Vers une “uberisation” de l’économie ?

uberisationuberisation \ féminin : (Néologisme) adoption d’un modèle de commerce consistant à mettre des ressources à disposition des clients depuis leurs smartphones, à tout moment et sans délai.
Si vous ne croyez pas que votre métier puisse être uberisé, vous allez vous faire surprendre par des acteurs qui ne sont pas des historiques de votre métier. Ces gens voient d’autant mieux le potentiel d’uberisation qu’ils ne sont pas prisonniers de votre modèle.— (digital-collab.com : L’uberisation, une opportunité historique)
Car pour le magazine, l’uberisation du travail n’arrive pas par hasard en ces temps de chômage. Elle bénéficie surtout aux plus riches qui manquent de temps et délèguent certaines tâches à des travailleurs plus pauvres qui, eux, manquent d’argent.— (www.usinenouvelle.com l’uberisation du travail decryptée: )
L’ uberisation du monde pose néanmoins un problème social. Une des conséquences négatives est la menace que cela constitue pour les taxis, ce qui crée des manifestations contre Uber dont on entend souvent parler dans les médias.— (Marketing Opérationnel International)

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UberPOP préfigure-t-il l’avenir du monde économique ? Les éditorialistes de la presse quotidienne condamnent vendredi les violences qui ont émaillé la journée de protestation des taxis jeudi, mais la plupart insistent surtout sur “l’uberisation” à venir.

Hervé Chabaud, dans L’Union, voit dans les débordements d’hier une “chienlit” provoquée par des “groupes d’excités brandissant des barres de fer”. “Frapper, détruire, brûler, sûrement pas”, s’offusque Le Journal de la Haute-Marne (Christophe Bonnefoy). “Ils cassent. De tels actes sont intolérables”, estime Stéphane Siret, de Paris-Normandie. Dans La Charente libre, Jean-Louis Hervois y voit la “brutalité que revêt tout combat désespéré”.

Dans Le Figaro, Yves Thréard s’interroge : “Aujourd’hui, les chauffeurs de taxi, mais demain ? Une révolution est en marche, à la faveur de l’invasion de l’économie numérique dans notre univers quotidien. Tous les verrous risquent de sauter, les uns après les autres.” Une mutation “irréversible” pour Pierre Fréhel (Le Républicain lorrain), que Sud-ouest, sous la plume d’Yves Harté, résume d’une formule-choc : “changer ou mourir”. À l’exemple de la profession de chauffeurs de taxi, comme le souligne Le Monde qui écrit : “Plutôt que de s’arc-bouter sur leur privilège, les taxis auraient dû, depuis longtemps, se moderniser. Faute de l’avoir fait, ils en sont réduits aujourd’hui à lutter pour leur survie.”
“Les remparts ne sont plus des protections”

“Le modèle français dans son écrin capitonné se lézarde”, constate Yves Dusart dans L’Est républicain, élargissant à l’ensemble de l’économie française le “vague à l’âme des taxis pris comme tant d’autres dans le tsunami de la mondialisation”. D’autant que, notent Les Dernières Nouvelles d’Alsace (Dominique Jung), “Internet nous métamorphose comme les progrès de l’artillerie ont transformé les cités fortifiées”. “Les remparts ne sont plus des protections, mais des carcans”, estime-t-il.

“L’uberisation de l’économie”, écrit Jean-Marcel Bouguereau dans La République des Pyrénées, est “un modèle de développement sans foi ni loi”. Surtout que “la menace que cache l’uberisation c’est la paupérisation des fonctions”, estime Bernard Stéphan dans La Montagne Centre-France. Pour Laurent Joffrin (Libération), “L’uberisation de la société doit déclencher… un combat pour les garanties des travailleurs des nouvelles activités”. “Bousculer une économie en déclin, c’est bien ; respecter les règles du travail, c’est mieux”, approuve Yann Marec, du Midi libre.

AFP