« ZornI / II / III », la trilogie John Zorn filmée par Mathieu Amalric, au cinéma!

Synopsis :
Depuis 2010, Mathieu Amalric filme seul, avec sa caméra et ses micros, le musicien new-yorkais John Zorn.
Saxophoniste, compositeur, improvisateur, explorateur indéfinissable, du jazz au quatuor à cordes, du noise au klezmer, de l’easy listening à l’orgue d’église, cartoon, oud électrique, soprano d’opéra ou chœur de femmes, Zorn nous embarque dans un voyage musical sans fin… (un Zorn IV est en route). Trois films, aux prismes volontairement différents, avec leurs constellations de musiciens, d’amitiés, de travail et d’énergies sonores. Mat
C’est la première fois qu’ils sont projetés ensemble, au cinéma, en dehors des concerts de Zorn.
ZORN I (2010-2016)
Projeté la première fois à la Philharmonie de Paris, le vendredi 31 mars 2017 lors du « Week-end Zorn by Zorn ».
ZORN II (2016-2018)
Projeté la première fois à Fundacão Gulbenkian de Lisbonne, le dimanche 29 juillet 2018 lors de la « John Zorn Special Edition » du festival Jazz Em Agosto.
ZORN III (2018-2022)
Projeté la première fois à la Elbphilharmonie de Hambourg, le samedi 19 mars 2022 lors du « Reflektor John Zorn »

LISTE TECHNIQUE
Caméra et prise de son : Mathieu AMALRIC
Montage : Caroline DETOURNAY
Montage son : Sylvain MALBRANT
Mixage : Stéphane THIÉBAUT, Victor PRAUD, Olivier GOINARD
Etalonnage : Paulina PISAREK
Post-production : Magnolias Films
Producteur : Mathieu AMALRIC
Production : Film(s)
Distribution France : Les Films de l’Atalante
Partenaire : France Musique
https://www.radiofrance.fr/francemusique

Madinin’Art en parle :

Les trois documentaires réalisés par Mathieu Amalric sur le musicien new-yorkais John Zorn depuis 2010 offrent une perspective libératrice, loin de la représentation habituelle des stars. Ces films, Zorn I, Zorn II et Zorn III, ne contiennent aucun des éléments classiques que l’on trouve dans les documentaires sur les artistes, tels que des entretiens avec divers témoins apportant des éclairages sur la carrière multidimensionnelle de l’artiste, des anecdotes de son enfance ou des aperçus de sa vie privée compliquée.

Au lieu de cela, les documentaires se concentrent sur l’essence de l’art de Zorn et du processus créatif. Ils offrent une expérience sensorielle avec du son, de l’exploration, une concentration intense, des éclats de créativité et des moments de transcendance artistique. Mathieu Amalric capture des moments spontanés et non scénarisés, en laissant les silences et les répétitions. L’énergie de Zorn, son rire contagieux et ses yeux expressifs qui transmettent la joie sont au cœur des films.

Tout au long des documentaires, Amalric fait preuve d’un sens aigu de l’observation, prenant le risque de rencontrer des accidents et embrassant les imperfections. Il crée un montage efficace qui ne gomme pas les lacunes et les laps dans les performances, permettant ainsi aux spectateurs d’assister au processus créatif non filtré. Les films mettent en avant le charisme de Zorn et sa capacité à évoquer des émotions et une intensité, faisant ressentir au public l’énergie brute de ses performances.

Le premier volet, Zorn I (2010-2016), offre un portrait de groupe, tandis que la deuxième partie (2016-2018) plonge davantage dans l’univers personnel du créateur. La troisième partie (2018-2022) introduit Barbara Hannigan, une soprano canadienne et compagne d’Amalric, qui relève le défi de jouer une pièce exigeante pour piano et voix de Zorn. Les documentaires offrent un regard intime sur le parcours artistique de Zorn, mettant l’accent sur la recherche acharnée du son parfait, la capacité à tenir une note pendant la bonne durée et la transition vers la musique contemporaine.

Dans l’ensemble, ces documentaires sont une exploration époustouflante du monde artistique de John Zorn et de l’engagement nécessaire pour créer une musique révolutionnaire.

