— Les Contrechroniques d’Yves-Léopold Monthieux —
Ce 14 février 2026, la conjonction de trois événements marquants – le carnaval, la St Valentin et février 1974 – a été préjudiciable au dernier nommé. En effet, dans l’ambiance d’omerta des gens du cru, sous les auspices d’une presse acquise, inaudible sous les tambours de Vaval, hermétique aux émois de la St Valentin, la commémoration de Chalvet, version 2026, fut expédiée. Réduit à la resucée des récits de chasseurs et à la messe annuelle des fonctionnaires « anciens combattants », les ouvriers agricoles ne furent guère présents à cet anniversaire qui semble bien avoir été confisqué.
Pour satisfaire la doxa intellectuelle bien plus que la mémoire ouvrière, le mythe de Chalvet a besoin que le jeune Georges Placide Marie-Louise, ouvrier maçon de son état, qui n’avait jamais été vu au cours des manifestations des ouvriers agricoles, ait été assassiné par les gendarmes et abandonné, le corps sans vie, sur une plage du Lorrain. Peu importe que trois médecins ayant pratiqué l’autopsie du corps, dont l’autonomiste Pierre Aliker, figure tutélaire du PPM et de la gauche, ainsi que l’ancien de l’OJAM Guy Sobesky, le très respecté médecin hospitalier récemment décédé, aient conclu à une mort naturelle.

Fort-de-France le 18 février 2026
—
— Les Contrechroniques d’Yves-Léopold Monthieux —
—
— Les Contrechroniques d’Yves-Léopold Monthieux —
Après “Ile aux esclaves”, “Ile empoisonnée”, devrait-on terminer la trilogie par le label “Ile du Shatta” ? Alors que la société martiniquaise se délite à vive allure, son élite politique ne se retrouvant que sur les lieux et durant les jours de barnums populistes, il me vient en mémoire cet article publié par votre serviteur le 10 mai 2005, repris dans son ouvrage En finir avec les blessures de la peau (2023) et reproduit ci-dessous : “A quand une autorité morale martiniquaise ?” La future autonomie pourra-t-elle se passer d’une telle autorité ?
—
— Contrechroniques d’Yves-Léopold Monthieux —
—
La seule définition de l’Autonomie par ce qu’elle n’est pas doit-elle suffire ?
L’ouverture de l’année de Frantz Fanon par diverses manifestations organisées par l’association Tous Créoles avaient déplu les fanonistes estampillés. Ces derniers craignaient de se voir déposséder de leur icône par les membres d’une association qui ne serait pas de la famille. Ce sentiment d’exclusivisme n’est pas nouveau. Même le PPM en avait en son temps fait les frais en s’y voyant exclu d’une invitation à célébrer l’auteur de Peau noire masques blancs. Son président, alors président de la région Martinique, avait riposté en offrant des livres de Fanon aux élèves des classes terminales du Lycée qui porte son nom. En bref, la mémoire de Fanon ne paraît pas prête à être livrée à la reconnaissance d’une société apaisée. La question se pose : à qui une société apaisée ferait-elle peur ? A qui Tous Créoles fait-elle peur ? Et voilà que l’Association récidive en créant le Grand Salon du Livre qui se tiendra les 2 et 3 août 2025 dans les jardins de l’habitation Clément. D’où une seconde question : la culture martiniquaise aurait-elle cessé d’être captive de la gauche identitaire qui détient à peu près tous les vecteurs de son développement ?
— Contre-Chroniques d’Yves-Léopold Monthieux —
— ContreChroniques d’Yves-Léopold Monthieux —
On ne sait lequel des Trois mousquetaires de la ville de Fort-de-France avait trouvé l’appellation Rond-Point du Vietnam héroïque. Très certainement le meilleur d’entre eux, à moins que ce ne fut une géniale trouvaille collégiale. Laquelle en avait interloqué plus d’un du côté des bâtisseurs. Dès l’instant que la municipalité avait pris une position peu douteuse sur la guerre du Vietnam, la dénomination était pleine de sens politique. En 1972, en plein affrontement, l’heure était encore à l’héroïsme et non au résultat. De sorte que le timing convenait parfaitement. Trois années plus tard, il aurait été possible de l’appeler Rond-Point de la victoire du Vietnam.
—
—
—
Ainsi donc, après plusieurs reports, l’affaire dite du Green Parrot qui met en cause l’ancien président de la Région Martinique semble s’acheminer vers une décision définitive. Qu’on laisse tranquille Alfred Marie-Jeanne, c’est le souhait de la plupart des Martiniquais qui sont généralement convaincus que l’ancien président de l’ex-Région n’a jamais cherché à s’enrichir dans ses fonctions, en particulier à l’occasion de cette affaire où il a pu se laisser abuser. Que ses partisans fassent pression pour qu’il ne soit pas condamné, c’est de bonne guerre. Mais de là à parler de justice politique … Ce n’est pas d’aujourd’hui que date le choix des défenseurs des personnes poursuivies dans cette affaire, de jouer l’opinion publique. Cette méthode n’est pas étrangère aux reports successifs. C’est d’ailleurs pour échapper à cette pression que le dépaysement de l’affaire en métropole a été décidé par la Cour de cassation.
Cette tribune reprend en partie celle parue le 17 août 2016 intitulée «
—
—
—
La question se pose régulièrement de savoir pourquoi il y a un ministre des Outremers (ex-DOM – TOM) puisque nous sommes Français ? Autrement dit, une bonne administration des pays dits des Outremers ne peut elle pas se passer d’un organe de liaison ? La coordination de la gestion de l’outremer par un même département ministériel serait-elle intellectuellement inepte et techniquement inopérante ? En réalité, pour ceux qui conceptualisent cette idée, elle est politique. Même si le bon sens apparent conduit de nombreux candides à y adhérer.