La notoriété ne crée pas la violence, mais elle peut en modifier tout l’écosystème : qui est cru, qui est protégé, qui est exposé, qui supporte le coût du doute.
— Par Rodolf Étienne —
Une femme parle. Le débat devrait porter sur ce qu’elle rapporte.
Très vite, pourtant, autre chose occupe la scène : le nom de l’homme mis en cause, sa carrière, son œuvre, ses admirateurs, ses contrats, ses soutiens.
Face à elle, il n’y a plus seulement une personne, mais une réputation et tout ce qui s’est construit autour d’elle.
Avant même l’examen des faits, la parole entre ainsi dans un rapport de forces profondément inégal.
Cette contribution ne traite d’aucune affaire particulière et ne vise aucune personne identifiable. Il interroge un mécanisme général : que devient la parole d’une femme lorsqu’elle rencontre la puissance sociale, économique et symbolique de la célébrité ?
Selon l’Organisation mondiale de la santé, environ 840 millions de femmes et de filles — près d’une sur trois — ont subi des violences physiques ou sexuelles au cours de leur vie. Il ne s’agit donc ni d’un phénomène rare ni d’une succession de faits isolés, mais d’un fait social mondial.<p> Lire Plus

Tribune. Un collectif de 100 personnalités demande au président d’augmenter le budget alloué à la lutte contre les violences faites aux femmes.
Dans le cadre de la campagne annuelle pour l’élimination