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John Zorn, né le 2 septembre 1953 à New York, est un artiste multidisciplinaire américain aux talents de saxophoniste alto, clarinettiste, producteur et compositeur. Sa carrière musicale est caractérisée par une exploration audacieuse et éclectique de divers genres, allant du jazz au death metal, en passant par le punk hardcore, la musique classique, le klezmer, la musique de film et de dessin animé, ainsi que la musique improvisée. John Zorn est avant tout un artiste d’avant-garde, déconstruisant les frontières musicales et créant un univers sonore unique qui défie toute classification académique.
L’enfance et la jeunesse de John Zorn l’ont exposé à une grande diversité musicale. Sa mère, professeur d’éducation, lui a fait découvrir la musique classique et la world music, tandis que son père, coiffeur, l’a initié au jazz, à la chanson française et à la musique country. Il a également été influencé par la collection de disques de son frère aîné, découvrant ainsi des genres tels que le doo-wop et le rock ‘n’ roll. Dès son jeune âge, il a appris à jouer du piano, de la flûte et de la guitare.
Son adolescence l’a vu jouer de la basse dans un groupe de surf music et composer ses premières œuvres, tout en s’intéressant à la musique contemporaine, influencé par des compositeurs tels que Charles Ives, Karlheinz Stockhausen, Mauricio Kagel et John Cage, ce dernier ayant une influence majeure sur sa vision musicale axée sur l’improvisation et les sonorités aléatoires.
John Zorn a étudié le saxophone et la composition de 1973 à 1974 au Webster College de Saint-Louis, où il a développé un intérêt particulier pour le jazz et découvert le Black Artist Group et la scène noire de Chicago. Il a également été influencé par le saxophoniste Anthony Braxton, notamment par son album « For Alto. » Il a poursuivi ses explorations musicales en intégrant des éléments du free jazz, de l’avant-garde, de la musique expérimentale et de la musique de dessins animés dans son répertoire.
Après s’être installé définitivement à Manhattan en 1975, John Zorn a joué du saxophone et d’une variété d’instruments à anche, expérimentant avec des bandes magnétiques et d’autres instruments. Il a fondé le Theatre of Musical Optics, un espace collaboratif de performance artistique, et est devenu une figure majeure de la scène avant-gardiste new-yorkaise en tant que compositeur, musicien et producteur.
La percée de John Zorn a eu lieu avec son album de 1985 « The Big Gundown: John Zorn Plays the Music of Ennio Morricone. » Cet album a radicalement réimaginé les thèmes célèbres du compositeur italien Ennio Morricone, incorporant des éléments de musique traditionnelle japonaise, de soul jazz et d’autres genres. Cette réalisation a été saluée par Morricone lui-même.
Zorn a également composé des œuvres pour le cinéma, la télévision, des documentaires et des dessins animés, publiant ces créations sur sa série d’albums « Filmworks » sur son propre label, Tzadik. Ses compositions pour le cinéma ont couvert un large éventail de styles musicaux, de la musique classique au jazz, et ont souvent impliqué des musiciens de la scène downtown new-yorkaise.
John Zorn est également un interprète de jazz reconnu, ayant participé à de nombreux projets centrés sur des compositeurs de jazz. Il a travaillé avec des musiciens tels que Wayne Horvitz, Bill Frisell, et Joey Baron, explorant la fusion du jazz avec d’autres genres musicaux. Sa vision musicale transcende les étiquettes, se mêlant au classique, au jazz, au rock et à d’autres influences pour créer un son unique et non conventionnel.
En parallèle, John Zorn a dirigé des groupes comme Naked City et Painkiller, qui ont repoussé les limites de la musique en combinant jazz, rock, blues, country, thrash metal et bien d’autres genres. Ces groupes ont été marqués par des compositions courtes et intenses, ainsi que par des pochettes d’album controversées.
En outre, Zorn a collaboré avec de nombreux artistes, en particulier au Japon, où il a établi des liens avec des musiciens japonais tels que Merzbow, Yoshihide Ōtomo, et Boredoms. Cette collaboration a également été marquée par des performances live et des enregistrements.
