Archives du Jour:

Avignon 2018 : « Vertiges »,texte et m.e.s. Nasser Djemaï


Festival d’Avignon off 2018. Théâtre des Halles

Voici le troisième volet d’une trilogie consacrée aux Chibanis, citoyens français originaires du Maghreb. Le premier volet était « Invisibles » consacré des jeunes des cités en 2011, et le second « Immortels » en 2014; Le texte de « Vertiges » a été salué par divers prix et nomination. Il est publié chez Acte Sud-Papiers. Nasser Djemaï a la formation et l’expérience la plus complète que l’on puisse trouver au théâtre: il est acteur, metteur en scène et auteur.
Son expérience du plateau, non moins que sa recherche documentaire expliquent la complétude de son travail. Celui-là a l’incommensurable (et rare) mérite de conjoindre la vérité de l’approche documentaire et la solidité de l’écriture dramatique. Son écriture résulte d’une connaissance aboutie et d’une réflexion sur les codes du théâtre alliées à un travail en immersion auprès de familles dont il appréhende les rôles avec justesse et finesse. On ne se contente pas ici de l’exactitude sociologique de son objet, on recherche une vérité humaine au-delà des apparences, une forte différenciation des personnages dont les caractères sont d’une vérité poignante.…

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Avignon 2018 : Molière, Lars Noren, Michèle Césaire – OFF

Par Selim Lander

Vraiment drôles ces Fâcheux

Les farces de Molières n’ont pas toutes passé les siècles sans dommage ; leur naïveté parfois déconcerte. On n’en dira pas autant de celle-ci qui a d’abord le mérite d’être écrite en vers. Et l’on sait combien Molière, quand il s’y mettait, savait tourner l’alexandrin (au point qu’on l’a soupçonné –  sans la moindre preuve – de n’être que le prête-nom d’un Corneille…). Quoi qu’il en soit, on se régale à écouter cette langue classique.

L’argument des Fâcheux, certes, est simplissime : Eraste a un rendez-vous galant avec Orphise dans une allée d’un jardin public ; las, de vrais ou faux amis ne cessent d’apparaître qui veulent absolument l’entretenir ou obtenir quelque chose de lui et dont il ne sait, à son grand dam, se débarrasser avant qu’ils aient débité leur histoire in extenso. Toutes ces « anecdotes » (détail secondaire mais plaisant… ici seulement pour celui qui la raconte !) s’enchaînent sur un rythme effréné.…

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Avignon 2018 : »Thyeste » de Sénèque m.e.s. de. Thomas Jolly

Festival d’Avignon 2018, cour d’honneur du palais des Papes

Voici LE spectacle du cru 2018, puisque tous les ans, il y en a un qui domine la scène avignonaise du haut des tours du palais. Une vréritable entreprise quand on voit se présenter en front de scène l’équipe responsabe de cette oeuvre scénique au grand complet: au bas mot une cinquantaine de personnes. Pour un spectacle grandiose où le décor et la magie des lumières joue un rôle majeur.
L’histoire de ce crime si terrible, un crime « nefas » dit Sénèque, ce qui signifie qu’il échappe dans l’horreur à toute dimension humaine, de telle sorte qu’aucun châtiment n’est à sa mesure. M^me la terre et le soleil se détournent de ce crime contre nature. Alors qu’Atrée règne en paix sur Mycènes, son jumeau, Thyeste, séduit sa femme et s’empare du bélier d’or. Devant ce double vol, Atrée a la vengeance furieuse et sert à celui qui est son frère la chair de ses enfants en banquet.…

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Avignon 2018 : « Gibraltar », texte et m.e.s. de Guy Giroud

Chorégraphie Bachir Tassembedo, avec Jules Soguira Gouba et Bachir Tassembedo

La compagnie Marbassaya qui fit l’ouverture de la saison 2016-1017 à Tropiques-Atrium avec Baâda le malade imaginaire et « Candide l’Africain » propose cette année, « Gibraltar », une création, fruit d’une résidence à Ouagadougou. Adieu Molière, adieu Voltaire, il y a urgence, notre monde va mal. Il semble submergé par ce qu’une certaine mauvaise foi persiste à nommer «  crise migratoire », «  crise des réfugiés » alors qu’il ne s’agit d’une crise de l’accueil de ceux-ci. Pudibonderie, hypocrisie qui consiste à reporter sur les victimes l’origine du malheur qui leur ait fait. Salif, troisième fils de Sokina, rève d’Europe, de hip-hop, de fic facile, de belle bagnole, casquette vissée sur la tête façon visière arrière. Il veut «  d’la marque, frère ». Insolent, peu respectueux des coutumes locales, il est en conflit avec la figure du pater familias, méprise le boutiquier du quartier qui après avoir réussi, au terme d’une longue et éprouvante épopée à poser un pied sur le sol du rêve européen a fait retour au pays des siens ne supportant plus l’exil.…

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Harcèlement de rue en Martinique : un sujet qui mérite débat ?

18 juillet, à 18 heures, à Un Œuf

— Par Géraldine de Thoré, membre de Culture Égalité —

Lundi 9 juillet a eu lieu au Cénacle un débat sur « le harcèlement de rue ». Le sujet polémique, mais intéressant touche à notre conception des relations à l’autre et plus précisément aux rapports entre les sexes. Malheureusement, il a été très rapidement escamoté.

D’abord par la journaliste et essayiste Peggy Sastre. Selon elle, le vrai sujet est les violences subies par les femmes dans le cercle familial et la diminution des violences sexistes en général, le harcèlement de rue étant une création des féministes radicales et non une réalité. Son attaque en règle des positions féministes sur ledit harcèlement a donc interdit d’aborder un sujet devenu nul et non avenu. Ensuite, par la psychiatre et psychanalyste Jeanne Wiltord qui explique le passage en quelques décennies du « simple pssit » à la violence verbale et sexuelle par le fait que notre société coloniale a privé les colonisé·es de « parole », fragilisant les hommes dans leur virilité, c’est-à-dire dans « leur capacité à parler en leur nom propre ».…

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