer les compétences numériques tout en préservant l’autonomie de pensée.

En bref

  • L’IA dans l’éducation présente des bénéfices et des risques : aide personnalisée et accessibilité, mais aussi possible perte de compétences et affaiblissement du jugement critique.

  • Le « bilinguisme éducatif » propose, dès le collège, des enseignements avec et sans outils numériques, pour apprendre à utiliser l’IA tout en conservant la capacité de travailler sans elle.

  • Cette double approche permettrait de comparer les effets des deux modalités sur les mêmes élèves, tout en préservant les savoirs fondamentaux, les échanges en classe et l’autonomie face aux technologies.

Sommaire

  • Quels bénéfices pour les apprenants ?

  • Les dangers inhérents au principe même de l’intervention de l’IA dans l’éducation

  • Le risque de la perte de sens critique

  • Du côté des enseignants

  • Laisser l’enseignant décider : une réponse majoritaire, mais qui présente des limites

  • Vers un “bilinguisme numérique” : apprendre à faire avec l’IA et apprendre à faire sans

  • L’IA dans l’éducation : bonne ou mauvaise chose ?

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Appel à rejoindre, la mobilisation du mardi 29 septembre !

— Communiqué du Syndicat CGTM des Retraités –—

Manifestons et dénonçons les projets budgétaires du gouvernement Lecornu. Cure d’austérité pour les retraités et des milliards d’euros pour les nantis !

Parmi les mesures scélérates : La désindexation des pensions, c’est un braquage de 6 milliards, enlevé à la mesure de compensation de l’inflation.

Le gel des pensions qui suivra, une décision tout aussi odieuse. La suppression de l’abattement fiscal de 10%, ce qui alourdira l’impôt sur le revenu de nombreux foyers modestes. La Hausse de la CSG : ce qui aura pour conséquence, d’augmenter la contribution des pensions, de ce budget anti-pauvres. La réduction de la durée maximale de versement des indemnités journalières, en cas d’affection longue durée. La fin du cumul entre l’AAH et l’ASS, cette suppression d’aide c’est 600 euros de moins, volés aux adultes handicapés.

En face, nous constatons l’ampleur des aides publiques aux entreprises

Un pognon de dingue (dixit Macron) en aides publiques aux riches : 211 milliards par an.

Des profits et dividendes records pour le CAC 40, en 2024 une année record à 133 milliards €.  Lire Plus

29 septembre : Grève générale pour une journée sous haute tension sociale

—- par Rodolf Étienne —

La journée du mardi 29 septembre 2026 pourrait être une journée particulièrement sensible en Martinique.

Deux dossiers, distincts mais étroitement liés dans leurs conséquences quotidiennes, vont se rencontrer : une mobilisation nationale de la fonction publique, élargie localement à l’ensemble des secteurs, et une nouvelle échéance financière pour un système de transports collectifs déjà profondément fragilisé.

En Martinique, les organisations syndicales ont annoncé samedi 26 septembre leur volonté de relayer la journée nationale de grève et de l’élargir à l’ensemble des secteurs. La mobilisation nationale concerne initialement les agents de la fonction publique : les préavis couvrent notamment les trois versants — État, territoriale et hospitalière — et portent principalement sur les rémunérations, la revalorisation du point d’indice, les conditions de travail et le pouvoir d’achat.

Une mobilisation nationale qui prend une dimension martiniquaise

Le mouvement du 29 septembre ne naît donc pas en Martinique. Au niveau national, plusieurs organisations syndicales contestent la politique salariale appliquée aux agents publics. La CFDT réclame notamment des mesures générales et immédiates sur les salaires, une revalorisation du point d’indice et son indexation sur l’inflation, le rétablissement de la GIPA et le maintien intégral de la rémunération en cas de congé maladie ordinaire.  Lire Plus

Code noir / Kòd nwa

Avant‑propos de la version créole élaborée par James Fleurissaint

Par Robert Berrouët-Oriol, linguiste-terminologue
Job Silvert, linguiste-traductologue
(Septembre 2026)

« L’Édit du Roi portant règlement pour le gouvernement des esclaves dans les îles de l’Amérique », promulgué en mars 1685 sous l’autorité de Louis XIV, occupe une place centrale dans l’histoire juridique et politique de la France coloniale. Ce texte, devenu au fil du temps le « Code noir », constitue l’un des fondements normatifs de l’ordre esclavagiste instauré dans les possessions françaises d’outre‑mer. Il ne s’agit pas seulement d’un corpus législatif destiné à encadrer les pratiques des colons : l’Édit de 1685 est un instrument de gouvernement, un dispositif de régulation sociale et un cadre d’organisation des sociétés coloniales fondées sur l’asservissement. [Annotation 1 : L’appellation « Code noir » n’est pas contemporaine de 1685 ; elle apparaît dans les usages administratifs du XVIIIᵉ siècle et se fixe dans la littérature juridique du XIXᵉ siècle.]

