Catégorie : A l’affiche

Actualités des Caraïbes et d’ailleurs…

Présence de La Boétie

— Par Patrick Camoiseau —

Formidable séminaire d’échanges et de discussions avec les professeurs de Lettres de l’Académie de Martinique.

… Dans son « Discours sur la servitude volontaire » Étienne de la Boétie nous a rappelé que toute domination entraînait une aliénation de l’imaginaire du dominé. Ainsi, tout dominé intériorise le « Grand récit » qui lui est imposé et participe activement à sa propre sujétion.

Césaire en a tiré la leçon : son « Cahier dun retour au pays natal » n’est rien d’autre qu’une formidable catharsis : l’auto-nettoyage d’un imaginaire colonisé qui inaugure ainsi son émancipation mentale.

Fanon ne fera pas autre chose en explorant le psychisme du colonisé et en oeuvrant à la nécessité d’une violence refondatrice, interne et externe, symbolique et concrète.

Dans « Pluies et vents sur Télumée miracle », Simone Schwarz-Bart (pour moi la plus grande présence littéraire de la Guadeloupe avec Saint John Perse), détaille l’alchimie poétique et mentale par laquelle son héroïne, sous le pire de la domination, élève jusqu’à une miraculeuse dignité libératrice, sa propre vie inscrite dans celle de son pays.

→   Lire Plus

Agenda culturel… pour les jours qui viennent

🔶 JEUDI 22 JANVIER

18h

An ti Ponmponm à Foyal – Lina’s de Manhity

📍 An ti Ponmponm, Fort-de-France

An ti ponmponm à Foyal – La grammaire décoloniale d’Aimé Césaire est un essai d’Élisabeth Landi qui explore une dimension rarement étudiée de l’héritage du poète et homme politique martiniquais : l’urbanisme comme acte de libération.

Sous le long mandat d’Aimé Césaire à la mairie de Fort-de-France, l’espace public est devenu bien plus qu’un simple cadre de vie. Il s’est mué en un langage politique, une « grammaire décoloniale » inscrite dans la pierre, le végétal et la mémoire collective.
À travers des choix symboliques — statues laissées mutilées, places rebaptisées, sculptures insurgées, toponymie militante — Césaire a façonné une ville qui interroge, rappelle et libère.

Élisabeth Landi, historienne agrégée et professeure de chaire supérieure au lycée de Bellevue, met en lumière cette démarche singulière : faire de l’aménagement urbain un outil critique et poétique.
Loin d’un simple hommage, son livre montre comment Césaire a transformé Fort-de-France en territoire de résistance, où chaque rue devient une page de l’histoire anticoloniale.

→   Lire Plus