Au fil des années, John Zorn a continué à expérimenter et à repousser les frontières de la musique, explorant de nouvelles avenues artistiques et collaborant avec des musiciens du monde entier. Sa carrière est un témoignage de son engagement envers l’exploration musicale, la créativité et la remise en question constante des conventions musicales, ce qui en fait l’un des artistes les plus influents et originaux de son époque.
L’exploration de ses racines juives Dans les années 90, John Zorn s’est engagé dans une exploration profonde de ses racines juives radicales. Son album « Kristallnacht » (1992) était le premier à contenir des références explicites à la culture juive et était inspiré par les événements de la Nuit de Cristal de 1938 en Allemagne et en Autriche, où les Juifs ont été victimes de violences. Cette expérience l’a poussé à intégrer des éléments de musique juive traditionnelle, notamment le klezmer, dans sa palette musicale déjà étendue.
La naissance de Masada Cette exploration l’a conduit à un projet ambitieux : écrire 100 compositions en un an, intégrant des styles klezmer. En trois ans, il avait déjà composé 200 morceaux, donnant naissance au « Masada Book I ». Il a formé le quartet Masada, composé de lui-même au saxophone alto, Joey Baron à la batterie, Dave Douglas à la trompette et Greg Cohen à la contrebasse. Ils ont enregistré dix albums de « Masada » à partir de 1994, portant les noms des dix premières lettres de l’alphabet hébreu.
L’expansion de Masada Au fil des années, Masada a évolué et s’est produit en concert à travers le monde. Différentes formations ont vu le jour, notamment le Masada String Trio, le Bar Kohkba Sextet, et Electric Masada. Zorn a également créé la Tenth Anniversary Series pour célébrer le dixième anniversaire de Masada, avec des albums mettant en vedette divers artistes.
Le Masada Book II En 2004, Zorn a commencé à composer le « Masada Book II », intitulé « The Book of Angels », qui a ajouté 300 nouvelles compositions inspirées de la démonologie et de la mythologie biblique. Cette série a comporté 26 volumes en 2015, chacun enregistré par un groupe ou un musicien différent.
Le Masada Book III En 2009, Zorn a composé le « Masada Book III – The Book Beriah », comprenant 92 pièces qui ont été jouées pour la première fois en 2014. Comme pour les recueils précédents, les pièces ont été interprétées par différents groupes et musiciens.
Le compositeur Les compositions de John Zorn se caractérisent souvent par des collages et des juxtapositions de courts blocs de musique variés. Il conçoit ses compositions comme un montage cinématographique, exigeant une attention de l’auditeur. Il utilise parfois la méthode des « compositions par fiches », où il note sur des fiches ce qu’il souhaite, permettant une combinaison de composition et d’improvisation.
Les Game Pieces Parmi ses premières compositions, les « Game Pieces » sont importantes. Ces compositions expérimentales suivent des règles de structure définies par un jeu de cartes, mais la musique est improvisée par les musiciens. « Cobra » (1984) est l’une de ses pièces les plus célèbres de cette catégorie.
Compositeur de musique classique John Zorn a également composé un répertoire de musique de chambre et d’orchestre. Il s’est réintéressé à la musique classique, composant des œuvres comme « Elegy » et « Kristallnacht ». Ses compositions ont été jouées par des orchestres prestigieux, tels que le New York Philharmonic.
Œuvres mystiques À partir de 2010, Zorn s’est tourné vers des œuvres imprégnées de mysticisme, de magie et d’ésotérisme. Ses albums récents reflètent une plus grande accessibilité musicale tout en explorant des thèmes mystiques.
Styles et influences John Zorn a été influencé par un large éventail de musiciens, de compositeurs classiques, de minimalistes à des figures du jazz contemporain. Il est associé à la scène avant-garde new-yorkaise et possède un style de jeu de saxophone singulier et virtuose. Ses expérimentations musicales, parfois radicales, ont suscité des critiques mitigées, mais sa contribution à la musique contemporaine est incontestable.
Renommée et critiques John Zorn est reconnu comme une figure majeure du jazz contemporain et de l’avant-garde. Son travail a été salué par les critiques, mais il a également été critiqué, en particulier pour ses œuvres les plus iconoclastes. Malgré cela, il a eu un impact indéniable sur la musique contemporaine et continue d’explorer de nouveaux territoires musicaux.

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