Dans le contexte du XVIIᵉ siècle, la monarchie absolue cherche à affirmer son autorité sur les îles de l’Amérique en imposant un cadre légal uniforme.  Lire Plus

Réparations : Le nouveau chapitre vers la dignité globale

-— Par Rodolf Étienne —

Pendant une grande partie du XXe siècle, la revendication centrale des peuples colonisés fut l’indépendance.

Mais les indépendances ont-elles réglé les comptes de la colonisation ? 

Soixante ou soixante-dix ans plus tard, voilà qu’une autre question prend une place croissante : après avoir obtenu le droit d’être libres, que faire des conséquences économiques, humaines, culturelles et patrimoniales de plusieurs siècles d’esclavage et de domination coloniale ?

C’est sous cet angle que la 3ème Conférence régionale de la CARICOM sur les réparations, organisée à la Barbade du 17 au 19 septembre 2026, prend une dimension qui dépasse largement Bridgetown. 

Réunis autour du thème Reparatory Justice as the Coming Enlightenment, responsables politiques, chercheurs, juristes, militants et représentants du monde africain et de ses diasporas ont travaillé à la mise en œuvre du Plan en 10 points révisé de la CARICOM pour la justice réparatrice.

La rencontre intervenait après l’adoption, le 25 mars 2026, de la résolution A/RES/80/250 des Nations unies sur la traite et l’asservissement racial des Africains. La CARICOM présente donc explicitement cette conférence comme le passage de la résolution à l’action.  Lire Plus

L’éphéméride du 23 septembre

Naissance à Limoges de la C.G.T. le 23 septembre 1895

La Confédération générale du travail, abrégé en CGT, est un syndicat français de salariés créé le 23 septembre 1895 à Limoges. Elle faisait partie des cinq confédérations de syndicats de salariés français considérées, par présomption irréfragable, comme représentatives par l’État avant la réforme de 2008.

La CGT a obtenu 1 570 500 suffrages (34 %) aux élections prud’homales de décembre 2008 (lors de ces élections un salarié sur quatre, soit 25 % du collège employés, a voté). Elle figure comme l’une des principales organisations syndicales de salariés dans les élections aux comités d’entreprise comme parmi les délégués du personnel. En 2017, 653 222 salariés sont syndiqués à la CGT, ce qui en fait la première confédération syndicale française en nombre d’adhérents1.

L’actuel secrétaire général de la confédération est Philippe Martinez.

La CGT est affiliée à la Confédération européenne des syndicats (CES) et la Confédération syndicale internationale (CSI). Elle a longtemps été un élément moteur de la Fédération syndicale mondiale (FSM) de laquelle elle s’est désaffiliée en 1995. Lors de son 52e congrès à Dijon, les délégués votent un amendement actant à nouveau la recherche de l’unité avec les syndicats membres de la CSI, la CES mais aussi la FSM.  Lire Plus

Le silence sur 1804

Marx, Fanon et Arendt face à la révolution impensable

— Par Jean Jr. Lhérisson —

Uccle, mai 2026

Le négationnisme de bonne conscience

Il existe une forme de négationnisme qui ne s’avoue pas. Celui des bourreaux est bruyant, revendiqué, institutionnel. Mais il en existe un autre, plus subtil et en un sens plus redoutable : le négationnisme de bonne conscience, pratiqué par ceux qui se croient du côté des opprimés.

Karl Marx, Frantz Fanon et Hannah Arendt incarnent trois des consciences critiques les plus puissantes de la modernité. Le premier a forgé les outils de la critique du capitalisme. Le deuxième a consacré sa vie à dénoncer le colonialisme et ses ravages psychiques. La troisième a produit l’analyse la plus rigoureuse des totalitarismes modernes et de la condition humaine en politique. Tous trois ont pensé la liberté, l’oppression, la révolution, la dignité. Tous trois ont, malgré eux, refusé à Haïti la place qui lui revenait dans l’histoire de l’humanité.

Ce refus n’est pas anodin. Il n’est pas une distraction, une lacune secondaire, un oubli de l’histoire. Il est symptomatique. Il révèle que même les penseurs les plus critiques de l’ordre capitaliste, colonial et impérial restent, à un niveau profond, des produits d’une culture européenne qui a construit son universalisme sur l’exclusion fondamentale des peuples qu’elle opprimait.  Lire Plus