Catégorie : A l’affiche

29 septembre : Grève générale pour une journée sous haute tension sociale

— par Rodolf Étienne

La journée du mardi 29 septembre 2026 pourrait être une journée particulièrement sensible en Martinique.

Deux dossiers, distincts mais étroitement liés dans leurs conséquences quotidiennes, vont se rencontrer : une mobilisation nationale de la fonction publique, élargie localement à l’ensemble des secteurs, et une nouvelle échéance financière pour un système de transports collectifs déjà profondément fragilisé.

En Martinique, les organisations syndicales ont annoncé samedi 26 septembre leur volonté de relayer la journée nationale de grève et de l’élargir à l’ensemble des secteurs. La mobilisation nationale concerne initialement les agents de la fonction publique : les préavis couvrent notamment les trois versants — État, territoriale et hospitalière — et portent principalement sur les rémunérations, la revalorisation du point d’indice, les conditions de travail et le pouvoir d’achat.

Une mobilisation nationale qui prend une dimension martiniquaise

Le mouvement du 29 septembre ne naît donc pas en Martinique. Au niveau national, plusieurs organisations syndicales contestent la politique salariale appliquée aux agents publics. La CFDT réclame notamment des mesures générales et immédiates sur les salaires, une revalorisation du point d’indice et son indexation sur l’inflation, le rétablissement de la GIPA et le maintien intégral de la rémunération en cas de congé maladie ordinaire.  Lire Plus

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Kösem Sultan : Un cœur au pouvoir ottoman

– par Rodolf Etienne

Kösem Sultan, la dame de Topkapi, entre dans l’histoire presque sans passé.

On ignore son nom, son lieu de naissance, les circonstances exactes qui l’ont conduite au palais impérial.

La dame de Topkapi se trouve pourtant historiquement au coeur même du pouvoir ottoman.

Compagne d’Ahmed Ier, mère de deux sultans, grand-mère d’un troisième, elle traverse près d’un demi-siècle de crises dynastiques et transforme la position traditionnellement réservée aux femmes du palais en véritable instrument politique.

Son histoire est celle d’une formidable ascension, mais aussi celle d’une femme qui conquiert le pouvoir sans jamais pouvoir sortir du système qui l’a d’abord enfermée.

Une femme surgie presque de nulle part

Le commencement de sa vie appartient davantage à l’incertitude qu’à l’histoire. Les sources ottomanes ne permettent pas d’établir précisément sa famille, son lieu de naissance ni les circonstances de son arrivée au palais. Elle aurait été d’origine chrétienne orthodoxe ; différentes traditions lui attribuent des origines grecques ou balkaniques. Les noms Mahpeyker et Kösem apparaissent ensuite dans les sources ottomanes. C’est donc avec prudence qu’il faut accueillir les biographies qui lui donnent une enfance très précisément documentée.  Lire Plus

« L’affaire » Thélyson Orélien à l’épreuve de la guillotine numérique

–— Par Robert Berrouët-Oriol (*)

Un tsunami. Une déferlante. Dans nos villes, d’Ankara à Jacmel, de Montréal à Paris, de Fort-de-France à Québec, de Miami à Buenos Aires. Dans nos chaumières, nos venelles, nos ruelles encombrées et nasillardes et nos avenues bègues…

Un cortège liturgique. Une procession. Avec son clergé, ses rituels, missels et cérémoniels, ses chorales tonitruantes, sa cacophonie trémmulante…

Une foi identitaire, bavarde et bavardeuse, racoleuse et lénifiante, brandie tel un improbable bric-à-brac et à l’aune d’un exponentiel lamayòt…

C’est cela, et sans doute davantage, « L’affaire » Thélyson Orélien convoquée depuis deux jours au grand oral de la guillotine numérique. C’est encore cela, et sans doute davantage, « L’affaire » Thélyson Orélien avec, en son centre comme en ses banlieues, toutes les nuances de ce qui semble s’apparenter –à propos du roman C’était ça ou mourir (Boréal/Grasset, 2026)–, au delirium tremens… Au grand oral de la guillotine numérique et dans les amphithéâtres où se libèrent tous les registres de la vocifération identitariste, le delirium tremens renvoie à des tremblements généralisés, à des hallucinations visuelles et auditives, à la confusion mentale, à la tachycardie, au risque de convulsion et de collapsus cardiovasculaire…

« L’affaire » Thélyson Orélien, dont l’épicentre est le roman C’était ça ou mourir, qu’on se le dise : c’est du sérieux, c’est du lourd…

« L’affaire » Thélyson Orélien désigne la polémique née des accusations d’usage de l’IA pour rédiger C’était ça ou mourir.  Lire Plus

Mais où va le Festival entènasyonal literati kreyòl ?

—Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

Résumé

Cet article propose une analyse critique des récentes mutations du Festival entènasyonal literati kreyòl (FEL) en l’inscrivant dans un cadre plus large, celui de l’aménagement constitutionnel des deux langues officielles d’Haïti, de la Créolophonie et de l’État de droit. La réflexion analytique sur les récentes mutations du FEL s’articule à la notion de citoyenneté linguistique et aux obligations constitutionnelles du bilinguisme de l’équité des droits linguistiques (articles 5 et 40 de la Constitution de 1987) et elle soutient la perspective selon laquelle la culture doit contribuer à la consolidation de l’État de droit. Le texte promeut également l’indépendance du champ culturel face aux tentatives d’instrumentalisation des pouvoirs politiques, en particulier celles du PHTK néo-duvaliériste dont l’« arme d’intervention stratégique », dans le champ culturel, est le Fonds national de l’éducation (FNE) connu comme une véritable « industrie » de la corruption et du détournement des finances de l’État. L’analyse reproduit et soumet à l’analyse critique un document clé : le message public d’Anivence Jean Baptiste daté du 17 septembre 2026 et dans lequel le FEL célèbre l’ancien ministre PHTKiste Nesmy Manigat, rédacteur de FELmagazine, au titre de modernisateur du système éducatif national.  Lire Plus