Catégorie : A l’affiche

Norvège : À Jotunheimen, des secrets historiques menacés

– par Jarvis Dunham

Au cœur des montagnes norvégiennes, un tunnel creusé à la main dans une glace plurimillénaire offre un voyage saisissant dans le passé.

Mais derrière cette prouesse scientifique et patrimoniale se dessine une réalité autrement inquiétante : les archives naturelles qui livrent aujourd’hui leurs secrets sont menacées de disparition par le réchauffement climatique.

Dans le massif du Jotunheimen, au sud de la Norvège, non loin du Galdhøpiggen, point culminant du pays à 2 469 mètres, les visiteurs peuvent pénétrer dans une véritable bibliothèque de glace. À environ 1 850 mètres d’altitude, le Klimapark 2469, parc consacré au climat et à l’histoire des montagnes, abrite un tunnel aménagé dans la masse glacée de Juvfonne. Creusé à la main sur une soixantaine de mètres, ce passage conduit à travers des couches de glace dont les plus anciennes remontent à 7 600 ans, selon des datations scientifiques publiées en 2017. Une traversée exceptionnelle de plusieurs millénaires d’histoire naturelle.

Conçu avec la participation du sculpteur norvégien Peder Istad, le tunnel possède des salles, des couloirs, des sculptures et des espaces pédagogiques où se rencontrent géologie, archéologie et mythologie nordique.

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« Chamane » de Patrick Mathelié-Guinlet :

CHAMANE

Dans les projections vacillantes à la lumière parcimonieuse des torches fumeuses, des ombres déformées, étirées, silhouettes fantastiques sur la semi-obscurité des murs de la vieille cabane de bois…

Dans le martèlement obsédant de la peau du grand tambour circulaire et son écho vibratoire presque infra sonique…

Dans l’âcre odeur du sang frais des bêtes sacrifiées, répandu sur le sol de terre battue…

Dans l’entrelacs entêtant d’épaisses fumées enivrantes, hallucinogènes des feuilles sèches de plantes psychotropes jetées sur les pierres brûlantes du foyer…

Dans le goût amer révulsant l’estomac, du breuvage sombre, décoction de champignons, de lianes ou d’écorces, ouvrant les portes secrètes du monde invisible…

Dans les pas inlassablement répétés de sa danse tout comme l’est la mélopée tour à tour grave ou aiguë, lancinante et incantatoire dont il l’accompagne…

Dans les bois de cerf, crânes et os d’animaux, griffes et dents, plumes multicolores, coquillages et perles, pierres mystiques et boules d’ambre, chargés de magie ancestrale…

s’incarnent les esprits de l’air, les esprits de l’eau, ceux du feu et ceux de la forêt, les esprits animaux de l’ours, du loup, de l’élan, du jaguar, de l’aigle, du corbeau et du serpent et tous ceux des plus lointains ancêtres peuplant la transe divinatoire du chamane…

Ma parole est un feu crépitant

aux résonances d’ombres qui dansent

sur le mur des esprits,

fugace dissipation des ténèbres en leur environne mentale omniprésence

telle ces lueurs d’étoiles au sein de la cosmique et vide immensité de silence,

vie éphémère qui pourtant sa propre continuité engendre,

phénix renaissant inlassablement de ses cendres…

De mots brûlants

comme braises écarlates

éclate ma parole,

elle est culs de lucioles,

verts éclairs de lumière

d’une vérité éphémère

que je trace en runes d’étincelles de l’antique alphabet sur la noirceur de la nuit du temps

pour essayer de rendre le destin de ce monde intelligible.

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Luc Reinette, Jean-Jacob Bicep et Raymond Gauthierot : Pour une Guadeloupe indépendante

– par Rodolf Etienne

L’appel du 24 octobre 2026 à la constitution d’un Conseil national de la Guadeloupe marque une nouvelle étape dans l’histoire du nationalisme guadeloupéen.

Parmi ses promoteurs figurent Luc Reinette, ancien dirigeant de la mouvance indépendantiste clandestine des années 1980, Jean-Jacob Bicep, ancien député européen, et Raymond Gauthierot, figure du syndicalisme nationaliste.

Derrière cette proposition d’un gouvernement de transition vers une République indépendante se dessine une interrogation plus ancienne : comment transformer la revendication de souveraineté en projet politique partagé par la population guadeloupéenne ?

Le 24 octobre 2026, une déclaration qui convoque l’histoire

Le 24 octobre dernier, vingt-quatre personnalités annonçaient leur volonté de constituer un Conseil national de la Guadeloupe, conçu comme un gouvernement de transition chargé de préparer l’accession de l’archipel à la pleine souveraineté. Le choix du 24 octobre renvoie à l’année 1801. Ce jour-là, dans la Guadeloupe révolutionnaire, des officiers et militaires guadeloupéens, parmi lesquels Joseph Ignace, participent au renversement de l’autorité du contre-amiral Raymond de Lacrosse. Un Conseil provisoire de gouvernement est ensuite constitué, avant que l’expédition française de 1802 ne rétablisse l’autorité consulaire et l’esclavage dans la colonie.  Lire Plus

Actualités des Caraïbes et d’ailleurs…

Cérémonie pour Victor Anicet

— Par Patrick Chamoiseau —

Argiles

Ce qui persiste, qui ne cède pas
Bouches de terre sans parole
Tessons de peuples
Dieux sans autels

Anicet
La bonne mémoire c’est vrai
est un lit de mémoires

Mains de terre d’où monte l’infime d’une présence. Signe de rien, mais qui concentre à fond l’insigne de plusieurs mondes

Adornos
Pierres à trois pointes
Rire salvateur de la chauve-souris dans le désastre du passage

Obscures puissances

C’est dire l’éclat des premiers gestes dans l’absence (t’obéissant soudain) devenue créatrice

(Ici, c’est le feu
qui escorte les mondes abolis)

(les cendres font la naissance)

Je vois l’étrange vaisseau des trays
leurs cargaisons d’époques, ces continents soudain achalandés, toutes ces formes, toutes ces forces, ces matières, et ce bleu à nul autre pareil
ensemble
sans ensemble
dans la secousse d’une longue vision  Lire Plus

Agenda culturel du 31 octobre au 8 novembre 2026

Du 31 octobre au 8 novembre 2026, la Martinique déploie une programmation culturelle où se croisent danse contemporaine, théâtre caribéen, musique, arts plastiques et célébration de la langue créole.

De Fort-de-France au Vauclin, du François aux Trois-Îlets, cette première semaine de novembre offre l’occasion de découvrir des artistes, de revisiter les mémoires et de faire vivre les lieux culturels de l’île.

Dimanche 1er novembre : improviser, regarder, découvrir

Le Téyat Otonom Mawon (TOM), à Fort-de-France, accueille à 18 h la rentrée de Mad’Impro. Sans texte entièrement fixé à l’avance, les artistes construisent leurs situations devant le public, faisant de l’imprévu une véritable matière théâtrale. Une manière accessible et vivante de renouer avec le spectacle, où la participation des spectateurs contribue à l’énergie de la représentation. Cette journée constitue également la dernière occasion de découvrir plusieurs expositions à la Fondation Clément, située sur le site de l’Habitation Clément, au François. Dernier jour : 1er novembre. Entrée gratuite, de 9 h à 18 h 30.

  • Ernest Breleur, avec Au-delà de la forme, formes de l’au-delà, poursuit son exploration des limites de la représentation et des interrogations métaphysiques.
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