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Akiki Hosea K. Nyabongo : De Yale au royaume de Tooro

— Par Rodolf Étienne

Il existe, dans les archives de Yale University, une trajectoire qui semble résumer à elle seule une partie de l’histoire intellectuelle africaine du XXe siècle.

Celle d’Akiki Hosea K. Nyabongo, né en 1907 à Fort Portal, dans l’actuel Ouganda occidental, membre de la famille royale du royaume du Tooro, écrivain, universitaire, panafricaniste et militant de la décolonisation.

Il étudie à Yale entre 1931 et 1934, après un passage par Howard University, avant de poursuivre à Harvard puis à Oxford. Yale le présente aujourd’hui comme l’un de ses premiers étudiants noirs remarquables. Cette histoire pourrait n’être qu’une remarquable biographie universitaire. Elle prend pourtant une toute autre dimension lorsqu’on la replace dans les débats contemporains sur la restitution, les archives africaines et la souveraineté des savoirs.

Akiki Nyabongo n’est pas seulement un Africain d’Uganda venu étudier dans les grandes universités occidentales : il est l’un de ceux qui ont cherché à produire, depuis leur propre perspective, une connaissance écrite – inédite – des sociétés africaines.

De Fort Portal à Yale

Né à Fort Portal, Akiki Nyabongo appartient à la maison royale du Tooro.  Lire Plus

Edward Rukidi Nyabongo I : Nouveau Omukama de Tooro

– par Rodolf Etienne

Un footballeur qui dit « non » à la couronne, un journaliste roi, un fils dont l’existence reste à établir et un testament encore contesté : la mort du jeune roi Oyo du royaume de Tooro a ouvert au cœur de l’Ouganda une crise dynastique où s’affrontent droit moderne, coutume et légitimité familiale.

À Fort Portal, dans l’ouest de l’Ouganda, l’histoire aurait pu s’achever le 29 septembre 2026 avec les tambours, les parures royales et l’intronisation d’Edward Rukidi Nyabongo I, treizième Omukama du royaume de Tooro. Plus généralement, elle ne fait, peut-être, que commencer.

Cinq jours après son couronnement, la question qui agite le royaume demeure entière : le nouveau souverain va-t-il réellement succédé à Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV ou la justice ougandaise pourrait-elle encore avoir à déterminer le titulaire légitime ?

La mort du « plus jeune monarque au monde »

Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV est mort le 27 août 2026 aux États-Unis, à seulement 34 ans, après avoir été soigné pour un cancer. Il régnait depuis 1995. Il n’avait alors que trois ans lorsqu’il succéda à son père et fut présenté comme le plus jeune monarque régnant au monde.  Lire Plus