Étiquette : WOLE SOYINKA

*L’appel de la Sorbonne du 13 mars 1998*

— Par Edouard Glissant, Patrick Chamoiseau, Wole Soyinka —
En 1998 à la Sorbonne, lors du colloque “Poétiques d’Édouard Glissant” qui s’était tenu du 11 au 13 mars 1998 à la Sorbonne, l’événement fut cette déclaration tenue par Édouard Glissant, Patrick Chamoiseau et Wole Soyinka, réclamant la reconnaissance de la traite et de l’esclavage comme crime contre l’humanité, en guise de conclusion imprévue au colloque international ; Pétition à l’appui.

Une déclaration solennelle, pensée au mot près, un point de départ qui devait rendre possibles La loi du 21 mai 2001.

DÉCLARATION SUR LA TRAITE NÉGRIÈRE ET L’ESCLAVAGE.

Par ÉDOUARD GLISSANT, WOLE SOYINKA (Nigérian, 1er Prix Nobel Noir de littérature) et PATRICK CHAMOISEAU (Prix Goncourt 1992).

NOUS RAPPELONS

Que dans l’interminable suite des invasions, des massacres, des génocides qui ont marqué l’histoire de l’Humanité, l’un des épisodes les plus considérables par l’ampleur et la quantité de malheurs qu’il a enfanté fût celui de la Traite négrière et du système servile dans les Amériques et dans l’océan Indien, qui portèrent sur des dizaines de millions de personnes.

Que l’Afrique en a subi des dommages pratiquement irréparables et qu’en même temps une énorme part de la richesse de la plupart des pays industrialisés a pris sa source dans ce commerce des esclaves et dans le travail forcé des plantations.

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A l’appel de Kamel Daoud, mobilisation internationale pour la liberté d’expression et la libération de Boualem Sansal

— Par Jean Samblé —

Kamel Daoud, écrivain franco-algérien et lauréat du prix Goncourt 2024, a lancé un appel vibrant à la solidarité internationale suite à l’arrestation de son ami et confrère Boualem Sansal, survenue le 16 novembre 2024 à Alger. Cette arrestation, confirmée par l’agence officielle algérienne, a immédiatement suscité une mobilisation de la part de nombreux écrivains et intellectuels à travers le monde, notamment des lauréats du prestigieux prix Nobel de littérature tels qu’Annie Ernaux, Jean-Marie Le Clézio, Orhan Pamuk et Wole Soyinka, ainsi que des figures emblématiques du monde littéraire et de la pensée critique, dont Salman Rushdie, Peter Sloterdijk, Andreï Kourkov, Roberto Saviano et Alaa El Aswany. Ensemble, ils se sont joints à l’appel de Kamel Daoud, signant une pétition demandant la libération immédiate de Boualem Sansal, et exprimant leur profonde inquiétude face à cette nouvelle attaque contre la liberté d’expression en Algérie.

Dans son texte, publié dans le journal Le Point, Daoud exprime une « profonde inquiétude » et dénonce la situation dramatique qui prévaut en Algérie, où la liberté d’expression est de plus en plus réprimée par un pouvoir autoritaire.

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Wole Soyinka, un écrivain engagé 

– par Janine Bailly –

Après des décennies d’absence dans le domaine de la fiction, durant lesquelles l’écrivain a publié des textes de théâtre, des poésies et des essais, tels que De l’Afrique : et autres essais (traduit de l’anglais par Étienne Galle, aux éditions L’Harmattan), Wole Soyinka sera bientôt de retour sur la scène littéraire puisqu’en septembre 2021 doit paraître, en anglais, sa nouvelle œuvre, Chronicles From The Land of The Happiest People on Earth, un roman de politique-fiction.

Bref aperçu biographique 

Wole Soyinka, né à Abeokuta, en juillet 1934, est un dramaturge, essayiste, poète et militant politique nigérian. Il a été le premier auteur africain et la première personnalité noire à recevoir le prix Nobel de littérature, en 1986. L’Académie suédoise saluait ainsi un « écrivain qui met en scène, dans une vaste perspective culturelle enrichie de résonances poétiques, une représentation dramatique de l’existence ». À propos de cette récompense, Soyinka déclara : « Il y a des gens qui pensent que le prix Nobel vous rend insensible aux balles, pour ma part, je ne l’ai jamais cru. 

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Wolé Soyinka : « Le Tigre ne proclame pas sa tigritude »

Entretien avec Wole Soyinka

Berlin, juin 2006. L’ambiance est électrique dans les rues de la capitale allemande. Les terrasses des cafés sont emplies de gaillards en shorts qui boivent des bières en vociférant devant les écrans où des footballeurs noirs et blancs s’affrontent. Assis seul à une table en retrait, un vieil Africain au port altier de roi yoruba et à la diction very british dénote. Wole Soyinka médite. Il a l’air de débarquer d’une autre planète. Comme il le dit lui-même: « le vis un tiers du temps aux États-Unis et en Europe, un tiers au Nigeria et un tiers dans les airs. L’endroit que j’appelle la maison, c’est Abeokuta, au Nigeria. Ma ville natale. » Le Nobel de littérature 1986 (premier Africain à obtenir cette distinction) est venu pour recevoir un prix décerné par la jeunesse berlinoise et se fiche pas mal de la Coupe du monde où pourtant les joueurs africains font figure de stars. « Pour moi, dit-il, le fait que l’Afrique soit connue dans le monde grâce au football me rend aussi triste que de la savoir célèbre à cause des guerres civiles.

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