Pour nos salaires, respect des engagements pris
— Par le Comité de grève des chaufeurs de Transaglo.—
Nous, chauffeurs de la société TRANSAGLO sommes en grève depuis mardi 17 mars 2026. Nos revendications portent autant sur nos rémunérations que sur nos conditions de travail.
Comme trop souvent, de nombreuses critiques fusent, venant de personnes qui n’ont même pas pris la peine de nous interroger sur les raisons de notre mobilisation.
Nous avions déjà mené une lutte du 11 avril au 13 mai 2025 et nous avons signé un accord dont l’article 4 est ainsi rédigé :
Article 4 : Instauration d’une prime de 13ème mois en substitution de la prime semestrielle forfaitaire
MARTINIQUE TRANSPORT s’engage dans le cadre de la préparation de la prochaine convention de délégation de service public, devant entrer en vigueur au 1er septembre 2025, à intégrer dans le calcul des dépenses salariales la prime de 13e mois qui se substituera à la prime forfaitaire semestrielle.
Ce principe s’inscrit dans un cadre d’objectif d’harmonisation des salaires qui devra être mis en place par la société dédiée qui regroupera l’ensemble des salariés travaillant sur le réseau centre.
C’est sur la base de cet engagement de porte-fort de la part de MARTINIQUE TRANSPORT que les parties se sont retrouvées pour signer le présent protocole d’accord et mettre un terme au confit.
Corrélativement, la Société TRANSAGLO s’engage à instaurer une prime de 13ième mois à compter du 1er septembre 2025, dans l’hypothèse où elle serait retenue pour l’attribution du nouveau marché public, dans les termes précités de l’engagement de MARTINIQUE TRANSPORT.
Pour 2025, année de transition, une proratisation sera appliquée : 8/12ième de 1800 euros pour la prime semestrielle et 4/12ieme pour la prime du 13ième mois.
Nous invitons les uns et les autres à bien lire le troisième alinéa de cet article. Il se trouve que le protocole n’a pas été exécuté dans son intégralité, puisque seule la prime de 13ème mois a été versée. Aujourd’hui le personnel gréviste n’est pas la partie qui n’a pas respecté son engagement.
Dans nos revendications communiquées à l’employeur, et reprises dans notre préavis, nous avons demandé une augmentation de salaire de 300 euros pour tous. Ce montant ne compense que très partiellement le manque à gagner que nous chauffeurs subissons depuis septembre 2025.
Informée le 31 janvier 2026 par Transaglo de l’ouverture des NAO, le président du Conseil d’administration (CA) de Martinique Transport (MT) a répondu le 13 mars 2026 en demandant à la direction de Transaglo « de surseoir sur tous les points des NAO relatifs à de nouvelles dispositions salariales ». Dit autrement, d’exclure le point portant sur les rémunérations (salaire, prime, etc.) des négociations. Or, selon un article mis en ligne sur le site internet de RCI le 28 mars 2026, le président du CA de MT déclare « [qu’il] n’interviendra pas dans ce dossier », « qu’il s’agit d’un conflit interne entre un sous-traitant et son personnel et [qu’il] se contente d’attendre un déblocage de la situation ».
Ce qui est clair et évident, c’est qu’on voit qui fait durer cette situation, en pilotant en sous-main la direction de TRANSAGLO, tout en déclarant à la presse que cette affaire ne le concerne pas. Ce n’est, ni sérieux, ni responsable !
En outre, la direction de TRANSAGLO pratique la discrimination au niveau des salaires de base entre ses chauffeurs alors qu’ils ont les mêmes compétences, les mêmes quali¸cations, exécutent les mêmes missions. Elle l’a d’ailleurs reconnue jeudi 26 mars 2026 en présence de deux agents de la DEETS et tenté de la justi¸er. Une situation qu’elle va devoir régulariser également.
Le président du Conseil d’administration de Martinique Transport a dit « attendre un déblocage de la situation ». Or, en tant qu’autorité organisatrice unique, sa responsabilité est engagée. Il lui appartient donc de l’assumer.
Pour notre part, nous maintenons nos demandes qui correspondent aux engagements pris le 13 mai 2025 par les parties signataires de l’accord.
Nous entendons les doléances exprimées par les usagers, très majoritairement des travailleurs comme nous, qui utilisent les transports publics pour leurs déplacements.
Comme nous, vous subissez les bas salaires, la cherté de la vie, les conditions de travail dif¸ciles, les choix de gestion de tous ces personnels qui dirigent les affaires de l’Etat, des collectivités comme la CTM, les communes, les communautés d’agglomération. Comme nous, vous subissez également des attitudes méprisantes.
Comme nous, vous connaissez les ¸ns de mois dif¸ciles, les privations, etc. Autrement dit, ce que nous vivons, vous le connaissez également.
Nous appelons donc l’ensemble des travailleurs, partageant comme nous la même volonté de voir notre sort amélioré, à se montrer solidaires de notre lutte pour le respect des engagements et contre le mépris des dirigeants. Mais aussi nous les appelons à nous rejoindre dans la lutte.
Nous avons les mêmes attentes. Alors, unissons-nous nos forces pour exiger de meilleurs salaires, des conditions de travail décentes, et du respect.
BAN NOU LAJAN NOU ! RESPECT DES ENGAGEMENTS PRIS ! SOLIDARITE EPI TRAVAYE KA LITE
Le 30 mars 2026 Le Comité de grève soutenu par la CGTM
