Votre âge, du singulier au plutiel…

— Par Camille Loty Malebranche —

L’âge – assumé en conscience éveillée – est chose de la volonté et l’attention à être soi et d’y grandir. Au stade métaphysique, l’âge est le parcours de maturation ontologique de l’homme, sa projection en rapport à son essence, sa substance comme être.

En évoquant le mot âge, comme stade existentiel, il est important d’y voir une floraison conceptuelle et non un lemme simplet à sémantique figée. L’âge, par sa dénotation toute chronologique, cache une pluralité de champs d’existence, une ontologie plurielle quand il réfère à l’humain.

Si l’âge chronologique est infligé à l’homme, ses âges spirituel, relationnel, sentimental, érotique… sont, pour autant qu’il dispose de ses facultés mentales et physiques, l’apanage de sa conscience au gré de sa perception du monde et de sa conception de la foi et de son agir par rapport à Dieu, au fait d’être, à soi, au monde et à autrui.

L’homme est le coryphée intemporel de sa temporalité à vivre par delà l’âge linéaire du corps et de son fatal aboutissement. Là, seul l’esprit est souverain ou esclave à l’égard du temporel. L’esprit, tant qu’il est dans la sphère du choix ici-bas, a l’âge des possibles en hypostase humaine du sens et de la destinée! Ton esprit a l’âge de son déploiement moral et intellectuel; de sa maturité métaphysique à transcender la bêtise mondaine; de son appétence au don et à la générosité loin du puéril égoïste parcimonieux primitif trop près de ses sous; de sa grâce d’enfance à s’émerveiller contre le raidissement des consciences vieillies; de son émoi fougueux par sa jeunesse, sa curiosité intelligente voulant apprendre; de son entendement mûr capable de découvrir, d’inventer, de créer; de sa sensibilité passionnelle à aimer et avec force et fureur….

Camille Loty Malebranche